TRADITUR
IN ARCE DICTA A VIGINTI QUATUOR HORIS IN QUA INSPERATO REPERTA DIE XXVII DECEMBRIS ANNO MrCCCLHI.
Ce qui signifie :
« Ossements de Géronimo, vénérable serviteur de » Dieu, qui, pour la foi chrétienne, a souffert voton- » tiers la mort, selon la tradition, au fort desYingl- » quatre-heures , où ses restes ont été retrouvés d'une » manière inespérée le 27 décembre 1853. ■»
Deux plaques de marbre encastrées dans le mur, des deux côtés du tombeau, portent, Tune la copie gravée de la bulle qui donne introduction au procès de la béatification du vénérable Géronimo, l'autre les noms des commissaires d'enquête qui ont vérifié l'identité des restes du martyr.
Trois tableaux médiocres, dont deux copies, sont les seuls qui décorent cette église, riche d'ailleurs en vases et ornements sacerdotaux.
Il y a dans la nef une chaire formée avec les marbres qui composaient l'ancienne tribune du prédicateur musulman,^ même lieu.
Le Temple protestant, rue de Chartres, ouvre un
beau portique, composé de quatre colonnes cannelées, de Tordre toscan , soutenant un fronton. Sur la porte, on lit : Au Christ Rédempteur. Ce vaisseau , d'une simplicité grave, est éclairé par la voûte. C'est un carré long, dont trois des côtés sont ornés de colonnes supportant une galerie à pilastres. Au fond de cet édifice, et vis-à vis l'entrée, une demi-coupole gigantesque, qui creuse toute la surface du quatrième côté, contient la chaire évangélique, bel ouvrage en bois de noyer, précédé d'un pupitre et accosté de deux escaliers. La table de communion, en marbre blanc, est au devant. Des stalles et des fauteuils remplissent l'hémicycle. Des tapis et des sièges d'une grande propreté, complètent le mobilier de ce temple. Les dépendances en sont disposées de manière à offrir des salles d'archives commodes et des logements pour le Pasteur et les Chantres.
Une grande synagogue , dans la rue Caton, n'offre rien de fort remarquable ù l'extérieur, bien qu'elle puisse être citée comme un des plus beaux édifices religieux de la colonie. A l'intérieur c'est un carré surmonté d'une magnifique coupole. L'architecture de ce temple est simple et sévère. Au milieu se trouve la chaire pour le Rabbin officiant; elle fait face à l'armoire sacrée qui renferme le Pentateuque et que recouvre uil riche rideau de velours grenat broché d'or ; le dessin représente deux lions soutenant une cou- . ronne. Cette synagogue, qui n'a pas de grandes proportions, contient environ 300 places numérotées pour les hommes; il y a aussi un certain nombre de places
pour les pauvres et les étrangers. Trois vastes galeries sont à la disposition des dames israëlitcs.
La galerie de 14 arcades sarrazines, de 3 mètres d'ouverture chacune, qui, courant de TE. à l'O., longe au S., la rue de la Marine, figure les portes de la grande mosquée. Elle a été construite par les condamnés militaires, depuis notre occupation, avec les colonnes provenant de la mosquée bâtie par le pacha Ismaïl, en 1671, qui occupait une partie du périmètre de la place du Gouvernement. Cette galerie, établie sur une ligne brisée, présente, au sommet de l'angle obtus qu'elle forme, un double portique soutenu par des faisceaux de colonnes. Une coupe en marbre blanc s'élève audessus d'un bassin de marbre noir, qui est disposé de manière à se déverser dans une seconde cuve de môme matière.
On voit, encastrée dans le mur, au pied du minaret, une inscription romaine, reste de l'antique Icosium, portant:
YS RVFVS AGIL1S F. FL.
ATYS D. S. P. DONYM D.
qui indique le don votif d'une construction élevée aux. frais de Lucius Cœcilius Rufus, fils d'Agilis.
L'Hôtel -de -ville est un édifice qui a deux faces, l'une rue Bruce, l'autre rue du Yieux-Palais, et longe une partie de la rue Jénina. Là sont établis les bureaux de la Mairie et toutes les centralisations de la maison commune ; on y voit de beaux escaliers; une cour intérieure entourée d'une galerie, — une belle fontaine
monumentale, entourée de feuillages, y fait niiirmurer ses ondes. Il y a de magnifiques salles et appartements pour le logement du premier magistrat de la cité.
