COMMUNE DE L'ARBA
L'Arba est situédans la Métidja orientale, à 32 kilom. E. d'Alger, à la rencontre de la roule d'Alger à Auraale, avec celle du pied de l'Atlas, qui joint Blida au Fondouk.
L'Arba doit son nom aux mots arabes Lu^xJtjL^i (quatrième jour), qui indiquent le marché important que les Arabes y tiennent tous les mercredis*. Ce village
a été créé par le décret présidentiel du 22 aoûl 1851, et érigé en commune par décret impérial du 31 décembre 1856.
La population est de 547 Français, 335 Étrangers, 1 1 Juifs et 893 musulmans. L'Arba a une église depuis les premiers jours de 1854, et une mairie.
Les rues et les places publiques du village de l'Arba sont bordées d'arbres, platanes et ormeaux de belle venue. Il y a des orangeries importantes. Deux d'entre elles ont été concédées à la commune, par décret du 17 juin 1862, pour une promenade publique. Première étape d'Alger à Aumale, la localité a profité du transit continuel des voyageurs. Les cultures fort belles, en céréales et en tabac, sont largement arrosées par l'oued Djemma. Il existe un moulin à deux tournants.
Le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas de citer ici nominativement tous les établissements agricoles et industriels qui existent aux alentours; disons seulement que, de jour en jour, la plaine se couvre de grandes et belles fermes, qui font heureusement augurer de l'avenir.
Deux routes conduisent à l'Arba : une par la Maison- Carrée et l'autre par Kouba.
L'Arba a pour section communale :
RIVET, situé à 2 kilom. de l'Arba, sur la route, entre les villages de l'Arba et du Fondouck. Il a été créé par décret Impérial du 5 juin 1856. Ce village est dans une très-heureuse position ; la place est une magnifique orangerie qui a été réservée lors de sa création.
La population est de 95 Français, 173 Étrangers, et 268 Aralies.
11 y a, d'ailleurs, dans cette commune 1671 Indigènes.
COMMUNE DE BIRKHADEM.
Birkhadem est situé à 10 kilom. E. d'Alger, dans un vallon du Sahel, au-dessous d'un ancien camp assis sur un mamelon. Ce canton fertile et bien ombragé, possède des constructions gracieuses. C'est un but de promenade pour les citadins d'Alger.
La localité de Birkhadem (le puits' de la Négresse) , ainsi nommé à cause des apparitions fréquentes dune femme noire, qui sort d'un puits et se promène aux environs, fut couverte, dans les premières années de l'occupation, par un camp qui reliait Dcly-Ibrahim à la Maison-Carrée et à la Ferme-Modèle, par Tixeraïn et * Kouba, et faisait en ce lieu une position centrale qui fermait l'ancienne route d'Alger à Blida. Il n'est plus aujourd'hui occupé militairement, et a servi successivement d'hôpital et de prison de dépôt. A l'abri de cette défense, un grand nombre de propriétaires et de cultivateurs se sont installés et ont formé -le village qui a été reconnu par arrêté du 22 avril 1835, et où l'administration communale est organisée depuis le 1G novembre 1842.
La population est de 214 Français, 344 Etrangers, 605 Indigènes.
Les cultures maraîchères sont une source de prospérité pour Birkhadem. La route de Blida traverse la place de ce village, qui a une jolie église, un café maure,
jouissant d'une grande réputation parmi les Indigènes, et une belle fontaine, sous des platanes. Les mûriers et les vignes se montrent partout, au milieu d'arbres fruitiers de toute espèce.
Tixeraïn esta droite du village. Sur la route d'Alger, on voit l'ancienne caserne de cavalerie, connue sous le nom de Ben Siam.
Sur le versant du Sahel dominant la Mitidja, ou trouve la Ferme-Modèle, à 14 kilom. d'Alger, au pied de laquelle passe le chemin de fer. Cet édifice connu par les Indigènes sous le nom de Haouch Hussein-Pacha, fut érigé en ferme expérimentale par le maréchal Clauzel, dès 1831.
