‹ Des vésicules séminalesChapitre 7 sur 51 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

Situées sur le trajet du conduit séminal dont elles ne sont quun diverticule, comme la poche du fiel n'est qu'un appendice des canaux excréteurs du foie, les vésicules spermatiques servent de réservoirs à la sécrétion testiculaire; mais, de plus, elles modifient le liquide qui séjourne dans leur cavité; enfin, elles agissent au moment de l'éja* culation pour expulser leur contenu dans Turèthre. Elles ont donc trois fonctions distinctes que nous allons successivement étudier.

1» Des vésicules considérées comme réservoir du sperme.

Le rôle de ces organes, entant que réceptacles du liquide séminal, est le seul qu'aient soupçonné les premiers ana« tomistes qui les ont décrits.

Cependant, dès la seconde moitié du xvii* siècle, cette fonction leur était discutée : De Horne et son commentateur Swammerdam prétendaient qu'elles n'ont aucune relation avec les déférents, et en faisaient des organes glandulaires. De Graaf soutint vaillam m imt l'opinion généralement admise jusqu'alors (1) et, à peine avait-il publié

(1) A de Graaf . Le uirorum organis generationi inservtênHbtUt de clysie* rihut et de ususiphonis in anatomia, Lugd. Batav.- 1668, in-8«

Du môme : Partium genitalium de/'ensio» Leid«, 1673, ia-8.

On trouve toutes les pièces de ce procès dans la Bibliotheea anaiomica de Manget(aeneY«, 1699, in-foK, t. I, p. 552,644,662.

sa Défense des parties génitales^ qu'il mourait dans un accès de colère, provoqué^ dit-on, par cette dispute. Le débat avait été porté devant la Société royale d'Angleterre qui avait donné gain de cause au célèbre anatomiste.

PI us tard, Hunter êtGhaptal f éprirent la thèse de Swammerdam, ce qui nous valut un mémoire important d'un médecin et vétérinaire de Turin, Brugnone (1). S'appuyant à la fois sur l'anatomie humaine et surranatomiezoolo^ gique, il montra le bieti fondé de l'opinion de de Graaf.

C'est un point qui n'est plus guère douteux aujourd'hui* Il est deux preuves, du reste, absolument convaincantes, et qui rendent toute discussion impossible :

a. Les vésicules, sauf le cas d*azoospermie par anomalies, lésions du testicule ou maladies générales, contiennent toujours des spermatozoïdes pendant la période génitale de l'individu. Comme ils ne sont pas formés sur place, il faut bien qu'ils viennent des déférents.

&. 3i on pousse une injection d^air, d'eau, ou de mercure, par le déférent, on voit toujours la vésicule se gonfler avant qu'une bulle d'air ou une goutte de liquide n'apparaisse dans l'urèthre. Cette expérience, qui prouve aussi l'indépendance absolue des voies séminales droite et gauche, a été faite et parfaitement décrite pour la première fois par de Graaf, qui prenait plaisir, dit-il| à voirie liquide jaillir comme une petite fontaine par l'éjaculateur lorsque la vésicule était remplie < grato admodum spectaculo >. Il prouvait ainsi le rôle de réservoirs des vésicules, dont Tusage est de < aemen recipere et pro futuro coïtu

(1) Observatiom anatomique$ sur les vésicules séminales, tendantes à en coitfiHner l'usage. Mémoires de rAoadémie royale deft seiences de Turin (1786-87}. Turin, 1788, in-4, p. 6094

« reservare », et il termine sa dissertation paf cette affirmation énergique : « Concludimus vesicalas setninaria*} « neutiquam generationi, «ed receptiotti seminis a Deo O. € M. ordinataâ esse : quod sastinebimus tam diu donec « melius nos edocere cuiquam placuerit »«

Et dire que dans un travail tout récent, on attribue 1^ paternité et l'honneur de cette expérience à Winslow qui écrivait plus de cinquante ans plus tard ! (1).

Pourquoi le sperme suit^il ce trajet, plutôt que de passer directement dans l'urèthre ?

Plusieurs explications en ont été données.

On a admis l'existence d'un $phinctêr au niveau de réjaculateur, mais les recherches d'anatomie les plus récentes n'ont permis de décrire en ce point que ^elques fibres longitudinales qui évidemment ne peuvent agir pour oblitérer ce canal.

