‹ Description culture et taille des muriersChapitre 73 sur 85 · hente:de 1derré 52: TERRE RE · texte numérisé non relu

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Produit maximum, avec réduction de chance à courir, 8 kil. 82, par 2,500 arbres,

DO DD MT EL CAT ARTE ST RUE A RS TS 1,543 50 Restéanet ES 2 MES EE ts 124 A9

Sur des plantations de Müriers, au Vigan, dans des conditions de végétation autant identiques qu’on peut en juger, on a obtenu d'arbres plantés à 7 mètres de distance en tous sens, à

An 0:00:12, “9.'ans...1:48:30 17 ans... 90,80 Dans: r10.00 140» 70158 80 4180217 008240 AUDE 20 9001 | MATE» 7 6160 1097 NOSEE Rp ART MR A0 AT ARE. E469,00 20: » = 9890 D 6 SAMOA SAS ES AL CUBUAD ER es 0008 00 6.» .. 9570 | 44 »:.. ‘77,60 | 22» .. 400,00 TPE Le DD T0 PRE Ep TE SORA

La production moyenne pendant cette période a été de 57 kil. 8 par arbre, sur 208 arbres que porte l’hectare (plantation à 7 mètres, et chaque arbre jouissant de 49 mètres carrés de terrain) ou 12,022 kil. de feuilles de printemps, et en déduisant 5/100 pour les risques de gelée blanche, nous avons pour produit moyen 54 kil. 9 par arbre, et par hectare 44,419 kil. par an de feuilles de printemps.

Ces calculs (faits pour le Midi de la France) prouvent clairement

PLANTATION DES MURIERS. 249 qu'il y à avantage à faire des plantations rapprochées, qui durent moins, mais donnent un produit moyen plus élevé. C’est aussi la pratique qui prévaut aujourd'hui parmi les nouveaux planteurs.

En élevant soi-même des Müûriers de graine prise sur des arbres sreffés (non taillés préalablement depuis deux ans, s’il se peut), on à de jolis plants (pourrettes) à peu de frais, ou bien par des boutures de Lhou, de multicaule, on aura rapidement et à beaucoup moins de frais des plantations dont on pourra jouir même l’année de la plantation (4), et qu'on détruira aussitôt qu'on s'apercevra que la production diminue. On n’oubliera pas non plus que nous ne conseillons les engrais que pour les terrains trèspauvres où l'on plante des Müriers dont les feuilles sont minces, et que l'on évite des achats d'arbres et des frais de plantation trèsélevés ; que des personnes très-faibles peuvent faire la cueillette de feuilles et entretenir facilement les Müriers en bon état.

Avant de commencer la plantation, il faut avoir soin de pré parer les racines des arbres. Si ce sont de jeunes plants de deux ans et qu'ils proviennent d’un sol très-meuble, ils offrent une très-longue racine pivotante, qu'il faut raccourcir, moins si l’on plante à demeure dans un sol meuble, que si on les transporte en pépinière pour les laisser grandir ou les greffer et les retransplanter ensuite. Si, lors de cette mise en pépinière, on n’a pas fortement raccourci la racine pivotante, elle s'allongera, et lors de l'arrachage, on Sera obligé de la mutiler. Il vaut donc mieux, en la coupant courte, forcer le développement des racines latérales, qui s'augmenteront beaucoup en nombre, présenteront moins de mutilation dans l'arrachage et bien plus de facilité pour la transplantation.

Si l'un des trois jets qui doit former les premiers membres d'un arbre n’était pas parfaitement égal aux autres, il ne faudrait pas trop s’en inquiéter ; on trouvera bientôtle moyen de l'équilibrer.

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b En employant la méthode de la Taille en vert ou annuelle. Voir cet article

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il en sera de mème si l’un des autres embranchements était un peu plus faible.

En général, il vaut mieux réserver quatre branches primitives

que deux; car, en cas d'accidents sur une branche , on en trouve encore trois.

Dans le cas où l'arbre n’aurait que deux branches, on le ramène à trois; on profiterait d’un nouveau rameau de l’année pour rétablir l'embranchement ternaire , en ne détruisant pas cette nouvelle

pousse, (ou comme le disent les jardiniers) ne l’ébourgeonnant pas.