Les sections communes de Birkhadem sont :
1° B1RMANDRAIS, par contraction de Bir Mbamed Raïs (Le puits du Turc Mohammed, capitaine de navire ) , est un joli village entre de hauts mamelons couronnés d'arbres, de cultures et de moulins à vent, à 7 kilom S. d'Alger. L'oued Knis y coule; on le traverse sur un petit pont, avant qu'il ne descende vers Hussein-Dey, par le vallon de la Femme sauvage, ainsi nommé, moins à cause du caractère et des manières fort civilisées d'une jeune femme qui tenait là un joli café-restaurant adossé contre une grotte, — que pour la localité sauvage elle-même. Dans ce ravin, plusieurs moulins à farine fonctionnent par l'action de l'eau. Une filature de soie est établie par M. Chazel et Redon. 11 y a dans le village une église et une belle fontaine sous des arbres touffus. De jolies habitations et des plantations importantes, donnent à ce canton un attrait que les promeneurs du dimanche suivent assidûment. Sur le chemin qui serpente entre celui d'Hydra et celui de Kadous, au plus haut point, à 210 mètres au-dessus du niveau de la mer, s'élève une colonne en pierre, en mémoire de l'ouverture 1 de celle route, en 1834, par l'armée, sous les ordres du général Voirol.
Sur la route de Birmandraïs à Alger, dans des parties rocheuses bordant le chemin qu'une déclivité fort accentuée marque de l'autre côté, un amateur, d'un talent tout-à-fait primitif, a sculpté Adam et Eve, le serpent, une croix, des cœurs et une femme dans une position intéressante.
Ce centre, créé par arrêté du 52 avril 1835, et constitué le 17 décembre 1843, présente une population de 226 Français, 452 Etrangers, 342 Musulmans.
2° SAOULA, centre de population, à 3 kilom. de Birkbadem. à 13 kilom. d'Alger, sur la route de Douéra, au milieu des vallées qui aboutissent à celle de l'oued Kerma, dans un basfond très-fertile en légumes, et bien arrosé, a été créé par arrêté du 17 février 1843. 11 y a trois moulins à 3 et 4 tournants, mis en mouvement par la force hydraulique et constamment occupés par la boulangerie d'Alger et la manutention militaire. Des saules-pleureurs balancent leurs verts panaches et les vignes agitent leurs pampres dans cet agréable séjour. Population, 105 Français, 156 Etrangers, 379 Musulmans.
COMMUNE DE CHÉRAGA.
Chéraga est situé à 12 kilom. 0. d'Alger, à l'entrée de la plaine de Staouéli, à 198 mètres au-dessus du niveau de la mer.
L'arrêté du 22 août 1842 le constitua administrativement. En 1845 eurent lieu des dessèchements qui ont assuré la salubrité sur ce point. Des familles sobres et laborieuses venues de Grasse (Var), ont apporté la culture des plantes odoriférantes, pour lesquelles des distilleries expédient en France des produits estimés. Chéraga est reconnu commune par le décret impérial du 31 décembre 1856.
La population est de 488 Français, 123 Etrangers, 448 Indigènes. L'église fort jolie est ornée de plusieurs statues données par les habilants.
Le territoire de Chéraga est celui où les cultures sont le plus avancées dans le Sahel. Elles consistent en
blè, orge, fèves, maïs, tabac, coton, vignes dont le vin est estimé, et plantes à huiles essentielles. La route d'Alger à Koléa traverse le village. On y trouve un jardin public, un lavoir et abreuvoir. Sur la place est une fontaine surmontée du buste du duc de Malakoff.
11 y a un moulin à farine, mu par la force hydraulique, et un moulin à manège pour les huiles. On fabrique en grand le crin végétal provenant du palmier-nain. L'éducation des bestiaux est favorisée par des eaux abondantes et des prairies étendues. Deux briqueteries sont en pleine activité. Los produits des laiteries et les fromages sont renommés. Il y a des hôtels et des auberges dans ce très-joli village.
L'Empereur a parcouru cette commune lorsque, le i mai 1865, il fut visiter Sidi-Ferruch, Staouëli et le monastère de la Trappe qui y est situé.
Les sections communales de Chéraga sont :
{• AIN BKNIAN, ou GUYOTVILLE, ainsi nommé parce que ce centre de population fut fondé sous l'administration de M. le compte Guvot, directeur de l'intérieur, par arrêté du 19 avril 1845. à 2 kiïom., à l'E. du cap El-K'nateur, — à 9 kilom. d'Aljrer, par Chéraga et 14 par la nouvelle route Malakoff, au bord de la mer, qui est une des nlus pittoresques et des plus belles'dc la province d'Alger. Un chemin vicinal d'une longueur de 7 kil. conduit de Chéraga à Guyotville, à travers un sol mamelonné que coupe le ravin des lieni Messous, où se trouvent plusieurs belles termes. Un canal amène les eaux dans une fontaine construite au milieu de la place du village : il y a un lavoir et un abreuvoir. Des plantations nombreuses de vignes ont été faites.
