AUDIN
Si vous trouvez vos femmes en tel cas, Donnez les au dvable comme j’av faict.
j tj
FINIS
farce noiiuelle hung earetter nomme Calbain , fort joueuse, lequel ec maria à une oaoeticre. 31 trogo personnages : Ccsta&saooir Calbain, la femme et le flkllanb (').
La femme se plaint que son mari lui refuse tout ce qu’elle demande. Elle l’appelle à plusieurs reprises ; enfin il arrive en chantant. Sa femme le prie de lui acheter une robe, comme celle de sa voisine. Il continue à fredonner diverses chansonnettes, et semble ne pas entendre. Enfin il part pour aller acheter du cuir à la foire. Un galant arrive. La femme lui demande conseil. Il dit qu’il intercédera pour elle, ce qu’il fait en effet, mais le mari chantonne constamment, et ne répond jamais rien. Alors le galant donne à la femme l’avis d’amadouer son mari, de le faire boire, et de mettie une poudre dans son vin, pour l’enivrer, puis de prendre sa bourse, et d’aller s’acheter une robe. La femme suit ce conseil; le mari s’enivre, s’endort, et elle part avec la bourse.
Lorsqu'il s'éveille, il s’aperçoit que son argent lui est dérobé ; il interroge sa femme qui, à son tour, ne répond que par des refrains de chanson. Le mari menace de la battre.
LA FEMME
Si my touchez, je vous feray mettre A la prison du chasteau, nicque, nicque, nocque,
A la prison du chasteau, nicque, nocqueau.
CALBÂIN.
Sainct Jehan ! me voyla bien et beau.
Ç) Six feuillets. Quarante-six lignes par page.
Tu scais qu’il me fault achepter Des souliers; fault il tant prescher.
Rendz moy ma bourse, si tu veulx.
LA FEMME
Et que tant vous estes fascheux !
Cherchez vostre bourse aultre part.
Par le jour qui luyt,
Plus ne eoucheray a ton lict :
Voire jamais ne te feis tort.
Penses tu que cest beau rapport Que tu m’appelles Larronnesse :
Je faictz a Dieu veu et promesse Que je te renonce a jamais.
CALBAÎN.
A taisez vous, mamye, paix, paix.
Je cognois bien que cest ma faulte ; Mais jay la teste ung peu trop chaulde. Suportez mes conditions.
Mais sans plus de temptations:
Qui la prinse, vous ne l’avez pas.
Mais quand je regarde mon cas,
Ou la pourray je bien avoir mise ?
Enfin le mari reconnaît à part soi qu’il a eu tort de tout efuser à sa femme, et qu’il ne s’exposera plus à être volé.
Je puis estre envers Dieu infâme Se jamais je me fie à femme,
Car ce n’est qu’altercation.
Or pour toute conclusion,
Tel trompe au loing qui est trompé ;
Trompeurs sont de trompeurs trompez ;
Adieu trompeurs, adieu Messieurs,
Excusez le trompeur et sa femme.
FINIS
Cy finist la farce de Calbain, nouvellement imprimée à Lyon en la maison de feu Barnabe Chaussard, près nostre Dame de Confort, mdxlviii.
farce nouwllc à quatre personnage© : Ccôtaseaüoir le Ghmsturter, €sopet1 le <èentül]omme et la Chambrière ^).
Le cousturier (tailleur) se plaint que la besogne va mal ; Esopet son garçon, lui dit que :
Cest pour cause que a la façon Du temps présent rien vous ne faictes.
De son côté, le gentilhomme dit à la chambrière qu elle doit se faire des habits neufs, afin de se marier le plus tôt possible, et il lui fait cadeau de diverses étoffes. Elle va ordonner au couturier de lui prendre la mesure, et, pour qu'il soit plus prompt, elle lui porte une perdrix et une cuisse de chapon gras. Esopet vient chercher les étoffes, et la chambrière lui dit qu’elle a recommandé à son maître de partager avec lui les mets quelle lui avait portés, mais que celui-ci a juré qu’Esopet avait le plus grand dégoût pour la venaison.
Esopet promet de se venger de ce tour que lui a joué son maître.