Le Théâtre impérial , sur la place Napoléon, ancienne place Bresson, est le monument le plus remarquable de la ville. 11 a été construit par M. Sarlin, sur les plans de MM. Chassériau et Ponsard. Il présente une façade de 30 mètres de largeur, élevée au-dessus de 11 marches, accostées de rampes et de candélabres en bronze. Le gaz est le moyen d'éclairage employé dans tout l édifice. Sept portiques donnent entrée dans un vestibule grandiose, d'où partent des escaliers de marbre d'une grande beauté. Un magnifique foyer qui occupe toute la façade en vue de la mer, est éclairé par de doubles fenêtres à entrecolonnement. Une toile de 10 mètres de long et de 5 mètres de hauteur y déploie le grand tableau d'Alf. Gouverchel, — donné par l'Empereur en 1866,— représentant la prise du chérif Mohammed ben Abdallah, capturé auprès d'Ouargla, le 18 septembre 1861. — Au-dessus, s'élève encore un autre foyer, dit des fumeurs, communiquant avec les vastes terrasses qui entourent la voûte de l'édifice, recouverte en zinc. Le bâtiment est complètement isolé. Tout son revêtement extérieur présente un appareil de solides pierres de taille. Il est orné de sculptures; mais ce n'est qu'au frontispice du monument que des statues emblématiques, des mascarons, des marbres encastrés, des frises et corniches festonnées, se montrent avec splendeur sous la protection d'un aigle gigantesque
qui plaile sur tout le monument. L'intérieur de la salle est décoré par Cambon de peintures blanc et or, et de tapisseries rouges. Le plafond , où se suspend un lustre étincelant, imite une coupole azurée, ileuric et historiée d'emblèmes. Il y a place pour 1534 spectateurs qui se plaignent quelquefois de l'exiguïté du local, et toujours de la perspective et de l'acoustique. Du reste, le public algérien est difficile à satisfaire. Il se pique de goût et de sévérité artistiques.
Un escalier monumental, derrière te théâtre, met la place de la Lyre en communication avec le bas quartier de la ville. Entre les deux rampes s'ouvre une niche gigantesque qui attend une fontaine ou quelque statue. Nous proposons à MM. les membres du conseil municipal d'y faire placer celle de Regnard , notre second poète comique, qui fut esclave à Alger, vers 1680. L'ombre de la belle Provençale viendra peut-être quelquefois errer autour de ce monument.
La statue du duc d'Orléans, celle du maréchal Bugeaud, la fontaine de la place du Gouvernement cl la fontaine de la place de Chartres, dont nous avons déjà eu lieu de parler, sont tout ce qu'Alger possède encore comW, monuments, — en y joignant, si l'on veut, quelques fontaines, dont plusieurs ne manquent pas d'un cachet original.
On compte à Alger un grand nombre de fontaines , et l'eau n'y manque pas en temps ordinaire. Quatre aqueducs, créés par le pacha Hussein, en 1622, — ceux du Hamma, de Telemly, d'Aïn Zeboudja , et de Bir
Treriah, avec une source dite du Rempart, y portent une quantité d'eau qui suffit aux besoins de la ville.
Un immense monument souterrain est le grand égoût de ceinture qui se déverse, au N., derrière le Fort-Neuf, et, au S., derrière le fort Bab-Azoun.
églises. Le culte catholique a pour ses cérémonies quatre temples à Alger.
La Cathédrale, déjà décrite à l'article monuments.
Notre-Dame-des-Victoires, mosquée à l'angle des rues de la Kasba et Bab-el-Oued. C'est un dôme, entouré de petites coupoles, recouvrant un espace fort insuffisant pour la population de la paroisse. Un chœur a été bâti; la voûte qui le domine prend jour à travers un grand vitrage de couleur. Les murs sont revêtus d'une boiserie sculptée. Un magnifique autel de marbre blanc, rehaussé d'or, a été élevé par souscription des fidèles. Un groupe en pierre , reproduit la Sainte-Yierge avec son divin Fils, d'après le type adopté par l'archiconfrérie centrale de Paris, qui en a fait don. Quatorze tableaux, peints sur toile et richement encadrés, autre don fait par les pensionnats et les fidèles de la paroisse, marquent les stations du chemin de la croix.
Sainte-Croix de la Kasba (ara cœlij, est une auire mosquée, tout aussi peu grande, fituée à l'angle des rues de la Kasba et de la Victoire.
L'Église de la paroisse Saint-Augustin est provisoirement installée dans l'ancien bâtiment de l'entrepôt des farines, à l'angle de la rue d'Isly et de la place du même nom.
Les RR. PP. Jésuites ont construit, rue des Consuls, une chapelle en style roman, se terminant par un chœur en rotonde.. Deux nefs latérales accompagnent le vaisseau central ; au fond de chacune d'elles est une chapelle. Au-dessus de la nef du milieu, court une tribune à colonnade, séparée des arceaux du chœur par des tympans. L'orgue est au-dessus de la porte d'entrée. Les mêmes Religieux tiennent aussi dans leur maison professe, rue de la Licorne, plusieurs chapelles fréquentées par les Italiens et les Espagnols, qui s'y réunissent en Congrégations.
Les prêtres lazaristes ont une chapelle, rue Saint- Vincent de Paul , à côté d'un joli jardin parfaitement entretenu.
Les Frères de la Doctrine chrétienne ont un oratoire, pour leurs élèves, dans la rue de l'Intendance, où est leur maison centrale.
