‹ Description agréable de la République argentineChapitre 27 sur 65 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

Juillet

Importés (par MM. Martine^ de Hù\ et fils).

Septembre . .

Cavagne Espartillar,

Mars

Juillet

Bergerie J^ir/r/rawi( Angleterre)

Janvier

Importés (par MM. Martine^ de Ho^ et fils).

Septembre..

Importés (par MM. Baltar et Quesada).

Juin

Importés directement.

Septembre. .

Importés (par MM. Baltar et Quesada).

Septembre..

Bergerie Kirkham.

M. Senillosa me dit dans son rapport : <c Notre troupeau « type se compose actuellement de i5o têtes et, comme nous

« avons continué notre mode de métissage, nous en possé « dons un de i .600, un autre de i .945 et un dernier de 844. « Il y a peu d'années que nous vendons des métis Lincoln « et, d'après le rapport ci-inclus, nous avons déjà réalisé « 6.499 piastres avec eux.

« Dorénavant, nous ne vendrons que quelques Lincoln « purs, car, possédant des fourrages un peu forts, nous « continuerons le métissage. Il est nécessaire que le Lincoln « se repaisse en peu de temps, car on ne le laisse au pâtu- « rage que pendant les heures fraîches du jour ; il lui faut de « l'herbe grande. »

Cet élevage a remporté \q premier prix à l'Exposition qui a eu lieu à Buenos Aires en 1882, et à V Exposition internationale ùq 1886, il occupa une belle place, obtenant le premier et le troisième prix.

II. — Les élevages Lincoln de MM. Bell sont variés et ils se trouvent tous dans le département de la Ensenada.

Celui de M. Archibal Bell^ dirigé par M. A. Brown, appartient à VEstancia Chica et ses produits, béliers de sang suffisamment pur, ont été vendus aux enchères à Buenos Aires dans des prix qui varient entre 3o et 5o piastres monnaie nationale.

Celui de M, Tomas Bell^ de la Cavagne « Rincon », produit des animaux très développés et recouverts d'une bonne laine.

Les agneaux naissent et sont élevés dans les champs ; ils sont vendus aux foires de Buenos Aires à des prix peu différents des précédents.

Finalement l'élevage de VEstancia Grande, propriété de M. Jorge Bell^ présente des béliers et des brebis élevés rustiquement, sans être jamais sous hangars ; ils ont cependant un corps et une laine satisfaisants et atteignent sans difficulté aux prix des premiers.

Le nom de Bell, prédécesseur probablement de ces éleveurs, est lié aux premiers raffinements des brebis Pampas par des reproducteurs anglais. Les honorables souvenirs se rattachant à ce nom remontent au temps même de Rivadapîa.

Les élevages des Bell sont donc très anciens et ont été intelligemment soutenus avec du sang importé des premières bergeries françaises.

III. — La Cavagne « Lincoln », de nos compatriotes MM. F{curra Hermanos, est un des établissements spécialistes de la République dans Télevage de la variété qui lui sert de nom.

Elle est dirigée par M. Tomas E{curra qui a eu la bonté de m'ofïrir un mémoire circonstancié très complet sur cet important établissement ; j'en extrais les passages suivants :

« Notre établissement, dénommé Cavagne « Lincoln », « se trouve dans le VP arrondissement du département de « Matan^as. Il fut fondé en 1868 et se compose de i .760 cua- <( dras carrées, dont 23o seulement sont destinées à l'éle- « vage des races fines.

« A part un petit troupeau de vaches Durham, notre « Cavagne est destinée uniquement à l'élevage de la race « Lincoln.

« Nous avons deux troupeaux, un de 3oo brebis et, pour « éviter toute confusion, nous le désignerons parle n** i, et « un autre, n° 2, de i .3oo têtes.

« Le raffinement de tous les deux date de la même <' époque : de la fondation de la Cavagne. Le n*" i a pour » origine une souche de brebis métisses Leicester achetées, <^ au choix, au défunt M. Guillermo White; et le n** 2 est « originaire de brebis communes qui ont été améliorées par « des croisements avec des béliers choisis du troupeau n*" i .

« Il faut vous prévenir que ce dernier a toujours été servi

« par des béliers européens, ce qui, uni à une sélection « zélée et minutieuse, l'a fait atteindre un notable degré de « raffinement.

(c Les deux troupeaux sont soignés aux champs, mais '( il y a des bois d'eucalyptus et d'acacias blancs où ils « peuvent s'abriter dans les saisons rigoureuses.