Il est plus probable que la rétraction des fibres élastiques si nombreuses qui lui forment une véritable gaine (Robin et Cadiat)« jointe à la pression des parties avoisinantes de la prostate, suffit pour empêcher le passage du liquide ; ce qui expliquerait pourquoi, même sur le cadavre^ alors que les muscles sont relâchés, la substance injectée par le déférent emplit la vésicule avant de vaincre la résistance de l'éjaculateur*

En tout cas^ cet obstacle parait réparti dans une grande partie de la longueur du canal excréteur, etn'eatpaslimité. comme on l'a cru, à leur orifice uréthraL II suffit, pour s*en convaincre, d'abraser le veru-montanum en enlevant quelques millimètres de l'extrémité des éjaculateurs : on

(1) Dict, encyclopédique. Art. Voiei spermatiques . Ce travail, fort incomplet, au moins poar œ qui a trait aux vésioules^ est souvent inexact; On j voit, far exemple^ que les déférents 8*tooolent It lenf torminaison, deiorte qUe/eiir paroi mterne leur est commune;

voit que |e liquide de Tinjection distend encore le réservoir avant de sourdre sur la surface de section.

Il n'y a pas là non plus cette oaluuZe, qu'on nous dit exister chez quelques animaux (cheval), et qui aurait pour fonction d'empêcher la pénétration de Turine dans les vésicules* L'abouchement très oblique des éjaculateuis suffit pour éviter ce mélange d'urine au sperme, absolument coiume la direction des uretèresà leur arrivée dans la vessie a pour but de s'opposer au reflux de liquide qu'elle renferme.

Pas n'est besoin d'avantage de faire jouer un rôle analogue à Tiiferus màlt^ qui comprimerait la terminaison des éjaculateurs* Ceux«ci fonctionnent très normalement quand l^tricule manque, ce qui n'est pas très rare.

2^ Des modifications subies par le sperme dans

les vésicules.

Ces organes sécrètent un liquide qui entre dans la composition du sperme d*éjaculation.

C'est là un point tout aussi évident que le précédent.

Lorsqu*en effet un testicule manque, congénitalement ou accidentellement, la vésicule correspondante peut être absolument remplie par un liquidequin'a pu quese former dans sa cavité.

Riolan (1), Godart (2) en ont cité des exemples; une des observations les plus anciennes et les plus curieuses est celle que nous devons à Cabrol (3). En disséquant un soldat pendu pour avoir violé une jeune fille, il trouva qu'il n'j

(1) Ànthropographia. Paris, 1618, in-8, lib. II, chap. XXXI,

(2) Recherches sur Vappareil séminal de Vhomme^ 1860, p. 54.

(3) CwLhrol, Alphaheu anatomic. Tournon, 1594, in-4, p. 86

arait pas de testicules, apparents ni cachés ; « bien lujr trouvâmes-nous ses gardouches ou greniers austmt remplis de semence qu'à homme que j'ayeanathomisé despuis ». On comprend Tétonnement des assi3tants qui se demandèrent < si les testicules servajent à la génération. »

Mais, s'il est vrai que les vésicules sécrètent, il est inexact d'en faire des organes purement glandulaires comme l'ont voulu quelques auteurs.

Van Home et Swammerdam (1^, en s'appuyant surtout sur des faits d'anatomie comparée mal observés et mal interprétés, ont émis cette idée déjà indiquée en passant par Whartoo (2), que les vésicules ne sont pas des réservoirs, mais de simples glandes annexées àJa partie terminale de l'appareil spermatique. ^f

Harder (3) et Taury (4) suivent les mêmes errements, ]puis Hunter intitule son travail : « Observations sur les glandes situées entre le rectum et la vessie^ et qu'on appelle vésicules séminales », et le terniine par cette conclusion, que les poches appelées vésicules séminales ne sont pas des réservoirs de la semence, mais bien des glandes qui sécrètent un liquide particulier^ et que le bulbe de Vurèthre est^ à proprement parler f le réservoir dans lequel la semence s'accumule préa^ lablement à Véjaculation (5).

L'année suivante (1787), Chaptal publie dans le Journal

(1) Van Horne. Prodromus ohservationum circa partes génitales in utroque sexu. Lugd. Batav., 1668, in-i2.