On sait que HALE a voulu connaître, par l'expérience, la force absorbante des racines du Mürier; il a trouvé qu’un jeune Mürier portant 395 grammes de feuilles employait 29 grammes d’eau en 2% heures. Il à observé que la consommation de la nuit est d'environ le quart de celle du jour.

Comparalivement avec quelques autres végétaux, il a trouvé que l'absorption était pour :

Le Soleil /Helianthus annus) . . . . 35 gram. 8 Le Chou [Brassica oleracea) . . . . 69 — 6 La Vigne. (Palis Du er din D LE DE MSNCEE Le Mürier (Morus alba) . . . . . . 29 —

Dans les nouvelles plantations, il faut éviter surtout les lieux où les gelées printanières (gelées blanches) sont fréquentes. Le voisinage des rivières et des bois leur est aussi défavorable. Aussi, voyonsnous à regret sur les bords extrêmes du Rhône un certain nombre de Müriers dont les racines sont souvent mouillées par ce fleuve. Leurs feuilles sont évidemment (quoique belles) les plus nuisibles aux vers-à-soie, et pour les utiliser avec moins de désavantage, on devrait au moins ne les cueillir que dans les cas où règne la sécheresse.

D'ailleurs, si un propriétaire voulait absolument planter des Müriers dans un sol un peu humide, je l’engagerais au moins à ne jamais y placer que des Müriers de semis à feuilles non lobées et

PLANTATION EES MURIERS. 251 grandes. Ces arbres ne produiraient jamais des feuilles aussi épaisses (aussi belles , dit-on) que celles de l'arbre greffé à feuilles presque charnues, que je repousserai toujours, surtout dans les sols fertiles et substantiels. Si j'en possédais, je ferais tout ce qu'il serait possible , tout en les utilisant, d'appauvrir l'apparente beauté de leurs feuilles.

Le Mürier est l’une de ces plantes bien plus rustiques que tant d'autres ; il résiste à tous les traitements qu'on lui inflige : récolte de feuilles, taille inconsidérée, replantation presque dans toutes les saisons, souvent après avoir été en partie gelé, après avoir eu les racines en parties séchées par l'air. Mais les époques les plus convenables sont, si l’on peut, en automne ou bien au premier printemps, même quand ses bourgeons sont déjà assez volumineux et commencent à montrer quelque verdeur. J'en ai replanté avec cinq à huit feuilles bien développées sur de jeunes rameaux de 10 à 18 centimètres, et qui ont repris en 1854 au moyen de faibles arrosements.

Le terrain qui paraît essentiellement disconvenir au Mürier, c'est de le replacer dans un endroit où un autre vient d’être enlevé. C'est ce dont M. GAILLARD, de Brignais, qui a examiné l’année dernière les Müriers dans les Cevennes, s’est assuré. Si l’on ne laisse pas dix à quinze ans d'intervalle afin que le solse débarrasse profondément par la putréfaction des exsudations qu'ont déposé les racines de l'arbre précédent, on voit le Mürier nouvellement planté y languir sensiblement, tout comme le Pêcher, dans un sol où on vient d'en arracher un autre.

Les Müriers nains ont généralement une foliation plus précoce : la cueillette s’en fait facilement ; les mivents les suivent et présentent les mêmes avantages. Les grands arbres se feuillent en général plus lard, et en cas de gelées printanières , ces trois grandeurs d'arbres offrent donc des avantages, si surtout l’on joint à ses cultures des variétés tardives ; mais ce que je conseillerai toujours, surtout dans des sols fertiles, argileux , humides , s'il faut absolument y placer des Müriers, c’est de n’y mettre que des arbres de graine à larges feuilles et non greffés.

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Si une plantation de Müriers nains de 45 ans donne encore d'abondantes récoltes de feuilles, pourquoi des mivents ne présenteraient-ils pas le même avantage, sisurtoutils sont convenablement écartés, cultivés et taillés, et que la terre végétale soit perméable.

d’ailleurs, des Müriers nains, qui sont d'habitude complètement abandonnés à eux-mêmes, souvent sans sarclage, sans binage, dont les feuilles sont recueillies sans la moindre apparence de soins, ne produisaient pas des feuilles aussi grandes qu'ils pourraient le faire dans des sols extrêmement pauvres en débris organiques, pourquoi alors seulement ne leur donnerait-on pas quelques engrais et des binages convenables ?

