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Chersonèse, comme l’atteste Pline" 3 , se distinguoit de tontes les villes de la péninsule Taurique et du Pont: elle avoit conservé les moeurs et les arts de la Grèce. Témoins les »
emblèmes qui se voient sur ses médailles. Le quadrige de l’avers de la médaille de Mgr. le Chancelier, pl. IL m. i. ainsi que le bige
d’une autre médaille de Chersonèse " 3 , rap- ■ >>'
pellent les courses de chars qu’institua cette r • > 1
ville.
Il est difficile de deviner ce que le guerrier du revers , un genou en terre et caché derrière son bouclier, doit signifier, d’autant plus que l’on ne sauroit trouver aucune relation entre lui et le quadrige de l’avers. Eckhel croyoit"4 que c’est Achille célébrant les jeux à sa fameuse course, erreur adoptée, à mon grand regret, par MM. Sestini 1,5 et Mionnet" 6 . La belle médaille dont j’ai donné ici la description, et plusieurs autres exemplaires de la même pièce, dont il est question dans un autre mémoire"?, prouvent que ce guerrier est barbu, que c’est un homme dans l’âge viril dont le corps n’a point les formes idéales. Par con-
séquent, ce guerrier ne peut pas représenter Achille, mort dans la fleur de son âge. Il ne peut pas non plus être nommé ainsi, puisqu’il a un casque conique, qu’Achille ne porte jamais dans les monumens de l'antiquité, et que ce casque est l’attribut propre à Ulysse, donné quelquefois à Neptune. Remarquons encore que les villes grecques ne s’occupoient jii des dieux ni des héros étrangers, et que la course d’Achille, assez éloignée de Chersonése, ne pouvoit avoir aucun intérêt pour les Chersonésites. Mais ce qui achève de prouver que le héros figuré sur les médailles de cette ville ne. peut être Achille, ni avoir aucun rapport avec sa fameuse course, c’est que Pline 1,8 , et les autres auteurs de l’antiquité, ne parlent que des courses célébrées par Achille sur cette langue de terre, et nullement d’exercices tactiques, auxquels doit appartenir l’attitude de notre guerrier. Au surplus cette langue de terre, célébré sous le nom de course d’Achille, ne se prétoit qu’aux exercices de la course, et c’étoit précisément sa forme allongée qui avoit fait inventer cette tradition ”9. Je suis plutôt porté à voir dans ce
guerrier un ancien héros révéré dans la ville de Chersonése, peut-être son fondateur, dont l’histoire ne nous a pas conservé le nom, mais en honneur de qui la ville célébroit peut-être des jeux solemnels, auxquels le quadrige de l’avers de la même médaille paroit faire allusion. Si le lecteur se rappelle que les chefs des colonies qui alloient s’établir en des contrées lointaines étoient regardés comme les fondateurs de ces nouveaux établissemens et qu’ils jouissoient dans la plupart des villes grecques de l'honneur du culte, l’explication du guerrier accroupi que j’ai proposée ne lui paroîtra pas invraisemblable.
, Aucun monument de l’antiquité ne présente si exactement l’attitude inventée par Chabrias que le revers des médailles de Chersonése, qui portent le type du guerrier accroupi ; c’est ce qui a été observé déjà par Lessing ,îo .
L’avers de la seconde médaille de Chersonésus offre une tête d'homme couronnée de lauriers. Les traits du visage ressemblent à Marc -Antoine. Si la découverte d’autres mc-
dailles de cette ville prouvoit , que cette effigie est effectivement celle de ce triumvir, on seroit alors fondé à supposer que c’est lui qui avoit gratifié Chersonésus du titre de ville libre >»'.
La tète couronnée de lauriers de la troisième médaille de Chersonésus, est celle d’Auguste. L’objet devant de lui , n’est pas un U- /u us, mais le bout d’un arc que nous voyons aussi devant la tête d’Apollon sur une médaille de la même ville Le revers de cette dernière pièce porte une figure de Diane , type auquel on a substitué dans la notre une Yictoire habillée , comme l’est Diane , d’une longue tunique. Le monogramme qui se trouve dans le champ du revers de notre médaille , est le même que porte le revers de l’autre que j’ai citée.