Swammerdam. Miraculum naturse, sive uteri muliebris fabrica, , , . Leiden, in4, et BB, anaU de Manget, t. I, p. 644.

(1) l¥iiartoB. Adenographia, swe glandiUarum totius cor paris descriptio. Londini, 1656, in-8.

(3) Harder. Prodromus physiologicus, 1679, cap. VIT, p, 156.

(4) Daniel Taury. Nouvelle anatomieraisonnée, 1690, partie I, ch. XL

(5) Hmter. Œuvres complètes, trad. Riohelot, 1841, t. IV, p. 82.

GutHiot. 5 «

de Physique (1) [un mémoire dont le titre seul indique l'esprit <

Mémoire dartê lequel on se propose de faire voir que les vA> sicules séminales ne servent point de réservoir à la semence séparée par les testicules ; on établit un nouveau réservoir de cette liqueur et Von CLssigne un nouvel usage aux vésicules»

Ce c nouveau réservoir » n'est autre que Tampoule du déférent.

Enfin Panizza, au dire de Barbieri (2), aurait soutenu la même opinion.

Ici, comme en bien d'autres choses, la vérité est dans ua juste milieu : nous avons démontré que les vésicules sont à la foisiigdes organes de réserve et des organes de sécrétion.

Et cependant, l'anatomie le démontre, leur muqueuse ne possède pas de glandes. Mais, Comme le fait fort bien observer Roux, « on peut très bien supposer que cette membrane sépare habituellemeU^un liquide qui enduit sa surface, comme cela à lieu pour toutes les autres mem«branes de même nature » (3).

Quant à donner les caractères de cettô sécrétion» la Chose est plus difficile qu^elle ne le parait, le liquide vésiculaire étant toujours mélangé à celui qui provient du testicule et du déférent.

Andral, puis Lampferhoff, avaient cru tourner la difficulté en examinant celui des prétendue9 vésicules du cochon d'Inde, qui ne contiennent pas de sperme : mais

{{) Observations sur ia physique, sur r/iistùite nsOwrsik et ks «r<f»lWt t. 30,

iii.4, p. 101-117.

(2) Observations sur quelques parties des orgasUs géniiaum mdtes. Ansili aaiversali di roedioina, 1850^ et Oéi. méd., 1854, p. S7I.

(3) Biehat, Tratié (tiittat. dasorq^ei T.]V (par Roui)» iMI,^p« lit*

c'est le contenu des tubes de Weber qu'ils ontitudié et analysé,

Il faudrait — occasion que nous avons vainement cherchée -<-- étudier avec soin le liquide renfermé dans la vésicule d'un anorchide, ou mieux d'un homme castré depuis un certain temps (1).

Nous allons donc indiquer rapidement les caractères du liquide mixte qu'à l'autopsie on trouve dans ces réservoirs, en indiquant les différences qu'il présenta avec le produit de sécrétion du testicule.

Il est grisâtre le plus souvent, quelquefois un peu moin foncé, mais jamais tout à fait blanc, d'autant plus foncé qu*on s'éloigne davantage du moment deja mort, à cause de la desquamation des cellules épithiliales granuleuses.

Sa consistance est extrâmement variable, le plus souvent crémeuse, quelquefois se rapprochant de celle d'une gelée (grande abondance du mucus), ou granulée si les symplexions sont nombreux (2).

Plus dense que Tcau,' il est légèrement alcalin.

Son odeur est nulle : c'est là un fait vérifié par tout ceux qui ont pu l'examiner à l'état frais (3). Plus tard, il prend rapidement une odeur urineuse ou fécaloïde de voisinage*

Sa quantité varie évidemment avec le volume des réservoirs qui le contiennent. Très peu abondant et séreux

(1) Nous disons depuis un cet tain temps, cap les spermatozoïdes peuvent persister assez longtemps dans les vésicules après Tablation du testicule (Voyez Cnrling. Maladies du testicule, p. 476), et des chevaux adultes, nouvellement castrés^ ont pu couvrir fructueusement des juments.

(2) Trente-six heures environ après la mort, la consistance diminue, la subslancb se fluidifie et on y voit apparaître de nombreux animalcules sons forme de h\^ lontiets.