« Seuls les béliers et les brebis importés et un nombre « réduit d'antenaises sont soignés d'une manière particulière; « pendant le jour on les lâche en liberté et, durant la nuit, « on les enferme sous des hangars.

« L'augmentation dépend surtout, comme il est naturel, « des conditions plus ou moins favorables de l'année ; mais H généralement le troupeau n'' i se double chaque année et *< le n° 2 donne un produit qui varie de 60 à j5 0/0.

« Il ne faut pas s'en étonner si l'on tient compte du « nombre d'animaux dont se compose chaque troupeau et '< de ce que la totalité des animaux sont des brebis et des <( antenaises.

« Les bergeries anglaises, qui nous ont fourni des repro- « ducteurs pour notre troupeau n* i, appartiennent au '< capitaine Catling ou viennent de Dudding, de Aeseltine et « de Kirkham; nous obtînmes de très bons résultats par « les animaux de la première et de la dernière prove- « nance.

« Le nombre de béliers que produit annuellement notre « Cavagne varie entre 3oo et 400, et le troupeau n** i « en donne 80, plus ou moins. Ceux qui ont été vendus ont « atteint les prix de 40 à 100 piastres monnaie nationale « et les sommes payées dans l'établissement varient égale- « ment entre 12 et 80 piastres monnaie nationale, selon la « classe, l'âge, l'état des animaux, etc.

« Le terrain occupé par les luzernières est seulement de « 2 cuadras carrées, et de 5 celui destiné à la culture des

« grains ; vu la rusticité de la race Lincoln^ d'une part, et la « bonne qualité du champ, de l'autre, il est inutile d'avoir « une superficie de terrain plus considérable.

« En 1 883, la laine de notre établissement fut vendue par le '< consignataire, Jlf*. /^^c/b Correas^ au prix de i6o piastres u de l'ancienne monnaie Varroba (i i kil. i /2) de toison et de « 145 piastres de la même monnaie, celle de l'antenaise. En « 1884, la laine fut vendue sur place, par le même consigna- « taire, au prix de i55 et i3o piastres monnaie nationale, « Varroba de toison et d'antenaise respectivement.

<t Bien que, pendant ces deux années, la laine fût lavée « sur pied, les prix obtenus sont dignes de remarque, si K l'on considère la valeur de la laine à cette époque. Le « lavage était assez imparfait, puisqu'il ne consistait qu'en « une courte immersion dans l'eau froide, qui ne faisait « perdre à la laine que très peu de son poids.

« Nous donnons ces renseignements, parce que nous « croyons qu'il convient au producteur de laver sa laine sur « pied, et aussi pour détruire une idée fausse, très généra- « lisée, que la laine Lincoln n'a presque pas de valeur. »

Les produits de cette Cavagne furent exhibés pour la première fois à V Exposition rurale de 1882 et obtinrent quatre ^remier^ prix. Ils concoururent en trois catégories à V Exposition internationale de 1886 et ils obtinrent deux premiers et deux seconds prix. L'intelligence et l'application au travail des frères E{curra méritent de sincères félicitations, au nom du progrès du pays.

IV. — Vestancia « El Carmen », fondée en i883, par l'auteur, entreprit, à partir du premier jour, l'élevage des races anglaises. L'établissement acheta en i883, à la Cavagne de M. Vicente Amadeo, 16 brebis pur sang Lincoln, importées de la fameuse bergerie Kirkham d'Angleterre. Cette souche était d'une beauté remarquable et non

seulement sa provenance, mais encore le type soigneusement choisi des brebis, — de formes extraordinaires et de toison à la laine longue, soyeuse, brillante et fine, — lui donnaient un grand prestige. Depuis on y importa 40 brebis d'origine Dudding^ par l'intermédiaire de MM. Bullrich and C\

La bergerie Kirkham a été décrite par une publication récçnte, dans les termes suivants :

« Le défunt et bien connu Thomas Kirkham^ de Bisca- « thorpe^ se dédia, pendant sa vie entière, au perfectionne- « ment des meilleures races de htébis Lincoln et, comme il « fut le successeur de son père, personne très renommée <( dans l'élève de la brebis, il parvint, grâce à son expérience, « à son adresse remarquable et à d'infatigables efforts, ne « reculant devant aucuns frais, à faire ses sélections avec tant « de compétence et à croiser les brebis avec de si excellents « reproducteurs, que ses produits sont arrivés à fournir la « laine longue et brillante qui a donné aux moutons de «( Biscathorpe une réputation aussi grande.