Sur le plateau d'Aïn Benian, qui sépare Guyotville de Chéraga, on recueille de belles moissons. On voit par les champs une centaine de dolmens, pareils à ceux de Bretagne, que l'on croit être les tombeaux d'une légion armoricaine, qui aurait campé aux environs de cette position élevée. 11 y aussi des ruioe* romaines au cap El-K'nateur.
Population, 1)1 Français, 190 Etrangers.
2- SIDI-FERRUCH, est une pointe, à 25 kilom. 0. d'Alger, s'avancant de 1,100 mètres dans la mer. C'est dans la baie 0. que débarquèrent les Français, le 14 juin 1830. Us y trouvèrent une mosquée renfermant lés restes du marabout qui donne son nom à la localité, et une petite tour carrée, bâtie par les Espagnols et nommée par eux Toire chica. 11 y a six puits dans les lignes du camp, qui fut tracé sur un développement de 800 mètres pour isoler complètement la presqu'île, offrant une étendue de 80 hectares. Des sources, obstruées par les sables, se trouvent aussi sur la plage. De juin à septembre, il se forme de for! beau sel sur les rochers du rivage. Sur les bords de l'oued el- Bridja, gui coule à l'O., il y a une excellente terre plastique, propre à la confection de la poîerie,
L arrêté du 13 septembre 1844, a créé sur ce point un village qui a prospéré quelgue temps au moyen de la pecbe des huîtres et des sardines, mais gui a été presqu'entiôrement abandonné en 1853. L'érection d'une belle caserne, qui peut contenir ?,000 hommes dans un fort garni de formidables batteries, ramène sur ce point les efforts des colons et des pécheurs. La porte monumentale de cet édifice, frontispice orné de quatre colonnes engagées et de trophées de la paix et de la guerre, est surmontée d'une large table de marbre, où les premiers pas de la conquête algérienne sur ces bords sont commémorés en style lapidaire. Un y lit ;
LE 14 JUIN 1830 PAU L'ORDRE DU ROI CHARLES X SOUS LE COMMANDEMENT Ï»*T GÉNÉRAL DE BOURMONT
l'armée FRANÇAISE VINT ARBORER SES DRAPEAUX RENDRE LA LIBERTÉ AUX MERS DONNER L'ALGÉRIE A LA FRANCE
Dans les premiers jours de janvier 1846, Mgr Dupueh, premier Evéque d'Alger, a découvert sur un lieu élevé, au Dord de la mer, où étaient les ruines curieuses d'une église chrétienne détruite par les Vandales et par les flots, la massue, hérissée de pointes de fer, instrument du supplice de Saint Januarius et le vas sanguinis de ce martyr, sacrifié vers l'an 410, ainsi que le témoignait une inscription fruste en mosaïque, placée sur ces restes qu'avait recueillis la pieuse dame Sabine, en cet endroit. MjrrDnpucli a cru y retrouver les Casse l'aven se s du sommaire n° 138 de Morcelli.
Population, 31 Français, 10 Etrangers.
3° STAOUELI, est une plaine de 48 kilom. carrés, solitude couverte de broussailles que la culture élague et repousse
chaque jour, hachée de ravins, refuge des sangliers et rendezvous des chasseurs, nui y trouvent du gibier en grande quantité. C'est ià que les Français, après leur débarquement, livrèrent la bataille qui leur a 'ouvert la conquête de l'Algérie. Une croix de fer sur un socle de pierre, indique ce lieu mémorable. Les RR. PP. Trappistes ont obtenu, par arrêté ministériel du tî juillet 1843, d'élever, sur une concession de 1,020 hectares, un monastère de leur Ordre, dont l'Evéque d'Alger a posé la première pierre, le 14 septembre delà même année, sur un lit de boulets ramassés a l'endroit même qui fut le théâtre du combat. La consécration de l'édifice, qui rut érigé en abbaye, a eu lieu le 30 août 1845. L'oued Bndja à l'E., l'oued Boukàra a l'O . étaient les limites de la concession, qui a été agrandie
Le bâtiment principal du monastère forme un rectangle de 48 mètres de longueur sur 12 mètres de hauteur. La cour intérieure est occupée par un jardin entouré d'un cloître à deux rangs d'arcades au rez-de-chaussée et au premier étage. La chapelle occupe toute une aile. La cuisine et le réfectoire sont an rez-de-chaussée; les dortoirs et l'infirmerie au premier étage. Les murs sont couverts d'inscriptions qui r .ppellent le néant et les misères de la vie, entre autres : S'il est triste de vivre à la Trappe, qu'il est doux d'y mourir! — et d'éoritaux qui indiquent à chaque Religieux les corvées du cloître et les travauxextérieurs de la saison.