(3 narcelin Duval. Congrès médical de Paris, 1867, p. 527. H«blli. Journal d^nnnfnmir. 18G0, p. fiO of i?f.; \^1^, p. Ht).

jusqu'à la puberté, chez les vieillards, tantôt il distend les vésicules, tantôt il fait presque complètement défaut.

Cordelinus, cité par Haller et Robin, évaluait le poids d'une éjaculation à deux drachmes (8 grammes); d'après Robin, la quantité de sperme éjaculé varie entre 0cc75 et 6 ou 7 centimètres cubes (1). Elle varie du reste avec le nombre des coïts et l'âge du sujet.

Mais ce sperme est formé des différents fluides du te&ti* cule, du déférent, de la vésicule, de la prostate. Pour évaluer la quantité du liquide vésiculaire, il fallait employer un autre procédé : nous avons tout simplement cubé le liquide exprimé de son réservoir. Nous avons ainsi constaté que la capacité moyenne d'une vésicule est de IccS à 2cc5, soit 4 centim. cubes pour les deux; lorsqu'on les emplit d'eau en forçant un peu l'injection, on peut gagner environ un demi-centim. cube. Il en est quelques-unes qui sont plus larges, mais beaucoup aussi sont moins développées.

Au microscope, on voit dans le liquide vésiculaire un assez grand nombre d'éléments figurés.

a. Spermatozoïdes. Ils existent dans les vésicules de tout homme pubère, et sont encore vivants 70, 82 (Robin) et 84 heures (Valentin) après la mort chez les suppliciés.

Nous n'avons pas à rechercher les causes qui peuvent en entraver la formation. Ce sont là des troubles de la sécrétion testiculairc et non de celle des vésicules ; nous n'avons pas non plus à déterminer le moment où ils disparaissent ordinairement chez le vieillard (2).

(1) MoDtegazza donne les mêmes chifTres : de ce. 75 à 6 cent, cube pour un homme de 80 kilogrammes. ,

(2) Cette question a été bien étudiée, et nous renvoyons le lecteur qui voudrait 80 Taire une opinion sur ce point aux travaux suivants :

Davy. Observations on the Fluid in the veiiculx séminales, The Edinburg

b. Leucocytes, On en trouve toujours en assez grande quantité ; les uns sont normaux, les autres, très gros, ressemblent aux globules de Glûge. Us se chargent quelquefois de matière colorante du sang.

c. Cellules épithéliales . Elles sont d'autant plus nombreuses qu'on s'éloigne davantage du moment de la mort. Les unes sont cubiques ou polyédriques et viennent delà vésicule ; d'autres, cylindriques, sont amenées par le liquide des déférents ; toutes présentent ce caractère spécial de contenir des granulations brunâtres. Assez souvent aussi, des cellules sesont désagrégées, et les granulations, mises en liberté, nagent dans le liquide.

d. Globules rouges. Ce sont des éléments inconstants, qu'on voit apparaître dans la vieillesse ou à la suite de certains états morbides que nous étudierons dans le cours de ce travail.

e. Sympexions. Sous ce nom, Robin a décrit des corps dénature azotée, irréguliers de forme, transparents, qui seraient dus c au passage à l'état solide de certains des

med. andsurg. Journal, 1838, vol. 51, p. I (analysé dans la Gaz. méd.« i838, p. 485).

Gosselln. Mémoire sur V oblitération des voies spermatiques * Arch. deméd., 4847, t. XIV. p. 405.

— Nouvelles études sur T oblitération des voies spermatigue^. (Arch. de méd., 1853, 5« série, t. II, p. 257).

Lévy. Ueber den Inhalt der Samenblasen, Deutsch Klinik, 1858, n. 16 (analysé dans le Canstatt's, 1858, I).

Daplay. Recherches sur le] sperme des vieillards, Arch. de méd., 1852 t. XXX, p. 385.

A. Diea. Recherches sur le sperme des vieillards. Journal de Robin, 4867, t. IV, p. 449.

Llég^eois. Influence des maladies du testicule et de Vépididyme sur la coni' position du sperme. Annales de dermatologie, 1869, p. 405.

principes de nature azotée non cristallisables que produisent les glandes en général, et les glandes vasculaires spécialement, la thyréoïde en particulier ». On on a vu dans la rate, la thyroïde, les ganglions lymphatiques, les glandes de l'utérus, et surtout les vésicules séminales.

