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tant Texistence sans aucune cause, ets'assemblant en des groupes que le vulgaire appelle esprits.
« Nous avions toujours cru que la pensée suppose un être pensant, la trahison un traître, l'amour un amant, des lois un législateur, des crimes un coupable. Si, cependant, nous nous trompions et que lamant, le coupable, le traître fussent des idées, voudrait-on nous apprendre, par bonté, si ces idées conversent ensemble, si elles se doivent des égards, si elles peuvent faire des promesses et les tenir. Mais l'auteur du traité n'est plus un esprit subtil et ingénieux : c'est une collection d'idées. »
C'est moins encore, d'après Kant : une simple série d'opérations intellectuelles. Au moyen âge Kant et Hume (Kant à plus juste titre encore) auraient été rangés parmi les nominalistes, disciples de Roscelin.
L'antique querelle des Nominalistes et des Réalistes, commencée entre Roscelin et Guillaume de Champeaux, ne sera jamais terminée. Les deux camps ont été nettement définis par Stuart Mill. « Les Réalistes, dit Stuart Mill, soutenaient que les noms généraux désignent des choses générales. Au-dessus de tous les individus, il y a une entité, l'Humanité, qui est attachée à tous les individus hommes et femmes et en est l'essence. Ces substances universelles étaient plus élevées en dignité que les substances individuelles et méritaient seules d'être un objet de connaissance et de science.
(( Cette doctrine, abandonnée, montre notre tendance à supposer pour cTbaque nom une entité correspondante :
DE l'être.
homme étant un nom commun à beaucoup d êtres, ,1 faut que ce soit le nom d'une substance commune à ces êtres, et en union mystique avec chaque mdmdu,
par exemple Socrate.
« Le Nominalisme a rejeté les substances umverse les . il n'est rien de général sauf les noms. Un nom est général quand il est appUqué avec la même acception a plusieurs choses. Les choses sont individuelles. » ' on peut demander aux nominau. où commence 1 individualité, et quelle est la déûnition de 1 mdmdu Si la Matière, par exemple, nest qunn nom celm de la collection des molécules pesantes, la physique „.oderne nous apprendra que chacune de ces molles est encore une collection. Elle analyse les mo ecules, les atomes eux-mêmes sont rompus; et les électrons sont des éléments impondérables.
De même, l'Humanité n'étant qu'un nom colle ctif, et le nxot homme, suivant le Nominalisme, n'étant qu'un son vide, est-il certain que les noms particuliers, César ou Socrate, désignent un être distinct et unique? Peut-être aussi le mot esprit n'est qu'un son vide. Esprit, c est le siège de nos idées, une entité en union mystique avec chacune d'elles, comme l'entité homme est d après le réalisme en union avec César ou Socrate; il ne rest« rien de l'esprit quand les idées s'envolent; comme il ne reste rien de l'humanité, séparée des individus. Esprit pourrait aussi n'être qu'un nom.
Nous n'exagérons rien. Hume, nous venons de le voir a déclaré ne plus connaître que des idées sans support
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DE l'Être.
et sans lien. Elles s'envolent dans l'air, comme les feuilles de Tarbre de la Sibylle.
Devant ces étranges imaginations le bon sens de Reid ne trouve que des invectives à opposer. Le passage est bien connu. Vous plaisantez, dit-il; vous enfourchez le cheval à bascule de votre enfant ; amusez-vous ainsi dans votre chambre; mais ne vous montrez pas sur la place, ou à l'église.
Facile et stérile mépris! Les conditions de la vie sociale nous imposent en effet le respect du bon sens; mais ses révoltes ne font pas taire nos inquiétudes. L'âme découragée s'aperçoit que sous toutes ses convictions une mine peut être creusée ; sa bonne volonté de vivre selon la raison et devant la réalité se heurte partout à des impossibilités et à des invraisemblances. Le pessimisme l'envahit.
Fuyons ce péril; essayons de reprendre pied. Nous pouvons choisir pour guide Descartes. Il a connu toutes ces épreuves; et l'histoire ne cite aucun penseur qui les ait traversées avec une plus cruelle angoisse, ni qui en ait triomphé avec une plus joyeuse conviction.
Mon esprit, dit-il un jour, est libre de tous soins^ Je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude. M'étant aperçu que j'avais accepté beaucoup de fausses opinions pour véritables, je veux les discuter, les rejeter; il me faut « commencer tout de nouveau dès les fondements, si je veux établir quelque