Mais comme, en général, il faut profiter de l’espace, et que nous conseillons de planter les arbres ou les mivents à de grands intervalles , on peut, si l’on ne veut y joindre aucune culture herbacée, placer pour un certain nombre d'années des nains en haies qui de longtemps ne seront ombragés par les autres Müriers en arbres.

On peut aussi élever des Müriers en £aillis dans les intervalles de hauts Mûriers. Ces taillis sont recoupés près de terre tous les quatre ans. Selon moi, ils n’ont pas d'avantage sur les nains, en ce que la première et la deuxième année après le recépage, les feuilles sont plus aqueuses que dans les Mûriers nains, sur sas nous conseillons la taille que nous avons proposée.

Une des exceptions que nous pourrions tolérer, ce serait de laisser des Müriers en arbres ou en mivents greffés dans des cultures en luzerne, en trèfle, un pré naturel sec ; mais alors je ne voudrais pas qu’on supprimät les plantes herbacées qui touchent le tronc. Dans un cas semblable, le Mûrier greffé, recevant une nourriture appauvrissante, donnerait des feuilles approchant de celles du Müûrier non greffé.

Si, au contraire, le Mürier greffé est dans un sol substantiel, riche en engrais, humecté, ne craignez nullement de mettre à nu une partie de ses racines, à en enlever même une certaine quantité par la charrue, vous ne tuerez pas l'arbre (il est robuste); mais “ous rendrez les feuilles plus minces, moins charnues et bien plus

PLANTATION DES MURIERS. 253 convenables à la santé des vers-à-soie et à leur amélioration successive. Nousles avons appauvris par des éducations continuelles, dans des lieux malsains pour eux ét trop peu aérés ; nous les avons nourris avec des feuilles trop aqueuses , ayons le courage d’en rétablir l’espèce par des soins aussi longtemps prolongés que notre indifférence a été longue.

Les. nombreuses variétés ou plutôt variations du Mürier blanc présentant des époques d'évolutions de bourgeons très-différentes, il est bon, dans une plantation, d'en posséder de précoces et de tardives ; dans le premier cas, pour avoir la possibilité d'obtenir des éducations de vers-à-soie avancées ; dans le second cas, si ces Müriers perdaient leur premières feuilles par la gelée, on püt profiter des tardives pour alimenter des vers qu'on aurait été obligé de faire éclore plus tard pour remplacer les premiers.

Les Müriers en haies, qui sont préservés facilement par de légers abris, pourraient favoriser cette précocité dans les éclosions, ce qui permettrait d'éviter les grandes chaleurs de l'été qui sont l’un des écueils les plus graves.

On cherche depuis longtemps un suecédané au Mürier, et aucune plante n’a mieux réussi jusqu’à présent que l'alimentation avee la Maclure orangée. Get arbre se feuille plus tard que le Mürier, et ses feuilles pourraient servir à remplacer momentanément celles des Mûriers qui auraient été gelées.

MATTH. BONAFOUS signale, dans son Traité sur l'Education du Ver-à-Soie (1840) l'un de ses correspondants qui a alternativement nourri des vers avec le Murier blanc et la Maclure orangée sans qu'ils aient montré la moindre répugnance. Ils ont fait d'aussi bons cocons que les autres. J'ai fait la même expérience avec la Maclure dans les années où je me suis occupé de petites éducations. Il serait possible, comme pour quelques Müriers en haies surtout, d’en placer dans des expositions variées, afin d'obtenir au besoin des feuilles précoces et d’autres tardives de l’un et de l’autre.