Le temple protestant a été décrit à l'article monuments.
mosquées. Il n'y a plus que quatre mosquées où se fasse la prière d'obligation du vendredi. La Grande mosquée (Djama kebir), rue de la Marine, à laquelle la galerie de marbre, décrite à l'article monuments, sert comme de portique; c'est un édifice carré, dont les nefs sont soutenues de pilastres. Les murs intérieurs sont blanchis à la chaux. Des nattes d'alfa sont étendues à terre et enroulées autour des piliers à hauteur d'homme. Cet édifice qui est affeclé au rite maléki, prend jour du côté du boulevard de
1 impératrice, et se trouve accosté de terrasses où les s moudzins entretiennent quelque verdure. La mosquée l Djedid, formant l'angle de la rue de la Marine et de ii la place du Gouvernement, prend jour aussi du côté j du Boulevard. Elle est bâtie en forme de croix par i un architecte génois qui reçut la mort pour prix de ! son travail, considéré des imans comme une insulte à la religion de Mahomet. Les quatre nefs voûtées ont, à leur jonction, un dôme que l'Administration française a fait revêtir de peintures en arabesques. Quatre pavillons ajoutés par les Turcs dans les angles des bras de la croix, ont fait de ce temple un bâtiment rarré. Une couronne de créneaux sarrazins encadre tout le pourtour. Une galerie ouverte, fort vantée par Léon l'Africain, régne du côté de la mer. Le minaret est une tour carrée de 25 mètres de haut, revêtue d'émail, où est établie l'horloge publique, dont les trois cadrans sont éclairés la nuit. Cette mosquée, où Ton garde un manuscrit du Coran remarquable par ses enluminures, est affectée au rite hanefi, professé par les Turcs. La mosquée dite Djama Safir, rue Kléber, et la mosquée Sidi Ramdan, dans la rue de ce nom, sont situées dans la partie haute de la ville.
Ces quatre mosquées sont les seules qui soient en correspondance ostensible par les signaux et l'appel vocal , aux heures de prières.
L'intérieur des mosquées est simple : des tapis ou des nattes et quelques lampes, sont tout l'ornement de ces temples où se trouve une chaire à prêcher,
une niche vide désignant la situation relative de la Mecque, et quelques cadres renfermant des versets du Coran et la configuration des pantoufles du prophète, entourées d'arabesques. Tout chrétien peut venir examiner l'intérieur de l'édifice. Il verra, à l'entrée, une fontaine qui sert aux ablutions préalables à la prière. Aux heures canoniques il remarquera, sans doute, dans le jour, une petite bannière blanche ou verte, — dans la nuit, un fanal, — que Ton hisse à une potence fixée sur les minarets, — appelant de loin les fidèles que la voix du crieur ne pourrait atteindre.
Il y a encore à Alger un grand nombre d'oratoires sur les tombeaux de saints personnages, ou en des lieux consacrés par le sentiment religieux des Musulmans. La nouvelle enceinte a enveloppé, à Bab-el-Oued, le plus remarquable de tous, le sanctuaire de Sidi Abd er-Rhaman et-Talebi , sorte de Saint-Denis des pachas d'Alger, agrégation de bâtiments et de chapelles au milieu desquels on voit une longue salle où reposent plusieurs deys, autour de la tombe du patron de l'endroit.
Les marabouts reposent, pour la plupart, dans de petites constructions isolées, recouvertes d'une coupole que leur nom désigne. On n'y trouve guère que le tombeau du vénérable personnage, protégé d'un grillage en bois peint de couleurs riantes, environné de drapeaux de soie, et de pans d'étoffes, offerts en manière d'ex-voto.
11 faut bien se garder de confondre les exercices religieti* des musulmans avec les sacrilèges jongleries de quelques indigènes qui se rendent au nord de la mer, en de certains endroits solitaires, et, pour obtenir la santé ou quelque avantage temporel, immolent aux esprits (djinn), des montons ou des poules, dont le sang est répundu sur un réchaud saupoudré d'encens. Ce spectacle se renouvelle tous les mercredis, au soleil levant, prés d'Alger, auprès de deux sources connues sous le nom u'Aïoun Beni Menab, sous les rochers qui bordenl la plage Bab-el-Uued f vers lu Salpétrière. (l'est là f dit Pierre Dan, en son chapitre des sortiléqes, que les femmes d'Alger allument un petit feu, brûlent de l'encens et de la myrrhe. Gela fait, elles coupent ta tète à un coq, dont elles font découler le sang dans ce même feu, en abandonnant la plume au vent, après l'avoir rompue en plusieurs pièces qu'elles sèment de tous côtés, et en jettent la meilleure partie dans la mer. A quoi ces misérables s'emploient avec passion, à cause que par cette cérémonie, qui est, à vrai dire, un pacte avec le diable, elles croient que leurs maris doivent avoir un bon succès dans leur voyage, et qu'elles accoucheront heureusement.
synagogues. La grande synagogue, dont il a été parlé à l'article monuments, est sur une place à laquelle elle donne son nom, vers le milieu de la rue Randon. Une autre synagogue est encore tenue dans un bâtiment qui prend son entrée dans la rue Sainte, et ses jours sur la place de Chartres.
Les Israélites ont d'autres lieux de prière en divers quartiers de la ville, principalement rue Bisson, où ils ont inhumé un Juif du nom d'El-Ghideur , qui s'était fait musulman, et qu'ils honorent comme Saint. Ils ont encore, dans un de leurs anciens cimetières, à Bab-el-Oued, deux personnages : Harouch et Barrouch, devant la tombe desquels ils n'oseraient mentir en cas de contestation.
cimetières. Les cimetières des différents cultes sont au dehors de la ville et du faubourg Bab-el-Oued. Le cimetière chrétien, vis à-vis du Fort des Anglais
csl divisé d'après les diverses communions, el circonscrit de murs dans une partie de son périmètre. Un portique d'un style grave y donne entrée. Tout est parfaitement entretenu dans ce séjour du repos. Beau* coup de tombes monumentales et des caveaux de fa* mille s'y font remarquer. Un prêtre pour les dernières prières, habite dans le cimetière. Il y a une chapelle et un caveau de dépôt pour les cercueils que les familles veulent faire porter en France.
