‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 16 sur 61 · Genre Gryphée; Gryphœa · texte numérisé non relu

Genre Gryphée; Gryphœa

Caractères génériques. Coquille adhérente, iné-» qui valve; la valve inférieure grande, concave, terminée par un crochet saillant, courbé en spirale in^ volute, soit perpendiculaire, soit latérale; la valve supérieure petite , plane et operculaire. Charnière sans dents; une fossette cardinale, oblongue, arquée pour le ligament; une seule impression musculaire subcentrale.

Dans notre article Huître du Dictionnaire classique d'histoire naturelle , nous avons cherché à dé-

montrer l'intiiné liaison qui existe entre les Gryphées et les Huîtres. Cette liaison est telle, selon* nous, que nous regardons comme nécessaire la suppression du genre Cryphée qui, lorsque l'on vient à l'examiner avec un peu d'attention , ne présente nul caractère solide qui le différencie des Huîtres. Celui des caractères qui avait paru le plus important et le plus saillant, la non-adhérence du test, est détruit par l'observation. S'il existe quelques espèces de Gryphées qui paraissent avoir vécu librement, telles que les Gryphées arquée, colombelle, etc., cependant, si on veut le rechercher attentivement , on trouvera sur elles, comme sur toutes les autres, le point * par lequel elles ont été adhérentes, au moins pendant leur jeune âge. Quant aux autres espèces , telles que les Gryphœa cyrtibium^ dilaiata^ etc. , le point d'adhérence est tellement visible , que pour elles la plus légère inspection suffit pour se convaincre qu'elles n'ont pas vécu librement. Il y a des espèces , enfin, qui, comme le plus grand nombre des Huîtres, sont adhérentes par toute la valve inférieure.

Deux choses peuvent se déduire de ces faits : i.° c'est que l'on a donné trop d'importance à l'adhérence ou la non-ad,hérence des coquilles des genres qui nous occupent. 2.° Cette adhérence elle-même , étant mise hors de doute pour les Gryphées, est un moyen de les réunir aux Huîtres en confirmant nos opinions.

En comparant ensuite les autres caractères des Huîtres et des Gryphées, nou^ trouvons une charnière, absolument s^nblable, éprouvant les mêmes

modifications, selon les circonstances, capables; comme le mode et Fétendue dé l'adhérence, d'ap-; porter dans cette partie des changemens et des va- . nations; enfin, la forme et la position deFimpres-* sion musculaire n'offrent aucune différence dans les .deux genres, et Tun et l'autre ont, quant à la structure et à la nature du test, une ressemblance parfaite. Nous restons convaincu que le genreHuîtredoit comprendre dans son ensemble les Gryphées. Il est arrivé pour ce grand nombre de coquilles ce qui a eu lieu également pour plusieurs autres genres aussi nombreux. On a transformé en genres les extrêmes d'une même série, les espèces intermédiaires ayant été négligées ou inconnues; mais une fois mises en place, ces espèc€% forment un passage, une transition insensible d'un genre à l'autre, de telle sorte qu'il devient désormais impossible de poser une limite entre eux.

Nous croyons qu'un bon genre, très -nombreux en espèces, tel que celui qui résulte de la réunion des Gryphées et des Huîtres, peut avec autant d'avantage être divisé en plusieurs groupes d'espèces que partagé en plusieurs genres, faits d'une manière arbitraire et reposant sur de mauvais caractères.

Les géologues habitués à citer des Gryphées, il leur importera peu que cette dénomination s'applique à un sous-genre, ou à une section des Huîtres, ou à un genre distinct de celles-ci; mais il est nécessaire que le zoolo^ste, étranger à toute autre considération que celles déduites des caractères des corps organisés, fasse l'application .rigoureuse des

principes de k science et réunisse dans un même genre tous les êtres qui ont les mêmes caractère*» Parmi les coquilles bivalves fossiles les Gryphées, comme les autres Huîtres, n'étant psdissolubles, se retrouvent plus abondamment et plus constamment que beaucoup d'autres. Dans certains terrains les Gryphées y sont tellement abondantes que quelques géologues leur donnèrent le nom de terrains à Gryphées. Dès 1825 nous avions fait à cet égard les observations suivantes » : « On a cru long-temps que a les Gryphées étaient propres à certaines formate tions, qu'elles pouvaient servir à les reconnaître; „ mais nous ne savons s'il existe des données suffi- « santés pour décider celte question, qui , au reste, cr a perdu une partie de l'intérêt qu'elle pouvait « avoir par la découverte toute récente des Grycf phées dans les couches les plus modernes des « terrains tertiaires. Dans nos recherches à Valmona dois nous en trouvâmes d'abord une espèce bien « distincte , et M. Bertrand Geslin ensuite en décou- « vrit une autre espèce , non moins bien caractérisée , « dans les collines subapennines de l'Italie. Pour „ obtenir un résultat favorable de l'application des (c fossiles de ce genre a la géologie, il faudra d'a- (( bord supprimer le nom peu convenable de ter- « raln à Gryphées, et ensuite indiquer les formate tions par telle ou telle espèce de Gryphçe. Un et travail conçu dans ce plan devra, être très -utile

I Dictionnaire classique d^histoire naturelle, tom. 8, page 3^8 , article Huttre,

( 8? ) « et pourra donner des indications précieuses pour « la géologie. *'

Loin d'avoir changé d'opinion, nous avons pu nous convaincre davantage par de nouvelles observations, qull était nécessaire de la conserver; car les Gryphées sont comme beaucoup d'autres genres: il y en a de vivantes , et elles se trouvent fossiles dans un grand nombre de couches; mais ce qui les rend plus remarquables que beaucoup d'autres coquilles , c'est que chaque tçrrain a pour ainsi dire son espèce de Gryphée caractéristique. Ce résultat, qui s'accorde avec ceux que Ton obtient de beaucoup d'autres genres, doit persuader qu'il est presque impossible actuellement de caractériser des terrains avec un genre , mais bien avec les espèces de ce genre, et nous sommes convaincu que par la suite, lonsque les observations seront plus nom* breuses, il ne restera qu'un très -petit nombre de genres qui ne soient communs à plusieurs terrains*

Les Grjphées, dont on compte un assez grand nombre d'espèces, ne sont pas toutes caractéristi^ ques; les géologues en citent cinq ou six espèces, mais on pourrait &eîlement en donner davantage et y joindre celles des terrains tertiaires, qui, quoique moins abondantes, ne sont pas moins très-faciles à distinguer et très ^ constantes dans les terrains où elles se trouvent.

PL. 12 , fig, 3.

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