‹ Description d'Alger et de ses environs. Accompagnée d'un plan et d'une carte dressésChapitre 18 sur 28 · COMMUNE DU FONDOUK · texte numérisé non relu

COMMUNE DU FONDOUK

Le Fondouk est situé à 32 kilom. E d'Alger, sur la rive gauche de l'oued El-Khremis, sur le versant N.-O. d une montagne où les Arabes avaient autrefois un marché, sorte de halle couverte, comme l'indique le mot fondouk, à l'extrémité orientale de la Métidja.

Plaine de la Métidja. Cette plaine qui s'étend delU à l'E.du pied du mont Chenoua jusqu'à l'oued Boudonaou, sur une longueur de 96 kil. et une largeur de 22, — déroule entre l'Atlas et le Sahel une zone concentrique autour d'Alger. Le sol ondule en petites collines du S. au N., en descendant vers la mer. La Chiffa, l'Harrach et de nombreux cours d'eau la traversent. L'oued El-Khremis développe les sinuosités de son cours du S. au N., dans la partie la plus orientale. Les rocailles que ce fleuve charrie dans son lit. s'agglomérant aux déclivités du terrain, dont l'inclinaison est sensible aux approches de la mer, entretiennent dans cet endroit quelques marécages.

Les Tagarins et les Mojadares, Maures andalous, proscrits des royaumes de Valence et d'Aragon, y apportèrent autrefois les arts de la culture et la prospérité; mais accablés de vexations par les Turcs, qui s'établirent alors à Alger, ils s'éloignèrent avec tous les éléments de civilisation de cette terre fertile, qui n'attend pas la main de l'homme pour se couvrir des plus riches pâturages et se parer des plus Délies fleurs.

Un camp fut établi au Fondouk dès 1839; on éleva un mur d'enceinte, défendu par quatre bastions;

on créa de vastes et beaux établissements militaires Un village se forma au pied et sur la rive gauche de l'oued ; on ménagea des fontaines, des abreuvoirs, des | lavoirs, etc. La politique de 1842 en ordonna l'évacuation. Les systèmes de colonisation de la plaine ont ( ramené sur ce point. Un arrêté du 14 octobre 1844 a ; ordonné la délimitation de 1,200 hectares, pour le ; placement de 150 familles. Depuis cette reprise d'occupation, l'état sanitaire du pays s'est beaucoup amélioré, à cause des grands travaux de dessèchement qui rendront à la plaine son ancienne étendue labourable. Un décret présidentiel y constitua la commune, dès le 22 août 1851. Le décret impérial du 31 décembre 1856 a définitivement fixé la municipalité au Fondouk.

La population est de 222 Français, 224 Étrangers, 3,100 Arabes. Il y a une église, une mairie, une école.

Une conduite d'eau de 1,500 mètres environ de longueur, a été construite, et alimente une fontaine qui débile 15,000 litres en vingt-quatre heures, par les plus fortes chaleurs. Le trop plein se rend dans un abreuvoir et un lavoir couvert. Les eaux de l'oued El- Khremis ont été employées à l'irrigation, au moyen d'un canal de dérivation de 2,500 mètres de développement. Soixante hectares de terrain sont ainsi arrosés. Ce travail permet aux habitants de se livrer aux cultures industrielles; ils ont consacré leurs terres irrigables à celles du tabac et du coton. Un moulin à farine, d'un seul tournant et pouvant moudre 20 quintaux de grains par jour, a été construit sur le canal de dérivation.

Plusieurs exploitations agricoles sont disséminées sur le vaste territoire du Fondouk, qui a trouvé un puis* sant aliment de vitalité dans l'achèvement de la route qui relie Dellis à Alger. La ferme d'Aïn Khadra, comprend de vastes dépendances et un moulin à farine mû par l'eau.

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