Dans celles-ci, les sympexions sont en nombre très variable. Ils se formeraient, d'après Robin, lorsqu'il n*y a pas eu de coït depuis quatre ou cinq jours. Comme c'est dans ces conditions qu'on examine généralement le contenu des vésicules, il en résulte qu'on les y rencontre toujours. Nous n'avons trouvé d'exception que pour des enfants et des individus non pubères (quoique l'un eût] 17, l'autre 18 ans). Nous les avons vus faire défaut aussi dans les vésicules en transformation fibreuse de deux tuberculeux et celles d'un blennorrhagique mort avec une sperma^ tocystite purulente.

Mais tantôt ils sont disséminés, rares et petits, tantôt au contraire, ils sont volumineux, confluents et constituent la plus grande masse du liquide vésiculaire. Celui-ci prend alors une coloration plus blanche, quelquefois presque laiteuse, et un aspect grenu qui le fait ressembler à de la glace pulvérisée et semi- fondue, ou mieux à lagranita des Italiens. C'est alors que les sympexions peuvent entraver réjaculation et être une cause de dysspermatisme (Voyez Concrétions et calculs des vésicules séminales).

Pris isolément, chaque sympexion est une concrétion incolore, arrondie, cylindrique ou polyédrique, soudée souvent par ses bords aux concrétions voisines. Les plus petites n'ont guère que 10 p.; les plus grosses s'écrasent sous les doigts et atteignent 1 millim. et plus. Elles englobent souvent des spermatozoïdes qui, suivant la pittoresque comparaison de Robin, y sont pris comme dans les glace. Elles renferment aussi des débris cellulaires, des granulations

pigmeniaires, et parfois des globules rouges et des grains d*hématoïdiDe.

Les sympexions se gonflent, puis se dissolvent sous l'influence de l'acide acétique ; ils ne sont donc pas formés de mucus; ce ne soni non plus des corps amylacés et tèur composition chimique complète est encore à trouver (1).

Nous n'en savons pas davantage sur leur mode de formation. Les vésicules n'en renferment pas au moment de la naissance : à cette époque, leur contenu est uniquement constitué par de très nombreuses et très fines granulations, laplupartsanscaractèredéterminé, d'autres ayant la réfrin^ gence des gouttelettes graisseuses (2).

Ches l'adulte, au contraire, comme nous le disions tout à l'heure, les sympexions existent à peu près toujours. Ils ne nous ont4>as paru plus fréquents pendant la vieillesse, et les deux sujets qui en présentaient le plus, d'une façon véritablement pathologique, étaient âgés de 29 et 55 ans.

Ils ne nous semblent pas être en relation quelconque avec la quantité des spermatazoïdes, et on les trouve déjà nombreux dans les vésicules d'enfants de 10 ou 12 ans non pubères.

f« Mucus. Comme d'autres muqueuses non glandulaires (vessie, trompe utérine, etc.), celle des réservoirs spermatiques secrète une certaine quantité de mucus qui se mêle au produit du testicule et lui donne une consistance plus épaisse.

Cest ce mucus qui remplit à peu près seul la vésicule quand le déférent est oblitéré. Dans quelques cas, nous

(1) Voyez à ce sujet : Art. Sympexion, du Dictionnaire de Littré et Robin Robin. Traité des humeurs, 1867, p. 23': et 351.

Robin. Art. Sperme, du Dict. encyclopérf'que.

(2) On retrouvq ces gouttes huileuses dani les vésit'ules si^îniniles ilo* nriorcbides (voy. ANOMiiuEs]. ^

l'avons trouvé en proportion exagérée, sous forme de substance demi-solide, grise, filante, analogue àdublanc d'œuf, ou même de concrétions lenticulaires (Voyez Concrétions ET calculs).

Dans ces cas, il est facile de constater sa nature : il se dessèche à l'air en formant des croûtes jaunâtres qui, trai« tées par une solution étendue de potasse, se dissolvent en la neutralisant, etseprécipitentde nouveau par l'alcool sous forme de flocons blanchâtres.

Il englobe toujours quelques sympexions et des cellules épithèliales.

Lorsqu'il est moins abondant* il se révèle encore parfois par des stries parallèles apparaissant dans le champ du microscope.

En outre, on voit aussi dans le liquide que nous étudions des gouttelettes sphériques ou ovoïdes, incolores, non striées, à substance visqueuse, colorées en jaune par Tiode et en rouge intense par la fuchsine (Robin). Leur nature est inconnue.

