COMMUNE DE ROVIGO
Rovigo est situé à 30 kilom. S. d'Alger, entre FArba
et Souma, près de l'endroit où l'Harrach débouche dan^ la plaine.
Ce village qui porte le nom du duc de Rovigo, qui fut Général en chef de l'armée en Algérie, de décembre 1831 à mars 1833, a été commencé en 1849 el inauguré en 1851, au voisinage de l'ancien camp de THarrach. Il a été constitué en commune de plein exercice par décret du 22 août 1861 .
La population est de 277 Français et 79 Étrangers. Les Indigènes sont au nombre de 1 ,279. Il y a une maison commune, une église, une salle d'asile, un lavoir couvert et deux bassins.
Rovigo est un endroit fécond où Ton élève beaucoup de bétail. Des oliviers nombreux ombragent le pays. Le canal de dérivation des eaux de Thiammémin y assure la salubrité. Il y a un moulin à farine. Le plâtre qu on tire de la localité est très-beau et dessert toute la province.
A 2,700 mètres du village, sur la rive gauche de l'Harrach, sont les sources $ Hammam Mèlouan, qui sont analogues à celles de Balaruc, Lucques, Bourbon- les-Bains, et sont d'une efficacité constatée dans les maladies de la peau, les rhumatismes, les engorgements abdominaux, principalement de la rate et du foie. Des sources nombreuses qui sourdent à Hammam Melouan, deux sont abondantes : la source de la Koubba de Sidi Sliman, la plus chaude, dans un bassin de deux mètres de longj, sur un mètre de large et de soixante centimètres de profondeur— et la source du Puisard. L'eau est d'une amertume fraîche, analogue à la saveur de l'eau de mer, d'ailleurs limpide, claire, inodore, très* légèrement onctueuse au toucher. La température parait être, terme moyen, 39 à 40 u centigrade. Son analyse a donné une proportion considérable de sel marin : 26 grammes 50 centigrammes. Elle égale, ainsi, presque celle delà mer ■( Docteur Payn). Les Maures d'Alger en ont été de tout temps les visiteurs assidus, et depuis quelques années, beau.qou p. d'Européens malades s'y sont rendus et en ont ob-
tenu d'excellents effets. La concession de ces eaux thermales, avait été faite, à charge de construire près des sources une maison de sanlé. On a voulu que rétablissement a créer fût en rapport avec les immenses et précieuses ressources de9 thermes, et avec le nombre considérable de malades qui, de tous les points de l'Algérie, de la France et de l'Angleterre, viendront, hiver comme été, y chercher la santé. Les Algériens auront ainsi à leurs porles, les moyens curatifs et le confort nue l'on va, à grands Irais, demander aux eaux de France et d'Allemagne. La douceur de la température, la haute valeur thérapeutique des eaux, le puissant attrait du pays, l'extrême proximité d'Alger, — tout concourt à assurer un brillant avenir à l'établissement d'Hammam Mélonan. {Guide à Alger et ses environs, 1864).