A gauche de l'abbaye est la ferme, grande enceinte de 00 mètres carrés, formée 'par les écuries et les hangars de l'exploitation agricole. — A droite sont les ateliers et autres dépendances, forge, serrurerie, charronage, menuiserie, boulangerie, buanderie, laiterie, basse-cour. Le cimetière est aussi de ce eôfé. Bu avant est un autre corps de logis, dont l'entrée est formellement interdite aux femmes. Là les voyageurs reçoivent gratuitement l'hospitalité pendant trois jours. — Quant' on en a franchi la porte, on aperçoit en avant de l'abbaye, un bouquet de palmiers qui ombrage une statue de la Sainte Vierge dont le nom, sous le titre de Jiulre Dame de Staouéti, est le vocable de la maison. Le mur de clôture haut de 2 mètres et demi renferme 50 hectares, le verger, les vignes, l'orangerie. l>es eaux ont été recueillies et desservent toutes les parties du monastère; dirigées sur un aqurduc de 11 mètres de hauteur, elles viennent faire mouvoir deux moulins, et alimentent encore les fontaines du nouveau village. En dehors de la clôture, 400 hectares sont défrichés. Le miel, le lait, le beurre y sont excellents, la viande est succulente. On compte 108 Religieux, uont 22 Pères de chœur. On employé 20 ouvriers civils, et tous ceux qui, sans ouvrage, viennent* y travailler pour le vivre et le couvert.
Une hôtellerie louée à un restaurateur, vend à manger aux pèlerins. La route d'Alger à Koléa passe devant la porte de l'abbaye.
Un décret impérial du 24 mars 1855, a décidé la création, à 18 kilom. d'Alger et à 2 kilom. N. de la Trappe, entre le couvent et la presqu'île, d'un centre de population. Les Ponts-et- Chaussées ont amené les eaux de l'oued lioukara par un bar< rage de retenue, au-dessous du moulin des Trappistes, qui les conduit dans une construction en forme de marabout, d'où elles sont réparties en une fontaine qui débite 100 mètres cubes d'eau en 24 heures, et en un canal d'irrigation qui reçoit 500 mètres tubes, durant le même temps. Un abreuvoir et un lavoir, complètent les travaux qui concernent les eaux. 597 arbres d'essences forestières ont été plantés sur la place et dans les rues du village. Population, 242 Français, 90 Etrangers. A 6 kilom. delà Trappe, on quitte la route de Koléa pour prendre un chemin de 3 kilom. qui conduit à Sidi-Ferrueh. Une inscription placée sur une petite pyramide, à la rencontre des deux routes, indique au voyageur le chemin à prendre.
4° ZERADLA, situé à 4 kilom. de la mer, sur la rive droile du Mazafran, au N. d'un cours d'eau et à 12 kilom. N.-E. de Koléa, — à 26 kilom. d'Alger, a été créé par arrêté du 5 sep^ Membre 1844. Une conduite en maçonnerie, de 1,400 mètres, amène l'eau jusqu'au milieu du village où s'élève une église. Ji y a aussi une école de garçons. Un puits circulaire de 20 m. de profondeur, donne encore une eau excellente. Un pout met . Zeradla en communication avec Douaouda et Koléa. L'Empereur se dirigeant vers cette ville, a traversé Zéradla le 6 mai 1865. Les habitants au milieu de fortes broussailles, existent de leur industrie de bûcheron, et sont au nombre de 174 Français et 72 Etrangers. Ils ont presqu'entièrement défriché les terrains qui leur ont été concédés. Il y a 356 Arabes.