Les Musulmans ont deux cimetières : l'un à Mustapha, auprès de la mosquée où se trouve un des tombeaux de sidi Mohammed, surnommé Bon Koberin (1), et l'autre sur le versant N. de la Kasba.
Le nouveau cimetière des Israélites esta Bab-el-Oued, un peu plus loin que le cimetière chrétien auquel il est contigu.
A l'angle N. du bastion qui flanque à TE. la porte Bab-el-Oued, est encastrée une plaque de marbre blanc, portant en caractères hébraïques et romains : .4 la mémoire d'un ancien grand rabbin Simon Durand, décédé Van 1442. - Alger, 24 août 1866.
Au sortir de la porte Bab-el-Oued, sur la droite de la route Malakoff, s'élève un massif de maçonnerie qui porte une plaque de marbre du môme genre : A lu mémoire d'un autre ancien grand Rabbin — Isaac Berft, — décédé Van 1440.
(t) Voir les peëmes barbaresques, traductions et imitations de légendes et de poésies algériennes, par V. Berard. ïn-18. Librairie Bastide.
Les vénérables personnages inhumés en ces endroits, ■ où s'étendait un cimetière, furent les chefs d'une émigration israélite qui vint d'Espagne à Alger au XV e siècle.
établissements MILITAIRES. Les établissements militaires sont nombreux à Alger.
La Direction politique des Affaires arabes est établie rue Joinville. Le bureau divisionnaire arabe est rue du Faubourg Bab Azoun. L'Intendance militaire divisionnaire est rue de l'Intendance. La Direction de l'Artillerie est rue Jean-Bart. La Direction du Génie est rue Philippe La caserne Lemercier, rue de la Marine, et les deux casernes de la rue Médée, sont d'anciennes casernes de janissaires. La caserne de la Kasba est l'ancien palais du Dey. La caserne d'Orléans au N. de la Kasba, est un immense bâtiment qui peut loger un régiment tout entier. Le Grand Tagarin est un ancien caravansérail voûté, que le dey Hussein fit construire au moment du débarquement de l'armée française pour servir de refuge aux habitants qui fuyaient la ville, dans la crainte d'un bombardement. C'est aujourd'hui un quartier d'artillerie, au-dessus de la Kasba. Le quartier de la Gendarmerie occupe une maison particulière dans la rue du faubourg Bab-Azoun.
La poudrière, située sur un mamelon dominant le cours de l'Oued, a été laissée en dehors de la nouvelle enceinte qui, du côté du Fort l'Empereur, a enveloppé un autre dépôt de poudre et la salle d'artifice.
Les magasins des fourrages ont une succursale rue du faubourg Bab Azoun, et leur entrepôt général à
Mustapha Inférieur. La manutention (Pain) est au môme quartier. Les magasins des subsistances (Vivre* de campagne et liquides) sont sous les voûtes immenses qui supportent le terrassement de la place du Gouvernement, et à la Salpétrière (Magasins aux blés), qui serl parfois de succursale à l'hôpital militaire du Dey. Le Fort-Neuf contient un dépôt de blé et (ïorge. U* magasin central des hôpitaux militaires est rue des Consuls; l'entrepôt de la Pharmacie Centrale, me Macaron, dans une ancienne caserne de janissaires. Le magasin du Campement occupe un bel édifice, au bord de la mer, rue du faubourg Bab-Azoun. L'hôtel des Conseils de guerre est situé rue Scipion. C'est au fort l'Empereur que les militaires subissent les punitions disciplinaires. Ceux d'entre eux qui sont condamnés aux travaux publics, habitent le Fort-Neuf. Les locaux, qui sont fort élendus, se composent d'une suite d'anciennes casemates bien aérées, où l'on a établi une grande chapelle voûtée, une école d'enseignement mutuel, des salles de conférences, de lecture, de gymnastique, et môme de spectacle. Les condamnés à la réclusion sont enfermés au fort Bab-Azoun.
L'hôpital du jardin du Dey, magnifique villa bâtie en 1791, se composant de beaux et grands édifices mauresques et de jardins enchanteurs,, arrosés des eaux les plus vives, est un beau jséjour, enclos de murs, qui appartenait à la famille de Hassan-Pacha. L'administration militaire a élevé une grande construction contenant 1,600 lits, une chapelle, et de vastes dé-
tendances sur celte propriété. La Salpétrîère (édifice construit pour la confection de la poudre au temps des Turcs), développe aussi des cours et des constructions étendues, qui sont contiguës au jardin du Dey.
L'État-Major de la Place a sa maison place de la Pêcherie, à l'angle de la rue de la Marine.
L'Inspection générale des lignes télégraphiques est rue des Consuls. La direction pour l'envoi et la réception des dépêches est dans le nouvel édifice de l'hôte) x du Trésor, sur le boulevard.
établissements civils publics. Le palais de Son Exc. le Gouverneur général est situé sur la place dite MalakofT.
