Description de deux nouvelles espèces d'écrevisse de nos Rivières
Les écrevisses qu'on livre à la consommation et qu'on expédie en grande quantité de Strasbourg à Paris, appartiennent toutes à l'espèce ordinaire, Asfacus fluviatilis des auteurs. Mais, outre celte espèce, qui est sans contredit la plus répandue et qu'on pêche en abondance dans tous nos cours d’eau, on apporte au marché de Strasbourg deux autres sortes d’écrevisses que les pêcheurs, comme les marchands désignent sous des dénominations parliculières et regardent comme des espèces distinctes. Moins savoureuses et moins délicates que les écrevisses ordinaires, elles sont généralement de plus petite taille et employées pour les soupes, les sauces et les ragoüûts.
J'ai déjà signalé l'existence de ces deux formes particulières dans une Note sur les variétés rouge et bleue de l'écrevisse fluviatile, présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 6 octobre 1851. L'une d'elles, dont je donne, dans cette note, les caractères les plus saillants, porte à Strasbourg le nom de Steinkrebs (écrevisse des pierres); l’autre, que je ne regardais alors que comme une simple variété, est désignée sous la dénomination de Dohlenkrebs (écrevisse des égouts, du mot allemand Dole, égout).
J'ai examiné, depuis lors, et aux diverses époques de l’année, un nombre considérable d'individus appartenant à chacune de ces deux formes, et J'ai acquis la certitude qu’elles constituent deux bonnes espèces et non de simples variétés. On verra, par la description détaillée que je vais faire de chacune d'elles, que les caractères distinctifs sont tirés non des couleurs, mais des formes extérieures ; ces caractères sont constants, attendu que j'en ai constaté l'existence sur un nombre