‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 111 sur 195 · BATIMENTS FORMANT L'ENTRÉE DE L'ABBAYE · texte numérisé non relu

BATIMENTS FORMANT L'ENTRÉE DE L'ABBAYE

Il ne nous est rien resté des dispositions primitives de l'Entrée de l'Abbaye ; toutefois la position des bâtiments des xie et xu9 siècles, s' étendant de Test à l'ouest au nord de l'Église, étant déterminée (I), la Porte devait être, selon toute probabilité, à l'extrémité de ces bâtiments vers l'est, à peu près au point où se trouve la Tour des Corbins. Les rampes qui y conduisaient n'étaient alors défendues, ainsi que la petite ville au pied de l'abbaye, que par des palissades, établies aux endroits les plus facilement accessibles.

On ne trouve aucune trace d'ouvrages fortifiés qui soient antérieurs k la seconde moitié du xme siéele : « Jusqu'alors, si les i< tuvents étaient entourés d'enceintes, c'était plutôt des clôtures rurales que des murailles propres à résister à une attaque h main armée ; mais la plupart des monastères que l'on bâtit au xme siècle perdent leur caractère purement agricole pour devenir des Viltœ fortifiées, ou même de véritables forteresses, quand la situation des

lieux le permet. Les Abb.ivos de l'Ordre de Citeaux, érigées

• 1. Voir le plan, fig. 20.

BATIMENTS ABBATIAUX 199

dams des vallées creuses, ne permettaient guère l'application d?un système défensif qui eût quelque valeur; mais celles qui appartenaient à d'autres règles de l'Ordre Bénédictin, construites souvent sur des penchants de coteaux ou même des lieux escarpés, s'entourent de défenses établies de façon à pouvoir soutenir un siège en règle, ou au moins se mettre à l'abri d'un coup de main (1). ■»

L'Abbaye du Mont Saint-Michel présente bien nettement le caractère d'un établissement à la fois religieux et militaire. Au xme siècle, les Abbés, seigneurs féodaux, avaient des goûts plus militaires que religieux ; aussi leurs constructions se ressentent-elles des idées du temps, où la vie militaire, brillanteet glorieuse, avait pris siuia vie religieuse, modeste et humble, une influence considérable, qui s'est manifestée, dès cette époque, dans l'architecture monastique.

Richard II, surnommé Tustin, offre un exemple des Abbés de ce temps. Seigneur féodal et Abbé, élu en 1236, il accorde, comme don de joyeux avènement, divers privilèges à ses vassaux de Donville, Breville, Coudeville, etc. ; il manifeste sa puissance en élevant les remparts, dont il reste encore la Tour du nord et des vestiges des courtines au nord et à l'est (2) ; il satisfait ses goûts fastueux (3) en

1. Dictionnaire raisonné de V Architecture française, etc.. par M. Viollet-le-Duc. — Tome Ier. — Architecture monastique.

Page 1