Il n'existe pas, à l'état normal, de cristaux dans les vésicules de l'homme. Nous avons regardé comme tels des corps allongés, rectangulaires ou aciculaires, trouvés dans celles d'un cerf; nousen avons vu d'autres, plus nets, pyramidaux, dans celles d'un bœuf brachycère (1).

(1) On trouve, dans le sperme d'éjaculation de l'homme, des cristaux qui s'y déposent par le refroidissement. La plupart sont constitués par du phosphate de cliaux(Vauquelin, 1791). D'autres^ dont Montegazza revendique la découverte, mais qui ont été décrits pour la première fois par Bôttcher, seraient formés d'acide phosphorique et d'une base nouvelle (Sunreiner) ; ils paraissent avoir leur origine dans le suc prostatique.

Consultez, sur les cristaux de Bôticher :

Bouclier. Far blase Kry stalle,,, Virchow's Archiv, 1865, Bd II, p. 525.

Monteipazza. Gazetta medica Italiana, 1866, n. 34 et Gaz. hebdom., 1856,

Du même. Sur le sperme de Vhomme, Journal de Robin, 1868, p. 181.

P. Furbringer. Uber die Herkunft und Klinisohe Bedeutung der Sperma^

Il est probable que la muqueuse jouit aussi d'un pouvoir d'absorption assez considérable. La multitutte des lymphatiques et des veines des vésicules, les replis en forme de villosités de sa face interne^ ne l'indiquent-ils pas a pnon? Meckel, au dire de Paye, a essayé de prouver expérimen^ talement cette absorption en {injectant dans leur cavité un liquide coloré qu'il retrouvait ensuite dans les veines du petit bassin (Ablhandlung. der. med. chir. Akademie zur Wien, 1787, B. I, p. 207). C'est la Vieille théorie du répom^ piment de Haller : on sait que les anciens faisaient jouer un grand rôle à cette résorption de la partie fluide de la semence, et lui attribuaient une foule de phénomènes, entre autres la production des poils, de la barbé, etc.

Nous n'avons pas l'intention de traiter à fond l'hiâtoire, d'ailleurs fort embrouillée, de Téjaculation.

Après avoir rappelé en quelques lignes la physiologie de cette importante fonction, nous rechercherons le rôle qu'on peut attribuer à des organes qui manquent chez bon nombre d'animaux où cependant l'éjaculation présente à peu près les mêmes phases que dans l'espèce humaine.

Cet acte physiologique comprend deux temps bien distincts.

A. Premier temps. Le sperme passe des canaux excréteurs dans Vurèthre.

Cette expulsion est sous la dépendance des fibres lisses qui entrent dans la structure des déférents et des vésicules. La contraction est lente, progressive, mais énergique (con-

kryifalle, Centralblatt fur d. med. Wissensch.yii. 2, 1%8i, (analysé dans Lancett 1881, 15 janvier p. Hl, et Revue de Hayem, 1882, i. IX, p. 58).

traction dartoïde^ Mercier) ; et, si quelque chose résiste, si ie canal ezcrét«ur est oblitéré, il se produit une douleur spéciale,]a colique êpêrm^tique*

Accessoirement et secondairement, il y a contraction du sphincter vésicaly qui ferme Torifice du réservoir de Turine, contraction du sphincter es^terne et du releveur de Tanus auquel on a voulu faire jouer un grand rôle et quine peut en tout cas agir que par ses fibres antérieures^ les seules qui aient des connexions avec la partie inférieure des réservoirs spermatiques.

, Ce premier temps suppose certaines conditions.

Il faut tout d'abord que les éjaculateuri^ soient perméables. Nous avons montré qut ceux-^ci n*ont pas de sphinc-f ter ; la pression du liquide qui cherche à s*échapper n'a donc qu*à vaincre le retrait élastique des parois*

Il faut ensuite que le sperme ne reflue pas dans le défé* rent. Vu Tembouchementtrès oblique de celui-*ci,vu d'autre part la voie ouverte du côté des éjaculateurs, ce reflux n*a aucune raison d'ôtre, d autant plus qu'à ce moment la couche musculaire si épaisse des déférents et de son am<» poule, agissant dans le même sens que celle des vésicules, tend à e;;f^pulser son contenu qui passe alors directement dans réjaculateur. Ces contractions, véritablement péristaltiques, du canal excréteur et des réservoirs, qu'on est bien forcé d'admettre à priori, ont été constatées de viêu par Kôlliker sur un supplicié, quelques minutes après la mort (1).

