Dom Jean Huynes (Histoire générale, etc
tablit les Religieux que les barbares avaient dispersés et leur assura une constante protection.
Cependant « la prospérité ne fut pas moins funeste aux clercs du Mont Saint-Michel que les épreuves du siècle précédent. La négligence et la paresse s'introduisirent dans la petite communauté (1). » Richard-sans-Peur, — fds de Guillaume-Longue-Ëpée et petit-fils de Rollon, qui gouvernait la Normandie, — dut employer la force pour déposséder les moines indignes. Il les remplaça, en 966, par des moines bénédictins, lesquels du Mont-Gassin, où vers 529 saint Benoît avait établi leur premier couvent, s'étaient répandus dans toute l'Europe et étaient devenus les plus justement célèbres des Religieux de ce temps. « Arrivez en ce Mont ils montèrent au haut, louans Dieu et chantans des hymnes et cantiques eu riionneur de S1 Michel, et ayans continué leurs prières quelque temps dans l'Eglise, les Evesques et le Duc mirent les Religieux, qui estoient trente, en possession de ce lieu et establirent l'un d'iceux nommé Mainard pour Abbé (1er Abbé du Mont 966-991), homme fort grave et de saincte vie, lequel depuis Tan neuf cens soixante jusques en cette année neuf cens soixante-six s'ostoit occupé à réédifier le monastère de S* Wandrille
qui avoit esté ruiné par les guerres Ainsy commença
en ce Mont l'observance de la Règle de S* Benoist »
1. Histoire du Mont Saint- Michel , etc., publiée par la rédaction des Annales du Mont Saint-Michel. 1876.
« Du temps de Mainard, second Abbé de ce monastère (991-1009), le feu ayant pris denuict, es maisons d'aucuns habitans de ce Mont, les flammes passèrent jusques dans cette Abbaye et la réduisirent en cendres Cet incendie estant passé, l'Abbé et les Religieux, supportans d'un grand courage cet infortune, s'employèrent à nettoyer la place et à faire construire des logements et une église selon leur petit pouvoir, Richard, second Duc de Normandie, les aydant de ses richesses (1). »
Richard II, duc de Normandie, fds de Richard-sans-Peur, fonda en 1020 l'église dont il reste encore aujourd'hui les transsepts et quatre travées de la nef (2).
Hildebert II, quatrième Abbé du Mont (1017-1023), « fut chargé par Richard du détail des travaux ; il s'oc- « cupa particulièrement des fondations et des ouvrages sou- « terrains (3). »
La grande œuvre, conçue par Hildebert et commencée par lui, fut, après sa mort (1023), continuée par ses successeurs, les Abbés Almod, Théodoric et Suppo.