« . Les brebis de Lincolnshire ont été fameuses pendant « plusieurs années, mais, dans le dernier siècle, il n'y a pas « eu de race plus connue ni plus hautement appréciée que la « variété Kirkham. Non seulement dans le pays et dans les « colonies, mais aussi dans l'Amérique du Sud, les éleveurs « ont rivalisé entre eux à qui payerait à des prix plus élevés, « tant les mâles que les femelles, pour pouvoir enrichir et <( perfectionner leurs troupeaux. Les efforts de M. Kirkham « furent si hautement appréciés par ses amis et voisins que, « pour lui prouver combien ils estimaient les services qu'il « avait rendus au pays, ils lui présentèrent une belle repro- « duction de ses traits. On doit rappeler que M, Kirkham fut '< SI peu prétentieux et eut en si haute estime les intérêts de « ses clients que, bien que seul possesseur de ces magni-

<( fiques troupeaux, jamais il ne consentit à les faire « concourir publiquement.

« Après la mort de M. Kirkham^ ses troupeaux furent « vendus aux enchères, mais ses deux fils, M. J.-R. Kir- « kham et M. R.-R. Kirkham^ qui ont profité de la longue « expérience de leur père et hérité d'une grande partie « de son savoir, se sont rendus propriétaires des meilleurs « béliers et brebis afin de maintenir la réputation dont cette « variété a toujours été digne. »

Au commencement de^ 1884, j'achetai à Don Carlos Casares 5o brebis mères qui pouvaient être considérées comme pures par leur origine et leurs qualités.

Elles furent choisies parmi les 5oo brebis qui formaient le troupeau-type Lincoln de la fameuse Cavagne (c Santa Rita » et j'en fis le choix, aidé par une personne de grande intelligence, M. Manuel-J. Gutralde{:

Ces brebis de souche ont été saillies par deux béliers spéciaux de la bergerie Smith d'Angleterre, qui remportèrent plusieurs premiers prix à d'importantes expositions ; ils furent achetés à un prix très élevé, pour la Cavagne « El Carmen », par M. Donald Maclenan^ agent de MM. Bullrich and C\

En outre, j élève un troupeau de 1.200 tètes très avancé déjà par sélection.

Le troupeau-type compte 25o tètes pures dont 52 importées et, comme les dernières, elles m'ont déjà permis de faire les premières ventes de béliers dont les prix ont varié entre 40 et 100 piastres monnaie nationale, suivant leur état et leur degré de pureté de sang.

Les béliers rustiques du plus grand troupeau ont été achetés entre 16 et 20 piastres monnaie nationale. Annuellement £*/ Carmen vend 40 béliers purs et i5o métis 7/8 de sang.

Après avoir visité El Carmen, M. E. Meyer m'écrivait, au sujet du troupeau pur : « Vos brebis Lincoln sont de « beaux animaux et, au premier coup d'oeil, on découvre « leur noblesse. Vous avez de très belles antenaises. »>

A propos de l'origine des béliers reproducteurs que j'ai employés pour fonder ce troupeau, M. Maclenan écrivait, au mois d'août i883, à MM. Bullrich and C% ce qui suit : « J'avais télégraphié à un des meilleurs éleveurs de Lin^ « coin en Angleterre, qui a obtenu les premiers prix aux « Expositions royales et à d'autres pour ses béliers et se» « brebis, en lui demandant quatre jeunes béliers supérieurs, « et je les ai obtenus tels qu'il n'y en a pas eu jusqu'à « présent à Buenos Aires. Sans aucun doute, deux d'entre « eux sont les meilleurs. »

Ceux-ci avaient remporté le premier prix à V Exposition royale d'Angleterre.

La Cavagne élève aussi la race à laquelle je donne le nom de Cara Negra Argentina (Race Noire Arjjcntînc;, sang Southdown par les mères et Oxforshiredown par Ich pères. En i883, j'ai fait venir par M. Donald Maclenan Ich àtMx pen ou groupes de cinq brebis de Oxforshiredown r|ui avaient mérité le premier et le second prix k ï Exposition royale d'Angleterre, avec un Champum Prije^ et un pre^ mier prix local de Bicester.

