Description de deux nouveaux Pauropodidés
Allopauropus (A.) Decaryi n. sp. Tananarive (Madagascar), dans des détritus végétaux, février 1936, 1 adulte Ç (R. Decary). Longueur = 1,42 mm.
Tête. — Longueur des « ocelles » un peu moins grande que l’écartement minimum de ces organes.
Antenne (fîg. 1). Rameau tergal t subcylindrique, environ
Fig. 1 . — Allopauropus Decaryi n. sp. Ç ad. En haut, région distale de l'antenne droite, face sternale. — En bas, plaque anale et styles, face sternale.
5 fois 1 /2 plus long que large, sa longueur étant sensiblement égale aux 5 /12 de celle de son flagelle. Rameau sternal s environ
2 fois 1 /2 plus long que sa largeur maximum, plus court (environ
3 /5) que le rameau tergal. Globule presque sessile, son diamètre équatorial égal aux 2/3 environ de la largeur du rameau tergal.
Bulletin du Muséum , 2° s , t. IX, 1937.
Tronc. — Poils tergaux relativement longs et grêles. Trichobothries III atténuées progressivement vers l’extrémité distale. Pattes locomotrices relativement longues.
Pygidium (fig. 2). —Tergum à bord postérieur présentant un petit lobe médian arrondi. Les soies submédianes a 1 et intermé- diaires a 2 sont un peu plus longues que la 1 /2 de la largeur du pygidium ; les soies latérales a :J sont plus longues que cette largeur; les intermédiaires sont insérées très près et un peu en avant des latérales; l’écartement des submédianes est plus grand que l’intervalle qui sépare chacune de ces soies de l’intermédiaire correspondante ; toutes ces
Fig. 2. — Allopauropus Decaryi n. sp. Ç ad. Région postérieure du corps r face tergale ; la plupart des phanères ne sont représentés que par leur embase.
soies tergales sont effilées, pubescentes. Styles st claviformes, arqués (convexité du côté sagittal), presque égaux à la 1 /2 de leur écartement, celui-ci étant plus petit que l’écartement des soies a 1 .
Sternum à bord postérieur présentant 3 lobes : un médian, subtriangulaire et 2 latéraux plus proéminents, arrondis, portant les 2 soies postérieures b 1 ; celles-ci subcylindriques, annelées, un peu plus longues (environ 5 /4) que leur écartement ; soies latérales b % effilées ; soies antérieures è :! légèrement claviformes. — Plaque anale ovalaire ; tout près de son bord postérieur, face sternale, sont insérés deux courts appendices subcylindriques, faiblement annelés, très légèrement divergents.
Taxinomie. — Allopauropus Decaryi fait partie du groupe constitué par A. argentinensis Hansen, d’Argentine, A. inornatus Hansen, du Paraguay, A. danicus Hansen, d’Europe (de la Grande- Bretagne aux Balkans), A. elegantulus Hansen, du Siam (île Koh Chang) et A. Zerlingae Remy, de France (Auvergne, Pyrénées
eentrales). Il se distingue facilement de toutes ces formes par les caractères de sa plaque anale qui est ovalaire, à bord postérieur fortement convexe, tandis que celle des 5 autres espèces est trapézoïde, à bord postérieur peu convexe chez les 4 premières, échancré chez A. Zerlingae . C’est d ’A. danicus que notre espèce paraît se rapprocher le plus.
Allopauropus (A.) Ribauti n. sp. 1 Skaljari près Kotor = Cattaro (Dalmatie), sous une pierre des ruines de Sveti Duje, altitude 50 m., 3 septembre 1936, 1 adulte $, 1 larve à 6 pp. (P. Remy).
Adulte. — Longueur = 0,6 mm.
Tête. — Antenne (fig. 3). Rameau tergal t environ 2 fois 1/2 plus long que sa largeur maximum, qui est atteinte un peu au-delà du milieu de l’article. Rameau sternal s environ 1 fois 2 /3 plus long que sa largeur maximum, plus court (environ 3 /4) que le rameau tergal ; son flagelle antérieur est un peu plus court que la 1 /2 de son flagelle postérieur, lui-même plus court que le flagelle du rameau tergal. Globule presque sessile, son diamètre équatorial égal aux 2/3 environ de la largeur maximum du rameau tergal. p IG 3 — Allopauropus Ribauti
Tronc. —Trichobothries III atté- n. sp. Ç ad. Antenne gauche, nuées vers chaque extrémité ; tri- face sternale, chobothries V rappelant celles d’A.
aristatus Remy : elles sont effilées et portent une pubescence longue, très raide, inclinée vers l’extrémité distale.
Pygidium (fig. 4). — Tergum à bord postérieur présentant un lobe médian triangulaire. Les soies submédianes a 1 et intermédiaires a 2 subégales, un peu plus longues (environ 10/9) que les latérales a°, qui sont un peu plus courtes que la largeur du pygidium ; les intermédiaires sont insérées au voisinage et un peu en avant des latérales ; l’écartement des submédianes est à peu près égal à l’intervalle qui sépare chacune de ces soies de l’intermédiaire correspondante ; toutes ces soies tergales sont effilées, pubescentes (surtout les latérales). Styles st insérés face tergale, effilés, pubescents, arqués (concavité du côté saggital), à peu près égaux à leur écartement, qui est plus grand que celui des soies a 1 .
Sternum à bord postérieur concave. Soies postérieures b 1 sub-
1. Dédié au myriapodologue H. Ribaut, professeur à l’Université de Toulouse, en témoignage de très vive reconnaissance.
cylindriques, annelées, légèrement plus longues que leur écartement, qui est à peu près égal à la longueur des soies latérales b 2 ; pas de soies antérieures. — Plaque anale subrectangulaire, pubescente ; sa région postérieure présente 2 lobes submédians arrondis
et 2 paires d’appendices latéraux : une paire de cornes pubescentes, un peu plus longues que la plaque, et une paire de cornes annelées, plus courtes que les précédentes et insérées plus tergalement (on ne voit que le bord interne de leur région distale sur la figure). Région postérieure du corps portant de courtes épines.
Taxinomie. — La plaque anale rappelle celle des Allopauropus du groupe formé par A. vulgaris Hansen, d’Europe (de Grande- Bretagne aux Balkans), A. Brôlemanni Remy et A. subminutus Remy i , tous deux des Pyrénées orientales. Notre espèce se distingue immédiatement de ces 3 formes par ses trichobothries V barbelées et par la chétotaxie de son tergum pygidial.
1. L’examen de 6 nouveaux adultes d ’A. subminutus et une seconde étude du type m’ont montré que la plaque anale de cette espèce (fîg. 4) porte, en plus des deux grandes cornes latérales signalées déjà, deux cornes plus courtes, annelées, insérées face sternale; l’espèce est donc à rapprocher d ’A. vulgaris, plutôt que d’^4. minutus.