A l'exception de Calais, qu'ils gardèrent jusqu'en
tombé en ruine, non pas comme auparavant, mais si superbement et avec tant d'artifice que, si on eût voulu continuer à faire bastir le reste de l'église de mesme façon, on n'en eût pu voir en France une plus belle pour la structure ; et cela se faisoit si diligemment que bien tost on en espéroit la fin. Ce qui eût esté si on n'eût discontinué ces ouvrages vers l'an mil quatre cens cinquante deux (1), lorsque ces dix piliers qu'on voit autour du grand autel estoient déjà eslevez jusques à la hauteur du circuit et des chapelles qui sont autour, lesquelles, comme aussy le circuit, furent achevées et couvertes de plomb en ce temps-là comme on le voit maintenant, et pareillement le dessus des piliers et arcs-boutants imparfaicts et la voûte qui est dessus le grand autel (2) à ce que la pluye n'y fit aucun tort. Cependant il y avoit une muraille, où est maintenant la grille de fer entre le grand autel et les chaires, laquelle estoit continuée jusque au haut et on se servoit du reste de l'église pour célébrer le service divin et rendre ses vœux au glorieux Arcange saint Michel.
i. En 1452, le Cardinal d'Estouteville, ayant renoncé à rebâtir toute l'église sur le môme plan que le chœur commencé, fit faire les deux arcades joignant les piles du clocher central dans une forme différente des autres, c'est-à-dire qu'au lieu d'arcs en ogive, il fit des arcs-boutants, afin d'arrêter la ruine complète de deux des piliers des arcs triomphaux que la chute du chœur roman, en 1421 , avait déversés etdéformés tels qu'ils existent encore aujourd'hui.