Ces dix brebis et un ma^fnîfi'^uc bélier me coûtèrent nn^i forte somme et Us m'ont donné de trc^ hotih ré>.ult;it>,.

En outre, j'ai acheté 4fj Iji^hh de r3/<? South domt ii M. Léonard Pereyra. proïxxiw de Vcslanaa / San Juan //, '*% laEnsenada, et le n'^jTTihri: t//tal 'i<; mon iro^iy^^vt Cî;t '^/tntn'i suit: Oxforshiredomn pur ta;.;^. iC \hU:%^ sâyatti '»*.îAn 'Ua béliers d* un an au pr;z 'i(; r// py^K*r'.% tnortnni''. t/4^i'fh4\K^ mélange de Soulhd/jnm <?t <l Oxfor^htn'Àotpn^ >/tU',%i ?,. '4'i.iu^

vendu annuellement tous les béliers de 80 à 100 piastres monnaie nationale.

Les exemplaires que je présentai à V Exposition internationalede 1886 obtinrent It premier et le second prix.

Les brebis Southdown achetées à M. Pereyra sont d'une race qui a soixante ans de constance de sang dans la République Argentine, car elles dérivent du troupeau importé en 1826 par le gouvernement de Rivadavia,

El Carmen élève 12.000 brebis en plein air; 10.000 d'entre elles reçoivent des reproducteurs purs du même établissement ; mille des reproducteurs Oxforshiredown et le reste des reproducteurs Rambouillet.

V. — La Cavagne « San Juan », de M. Pereyra^ a eu la première des races appelées vulgairement Faces Noires, car c'est à elle qu'ont été destinées les brebis Southdown qu'introduisit Rivadavia et dont M. Capdevila fît l'acquisition.

Depuis 1826, rélevage de la Face Noire s'est développé entre les mains des propriétaires successifs de San Juan jusqu'à M. Pereyra, en s'éparpillant dans la province de Buenos Aires et une partie du littoral.

Les amateurs de cet élevage d'origine des troupeaux de M. Pereyra peuvent présenter le sang le plus antique que possède le pays dans cette espèce.

Quand, après la chute de Rosas, M. Leonardo Pereyra se mit à la tête de San Juan, les troupeaux à Face Noire étaient nombreux et bons ; en 1 860 il importa des reproducteurs purs anglais et obtint ainsi les meilleurs résultats.

Aujourd'hui il a 20.000 brebis d'origine Southdown, distribuées dans plusieurs estancias, et, à San Juan, il possède une précieuse souche de brebis-mères Southdou^n croisées avec des béliers Oxforshiredown, cherchant dans cette évolution à donner plus de corps aux animaux.

M. Pereyra a concouru toujours avec succès aux expositions, et, à V Internationale de 1886, le croisement en question a remporté \e premier prix. Quant aux ventes de cette Cavagne^ elles sont naturellement très nombreuses et obtiennent les prix les plus élevés sur place.

VI. — J'ai déjà indiqué, dans un chapitre précédent, les antécédents du notable éleveur de YEspartillar^ à Chascomus.

Ses troupeaux Lincoln^ élevés dans des prés enclos, comptent 3o.ooo têtes et on y emploie des reproducteurs, importés d'Angleterre, sur une grande échelle.

La vente annuelle de béliers purs et métis arrive au chiffre de 900 têtes payées différents prix, d'après le rapport de son directeur, M. Yetley.

VII. — La Cavagne « Saji Fermin », du D" Irigoyen, décrite plus haut à propos des mérinos, donne aux races anglaises l'importance qu'elles méritent.

Dans une publication autorisée par la direction de cet établissement, et qui parut dans le journal El Nacional de Buenos Aires, je trouve les renseignements suivants : « La « Cauagne « Lincoln » se compose de 3oo brebis pures, d'ori- « gine importée et dont un grand nombre ont été amenées « d'Angleterre, après avoir été achetées à des éleveurs « notables, tels que Kirkham^ Panton et autres.

« Il y a aussi un troupeau de brebis de haut croisement, « dont la souche est servie depuis trois ans par des béliers « purs.

« Les prix auxquels se vendent, dans l'établissement « même, ces béliers sont plus ou moins ceux-ci : animaux « purs élevés sous hangars, de 100 à 120 piastres monnaie « nationale; en liberté, de 40 à 60; et en liberté, béliers 3/4 a de sang, de 20 à 3o piastres monnaie nationale.