Le gentilhomme, qui entre en ce moment, demande si le tailleur est un bon ouvrier. Le meilleur du monde, répond le garçon, c'est dommage seulement que parfois il tombe dans une sorte de rage, dont il n’est guéri que si on le bat bien fort. Esopet retourne chez lui avec les étoffes, et peu après, le gentilhomme et la chambrière se rendent aussi chez le tailleur, pour donner leurs ordres.
C) Quatre feuillets. Cinquante-neuf lignes par page.
Esopet ayant caché la craie et les ciseaux, le maître s'impatiente à chercher, et, comme il frappe sur l'établis avec colère, le gentilhomme, qui a été prévenu que c’est là le symptôme de l’accès de la maladie, le saisit et le bat d’importance , aidé par la chambrière. Le tailleur étonné crie et demande pourquoi on le maltraite ainsi ; le gentilhomme s’explique, et on s’aperçoit qu’Esopet a voulu jouer un tour à son maître. Le coupable avoue qu'il a cherché à se venger, parce que son maître avait mangé tout seul la perdrix et la cuisse de chapon.
LE GENTILHOMME
11 a esté bien battu touttefoys.
ESOPET.
Je n’en puis mais; s’il m’eust gardé ma part De la perdrix, deux morceaulx ou trois Sans la manger toute, comme un drongart.
LE COUSTURIER.
Ha que tu est un faulx maistre paillart !
Je te tiendray une Toys la falace.
ESOPET.
C’est tien, pour tien.
LE GENTILHOMME
Icy y a regard,
Fay a aultruy ce que veuix qu’on te face.
LE COUSTURIER.
Par bien, par bieu, si tu viens en place,
Il t’en sera rendu maint coup de barre Dessus ton dos.
LE GENTILHOMME
Ne me chault quoy quon lui brasse.
Prenez en gré de la petite farce.
Cest Esopet le somuliste de Navarre (*).
FIN
') H nous a été impossible de trouver Fexplicafion de cette expression.
farce ttouüclle, très bonne et fort jageuee, à trogo personnages: (festassauotr ütaistre ifttmm le (froideur, son oalet fiidjarb le |Jrle sourb et le Cl]aussetter (*).
Le gouteux qui souffre de vives douleurs, dit à son valet d’aller chercher le médecin, mais celui-ci étant sourd, répond tout de travers aux propos de son maître.
Monsieur, quant la grappe fut meure Incontinent Ion vendengea ;
Gargantua beut et mengea A son desjeuner seullement,
Douze vingt miches de fourment,
Ung beuf, deux moutons et ung veau,
Et si a mis du vin nouveau A deux petis traietz dans sa trippe,
Deux poinçons avec une pipe,
En attendant qu’on deust disner.
Ces quiproquos continuent entre le maître et le domestique, qui sort enfin pour chercher le curé. En route, il demande à un chaussetier, par où il doit prendre, mais aussi sourd que son interlocuteur, le chaussetier croit qu’on a besoin de ses services. Malgré tout ce que lui dit le valet, il le suit chez son maître, et veut à toute force lui prendre la mesure d’une paire de souliers; le maître se débat et tempête, et la farce (si farce il y a) finit.
(') Quatre feuillets. Sans indication. Quarante-six lignes à la page.
farce noitücüe biutg ramoneur bc dominées fort joueuse. Houncllement imprimée. % quatre personnages: C estassaooir le Ramoneur , le Harlet, la femme et la Hogstnc (p).
La pièee commence par un dialogue entre un ramoneur et son valet, sur ce qu’on ne trouve plus rien à faire. Fréquents jeux de mots sur ramoner les cheminées.
Rentrés chez eux, ils trouvent la femme qui gronde et se plaint de son mari. Une voisine entre. Les plaintes recommencent (2).
Il est mort, cest a dire au monde, Comme un chartreux ou reclus.
LA VOYSINE
Comment?
LA FEMME
Il ne ramonne plus.
Non plus qu’ung enfant nouveau né.
(1) Six feuillets. Deux gravures sur bois au titre. Sans indication. Quarante-six lignes par page.
(2) Il existe une comédie de Villiers, les Ramoneurs , comédie en un acte, en vers, dédiée au mieux intentionné. Paris, Charles de Serey, 1662.