Que faire, dit CAMILLE BEAUVAIS dans une lettre à MATTH. BONA- FOUS, quand on n’a que 30 à 35 centimètres de terre végétale, et

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que le sous-sol ne vous offre ici qu’un banc d'argile froide, là qu'une terre ferrugineuse , plus loin qu'une marne, tous contraires à la plantation des Müûriers? J'adoptai, ditl, le Mürier à basse tige : d'abord, parce que les enfants et les femmes âgées peuvent, à peu de frais, en récolter les feuilles ; en second lieu, parce que le Mürier, ainsi dirigé, produit moins de fruits ; ensuite, parce que les frais de plantation d'un demi-hectare de Müûriers à basse tige ne coûte guère plus que s'il était planté en grands arbres, et que si l’on compare le produit dans la première période de 24 années, on se persuadera que le premier donne trois fois plus de feuilles que le deuxième; enfin, parce qu’on entre en récolte appréciable dès la £e ou 5° année avec des Müûriers à basse tige, et qu'il faut aitendre pendant dix à douze ans pour des Müriers en plein vent.

Chez une nation comme la nôtre, où le temps exerce une grande influence, il est constant que beaucoup de cultivateurs s’adonneront à cette mdustrie, s'ils acquièrent la certitude de retirer des produits dès les premières années de plantation. À |

Cette culture à été adoptée par les Anglais qui habitent la presqu'île du Gange, ainsi que par les planteurs auxquels le Gouvernement britannique accorda , en 1826 , des concessions de terres considérables, avec de très-grands priviléges à Ceylan, à l’île Maurice, à la Jamaïque, etc.

Si on veut planter en haies, on creuse un fossé d'un mètre de large sur 60 à 70 centimètres de profondeur ; la moitié de l'épaisseur du’ sol est jetée d’un côté, l’autre moitié de l’autre ; le fonds est bèché à la triandine. On remplit le fossé jusqu'aux deux tiers avec la terre qui était d'abord en dessus, on place et étend les racines de Mürier dessus, à un mètre de distance et en ligne; on les recouvre avec de la terre prise au fond. On a soin ensuite de secouer perpendiculairement les arbustes et d'engager la terre entre leurs racines, de manière à laisser le moins d’air dans le sol. On tasse convenablement avec les pieds.

Si on plante en lignes parallèles, on ouvrira un second fossé à 2 ou 3 mètres du précédent, en agissant de mème. Cette distance est

PLANTATION DES MURIERS. 255 convenable pour profiter du sol intermédiaire, ‘jusqu'à ce que les Müriers soient grands, en semant en Lupin, en Vesce, si le sol est pauvre en matières organiques ; ou bien, s’il est plus riche et qu'on puisse le fumer, on le plantera en Pommes de terre, Colza, Betteraves et autres plantes annuelles ou bisannuelles. Après la récolte des Pommes de terre, on sème la Vesce (Pesette), qui couvre le sol le printemps suivant. On retourne cette plante prairiale (très-azotée) au moment de la fleuraison, ou bien on fait une première coupe pour retourner le sol plus tard. On revient ensuite aux Carottes ou aux Pommes de terre.

Si l’on a planté des arbres, on passe la charrue tantôt dans la longueur du champ, d’autres fois en travers; on a soin de laisser autour de chaque arbre un carré non travaillé que l’on bine deux ou trois fois par année. Après plusieurs années d'un travail assidu, on a fait des récoltes de feuilles de Mürier, de Pommes de terre, de Seigle, de Carottes, de Raves, plus tard de Betteraves, ec.

Après avoir labouré le terrain, le Lupin, la Vesce et le Seigle se sèment à la volée ou dans les sillons. Dans le premier cas, on passe ensuite la herse un peu chargée; dans le second, la charrue referme le sillon précédent ensemencé ou planté. On sème de deux à trois hectolitres de Lupin ou de Vesce par hectare ; au moment de la parfaite fleuraison, on passe le rouleau sur les tiges, et on laboure pour cultiver pendant deux années consécutives. M. PAYEN a trouvé dans le Lupin blanc 3,49 d'azote p. 100 à l’état frais, et 4,36 à l’état complètement sec. C’est donc un engrais fort riche en azote. Ces graines, macérées dans l’eau, perdent leur amertume, et lorsqu'elles sont bouillies , on les emploie pour engrais aux pieds des Oliviers.

