‹ Description d'une médaille de Spartocus, roi du BosphoreCimmérien, du cabinet du chancelier de l'empire Comte de Romanzoff. Avec un supplement contenant la description de plusieurs médailles grecques rares et inédites qui se trouvent dans le mêine cabinetChapitre 5 sur 11 · INSCRIPTION · texte numérisé non relu

INSCRIPTION

TROUVÉE DANS LES ENVIRONS DE l’aNCIENNE P AXTICAPAEUM , EN i8a3.

Je ne crois pas pouvoir mieux terminer ces recherches numismatiques qu’en faisant connoître à mes lecteurs un monument découvert à Kertch dans l’été de i8î3. C’est une inscription qui n’est pas sans intérêt pour l’histoire du Bosphore. En voici la copie :

EUCONA<t>OIBntSTHXEANTIXTAX<J>ANOMAXOXXO A 0A N ATON0NHTmn A TPirERA ETEAEE AE nAIMXAAEOXAPXONTOXOXHNxeONATEPMONEXAK.r TATPQNKATKAXIorrEENTOXEXOTiINOrOI

Voici la même inscription, en petits caractères :

E/xowa $oi'3iu çrjtj elvrivràp Qxvi/ixxoç Scsi/, x&xvxtov &vi;tZ vxrpl ycpxf Ttktaxç •

rixipifxiéOi xpxovro; fbip 1 xàiva r épuoveç xxpei 'Txûpani , Kavxxmo( r’ évrii ê'xovmv çpoi.

Je la traduis ainsi :

L’antiste Phanomaque , fils de Soos , consacre û Phoebus ce portrait , élevant un monument éternel à son père : pendant que Paerisade gouverne tout le pays entre les confins des Taures et les limites du Caucase i>4.

Il seroit difficile de remplir la lacune du premier hexamètre , qui est incomplet sur la pierre, avec d’autres lettres que celles que j’y ai placées. Le père de Phanomaque portoit probablement le nom de Soos, prononcé Zous-

Phanomaque qui, par cette épigramme, consacre à Phoebus la statue , le buste , ou le portrait de son père , étoit , à ce qu’il paroit , inspecteur ou conservateur du même temple d’Apollon dans lequel il avoit placé ce monument de sa piété filiale. Car le mot artistes , qui s’èst conservé uniquement dans la langue latine , et que nous ne trouvons pas dans les monumens écrits qui nous sont restés des Grecs , ne signifie jamais un fonctionaire civil, mais toujours un homme chargé d’un emploi appartenant au culte. Au reste je n'ose pas décider, si le mot ANTIETAS doit être pris ici pour un participe , ou pour un substantif.

L’auteur de l’épigramme en parlant de Paerisade s’est servi du mot gouverner, parce que ce prince, roi des Sindes et des Maeotes, n’é-

toit qu’archonte des Grecs du Bosphore. Le mot de régner n’auroit pas convenu , puisque dans les monumeus de Paerisade le titre d’apchonte du Bosphore , comme dignité principale, précédé toujours celui de roi des Sindes et des Maeotes. L’auteur ne pouvant non plus donner à Paerisade les deux qualifications d’archonte et de. roi , a préféré celle, qui étoit supérieure.

Cette épigramme nous indique l’étendue des possessions de Paerisade telle que nous l’avions trouvée dans les inonumens de Comosarye, de Xénoclide et de Mestor. D’après ces quatre monumens , le territoire du Bosphore étoit borné à l’ouest par le pays des Scythotaures qui étoit voisin de Théodosie.

Pour les limites à l’est ou en Asie, l’inscription de Phanomaque les place au commencement de la chaîne du Caucase , à côté où sont les montagnes des Tclierquesses. Il faut observer que les trois inscriptions citées ne nomment pas les pays , mais les peuples qui les habitoient, ce qui revient au même.

La chronologie , Thistoire du Bosphore , et celle de la Chersonèse-Taurique , gagneroient beaucoup, si l’on prenoit des mesures pour rechercher toutes les richesses en inscriptions , en médailles et autres monumens que recèle encore cette terre classique. La dépense qu’exigeroit cette entreprise , tout à la fois patriotique et litéraire, seroit très-peu considérable, et cinq années suffiroient pour en voir la fin.

Page 1