« En 1886, rétablissement vendit i5o béliers et 80 bre- <( bis pur sang.

« La Cavagne « Oxforshtredown » (face noire) se compose « d'une souche de 400 brebis métis que l'on croise avec c( des béliers importés de la bergerie de M. Brassey en « Angleterre.

(c Cette année, on en a vendu 60 au prix de 20 et « 3o piastres monnaie nationale. »

VIII. — La Inès est une Cavagne récemment fondée, située dans le département de Ranchos^ à une heure et quart de chemin de la gare Jeppener^ de la ligne du Sud. Son propriétaire est M. Juan Cobo. Elle se trouve dans la même région qu'a occupée la Cavagne mérinos « Los Gaipones » au commencement du siècle, comme je l'ai dit plus haut. M. Cobo est celui des éleveurs qui a importé les plus grands éléments d'origine Lincoln^ de remarquable provenance : la bergerie de Thomas Kirkham de Biscathorpe.

En décembre i885, il fit embarquer 100 brebis de cette bergerie et eut le malheur d'en perdre 54 dans le voyage ; il n'en arriva que 46.

Au mois d'avril 1886, il demanda 54 brebis de même origine et il lui en parvint 49, de façon que le troupeau pur comptait 91 brebis, en additionnant ces deux envois et en déduisant quatre brebis qui moururent dans le pays.

L'agnelage donne un chiflFre total de ii3 animaux.

Les béliers qui desservent ce troupeau proviennent également de Biscathorpe; en effet, M. Cobo acheta les deux plus chers à la liquidation de la bergerie, quand mourut M. Thomas Kirkham. Ces béliers coûtèrent respectivement 90 et 80 livres sterling.

Actuellement, la Cavagne « Inès » possède cinq reproducteurs de cette origine; elle reçut les deux derniers au

mois de septembre 1886. L'un d'eux est très remarquable- M. Cobo me fournit les renseignements suivants : « J'ai

« 265 pièces d'un croisement commencé en 1 878 à San José

« de las Chilcas^ département de Ajô. Ce sont des brebis

« Rambouillet qui possède i5/i6 de sang.

« Le rendement en laine de chaque bête tondue est de

*< 10 à 1 1 livres de laine, en comptant tout ce qui tombe

« sous les ciseaux. Je croise mes animaux avec les béliers

« Biscathorpe. »

Sur l'origine des métis de la Cavagne « Inès », M. Cobo me dit :

<c En 1878, j'introduisis à San José de las Chilcas, dépar- « tement de Ajô, propriété de M"^"" Josefa L. de Cobo^ non « pas dans le but de former une Cavagne^ mais unique- <t ment pour les propres besoins de l'établissement, 20 brebis <c Lincoln et 10 béliers choisis dans les bergeries de « MM. Dudding, Panton House, en Angleterre.

« Elles s'acclimatèrent avec beaucoup de difficulté au « point que le troupeau se trouva réduit à 9 brebis et « 4 béliers, alors qu'on avait déjà marqué 34 agneaux. Un « peu plus tard,, j'introduisis des béliers de Biscathorpe « [Kirkham) qui actuellement servent le troupeau , de t< 41 têtes aujourd'hui.

(c Quant au rendement en laine, je ne peux l'indiquer « avec précision, car les toisons sont pleines de sable, par « suite de la nature du champ, et je craindrais de donner <c des renseignements inexacts; cependant chaque toison ne « doit pas donner moins de 11 à 12 livres de laine.

a En 1878, on forma un troupeau Rambouillet extrait « du troupeau-type de l'établissement même, et on y mit des « béliers Lincoln en y ajoutant quelques-unes des meil- « leures brebis de Vestancia. Il y a actuellement i .200 ani-

« maux provenant de cette origine ; c'est de là que descendent (( les métis de la Inès, »

IX. — ISestancia « Los Ingleses » de MM. Gibbson Hermanos est le plus important établissement d'élevage Lincoln que possède la République Argentine, et peut-être le monde entier, par le nombre de ses troupeaux et de ses magnifiques produits.

Elle fut fondée d'une audacieuse et héroïque façon, dans les premiers jours de l'indépendance nationale ; et- la constance, les efforts et l'intelligence qu'il a fallu déployer pour obtenir les résultats actuels donnent à AfAT. Gibbson des titres suffisants pour les faire placer au nombre des ouvriers travaillant au progrès et à la richesse actuelle du pays.