Sont situés : le Secrétariat-Général , rue de la Charte; h Cour impériale, rue Bruce, — on y conserve une bibliothèque à l'usage exclusif des membres du Parquet; — les Tribunaux civils de première instance, rue de l'Etat-Major; les prétoires de Justices de paix, rue Jean-Bart; le Tribunal de commerce, rue d'Orléans; l'Archevêché, sur la place Malakoff; la Préfecture, dans la rue Soult-Berg, entre les rues d'Orléans et de la Révolution. L'entrée des Bureaux de la Préfecture est rue d'Orléans.
Les bureaux de l'Ingénieur en chef des Ponts eî Chaussées sont rue Neuve-Mahon. Ceux de l'Ingénieur en chef des Mines sont rue Bab-Azoun, maison Catala; les laboratoires et les collections de minéralogie sont rue Bab-Azoun, ancienne caserne des Lions. LaDirec-
lion des Domaines a ses bureaux rue Neuve* du-Soudaa; la Direction des Douanes , dans la maison Catala , rue Bab-Azoun; la Direction des Contributions diverses, rue Neuve-Mahon. La vérification des Poids et Mesures a lieu rue des Marseillais. Le service des Bâtiments civils est situé rue Napoléon, au coin de la rue du Lézard. Les bureaux des Bâtiments communaux sont à la Mairie; l'hôtel de la Mairie a une entrée dans la rue Bruce, une autre rue du Vieux-Palais. Les bureaux de la Police centrale sont rue de l'Intendance.
Le bureau arabe départemental est à la Préfecture. Le Cadi tient une prison dans la rue de la Charte.
La Prison civile, entre les deux enceintes, du côté de Bab-el-Oued, est un fort beau bâtiment neuf d'une grande étendue, d'une grande salubrité et parfaitement entretenu. Toutes les cellules rayonnent vers un point central où on célèbre les offices religieux.
Le bureau de bienfaisance pour les Européens est i ue Bruce. Le bureau de bienfaisance spécial pour les Indigènes, et le bureau arabe civil, distribuent des secours aux pauvres musulmans, en faveur desquels de nombreuses fondations avaient été faites, au temps des Turcs, En 1866, une somme de 57,542 fr. 82 c. a secouru 6,574 individus, c est-à-dire la moitié à peu près de la population musulmane; 22,000 fr. de subsides ont été distribués à d'anciens employés musulmans. Il a été ouvert une maison de refuge pour trente-six vieillards musulmans, que soignent les Sœurs de la miséricorde, rue des Pyramides. Le consistoire protestant est venu
en aide à 329 individus et le consistoire israëlite à 2,500 pauvres de sa religion.
Le Monl-de-Piété est situé place d'Isly ; il y a eu en v 1865— 53,893 déposants.
L'hôtel de la Banque est un beau bâtiment sur le boulevard de l'Impératrice.
La Caisse d'épargne est ouverte le dimanche, rue Bruce. Au 31 décembre 1865,-3.275 déposants avaient versé la somme de 988,254 fr. 34 c.
L'Hôpital civil est en dehors d'Alger, à Mustapha inférieur; il est établi dans un ancien camp, où 450 lits remplissent des baraques qui tombent en ruines. Des sœurs de charité et des infirmiers donnent leurs soins aux malades. Du 1" juillet 1865 au 30 juin 1866. il y a été traité 6,232 malades. En 1865, - 2,754 vaccinations ont été opérées. La maison de la Miséricorde alimente 142 nourissons. Les aliénés dans l'indigence sont entretenus aux frais de l'administration à Aix et autres asiles de la métropole. Il y a une crèche pour les enfants au quartier Bab-Azoun.
Dans la rue Gagliala, se trouve un hôpital (dispensaire), pour les femmes surveillées, qui sont malades ou insoumises. Il y a 60 lits dans cet établissement, et une chambre de correction. Le nombre de ces femmes, inscrites sur les contrôles de la police, dépasse le chiffre de 600. Au quartier de l'Agha, à l'ancien Lazaret, est une prison pour les femmes.
L'abattoir civil est dans la rue du faubourg Bab-Azoun, vers la mer.
L'Exposition permanente dés produits algériens oe- ! cupe cinq voûtes du boulevard, remplies des plus curieux échantillons de la culture, des produits naturels et de l'industrie du pays. Qu'on aille dans ce vaste musée se pénétrer un peu de ce noble orgueil que ressentent les cœurs généreux et français , en admirant ces trophées de la conquête que nous sommes venus faire sur ces bords, au profit de la civilisation de l'Afrique et de la gloire de la France. Dans une salle, à rentrée, s'élève un buste de l'Empereur sur un st) loba te d'agalhe translucide d'Aïn Tek'balet, reposant sur un socle de marbre blanc de Filfila. Des armoires vitrées contiennent une collection intéressante relative à la zoologie locale. Il y a surtout une belle collection ornithologique.
