Grtphée dilatée; Gryphœa dUatata^ Sow
G. testa ovato-rotundd^ dilatât a y subdepressâ; vahâ injeriore convexâ^ crassâ; superiore, operculiformiy concavây lamellosâ; umbone magno, prœlongo., valde recurvo^ calceiformi j tripartito. Nob.
So^erhy y Minerai Conchology^^l, 149? fig- 1 > 2.
Var. j6, nob. Testa prof undiore angustiore ; umbone magis recurvo.
Var. C, npb. Testa sublobata depressiore umbone longissimo.
Nous pourrions encore ajouter quelques variétés; car cette coquille prend des formes assez diverses : tantôt elle est profonde, très-convexe en dessous, et son crochet fortement relevé se recourbe au-dessus de la charnière de manière à la cacher; d'autres fois ce crochet, se prolonge en un long talon recourbé^
bien sehxblable par sa structure à celui de certaines Huîtres; quelquefois la coquille » très -aplatie, est plus ovalàire; quelques individus, enfin, outre qu'ils sont fort courts et fort épais, ont le crochet saillant en dehors du bord cardinal et non au-dessus de lui, comme cela a presque toujours lieu.
Le prolongement du crochet de la valve infé^ rieure de celte coquille, sa forme, la manière dont le ligament y était placé, la modification qu'il a fait éprouver à celui de la valve supérieure par sa courbure, tout démontre la grande analogie avec les Huîtres : si l'on courbait de la même manière que dans cette Gryphée le talon de VOstrea virginica^ on obtiendrait une Gryphée dont le crochet serait tout semblable à celui de cette espèce.
lâ valve inférieure, grande, concave, épaisse au crochet, devient plus mince et se dilate vers le bord inférieur : elle est inéquilatérale ; le côté antérieur, vers lequel le crochet s'infléchit un peu , est le plus court Ce crochet est grand , saillant, recourbé presque perpendiculairement au-dessus de la charnière, la couvrant quelquefois, quelquefois aussi la laissant à découvert Dans quelques individus le sommet du crochet est tronqué par suite de l'adhérence assez large qu'il avait contractée; dans d'autres, cette adhérence lie s'est faite que par une très -petite surface, ^et le crochet est bien arrondi et fort pointu. En dessous du crochet et de son sommet naît une large et profonde gouttière, stiiée régulièrement dans, sa largeur ; sa forme est triangulaire, et sa base, plus ou moins élargie, est sinueuse latéralement Cettesurface
est partagée «n trois parties, une médiaùe large eî profonde, et deux latérales plus étroites et plus superficielles; elle est absolument semblable à celle d'un grand nombre d'Huîtres , et peut être regardée comme un talon qui n'en diffère que par sa courbure. Cette ressemblance est rendue plus parfaite encoi*e par la disposition des lames latérales qui résultent de l'accroissement de la coquille : c'est dans cette gouttière tripartitc que s'insérait un lîgatnetit très- puissant, à en juger par l'étendue de sa surface d'adhérence.
La valve supérieure est plane, et souvent concave (3n dessus et convexe en dedans; ses bords supérieur et postérieur sont les plus épais; le supérieur surtout, qui comprend la charnière, acquiert une épaisseur fort considérable. Il est le plus ordinairement à angle droit avec le plan horizontal de la valve, et assez fréquemment aussi cet angle est ouvert, de sorte que le plan du talon, au lieu d-être à peu près horizontal, comme dans les Huîtres, devient perpendiculaire et même s'incline au-delà de la perpendiculaire par suite du relèvement et de la courbure du crochet de la valve inférieure. Ce talon de la valve supérieure est partagé en trois parties , qui correspondent à celles de l'autre valve; mais ce qui est fort remarquable dans les individus un peu vieux, c'est que la partie moyenne fait une saillie en dehors du bord , de manière à le dépasser de plusieurs lignes; la forme de cette soite de dent est comparable, à cause de sa grandeur et de sa position , à la dent cardinale des Myes.
À riiitérieur » cette coquille est lisse et polie ; oâ remarque vers le milieu des valves, et rejetée un peu en avant,. une impression musculaire arrondie, superficielle dans la valve inférieure ^ souvent sail-r lante dans la valve supérieure : ces impressions sont quelquefois rugueuses et couvertes de petits tubercules. Nous possédons un individu dans lequel un de ces tubercules a pris un plus grand développe-^ ment et, fixé seulement par un pédicule, peut être regardé comme une perle devenue fossile. La surface extérieure de l'une et l'autre valve est couverte d'un grand nombre de lames transverses qui, comme dans les Huîtres, indiquent des accroissemens irréguliers : ces lames se multiplient surtout vers le bord inférieur.
La Gryphée dilatée est répandue avec abondance dans les argiles du Havre , d'Oxford et de beaucoup d'autres lieux : elle caractérise celte formation aussi bien que la Gryphée arquée celle du lias. D'après M. Brôngniarty elle se trouverait dans la partie infé-» rieure et moyenne des terrains jurassiques, ce qui, pour nous, fait perdre à cette espèce une partie de sa valeur caractéristique; car, nous le répétons, une coquille qui se trouve dans deux formations peut se rencontrer dans des circonstances semblables, quant h la nature de la couche, et jeter l'observateur dans une erreur grave, s'il n'a la superposition directe des couches ou d'autres moyens pour la rectifier^ et quelquefois tous les moyens lui manquent. Dans ce cas, les données zoologiques, qui devraient lui être d'une utilité efficace^ concourent à le confirmer
dans son erreur. Cet exemple, et }>eaucoup d'antres^ viennent à l'appui des raisonnemens que nous avons présentés précédemment sur ce que Ton devrait entendre par fossile caractéristique»
PL. ]!2, fig. i et 2.