En troisième lieu, il est nécessaire que le canal de Turèthre soit libre et même dilaté : c'est le fait mâme de Té-

(1) Kolliker. Ueber einige an der Leiche eines Hingerichteten angetteite Versuche und Beobacf^tungen. ZeitBcli. fur Wissensch. Zoologie, 1851. T. III, p. 41.

rection. Cependant, c*est une exagération, ce nous semble, d'admettre, avecBœckel, que cette tendance au vide a pour eôet d'aspirer pour ainsi dire le contenu des vésicules. On a voulu expliquer ainsi la production des chancres de Turèthre, le liquide virulent pénétrant dans le canal pendant ce premier temps de Téjaculation. Mais, s il en était ainsi, Tair suivrait le même chemin, et le sperme expulsé serait spumeux, ce qui est une très rare exception (1).

Enfin, le libre accomplissement de cet acte suppose encore Tobturation de la vessie, à laquelle contribuent, d'une part la contraction du sphincter, et, d'autre part probablement, la congestion du verumontanum,

B. Second temps. Le sperme est expulsé de Vurèthre, Cette fois, à une contraction lente et progressive, succède une contraction brusque, intermittente, rhythmîque.

L*éla8tîcitéducanaletlesfibresctrculaires quiVentourent agissent tout d'abord, puis, lorsque le sperme est arrivé plus en avant, le bulbo-cavemeux se contracte et justifie son nom à'accelerator seminis^ qu'il agisse directement ou par l'intermédiaire du bulbe et des vaisseaux (A. Guérin).

(i) Les exemples de cette variété de Dysspermatlsme sont toui anoleni. et M doiveut être acceptés que sous bénéfice d'inventaire. Voici ceux que nous avoni notée :

'Mmeutnm ttuuîtmmu: Praxùmêd. ùdmir. Lugd IttT* I4W,I^ ohfk^'fl p. 71. (Cum coibat,non semen per penem. led looo ^uaflahW wUtaft

G. Ciildera de Heredla. Tribun, mag. med. (oité par oâilk»).

rrédériek H«ftaia«B (dté par Cailloa), annit golil mk-m0 cette infirmité. - « r'

SaavageB (Nosologrie méthodique. Trad, (hmvîlHl' If|W iifl|^ p. 450), lui donne le nom d'adoptophie.

Caillou. Mémoire et observation tur une éruption veiUnm m Annales cliniques du Journal des loiencee médiqalee dp ito(lteHI 1811, p. 349. (Jeune liommede vingt ans expaleant, w Ufm 4|4P qui sortent avec un certain bruit et %Jne sorte de tiUfiation «Qfii^pfit

La théorie que nous venons d'exposer est généralement admise, au moin«? pour ce qui est du premier temps.

Pour le second, en effet, il y a des dissidents, et, parmi eux, Kûss, qui a émis une opinion séduisante dont voici le résumé :

Le liquide, lorsqu'il arrive dans le canal, se trouve occuper une cavité limitée en arrière par le verumontanum, en avant par le muscle de Wilson qui étreint l'urèthre. Sous l'influence de la contraction des vésicules, il force ce muscle et une partie est expulsée ; puis le sphincter orbiculaire agit de nouveau et interrompt le jet. Ainsi, la puissance de celui-ci est due à la contraction des fibres lisses des canaux excréteurs, et le rAi/fhme à des relâchements successifs du sphincter uréthral qui forme une sorte d'écluse et a de véritables contractions tétaniques.

Déjà Mercier avait fait jouer un rôle analogue aux releveursde l'anus qui comprimeraient l'urèthre et agiraient exactement comme le muscle de Wilson dans la théorie de Kûss (1).

Nous n'avons pas qualité pour trancher le débat. En tout cas, on peut faire abstraction de l'hypothèse de Mercier qui ne repose pas sur des données anatomiques exactes.

