M* Poussin, d'après une pierre gravée an
tlfiue* Tête de Priam; il est vu de profil et tourné vers la droite. On lit sur la droite le nom du gi'aveur : mTiwKoc.
Poussin a indiqué la dimension du camée , qui est de 0,026 sur 0,020. — A la plume et lavé de bistre.
Haut. 0,085, larg. 0,140.
On a remarqué depuis longtemps que les dessins de N. Pous-
sin, d'après le modèle vivant, sont extrêmement rares, et qu*à Texœptiondu paysage, il a peu dessiné d'après nature. Mariette nous apprend que c'est sur la toile, et le pinceau à la main, qu'il cherchait la justesse du trait et la vérité des expressions. Alors, sans doute, la nature devait lui servir. Mais il est permis de supposer aussi, que c'est dans l'étude de l'antique, qu'il trouvait une bonne partie des matériaux qui lui étaient nécessaires.
Le grand nombre de dessins faits par lui , à différentes époques de sa vie , d'après les restes de l'antiquité, nous porte à croire, qu'il dessinait tout ce qu'il rencontrait en ce genre ; et à Rome, l'antiquité ne sort-elle pas de terre à chaque pas!
Ces dessins étaient presque toujours très-vivement exécutés. Quelques traits de plume ou de crayon suffisaient, avec un léger lavis, à lui donner l'indication dont il avait besoin. Quelquefois c'était l'ensemble de la composition qu'il étudiait; souvent aussi, il ne reproduisait qu'un détail intéressant, une draperie, une armure, un ornement.
Il est bien rare qu'il ait cherché à rendre le beau fini et le modelé du travail antique. Il n'a même jamais pensé à une fidélité minutieuse. Ses dessins en ce genre sont presque toujours des traductions libres, mais faites par un homme du plus beau génie. Ce qu'ils étaient destinés à rendre, c'était Tesprit de l'antiquité, et sous ce rapport, on peut le dire, ils sont inimitables.
C'est avec l'aide des monuments antiques, que N. Poussin a créé ses belles figures de l'Ancien et du Nouveau Testament. C'est cette préoccupation incessante du style grec et romain, qui a donné à ses ouvrages un caractère tout particulier de sévérité et de solidité, que certaines personnes peu éclairées lui ont reproché comme un défaut.
Il est un autre reproche qae nous avons entendu faire au Poussin , c'est d'avoir quelquefois , dans ses tableaux , imité le style un peu lourd de l'art romain , au lieu de s^adresser à Tart grec, cet art si élégant et si pur.
Nous avons, quant à nous, l'habitude de prendre les maîtres tels qu'ils sont, et le bonheur de jouir de leur génie, sans penser à leurs défauts. Il ne nous paraîtrait donc ni utile, ni convenable, de chercher à justifier N. Poussin à cet égard. Il prenait son bien où il le trouvait , même à la colonne Trajane et à l'arc de Constantin; mais, à coup sûr, personne n'appréciait
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mieux que lui la beauté et la supériorité de Tart grec. Les citations à faire, concernant ce point délicat, se retrouvent presque à chaque page de sa correspondance. Nous ne donnerons ici que cette belle phrase , extraite d'une de ses plus belles lettres : « La pauvre peinture est réduite à l'estampe; et
« quant à la sculpture, est-ce que, hors de la main des Grecs, a quelqu'un l'a jamais vue vivante? » (Lettre à M. de Ghantelou, du 7 avril 1647.)
253. François Clouet» dit #anet (1). Portrait d'une jeune princesse. Elle est vue en buste et de trois quarts , la main droite posée sur la main gauche. Des colliers de perles ornent son cou, ses cheveux et sa poitrine. Le corsage de la robe est bleu; les manches sont rougeâtres. — Au crayon rouge et noir, lavé d'aquarelle et de gouache, et rehaussé d'or dans certaines parties de l'habiDement.
Haut. 0,295, larg. 0,215.
M. Niel, qui a fait une étude approfondie de ces craytms, croit que celui-ci représente Isabelle de la Paix, fille de Catherine et de Henri II , laquelle épousa Philippe II , roi d'Espagne.
Janet aurait exécuté ce portrait, au moment où la princesse quitta la France, en 1559. Elle avait alors quinze ou seize ans, et c'est bien l'âge du modèle qui a posé pour notre dessin.
Ce dessin a été apporté de Turin, il y a quelques années.
254. AttrilBUë À un maître français de la fln du aelBtème siècle* La Cène. Composition de quatorze figures. Les disciples interrogent avec émotion le Sauveur, et lui demandent quel est celui d'entre eux qui doit le trahir. Sur le premier plan , à gauche , on voit un donataire agenouillé , tenant de ses deux mains une longue handeroUe, destinée à recevoii' une inscription. — A la plume et à Taquarelle.
Haut. 0,210, larg. 0,155.
(1) Nous reprenons l'ordre chronologique, que nous avions légèrement interverti, dans le but de mettre, ainsi qu'il convient, Nicolas Poussin à la tête de l'école française.
Collection du générai Griois.
Le dessin des figures / ainsi que le goût du monument d'architecture, qui forme le fond de la composition, paraissent iniudiquer un maître français de Tépoque de Cousin. On peut supposer aussi que cette composition était destinée à Tomement d'un vitrail.
255. AUrlbné À lia^nean* Portrait d'homme , vu en buste et de trois quarts ; il a la tête couverte d'une toque noire, et porte moustaches et collerette. — Au crayon noir et au pastel.
Haut. 0,335, larg. 0,215.