La disposition des Müriers en haies offre de très-grands avantages. Quand la plantation est bien dirigée, elle forme l’une des meilleures elôtures, et d’un certain produit dès la seconde année. On peut en avoir de grandes étendues. Les feuilles en sont trèsprécoces ; elles peuvent, à peu de frais, être préservées de la gelée par de très-légers abris, par de simples et grossières toiles, de légers

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paillassons. On peut, par le même moyen, en couvrir des parties en temps de pluie. Traitées par la tulle en vert, on peut encore profiter de la seconde feuille à la fin de l'éducation; c’est un des moyens dont les éducateurs de vers-à-soie sont loin de connaître toute l'importance.

Dans quelques sols dont la couche de terre perméable est peu profonde et dont le sous-sol ne peut être pénétré par les racines, les Müriers mivents, et à toute rigueur en haie, sont bien préférables. Quelques sondages faits sur divers points du sol qu'on veui planter doivent décider d’ailleurs l'élévation que l’on veut donner à ces Müriers ; mais je ne saurais trop le répéter, les haies et les mivents sont bien préférables aux arbres. Que d'économie dans la taille etla récolte des feuilles ! que de dangers à éviter, tout en laissant arriver les arbres à la vieillesse que l’on voudra qu'ils acquièrent!

Pour les Muüriers mi-naîns, le sol sera préparé à la charrue le plus profondément possible; et un peu nivelé s’il est nécessaire. On ouvrira des trous carrés à six ou huit mètres de distance dans tous les sens. Ils auront au moins un mètre de côté et autant de profondeur.

La plantation des mI-NaINS, embranchés à 1 mêtre du sol, est préférable à toute auire. Que l'on veuille tailler en vert (1) ou ramasser les feuilles directement sur l'arbre, le travail sera toujours bien plus économique, et pourra facilement être fait, même par des femmes.

Il semble inutile d'indiquer que la profondeur, à laquelle les racines des Müriers doivent être placées, est variable suivant la nature plus ou moins compacte du sol, suivant que l'arbre sera placé dans les climats méridionaux ou du nord. Dans ces derniers , si l’on plante trop profond , l'arbre ne jouit pas assez vite du bienfait de la chaleur , et poussera plus tard. Dans le Midi, où les vents sont impétueux, il faut non-seulement planter plus profondément à

1) Voir l'article Taille.

PLANTATION DES MURIERS. 257 cause de la chaleur, mais aussi pour que les racines ne soient pas trop desséchées par un soleil brûlant.

En plaçant les Muüriers en arbre à grande distance (7 à 12 mètres dans tous les sens) et dans des trous de grandeur proportionelle (1 mètre 50 à 2 mètres), on pourra cultiver à la charrue le sol qui portera soit des Céréales, des Pommes de terre, des Haricots, Pois, Fèves, etc., en laissant parallèlement à chaque rangée de Müriers, dans un seul sens, un sentier pour faire la récolte des feuilles. De cette manière, les travaux de culture des Müriers seront amplement couverts par les récoltes annuelles ou bisannuelles que le sol portera. D'ailleurs, en ne passant pas trop près des arbres avec la charrue en long et en travers, on n'aura plus qu’à faire quelques binages autour du pied de chaque Müûrier, qui, de cette manière, ne sera pas entouré de cultures. Par ce moyen, après quelques années d’une culture intelligente, on parviendra à utiliser des terrains qui jusqu'alors étaient restés incultes. :

Dans ce cas aussi, on plantera, si les Müriers sont jeunes, sans les ébrancher ; ils ne seront formés qu’au mois de juin, quand les nouveaux rameaux se seront développés.

Quelques terrains sablonneux ou pierreux, planes, sont avantageusement cultivés en Müriers par bandes de 410 à 45" de distance entoussens. Dans la même rangée, on place-des Vignes, cinq ou six ceps entre chaque. L'intervalle que laissent les rangées est ensemencé de Trèfle, Vesce (ou Pesette), Pommes de terre, Haricots, Pois, Seigle, Froment, etc. Les labours à la charrue que la terre doit subir pour ces cultures, et les légers engrais qu’on est appelé à y mettre, suffisent à la Vigne et au Mürier. Si l’une des cultures manque, l’une des deux autres réussit, et la perte est plus supportable. D'ailleurs, il ne faut pas croire que les Mûriers projetteront trop d'ombre : ils seront ébranchés en juin. Ils ombrageront peu les Vignes, et leurs troncs serviront à soutenir un ou deux gros fils de fer soutenus entre chaque arbre par un fort piquet de 4 à 6 pieds de long hors de terre, afin que les feuilles des Mûriers soient mieux éclairées ; les rangées seront dirigées du nord au sud.

