Genre Mulette; l/nio
■ CaraelèreS' génériques. Coquilles de formes trèsdiverses, équivalves, inéquilatérales , libres, à crochets courbés, presque toujours rongés, toujours couvertes d'un épidémie.
Charnière à d;eux dents, sur > chaque valve : l'une ^ courte , irrégujière , si^pb ou divi3éïe en deux, substriée ou comme cariée et toujours amérieure; laur tre, alongée, comprimée, lamfiUeùs&v se. prolonge
dans toute la longueur du corselet en prenant ses diverses courbures.
Les coquilles de ce genre vivant dans les eaux douces, ont été nommées vulgairement moules d'eau douce. Quoiqu'elles possédassent et par Torganisa* tion des animaux et par les caractères de la coquille, les conditions nécessaires pour former un bon genre, elles furent cependant confondues par Linné dans le genre des myes : elles en furent retirées par Bruguière, qui institua le genre dans les planches de l'Encyclopédie, en même temps que lé get^re Anodonte, dont nous aurons à parler bientôt II a suffi que ce genre fût indiqué par Bruguîère pour qu'il fût adopté et caractérisé, d'abord par M. Lamarck^ et ensuite par tous les autr^ Zoologistes qui sûivii^nt . L'organisation des animaux des Mulettes-une fois connue , il fut bien facile de les placer d'une manière convenable dans la méthode : ayant le manteau ouvert dans toute son étendue, elles devaient nécessairement se ranger non loin des Arches, des Trigonies et des Girdîdes , qui offrent le même caractère; aussi, si leur place a un peu varié, ce fut toujours dans de très-courtes limites*
A l'exemple de Bruguîère, M. Lamarck adopta le genre Anodonte, et de plus proposa, avec des coquilles que Ton aurait confondues avec lesMulettes, les genres Castalie et Hyrie. Ces deux genres pouvaient être admis dans un temps où l'on ignorait combien les Mulettes sont susceptibles de prendre des formes diverses et d'avoir la charnière plus ou moins modifiée par suite de ces changemeas dd
forme. Aujourd'hui que l'on connaît cette étonnante quantité d'espèces de toutes formes , provenant de* l'Amérique septentrionale, on est conduit à réunir aux mulettes les deux genres dont nous venons de parler; par les mêmes raisons, et par suite des modifications que la charnière des Mulettes éprouve, on est porté à y joindre aussi les Anodontes. Si d'un côté on se souvient que les animaux des Anodontes ne difièrent en rien de ceux des Mulettes, et que les coquilles ne se distinguent que par leur épaisseur et par la charnière articulée dans les unes et sans dents dans les autres ; mais si d'un autre côté on observe une grande série d'espèces des deux genres, et qu'on voie une dégradation successive de la charnière des Mulettes, de manière à la voir s'efiacer, devenir rudimentaire et enfin disparaître, on sera bien forcé de réunir deux genres dont les ca-« ractères se confondent, et entre lesquels il est presque impossible de poser une juste limite. Quant à lepaisseur du test , c'est, comme on le sait , un caractère de nulle importance , et il est ici d'autant moindre que l'on trouve des Anodontes fort épaisses et des Mulettes très-minces.
Ce n'est pas dans un opuscule comme celui-ci que Ton doit discuter complètement une question de cette nature , ni proposer des changemens dans les classifications généralement adoptées; le géologue reçoit toute faite la méthode , et en fait l'appli* iiation à ses travaux avec la certitude qu'il sera toujours compris lorsqu'il citem un genre avec le nom de son auteur.
Les Mulettes ne vivent absolument que dans les eaux douces ; leur charnière est formée de deux parties , le plus souvent très-distinctes : Tune, antérieure y est épaisse, conique, simple sur une valve, double sur lautre, striée ou comme cariée: c'est la dent cardinale antérieure ; l'autre est alongée sous le borddu corselet : elle est ordinairement lamelleuse et lisse; quelquefois elle est épaisse, alongée et striée latéralement. Un ligament alongé, épais et solide réunit les deux valves. Les impressions musculaires sont placées aux deux extrémités de la charnière ; il y en a constamment deux antérieures, l'une plus infé*rieure et beaucoup plus petite que l'autre ; la postérieure est ordinairement unique et fort grande dans quelques espèces , cependant on en voit une petite à côté de la grande.
Le test des Mulettes est toujours formé de nacre plus ou moins brillante et assez variable dans ses nuances; il est le plus souvent épais et solide, et toujours couvert en dehors d'un épiderme brun ou verdàtre, qui laisse rarement apercevoir sous lui les rayons ou les taches dont la coquille peut être ornée.
Des coquilles qui se trouvent dans des couchers anciennes et solides, dépendantes de la formation houillère, et qui n'offrent à l'observation que leur moule intérieur y ont été rangées dans le genre Mulette, rien que par analogie et d'après la/orme : on ne connaît ni la charnière ni la coquille elle>même, comment alors décider le genre? Cela nous semble impossible.
En Angleterre, dans les couches de houille, on rencontre très -rarement une coquiile dont le test est conservé ; elle a bien plus l'apparence d'une Mulette que les espèces dont nous venons de parler : malheureusement son état de pétrification ne permet pas Texâmen de la charnière, de sorte que^ malgré l'analogie et les présomptions qu'elle donne, on n'est point encore certain du genre auquel elle appartient. Si l'on remonte dans les terrains les plus nouveaux, oh y trouve des coquilles qui dépendent sans le moindre doute du genre Mulctte; mais elles sont excessivement rares : nous n'en avons jamais vu qu'une seule valve entière ; elle fut recueillie par M. Bertrand Ceslin au val d'Arno , qui la trouva avec quelques débris d'autres individus qu'il était impossible de caractériser. M. Marcel de Serres, dans sa Géognosie des terrains tertiaires du Midi, cite plusieurs Mulettes que nous ne connaissons pas.
N'ayant pas à notre disposition cette valve unique de M. Bertrand Geslin pour la faire figurer, et après • avoir soumis nos observations à M. Rozet sur Kmpossibilité où nous nous trouvions de faire représenter une coquille fossile bien caractérisée du genre, il nous engagea à figurer une espèce vivante dont les caractères serviraient à faire reconnaître le genre aux géologues lorsqu'ils le rencontreront.
Il n'est pas nécessaire de décrire cette espèce, puisqu'elle n'est pa^ fossile; nous la croyons nouvelle, et comme elle est de France, nous l'avons dédiée à Draparnaud.
MuLETTE DE BfiAPAR^Àjjp^ïJnioDrapàrnaidiy nob.
PL. 1 4 > fig. 6.
La figure la représente de grandeur naturelle ; elle vit dans une petite rivière de la Basse-Bretagne.