CHARITÉ
Monde, vucillés a moy entendre , Venue suis de Dieu pour t'aprendre A gouverner bien sagement Les biens dont tu as largement, Par la grâce de Dieu le père. Car tu scays bien, cest chose clere, Que Dieu nous disten Fescripture, En l'évangile nette et pure Dilige proximum tuum Dist Dieu, sicut te ipsum.
Le Monde entre en discussion avec Charité. Puis arrivent Vieillesse et Jeunesse, son fils, qui se querellent ensemble. Vieillesse donne néanmoins de très bons conseils à l'autre qui répond :
Il semble que je suis enfant, Et que je ne scay que je fais.
Ne vous souciez de mes fais Non plus que je faietz de vous ; Car je n'en feray rien pour vous, Plus que je feroye pour mon chat.
La Charité et le Monde viennent consoler Vieillesse. La première fait toutefois observer que Vieillesse doit en partie s'en prendre à elle même d'être maltraitée par son fils :
Or merciez le créateur, Vieillesse, ma très doulce amye, Vous avez la verge baillée A vos en fans dont ils vous bâtent.
Car en sa petite jeunesse
Le laissiez faire en sa guise.
Moult en est d'ainsi advenus Qui sont pouvres enfans perdus Par deffaulte de chas ti ment.