En 1620, on représenta à l’hôtel de Bourgogne, unecomédie des Ramoneurs, très-libre ( voir Parfaict, Histoire du Théâtre français, t. 4, p. 536). Une copie manuscrite de cette pièce s’est vendue fr. 69-60 à la vente Soleinne, n° 1016. Duverdier attribue à G. Le Breton, une comédie intitulée le Ramo-
neur.
LE RAMONNEÜR.
Ramonner, cest bien ramonné !
Il n’est homme qui ne s’en lasse,
De ramonner si longue espasse,
Que j’ay faict, ne par tant d'ans ;
Il y a plus de soyxante ans Que le mestier je commencay.
LA VOYSINE
Vous n'en pouvez plus.
LE RAMONNEÜR.
Je ne scay,
Ma femme me le dit ainsi.
LA FEMME
Je le scay par ma cheminée Qui souloit estre ramonnée Tous les jours bien cinq ou six foys Mais il y a bien troys moys Voysine, quil ny voulut penser.
LE RAMONNEÜR.
Cest toujours a recommencer,
Qui fourniroit au résidu,
Il vauldroit mieulx estre pendu , Ou estre mis en gallée.
LA VOYSINE
Vostre peau sera gallée Ou vous ferez vostre debvoir.
LA FEMME
Voysine, vous pouvez scavoir Qu’il ne fera jamais grand fais.
LE RAMONNEUR
Ma gaulle ployé
Si tost que louvrage regarde.
Pour Dieu, Messieurs, prenez garde, Qui vous meslez de ramonner,
Qu’a ramonner point on ne tarde Les cheminées qui ont mestier ;
Et pour la course abréger,
Et aussi qu’il vous ennuye 11 est temps de nous en aller.
Adieu toute la compagnie.
Cy fine la farce du ramonneur de cheminées.
Sermon joueur et be grande naine 71 tous les fouir qui sont bessoubs la nue, |3our leur montrer à saiges beoenir, Moyennant ce, que le temps abocnir ®ous sot* ttenbront mon conseil et boctrine Puis cognoistront clerement sans urine, dilue le monbc pour sages les tienbra, douant ils auront be quog, note* cela ^l).
Icy commence le sermoneur et dit :
In nomme Bacchi et Ciphi atque sancti Doli. Amen.
De qui sapientis esti in oculis nestris. Hæc yerba Esaye originaliter, quinto capitulo scribuntur, et recitative ad nostre collationis fnndamentaliter exordium assumuntur.
Affin que je ne soys confus,
En mes paroles je conclus Que troys parties nous ferons.
In prima parte conclurons Qualitate fatuorum.
Pro secundo nous parlerons De quantité stultorum,
Irarno pro tertia parte Ut nostrâ reperitur in arte,
(l) Après ce long titre, il y a une gravure sur bois. Six feuillets. Quarantesept lignes à la page.
De modo eorum vivendi.
Les plus sotz et enragez foulx Qui soyent au monde sont jaloux ,
Qu’en dictes vous, mes seigneurs.
Helas povres sotz malostrus N’estes vous pas bien folles testes De vouloir garder telles bestes.
Noté les ditz, et relien les,
Que dit le saige Socrates *
In animalibus bis foratis in visceribus bassis, non est adhibenda fuies.
D’aultre part c’est grande folye A homme davoir jalousye De chose ou n’a aulcun dommage.
Quel desplaisir te faict un personnaigc,
S’il te croist ou eslargist tes biens ?
Femme a cul, con, et ses membres sont siens,
Et me semble par loy esquise Qu’elle en peult bien faire en sa guise ;
Vous en aurez la belle loy En vostre droit qui en dit le vray.
Quilibet est moderator clericus vel laborator et arbiter rei sue. L. in re mandata. Codice mandati.
Or sus donc nouveaux mariez, Levez vos cueurs et entendez Voyla là, contre une paroy Ung pertuys, tu y mes le doy,
Et l’aultre vient qui luy boute, Ou cinq ou six tout d’une route.
Et par ta foy n’est tu pas beste De t’en rompre ainsi la teste.
Si le pertuis ils emportoyent,
Je dys que bien se forseroyent.