bibliothèques et musée. La Bibliothèque de la ville d'Alger, qui possède aujourd'hui 15,000 volumes et brochures, et 3,000 manuscrits arabes, est ouverte tous les jours de la semaine, de midi à cinq heures, excepté le jeudi et le dimanche. Elle est installée dans la vaste maison dite deMustapha-Pacha,rue de l'État-Major. L'Empereur Ta visitée le 9 mai 1865. A la galerie supérieure on voit un tableau d'Eugène Ginain, donné par Sa Majesté en 1863, représentant la soumission de Mahi-Eddin, agha des Beni Slimann, le 27 septembre 1842. Dans les salles du Musée, au rezde-chaussée, on voit une copie, par Ronot, du grand tableau de Gendron, représentant les chefs du Caire faisant leur soumission à Bonaparte , et une autre toile
remarquable, reproduisant la tempête du 11 février 1835, dans le port d'Alger, par Morel Fatio. Un grand nombre d'inscriptions arabes et de débris d'anquitcs sont rangés dans les salles basses. — Les antiquités les plus remarquables sont: une belle statue de Neptune de 2 m. 40 c. de hauteur, — un torse de Vénus, une statue déjeune fille, un jeune Bacchus, un groupe fruste d'hermaphrodite, — trois grands cercueils, dont deux curieusement sculptés; un bas relief provenant de Carthage, composé de trois personnages, — une chaise de bain , — tous ces objets sont en marbre blanc. En mosaïque on voit trois amphitrites, un chasseur, un Bacchus et un parquet d'un dessin fort élégant; il a été découvert près de deux citernes romaines, lorsqu'on creusa sur la place Malakoff pour asseoir les degrés du portique de la cathédrale. On voit encore le plâtre original obtenu au moyen de l'empreinte laissée par le propre corps du vénérable martyr Géronimo, dans le bloc de pisé où il fut jeté vif par les Turcs d'Alger, le 18 septembre 15C9. — Quelques pierres tumulaires et des restes d'églises chrétiennes complètent toute la richesse de ce Musée. Il existe dans les salles de dépôt une quantité de menus objets curieux, qui ne peuvent être exposés faute de locaux. — La relique la plus importante pour la fixation du lieu où s'élevait Icosium (Alger d'aujourd'hui) ne ttgure pas parmi ces archives du passé. C'est une pierre cubique, employée dans la construction d'une maison à l'angle des rues Bab-Azoun et du Caflan. On y lit :
J. S1TTI0. M. F. QVIR.
PLOCAMUN
ORDO ICOS1TANOR L< S1TTIVS. P. F. QV1 CAECILIANVS PRO F1LIO PIENT1SSLMO H. R. I . R»
D'où il résulte, suivant la traduction de M. Berbrugger: que Tordre des décurions d'Icosium a dédié cette in* scription tumulaire à Julius Sittius Plocamianus, fils de Marcus Caccilianus, qui faisait partie de la tribu Quirina.
Bibliothèque du Gouvernement général, contenant 6,000 volumes et des manuscrits précieux; cette Bibliothèque est ouverte au public, hormis les jours fériés, de midi à quarte heures, — et de 7 à 10 heures «lu soir. — Elle est située rue d'Orléans, n° 10.
L'industrie particulière compte sept imprimeries en caractères, qui sont plus que suffisantes pour les besoins du pays. Il y a aussi plusieurs imprimeries lithographiques et autographiques.
journaux et revues. On compte, en ce moment, à Alger, plusieurs publications périodiques: 1° le Bulletin officiel du gouvernement général de l'Algérie y — 2° le Moniteur de l'Algérie, journal officiel paraissant tous les jours, excepté le lundi, — 3° le Mohacher, journal officiel arabe-françai* imprimé dans les doux langues, paraissant trois fois par mois Celte
feuille est destinée à propager nos idées civilisatrices t dans les populations indigènes, — 4° YAkhbar, paraissant les mardi , jeudi , vendredi et dimanche , — 5° le 1 Courrier de l'Algérie, paraissant tous les jours, excepté le lundi , — 6° la Revue africaine, journal des travaux de la Société historique algérienne, paraissant tous les deux mois, — 7° la Gazette médicale de l'Algérie, paraissant tous les mois , — 8° le Bulletin de la Société d'agriculture, paraissant tous les trois mois, —9° le Journal de la Jurisprudence de la Cour impériale, paraissant aussi tous les trimestres.
Enfin, la Colonie, le Chitann, Y Algérie, etc., feuilles littéraires et humoristiques.
instruction publique Une école préparatoire de médecine et de pharmacie est instituée, par décret du 4 août 1857. Fn Tannée scolaire 1865-1866, 31 élèves, dont 4 musulmans, ont suivi les cours. Il a été pris 69 inscriptions.
Le Lycée impérial, rue Bab-Azoun, est dans une ancienne caserne de janissaires, que Ton va démolir pour le prolongement du Boulevard. On compte plus de 650 étudiants.
Des ministres des différents cultes sont attachés à l'établissement. — L'enseignement comprend les langues française, latine, grecque, arabe, anglaise, belles-lettres, philosophie, mathématiques pures et appliquées, cosmographie, physique, chimie, sciences naturelles; le dessin d'imitation, dessin linéaire, le lavis, l'écriture, la musique vocale.
L'enseignement classique est réparti en trois divisions :
[° Division élémentaire; 2* Division de grammaire; 3° Division supérieure, qui comprend les quatre classes d'humanités et a pour sanction le baccalauréat ès-lettres.
Un cabinet de physique, des collections d'histoire naturelle,
et un laboratoire de chimie, permettent de donner aux couru de sciences le développement expérimental qu'ils réclament.
