‹ DescartesChapitre 48 sur 63 · I.A SCIKXCF · texte numérisé non relu

I.A SCIKXCF

que le soleil et les étoiles fixes envoient vers nous de la lumière, que les cieux lui donnent passage, et que la terre, les planètes et les comètes la rejettent et la font réfléchir, il me semble que j'ai quelque raison de me servir de ces trois différences, être lumineux, être transparent et être opaque ou obscur, qui sont les principales qu'on puisse rapporter au sens de la vue, pour distinguer les trois éléments de ce monde visible. {Principes, III, 52.)

Comment le soleil et les étoiles ont pu se former.

Or, d'autant que les parties du second élément se sont frottées dès le commencement les unes contre les autres, la matière du premier, qui a dû se faire de la raclure de leurs angles, s'est augmentée peu à peu ; et l'orsqu'il s'en est trouvé en l'univers plus qu'il n'en fallait pour remplir les recoins que les parties du second, qui sont rondes, laissent nécessairement entre elles, le reste s'est écoulé vers le centre SFf , et y a composé des corps très subtils et très liquides, à savoir le soleil dans le centre S, et les étoiles aux autres centres ; car, après que tous les angles des parties qui composent le second élément ont été émoussés, et qu'elles ont été arrondies, elles ont occupé moins d'espace qu'auparavant, et ne se sont plus étendues jusqu'au centre ; mais, s'en éloignant également de tous côtés, elles y ont laissé des espaces ronds, lesquels ont été incontinent remplis de la matière du premier qui y affluait de tous les endroits d'alentour, parce que les lois de la nature sont telles que tous les corps qui se meuvent en rond doivent continuellement faire quelque efiort pour s'éloigner des centres autour desquels ils se meuvent. {Principes, III, 54.)

Ce que c'est que la lumière.

Je tâcherai maintenant d'expliquer le plus exactement que je pourrai quel est l'efiort que font ainsi non seulement les petites boules qui composent le second élément, mais aussi toute la matière du premier, pour s'éloigner des centres SFf et semblables, autour desquels elles tournent ; car je prétends faire voir ci-après que c'est en cet effort seul que consiste la nature de la lumière, et la connaissance de cette vérité pourra servir à nous faire entendre beaucoup d'autres choses.

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Quand je dis que ces petites boules font quelque eSort, ou bien qu'elles ont de l'inclination à s'éloigner des centres autour desquels elles tournent, je n'entends pas qu'on leur attribue aucune pensée d'où procède cette inclination, mais seulement qu'elles sont tellement situées et disposées à se mouvoir qu'elles s'en éloigneraient en effet si elles n'étaient retenues par aucune autre cause. {Principes, III, 55 et 56.)

Explication de la pesanteur.

La seconde action dont j'ai entrepris ici de parler est celle qui rend les corps pesants, laquelle a beaucoup de rapport avec celle qui fait que les gouttes d'eau deviennent rondes ; car c'est la même matière subtile qui, par cela seul qu'elle se meut indifféremment de tous côtés autour d'une goutte d'eau, pousse également toutes les parties de sa superficie vers son centre, et qui, par cela seul qu'elle se meut autour de la terre, pousse aussi vers elle tous les corps qu'on nomme pesants, lesquels en sont les parties.

Explication de la chaleur.

Or c'est une telle agitation des petites parties des corps terrestres, qu'on nomme en eux la chaleur (soit qu'elle ait été excitée par la lumière du soleil, soit par quelque autre cause), principalement lorsqu'elle est plus grande que de coutume et qu'elle peut mouvoir assez fort les nerfs de nos mains pour être sentie ; car cette dénomination de chaleur se rapporte au sens de l'attouchement. Et on peut ici remarquer la raison pourquoi la chaleur qui a été produite par la lumière demeure par après dans les corps tertestres, encore que cette lumière soit absente, jusques à ce que quelque autre cause l'en ôte ; car elle ne consiste qu'au mouvement des petites parties de ces corps, et ce mouvement étant une fois excité en elles y doit demeurer (suivant les lois de la nature) jusques à ce qu'il puisse être transféré à d'autres corps.

Explication de la flamme.

« Lorsque la flamme brûle du bois, ou quelque autre semblable matière, nous pouvons voir à l'œil qu'elle remue les petites parties de ce bois, et les sépare l'une de l'autre, transformant ainsi les plus subtiles en feu, en

air et en fumée, et laissant les plus grossières pour les cendres. Qu'un autre donc imagine, s'il veut, en ce bois,

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