Uestancia « Los Ingleses », située dans le département de Ajô^ au sud de la province de Buenos Aires, a élevé son principal édifice par 30"* 21' 12" de latitude Sud et, en donnant ce renseignement, ainsi que d'autres que le lecteur rencontrera plus bas, je dois faire observer qu'ils sont l'œuvre d'une administration intelligente et technique.

Les terres s'étendent sur une superficie de dix lieues et demie jusqu'au Rio de la Plata, superbe limite d'un paysage magnifique. Le point jusqu'où arrive la propriété est appelé Cap de San Antonio.

Le sol est généralement sablonneux, avec de longues chaînes de dunes entremêlées de forêts de talas^ de saules et de coronilla. On y trouve aussi le quebracho flojo arbre que Ton rencontre dans tout le Sud de Buenos Aires.

Ces terrains primitifs se transforment avantageusement par le travail et en les peuplant de troupeaux; c'est pour cela que ceux de MM. Gibbson Hermanos sont déjà recouverts de graminées tendres et savoureuses, vulgo trèfles, gr ami lias, alfilerillOy capiqut^ etc.

M. Gibbson dit que ses prés peuvent concourir avec les

meilleurs de la province de Buenos Aires ^ connue déjà comme la prairie du monde.

Il ajoute : ce Cette plaine est entrecoupée de larges laguff nés et de marécages au milieu desquels s'inclinent, bercés « au souffle du vent, de majestueux ajoncs qui servent de « retraite à des milliers de loutres, de flamands, de cygnes, « de canards, de veuves à collier et d'innombrables variétés (( d'oiseaux aquatiques. En un mot on trouve réunis dans « cet endroit tous les avantages d'un terrain fertile et le plus « admirable spectacle que puisse off^rir une nature prodigue.»

h'estancia fut peuplée en 1810 par un créole nommé Esteban Marque^; il Tappela El Carmen. Elle était Tavantgarde civilisatrice du Sud de Buenos Aires, si Ton excepte Bahia Blanca^ car la frontière était marquée par le Rio Salado^ beaucoup plus loin.

Nous nous rappelons tous que les estancias des Ramos Mejia^ dans les lagunes de Kakel et de Marihuincul^ situées dans le district même de Buenos Aires, n'existaient que par la tolérance des Indiens à qui ces colonisateurs achetèrent le terrain et qu'ils protégeaient paternellement dans leurs travaux.

Les champs de Marque^ étaient connus, et le sont encore sous le nom de Rincon de Ajô; en eff'et la topographie leur donne la forme d'une espèce de sac qui entrerait dans la mer.

Les Indiens, maîtres de la vie et des biens à cette époque, laissaient loin en arrière dans leurs excursions le Rincon de Ajô^ mais ils arrivaient rarement à cet endroit encaissé, pour ainsi dire, entre des marais parfois très profonds et des forêts, car il était facile aux forces régulières de leur couper la retraite et de les battre.

Peu de temps après que ces terres eurent été peuplées, elles furent achetées par le négociant anglais M. John Gibbson, et son frère, Jorge Gibbson^ organisa une expédition

maritime pour reconnaître la propriété que les titres désignaient sous la rubrique de terrain de l'autre côté du Salado.

L'expédition arriva à l'embouchure du petit ruisseau du Tuyû et elle le remonta, au milieu d'une nature solitaire et sauvage, jusqu'à l'endroit où se trouve aujourd'hui le village Général Lavalle.

M. Gibbson se retira enthousiasmé par cette singulière nature où les eaux, la forêt et le sol sans consistance [cangrejat) se confondent capricieusement, éveillant en l'homme les idées de luttes et d'aventures étranges.

En 1828, en effet, M. Jorge Gibbson abandonnait ses aises de propriétaire anglais et arrivait au Tuyû avec les éléments nécessaires pour s'y établir.

h'estancia de Marque^ prit alors le nom de Los Ingleses et, pour le justifier sans doute, deux autres Gibbson^ Don Roberto et Don Tomas y débarquèrent venant d'Angleterre. L'unique survivant de cette audacieuse famille est M. Thomas Gibbson^ père d'enfants argentins, grâce au patriotisme et à l'intelligence duquel prospère cet élevage colossal. M. Thomas Gibbson réside maintenant en Ecosse au milieu de souvenirs argentins. Son salon est décoré de paysages du Tuyû et de nos campagnes, peints par un de ses frères qui était un véritable artiste.

