‹ Des vices congénitaux de conformation des articulationsChapitre 7 sur 17 · ARTICULATIONS DU THORAX · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DU THORAX

.l’ai peu de documents à fournir sur ce sujet. Il est facile de prévoir que les articulations postérieures des côtes peuvent être plus ou moins subluxées dans ces déviations du rachis, quelquefois si bizarres et si étendues. Quant aux articulations chondro - costales , M. Depaul , dans son Mémoire sur le rachitisme congénital, récemment lu à l’Académie, a signalé de nouveau la déformation caractéristique dont elles sont assez fréquemment le siège et que M. Guersant avait déjà désignée sous le nom de chapelet rachitique. Il a vu également, lorsque la lésion est assez avancée , les côtes former avec leurs cartilages un angle rentrant considérable , dont le sommet répond aux articulations qui nous occupent.

C’est là une espèce particulière de vice de conformation existant à la naissance, dans des articulations toutes particulières. Je signale, en passant, ce fait exceptionnel qui s’éloigne beaucoup de ceux dont je m’occupe dans ce travail.

ARTICULATION TEMPORO-MAXILLAIRE.

Gomme exemples de vices de conformation de l’ar-

liculation temporo-maxillaire , nous ne connaissons que trois faits : celui de M. Smith, celui de M. Guérin, et enfin l’indication très concise de l’absence de la branche montante, chez un fœtus de la collection de M. Guy (voyez plus loin l'observation).

M. Guérin m’a montré un fœtus dérencéphale portant une double luxation des condyles maxillaires dans les fosses zygomatiques ; les muscles abaisseurs et ptérygoïdiens sont tendus et raccourcis; les temporaux et les masséters sont allongés et amincis; sur la ligne médiane; les deux moitiés du maxillaire sont réunies par une symphyse lâche.

Luxation congénitale du maxillaire inférieur , par

]\1. Smith de Dublin ( Journal de chirurgie , de

Malgaigne, 1 844? L P- 86).

Au mois d’avril i84o, Edouard Lacy, âgé de trentehuit ans, imbécile depuis son enfance , fut transporté de la maison des fous d’Island-Bridge dans l’hôpital d’Harwick , pour une bronchite compliquée de diarrhée. Il parut bientôt rétabli; mais le 2 mai la toux revint, accompagnée d’une hémoptysie considérable. Ges accidents persistèrent le 2 et le 4 mai. G baleine devint fétide ; les forces tombèrent rapidement. Le son que toute la poitrine rendait était sourd. Mort, dans la nuit du 4 mai. On diagnostiqua une gangrène du poumon.

A l’autopsie, on trouva dans le lobe inférieur du poumon droit une caverne gangréneuse , qui renfermait plusieurs onces de sang décomposé. Le poumon gauche était peu altéré; le cerveau ne présentait qu’une transparence moindre dans ses membranes, avec un peu d’épanchement de lymphe ou de sang sous

l’arachnoïde. lie visage du cadavre avait un aspect particulier : la moitié gauche et la moitié droiterie semblaient pas appartenir au même homme; la moitié gauche était plus remplie et plus développée dans toutes ses parties. La saillie de l’arcade zygomatique, le développement du masséter et de la région parotidienne, tout présentait un conlraste remarquable avec le côté droit , qui était affaissé, et qui offrait à la hauteur de l’arcade zygomatique, ainsi qu’à la place de la glande parotide, une dépression au lieu d’une saillie arrondie. La commissure labiale droite était plus élevée que la gauche, mais l’orbite droit l’était moins que celui du côté opposé, où l’arcade zygomatique et l’œil étaient plus saillants. Au côté droit , on pouvait introduire l’extrémité du doigt entre le bord postérieur du maxillaire et le conduit auditif externe. La peau enlevée, on trouva les muscles du côté droit beaucoup plus petits que ceux du côté opposé; le masséter, particulièrement dans toutes les directions, était plus faible; il en était de même du ptérygoïdien et des temporaux. Les fibres musculaires n’étaient altérées, ni dans leur couleur ni dans leur solidité ; rien d’anormal dans les nerfs.