En dehors de l'enseignement classique, il existe au Lycée ud enseignement spécial pour les jeunes gens qui se destinent à des carrières où le titre de bachelier ir^st point exigé. Une école primaire est aussi annexée au Lycée. Les pensionnaires et demi-pensiounaires prennent deux leçons de gymnastique par semaine. Ils reçoivent à l'infirmerie fous les soins que réclameraient leur état de maladie. Il y a deux sorties par mois. Les élèves pensionnaires entretenus par le Lycée, payent 800 fr. par an et doivent, ainsi que les boursiers de l'Etat, fournir un trousseau. Les élèves entretenus par leurs parents, paient 740 francs par an. Les demi-pensionnaires payent 500 franc» par an.
Les livres classiques, les papiers pour devoirs, dessin et écriture, les plumes et les crayons, sont fournis parle Lycée. Un arrêté du pouvoir exécutif, en date du 23 décembre 1848, a reconnu 52 boursiers, à trois quarts et à demi prix. Les externes surveillés payent 80 francs par an. Les externes libres," 100 francs par an dans la division supérieure, 80 francs dans la section de grammaire et G0 francs dans la division élémentaire.
On achève de construire sur la place Bab~el-Oued r le nouveau Lycée qui semble devoir être le monument le plus remarquable de la capitale de l'Algérie et recevra 800 élèves.
En creusant les fondations on a découvert, le 16 juin 1863, à une profondeur de 12 m. 50 cent, un caveau sépulcral nommé par les anciens Sepulcrum familiare (tombeau de famille). — Cet hypogée voûté, haut de 2 m. 65 cent, et large de 2 m. 24 c. a été conservé sous les constructions nouvelles. Il consiste en un petit couloir, contenant deux niches et séparé de la chambre sépulcrale par une porte en pierre, dont les pivots roulent dans des crapaudines creusées dans le seuil et le liteau. On descend trois marches pour parvenir dans la crypte voûtée dont les murs offrent des niclies (columbaria) et une banquette de pierre (podium) sur les quatre faces. On y a recueilli deux lampes, dix-huit vases en verre (lacrymatoires) et quinze autres en terre, contenant des ossements calcinés. Cette sépulture date de l'époque des Antonins et n'a pas moins de seize à dixsept siècles.
Une chaire de langue arabe est tenue dans une des salles de la Bibliothèque de la ville, tous les jours, — exceptés les jours fériés.
Diverses conférences sont ouvertes au public le soir : l« cours d'instruction élémentaire pour les adultes, rue de l'Intendance, à l'école des Frères ; 2° école préparatoire aux Arls-ct-Métiers, rue Bab-el-Oued; 3° orphéon dans une des salles de la Mairie. En outre un cours de mathématiques appliquées se tient dans le local de l'école préparatoire aux Arts-et-Métiers et des cours de littérature et de géographie ont Heu à l'école communale de la rue Socgéma.
H y a, à Alger, cinq écoles primaires communales, qui sont situées : rue Mogador, rue de l'Intendance, rue Doria, rue Bélisaire et rue Soggéma, sous le dôme d'une ancienne mosquée. Les trois premières sont dirigées par les Frères de la Doctrine chrétienne. Les jeunes protestants ont une école qui leur est particulière, et qui se tient dans leur temple, rue de Chartres.
Quant aux écoles communales pour les jeunes filles, elles sont tenues par les Dames religieuses de la Congrégation de St- Vincent-de-Paul, qui ont leurs classes au couvent de la Miséricorde, derrière la cathédrale ; elles ont aussi une salle d'asile en cet endroit, et une autre au faubourg Bab-el-Oued. Les Sœurs de la Doctrine chrétienne ont une école communale, rue Charles- Quint et une autre avec pensionnât et salle d'asile, rue des Mulets. Les demoiselles protestantes ont une école
à pari.
L'industrie privée a fondé une quantité d'autres établissements sous le titre d'écoles d'instruction élémentaire, ou d'écoles primaires, dont quelques-unes
préparent les sujets pour les humanités et les haute éludes.
Plusieurs Dames ont ouvert de bonnes maisons d'éducation pour les jeunes demoiselles.
I Les Musulmans et les Israélites ont pareillement divers moyens d'arriver à l'instruction :
Un collège impérial arabe-français est créé Alger, par décret du 14 mars 1857.
Ce décret dispose : Art. l« r Les jeunes Français
sont admis à suivre les cours du collège.
Art. 24. Les élèves qui auront subi avec succès, au terme de leurs éludes, un examen officiel, recevront un diplôme spécial,, qui équivaudra au baccalauréat pour les emplois donnés en Algérie par le Gouvernement général.
Le collège arabe-français compte 166 élèves; 99 pensionnaires, 67 externes.
L'école arabe-fran:aise, rue de la Porte-Neuve, reçoil 158 musulmans et 22 européens.
110 bourses d'apprentissage ont été distribuées à de& sujets méritants, en 1866, sur la proposition de la Commission de patronnage.
Les demoiselles mauresques, au nombre de 200, reçoivent l'instruction dans deux ouvroirs.
Les jeunes Maures et Israélites ne manquent pas de petites écoles ouvertes dans les quartiers les plu?; fréquentés par leurs familles, où leur sont donnés, dans leur langage, les éléments de lecture pour leurs livres sacrés, et les premières instructions de leurs
religions. Une salle d'asile pour les enfants musulmans, est fréquentée par 150 enfants.