C'est le cas de rappeler qu'il arriva à ces Anglais ce qui est arrivé à beaucoup d'entre nous plus tard, lorsque nous employâmes dans les campagnes les efforts et les méthodes nouvelles, basés sur la science et l'expérience. Le fin et déluré esprit créole, mélange de science et d'ignorance funeste, souriait de pitié en voyant s'engouffrer tant de capitaux dans les cangrejales et les marais du Tuyû. Une ruine complète était la prédiction la plus bienveillante pour l'Anglais .

M. Jorge Gibbson y répondit en appelant de la rustique

expérience aux conseils de la science qui transforme et conduit le monde dans les conflits du perfectionnement.

Dans ce but, un de ses premiers soins fut d'installer un observatoire météorologique pour étudier le climat et se faire une idée de ses variations et des lois auxquelles il obéit afin de protéger ses cultures.

L'observatoire, qui existe encore aujourd'hui, fonctionne depuis 1828 et il contient une précieuse collection réunie dans une région de la terre où Ton n'a pas fait d'autres observations.

11 s'inaugura par l'étude de cette sécheresse fameuse, dont parle l'histoire, qui dévasta les campagnes de Buenos Aires, de 1828 à 1 832; les troupeaux se dispersèrent rebelles à toute contrainte pastorale; les fourrages disparurent complètement, et les prairies desséchées, couvertes d'une couche de terre blanchâtre, se fendaient en tous sens. Les sécheresses continuèrent avec moins de violence jusqu'en 1 844, où commença une période inverse de pluies continuelles et torrentielles.

C'est ainsi qu'il y eut, en 1845, une formidable crue où les eaux, sorties de leur lit, restèrent si profondes pendant un an qu'il n'était pas prudent de traverser les marais pour ainsi dire transformés en voies navigables.

La société météorologique d'Ecosse a reçu les renseignements de l'observatoire de Los Ingleses et leur a donné son approbation pendant un quart de siècle.

J'extrais de ces renseignements un tableau se rapportant à la pluie, parce que les chiffres qu'il indique démontrent que, dans cette région, la quantité d'eau tombée annuellement suit une loi d'augmentation lente mais perceptible et continue, circonstance qui est due à la destruction inconsidérée des premières forêts.

En voici le tableau comparatif :

iinid aa

^VO ^ T^c*^ tn -^ir» -^.r» ii-, T^ ^^in T^u^ ^u^ t^vo u% vo vo »n r*»n oo

en

. Os "^

• 7 ei •

'S^Ï;d^-enT^SgSdS3?clM«a056^^ec^

»^^-< S S S S cX S5 Cl. < £ -< -< S S -< S S5 «» < O tX 2«

»n oô ■^ r> t>. t^oô u^ "^vc ^'nO r>>vd u^ oô in o t>»u^ m vo o eo ^ 4-vo

a^in c4^goci^O"^ciu->OMcnenM*-inu^Oc4en t^^O ii-> O 00 O VO

-^ c* 1-* « -^ -«t O^vo "-• "- t^t^o^o - ^min ^m •-« 00 oo ^o r^O "^

0%0 6 ^in e^iô •^oô O^co J\£5d6r<^ ÔoÔ •- c^r>»4'*-«^ Ovo !>•«

vo N* m 00 vo O Oi» ir> X 00 t>» o^x vo o^in o^x X t>.x X <o a»x •-

^in r<» r^-vo co e<% tn ^ — t^ e« ^lO 'O O ^fo o X X <0 m rf r>.vO t>»

M om^r» t>«ci «-«ocvo -vo '^cn O p» O^cn in o^en «^ O O « « ^ c<%

<-i Cl M <o »n r>> ^co vn r>» d »« »« 0^%r% « m ^ o X ci O^er^ co en in ^^

vo

iS

m X ^ C^X »n ^u^ KO - a^co r%o 0*n - n^^^nvo « «*0"^ t^co

00 »n *- c«% -^ -«i-fn r>.oX dcocnxx Oid^a^XO ©«no r>.c<^ t>»

•i« »« »rt »«

en o^m m O X rj- r>. r^-X X«n oen *- ciXXVOmmmcn cix t>>.»n

r^dX o o dinoo rN,o^o ^m x X •i a» o ^^-vo »n vo c* ci o o m

en

'^ e« r««cn XX c^ Qi'^ Oinvc'O dvn d -«tx X O^ m -^cn vo X t>» o

Page 1