On mit à nu l’articulation droite de la mâchoire, et voici l’état où elle se trouvait. La bouche étant fermée, et les dents rapprochées autant que possible, le ligament latéral externe, au lieu de se diriger en bas et en arrière, comme dans l’état normal, se portait en avant, et s’attachait à une tête articulaire imparfaitement développée , qui elle-même ne touchait pas la cavité glénoïde, mais en était distante d’au moins un quart de pouce. Point de cartilage articulaire, point de couche cartilagineuse. Les parlies articulaires

étaient simplement revêtues de périoste épaissi; mais c’étaient les os du crâne et de la face qui présentaient les principales déformations.

t° Disposition de la mâchoire inférieure. Côté droit beaucoup plus petit que le gauche. L’atrophie allait jusqu’à la ligne médiane, et se reportait aussi bien à la hauteur qu’à la longueur, et à l’épaisseur de l’os, la partie horizontale ayant, dans ces dernières dimensions, un demi-pouce de moins que du côté opposé. Le bord inférieur de l’os présentait en arrière une courbure profonde, et l’angle de la mâchoire était extrêmement saillant et courbé en dehors. Le bord postérieur ou parotidien, même concave supérieurement, formait presque un angle droit avec le corps de l’os, et se terminait en haut par une portion recourbée, peu considérable, dirigée à peu près horizontalement en dedans et en haut à face supérieure dirigée faiblement en dehors, à face inférieure dirigée en dedans. Cette extrémité, qui ressemble en quelque sorte à l’apophyse coracoïde de l’omoplate, était tout ce qui représentait la tète articulaire, et n’était encroûtée d’aucun cartilage. En avant et en dedans s’y insérait le ptérygoïdien externe, et en dehors le ligament latéral externe. C’était un véritable arrêt de développement de la tête articulaire. La concavité sigmoïde existait à peine ; la saillie coronoïde était petite et étroite.

2° Pour le temporal, les déformations tenaient à un arrêt de développement de l’extrémité zygomatique. La racine supérieure existait, mais la racine transverse ou turberculaire manquait , et à sa place on voyait une surface unie, dépourvue de cartilage. Au point où d’ordinaire les deux racines sc joignent, c’est-à-dire au niveau du tubercule, le temporal s unis-

sait à l’apophyse zygomatique, et la suture n’était éloignée que d’un demi-pouce de l’orifice du conduit auditif externe, tandis que du coté gauche il y avait un intervalle d’un pouce. Point de racine transverse, point de cavité articulaire; à la place de celleci, une face quadrangulaire, presque plane, sur la partie interne de laquelle s’exécutaient les mouvements de la mâchoire, et dans ce point elle présentait un sillon peu profond, dirigé d’avant en arrière, presque parallèle à la partie interne de la suture sphénotemporale. Ce sillon représentait la section d’un grand cercle dans lequel se mouvait cette apophyse recourbée, avortée, faisant l’office de tête articulaire.

3° L’os jugal, du côté droit, offrait des différences marquées avec celui du côté gauche, par rapport à la grandeur et à la forme : petit, étroit, sa face antérieure était concave , s’étendait en arrière, jusqu’au tubercule de l’arcade zygomatique , et constituait ainsi cette seule arcade, qui, étant concave en dehors et convexe du côté de la fosse zygomatique, était tout l’opposé de ce qu’elle devait être.

4° De même, le maxillaire supérieur était beaucoup plus petit du côté droit; le bord alvéolaire ne descendait point si bas; la suture entre les deux os n’était pas sur la ligne médiane, mais se dirigeait d’avant en arrière et de droite à gauche, de sorte que la voûte palatine était formée de deux parties inégales.

Les mouvements que la mâchoire inférieure pouvait exécuter étaient beaucoup plus étendus que dans l’état normal, et particulièrement il existait un mouvement de latéralité tel que la moitié de l’os allait eu avant et en arrière, et se rapprochait tour à tour du

conduit auditif et de la partie postérieure de l’os malaire, tandis qu’à gauche la tête articulaire tournait à peine sur son axe.

Pendant la vie on avait remarqué que le malade exécutait constamment ces mouvements, et que la moitié droite du visage se contractait toujours convulsivement. La bouche fermée, les dents incisives et les dents canines du maxillaire supérieur se plaçaient en avant du maxillaire inférieur; et la défiguration augmentait, l’obliquité de la bouche devenait plus frappante, quand la mâchoire était abaissée. ( The Dublin,journ. of tned. science , 1842. — Joarn. de chir mars 1 844-)

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