Les Israélites ont deux écoles françaises : Tune située rue Bleue, sous le nom de Talmud Thora, donne, par souscription, à ses élèves les plus pauvres, la nourriture et l'habillement ; l'autre est rue Scipion, n° 4.
Les demoiselles israélites ont une école française, rue Bélisaire, et une salle d'asile, rue Jean-Bart, fondées par M. H. Cohen Solal, et administrées comme Técole du Talmud thora.
sociétés. L'archiconfrérie de la Sle-Vierge se réunit les dimanches et fêles, à sept heures du soir, dans l'Église Notrc-Dame-des- Victoires, rue de la Kasba. — L'association des Dames de charité, se compose d'une réunion de personnes pieuses qui, sous la présidence de l'une d'entre elles, veille aux moyens d'existence et d'éducation d'un nombre de jeunes orphelines confiées aux soins des Dames du Bon-Pasteur, et s'adonne aux bonnes œuvres de toute espèce. -— La société de St-Vincent-de-Paul compte quelques membres laïques recherchant les malheureux pour les secourir et les sustenter. — Le comité des secours pour les protestants travaille par les mêmes moyens et dans les mêmes intentions de miséricorde. — La société de St-François-Régis s'occupe ofiicieusement à régulariser les mariages des personnes qui veulent rentrer dans le devoir et reconnaître leurs enfanls. Fondée le 17 décembre 1844, dans une période de dix ans elle a fait légitimer 1,083 unions ; en 1855, 202 mariages,
dont 109 à Alger, ont été régularisés. — Les Italiens et les Espagnols ont de nombreuses congrégations et confréries, dirigées par les RR. PP. Jésuites. — Gomme réunion spéciale de bienfaisance, s'occupant de haute morale et de littérature philosophique, il convient de mentionner ici la Loge maçonnique chapitrale et aréopagite, sous le titre distinctif de Bélisairc, dont le local est au fond de l'impasse Navarin.
Les décrets des 6 octobre 1850 et 22 avril 1853, ont institué une Chambre Consultative d'Agriculture.
La Société Impériale d'Agriculture, fondée par 30 membres, doit être mise en tête de toutes les réunions scientifiques, comme ayant été constituée par arrêté du , maréchal Valée, en date du 25 octobre 1840. — La Société Historique Algérienne, s'occupant de recherches archéologiques relatives au pays, a été créée par arrêté de M. le Gouverneur-Général, du 7 avril 1856. Elle se réunit les premiers vendredis de chaque mois, à 8 heures du soir, dans une des salles de la Bibliothèque.
Alger comple trois sociétés de secours mutuels : 1° Arts et métiers, la première fondée à Alger,
en 1858, par M. Mallevai, facteur de la poste aux
lettres ;
2° Société des médaillés de Ste-Hélène, créée par décret du 22 février 1862; 3° La famille.
La société et cercle de climatologie algérienne, a son local rue des Trois-Couleurs, n° 19,
Il existe aussi :
La société des anciens élèves du Collège et du Lycée d'Alger.
La société des anciens élèves des arts et métiers. La société des sauveteurs, inaugurée par M. Philippe, libraire.
La société des sapeurs-pompiers.
Le Cercle d'Alger a son magnifique local dans la maison Lesca, ayant vue sur le boulevard et sur la place du Gouvernement. Il est pourvu d'un excellent maître d'hôtel. Le Cercle du Commerce, composé de? notables habitants et des principaux commerçants d'Alger, passage Napoléon, a vue sur la place du Gouvernement. On y reçoit tous les journaux et les publications mensuelles.
Il existe une société protectrice des animaux. Les Musulmans ont des confréries religieuses, telles • que celles des Aïssaoua, rue Sidi Boukdour, qui mangent des scorpions, des serpents, du fer rouge, des carreaux de vitres (c'est une chose à voir) ; celles de Moulai Taïeb, rue de la Mer Rouge, d'Abd er-Rahman Talebi, de sidi Mohammed Bou Koberin, etc.
Les Nègres idolâtres se rassemblent dans les rues Sidi Abdallah, Katarougil et impasse du Darfour, dans des maisons nommées zouzou, où ils se livrent à des cérémonies bizarres, aux jours de leurs fétes appelées dordoba, au milieu desquelles apparaissent chitan (satan), les djinn (les diables), et autres gens de fort mauvaise société.
thjatre impérial, Cet édifice qui s'élève StU' la place Napoléon, a été décrit ci-dessus, à l'article monuments, page 124. On donne, sur ce théâtre, le grand opéra, l'opéra comique, la comédie, le drame, le vaudeville, — aux jours de dimanches, mardis, jeudis et samedis. Des bals, des concerts, des représentations extraordinaires d'artistes de passage, en tous genres, ont lieu aussi dans ce bâtiment. MM« Laurent, Tedcsco, Wertimberg et Juliette Borghèse, se sont f. it entendre sur cette scène dans les divers genres d'interprétation où elles excellent; M« Cabel a été l'objet d'un véritable Iriomphe.
Le célèbre Roger est aussi venu chanter dans cette salle, et y a été accueilli comme te mérite son talent.
Le vaisseau ne contient que 1,534 spectateurs, dont un certain nombre jouit exclusivement, à titre d'abonnement, d'une quantité fixe de places et de loges.