En résumant ce qui a été dit sur les divers modes de plantation du Mürier, nous pensons qu'on doit mettre en première ligne les haies de Müriers , en seconde les mivents, et que les grands arbres sont bien inférieurs en avantages ; que, égaux en âge, les haies et les mivents, convenablement entretenus, comme il est bien facile de le faire, sont beaucoup plus producüfs que les arbres. La cueillette, la taille (en employant celle sur rameaux de l’année précédente) peut être faite par des femmes ou des enfants grands et intelligents. J'espère que tout homme, qui voudra voir si ce n’est pas là le progrès, emploiera ces deux moyens, et qu'il y trouvera économie el avantage prononcés.

Quant au choix de la variété du Mûrier, je conseille de préférer celui à larges feuilles obtenu de semis de Mürier greffé, ou bien le Mürier blanc à larges feuilles obtenu de bouture.

Je ne parle pas à ceux qui ne pensent au Mürier que pour le dépouiller brutalement de ses feuilles, nous n'avons pas à nous en occuper; mais à l’agronome sensé et intelligent, intéressé à avoir de bons et nombreux produits, tout en protégeant et conservant ses arbres et ses vers-à-s01e.

Quelle opinion que l’on ait sur ce sujet, que risque un planteur nouveau à en faire l'essai?

La culture qu'on doit donner aux Müriers variera (comme nous l'avons déjà entrevu) suivant qu'ils seront obtenus de graine ou bien qu'ils seront à feuilles larges et épaisses, état que l'on désigne ordinairement sous la dénomination de Märiers greffés. Si ces derniers sont dans un terrain médiocrement fertile, on ne doit pas craindre d'y joindre les plantes annuelles que nous avons indiquées sans fumier, ou même si les arbres sont trop vigoureux et qu'une année sèche advienne, il faut se contenter de sarcler le plus économiquement possible.

Si ce sont des Mûriers non greflés, des cultures appropriées à celte nature de sol, ils pourront recevoir quelques fumures.

Dans les cas où on n’ensemencerait pas le sol, il ne faut jamais y laisser grainer les plantes inutiles.

Dans les sols riches, plantés de Müriers greffés, on ne doit pas craindre de passer la charrue assez près des arbres, et même, si les feuilles sont trop succulentes, je conseille de découvrir un peu les racines , afin qu'une sève trop abondante ne gorge pas trop les feuilles. En répétant souvent ce conseil, je voudrais qu’on senti bien que la succulence des feuilles du Mürier greffé est l’une des malheureuses causes de l’appauvrissement de la constituion de nos vers-à-So0le,

Dans les Müriers d'arbres greflés, dans un sol humide et où une culture mixte ne gênerait pas, on doit même herser, passer la houe , afin d’évaporer le plus possible l’eau qu'il content.

Dans le cas où l’on aurait planté les Mûriers dans un sol qui n'aurait été travaillé que par bandes, en les plaçant, on devra avoir soin de passer à distance convenable la charrue, la houe, la triandine, afin que les racines puissent s'étendre,

Il paraîtra probablement fort exagéré que nous supprimions tout engrais pour les Müûriers greffés, car quelques agriculteurs pensent que les engrais sont la seule bonne chose dont on ne puisse abuser. Cependant, nous répétons encore que c’est directement à eux qu'il faut attribuer la carnuosité des feuilles de Mürier, ainsi que le mal que fera toujours l’engrais aux Pommes de terre, surtout dans les années humides. Cultivons pendant huit à dix ans nos tubercules dans des sols sablonneux fumés avec des engrais secs seulement ou très-décomposés , et nous ramènerons à la santé cet indispensable tubercule, dont nous avons abusé par des cultures souvent absurdes.

D'après cela, pour que les Müriers donnent des feuilles vraiment appropriées à la bonne alimentation du ver-à-soie, on doit traiter les Mûriers greffés par une culture appauvrissante, s'ils sont dans

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