Quant à celle de Kûss, rien ne répugne à l'admettre, d'autant plus qu'on tend actuellement à faire jouer un certain rôle au muscle de Wilson et à celui de Guthriedans la production des rétrécissements spasmodiques si fréquents dans la portion menbraneuse du canal. Nous ferons simplement remarquer que la théorie vulgaire est peut-être

(1) Hereler. Recherches anaiomiqiteSt pathologiquet et thérapeutiques sur les maladies des organes génito-unnaircs , considérés spécialement chez les hommes âgés, 1841, in-8. p. 96.

plus généralement applicable, les grands animaux étant pourvus d'un muscle constricteur de Vurèthre extrêmement puissant^ épais chez quelques-uns de près d'uri centimètre, et que quelques naturalistes appellent improprement muscle de Wilson.

Quelleque soit la théorie à laquelle on s'arrête, il fautadmettre une action réflexe dont le point de départ est la muqueuse du gland et dont le point de réflexion est encore indéterminé.

Cette questionne lie à celle du centre génital que nous ne pouvons qu'effleurer en passant.

Dès 1824. Segalas avait été amené par ses expériences à admettre «un rapport spécial entre Tappareil excréteur du sperme et certaines parties de la moelle de l'épine. »

Brachet ne put répéter ces expériences et en nia le ré^ sultat. »

Puis Budge vint, en 1859, annoncer Texistence d'un centre g énito^^inal qu'il plaçait sur le lapin au niveau de la 4* vertèbre lombaire. Ce centre médullaire, de même que l'ancien centre cérébelleux, fut vivement contesté. M. Vulpian le nie complètement, et M. M. Duval tend à le reporter vers le milieu et la moelle dorsale. Il rapporte l'expérience de Goltz qui a pu produire tous les phénomènes dont est le siège l'appareil génital chez des animaux dont on avait sectionné la moelle immédiatement au-dessus de ce centre.

La question, comme on le voit, est loin d'être tranchée (1).

(1) Consulter les travaux saivants :

8egalaa. Lettres sur quelques points de physiologie. AroUvM de méd. 1824 • T. VI. 1^.301. . . •..

Du même. Des lésions traumatiques de la moelle^ ete. Balietm ae. méd* 113444.

T. IX. p. llOi.

On ne peut même faire grand fond 8uf le fait de Ternis- BÎon de sperme chee les pendus, car on Ta signalée dans la plupart des cas db mort violente et chez les animaux tués à Tabattoir (Godard) : elle serait donc probablement sous Tinfluence de l'asphyxie (Max Huppert).

Quant à la part qui revient à la vésicule dans cet acte, elle est plus minime qu'il ne paratt et qu^on ne le croit généralement ; l'éjaculatlon en effet se fait tout aussi bien chez les animaux qui en sont privés.

On lui a attribué un rôle dans la rapidité et la répétition de Tacte.

C'est une erreur généralement accréditée de croire que le coït est plus prolongé quand le réservoir spermatique fait défaut ; on ne manque jamais de citer Texemple du chien« Mais la cause en est» chez cet animal, comme chez quelques marsupiaux, à une conformation spéciale du gland . Le chat n'a pas de vésicule, et son coït est très rapide ; les oiseaux n'en ont pas davantage, cependant leur salacité est proverbiale et Grécourt fait dire à un moineau :

L*eipre88ioD de mon amour Va plut f He ^e la parole.

Mêmes réflexions pour ce qui a trait à la répétition des rapprochements dans un espace de temps relativement court

Tout ce que nous savons, c'est que les vésicules ne se

Braehet. Kecherches expérimentales sur les fondions dn système nerveux ganglionnaire, Paris, 1839, p. 200.

Budge, Comptes rendus Ac. sciences, (859. p« 4S7*

VvlpkMi. Àri. Êioelie dm DUu Mnqfelop^d. 1» aérie* T. VIII. 1814, y. 178. Du même. Leçons sut tappareil vaso-moteur, T. 1. 1875. p. 402. Mi Dniral. Ari. Nerfi du Diet. de Jaceoud. T< XXIII. «811. p. 881*

vident pas complètement après une première éjaculation grâce à leur conformation anfractueuse. Le fait a été constaté parBrachet sur un homme mort subitement après le coït.

Ainsi il reste encore à déterminer leur raison d'être y leur but final ; nous savons seulement qu'elles sont à la fois organes de réception^ de sécrétion et d'expulsion.

Page 1