Description d'une nouvelle espèce d'Arvicola: le Myodes bicolor
Description d’une nouvelle espèce d ’Ârvicola; le Myodes bicolor, par M. Victor Fatio. —(PI. 12.)
C’est en chassant, dans le canton de Berne, les petits mammifères des Alpes, que je découvris, en juin 1861, au Genthal, à une élévation d’environ 1,800 mètres, une espèce d'Arvicola atteignant presque les mêmes proportions que le Nivalis, et habitant avec lui les memes localités; mais cette espèce, d’une taille assez forte, possédant, chez l’adulte, des molaires à racines, nous ne pouvons la rapprocher ici que du sous-genre des Myodes .
Depuis que M. Nager trouva à Urseren YHypudeus Nayeri , et depuis, surtout, que M. Nathusius découvrit chez l’An?, glareolus la présence singulière de doubles racines aux molaires de l’adulte, le nouveau sous-genre du Myodes a dû prendre place dans le genre primitif des Arvicola de Lacépède. Ce sous-genre des Myodes , fondé d’abord sur les M. glareolus et Nageri, a compté, depuis lors, les M. riparia, pratensis, falvus , rutilus , hercyniens, rubidus, rufescens, etc., qui, tous petites espèces, semblent n’être et ne sont, pour Blasius, dans ses Waldwühlmaus , que des variétés des deux premiers cités plus haut.
Comme c’est avec des espèces généralement reconnues que je dois faire la comparaison du M. bicolor, et comme il se rapproche plus, sous bien des rapports, du M. Na geri que du glareolus, c’est avec ce premier que je vais le comparer ici, en donnant sa description.
Le Myodes bicolor, toujours plus fort dans ses proportions que le Nageri, s’en distingue, au premier abord,
2 e skrib. t. xiv. Année 1862. 17
258 iikv. et mag. de zoologie. {Juillet 1862.)
soit par les grandes dimensions de ses pattes et de sa queue, soit encore par une coloration différente, constante et bien accusée.
Les parties supérieures du corps du Mtjodes bicolor , soit l’espace compris entre le museau et la racine de la queue, sont colorées en brun assez foncé. Cette teinte provient d’un mélange presque égal de poils brun rougeâtre et de poils noirs.
Les parties inférieures, soient la gorge et l’abdomen, sont blanc grisâtre, mais ne sont jamais lavées de roux clair, comme cela se présente si souvent chez le M. Nageri.
Le passage de la teinte supérieure à l’inférieure se fait sans transition brusque, sur les côtés de la tète et les flancs, par une douce teinte de gris bleuâtre.
Le bras est gris et blanc; les pieds antérieurs sont blancs; la jambe est grise et blanche, les environs seuls de l’articulation du tibia au tarse sont d’un brun noirâtre; les pieds postérieurs sont blancs. Les ongles sont dépassés par d’assez longs poils blancs.
Le poil, considéré seul, est toujours bicolore; sa base est toujours gris foncé, mais sa partie supérieure est alors colorée, tantôt en noir, tantôt en brun rougeâtre, tantôt en gris et tantôt, enfin, en blanc. Les poils noirs sont, en en exceptant ceux de la barbe, les plus longs de tous.
La queue, enfin, est colorée de deux teintes bien tranchées, le noir-brun très-foncé dessus et le blanc dessous.
Si, maintenant, nous plaçons le M . Nageri à côté de cette description de la coloration, nous remarquons bien vite chez lui, à la face supérieure, une teinte brune plus claire, plus jaune, unique et plus restreinte; aux parties inférieures, une coloration plus délavée et des teintes plus salies; puis, enfin, un poil passablement plus long. Observations et mesures prises sur les différentes parties du corps du M. bicolor; voir la comparaison avec le M. Nageri, au tableau comparatif donné plus loin .
La tête atteint, en général, la longueur do 0 m ,032; elle