Mais il demeure en son entier, Et si en venoit un milier,
Ja pour ce n’en amoindrira.
Or escoute ung petit cela Qui est escript en beau decret En la glose tout en secret.
Mulier non dicitur meretrix nisi ipsa receperit hominum. Glosa in capitulo vidua, distinctione
viginti tria millia trigesima quarta.
Or ça pro secunda parte
Je trouve de quantitate
Que numerus stultorum est infinitus.
Les Lombars selon leurs usages Sont foulx par force destre saiges,
Les Almans sont au contraire,
Ils sont foulx par force de boyre,
Mais qu'ils ayent bien mouillés la gorge Ils sont vaillans comme sainct George.
Des Bourguinons la grant folye Oui disoient leur Duc estre en vie ;
Les Picquars ils sont trop eureux,
Et que sont-ils foulx amoureux,
Si une chievre portoit coiffete Ils en feroient leur amyete.
Foulx de Paris sont si grant nombre Que aux aultres foulx portent encombre ; Foulx Normans rient des oreilles,
Àtant que cest grandes merveilles,
Après viennent les foulx Bretons,
A cent miliers et miiions.
S’ils sont saiges cest aventure,
Car ils sont tous foulx de nature.
Touchant de ses sots Angevins Ils ne sont foulx que de leurs vins,
Car Jehan des vignes qui est tant beau Incontinent leur gaste le cerveau 5 Foulx Poytevins et Lymosins,
Se sont sotz rusez et bien fins.
Car eulx le fol contrefaisant,
Ils mordent les gens en riant.
Leur language les rend robustes,
Mais plus fins sont que tu ne cuydes.
Ergo donc je conclus icy,
Le nombre des foulx infini.
Voyre, mais beau pere,
Dictes nous que pourrons faire Pour estre saiges ;
Je vous diray
Et a tous foulx enseigneray Comme ils seront les bien venus Partout, et pour saiges tenus.
Or ça, voicy que vous ferez :
Ung chascun jour amasserez,
Tant que pourrez or et argent,
Et puis vous serez saiges gent,
Qui n’a d’argent on le tient foui,
Et saige est qui en a son saoul.
Quant tu auras dargent grant somme Tu seras tenu pour saige homme.
Servit aut iinperat pecunia collecta unicuique. Oratius in Epistolis.
Fin du sermon des foulx, imprimé nouvellement à Lyon en la mayson de feu Barnabe Chaussard, près nostre Dame de Confort.
Sottie nouocllc à sis «croonnatgcô : Cestassaooir le floi fccs Sot* Eriboulct, Üllitoufflct, Sotîinct, (Eoquibus, <Ê>utppellm ( 1 ) .
Le roi des sots convoque tous ses sujets, et les personnages débitent tant de véritables sottises, sans aucun sel, que ce n’est pas la peine d’analyser.
(') Six feuillets. Sans indication. Quarante-six lignes à la page.
Sottie nouuellc a cinq personnages. Hcs trompeurs. Cestassaooir Sottie. ®este tÜerte. fine filine. djascun et le ©emps (r).
A trompeur trompeur et demy.
Sottie commence :
Sotz triumphans, sotz bruyants, sots parfaietz, Sotz glorieulx, sotz sur sotz autentiques,
Sotz assottéz, sotz par dietz et parfaietz Sotz enforcéz, sotz nouveaulx et antiques Sotz assottéz, sotz laitz, sotz ecclésiastiques Sotz advenans, sotz mignons, sotz poupars, Sotz enraigez, hors de sens, fantastiques, Venez ayant, saillez de toutes pars.
Môme observation que ci-dessus.
(') Six feuillets. Sans indication de ville , ni d’imprimeur. Quarante-six lignes à la page.
iarcc nouüclle très bonne bc folle Bobance, à quatre per&mnaijjee : Ccotaosaootr, le premier fol (Gentilhomme, le oeconî» fol ülareîjant et le tiere fol fabourettr
Folle Bobance commence :
On estes vous tous, mes folz affoliez, Sortez très tou s, et me venez voir.
Et quesse cy, n’oyez vous point ma voix Despechez vous, bien tost icy affoliez.