Nef. — Charpente apparente (Restauration
cependant les détails de la structure de la partie supérieure de la Nef, où aboutissent les colonnes dont on retrouve encore les tronçons calcinés sous la voûte moderne, permettent, sinon de donner exactement la forme primitive de la couverture, tout au moins de la reconstruire selon les données archéologiques. La figure 26 indique, en coupe transversale, la charpente apparente restaurée.
Les fouilles, qui furent pratiquées en 1875 sous la grande plate-forme et à l'entrée actuelle de la Nef, ont fait découvrir dans le bas-côté nord (en M du plan, fig. 21) les passages et les ruines de l'escalier descendant de la Nef au Charnier, ou Cimetière des Religieux. Un passage et un escalier plus larges existent également au sud, longeant la chapelle Saint-Ëtienne (voir le plan, fig. 16). Les communications entre l'église haute et les souterrains ont été interceptées par la construction de la façade actuelle de la nef réduite à quatre travées. Il serait possible de les rétablir si la restauration générale de l'Abbaye était entreprise, ce qu'il est permis d'espérer.
A l'intersection de la Nef et des Transsepts s'élèvent les piliers triomphaux construits en 1058 par Radulphe de Beaumont, lesquels soutenaient le clocher, réédifié plusieurs fois depuis les premières années du xne siècle, complètement détruit à la fin du xvi° siècle et remplacé, malheureusement, en 1602 par le massif pavillon carré qui existe encore aujourd'hui. De ces quatre piliers, deux
sont restés à peu près droits, ainsi que les arcs doubleaux qui les relient; mais les deux piliers joigoant le chœur ont beaucoup souffert de l'écroulement de 1421. Ils sont disloqués, déversés et n'ont pu être maintenus que par la construction du chœur du xve siècle, dont les arcs de la première travée sont venus les arc-bouter.
Les Transsepts et leurs chapelles basses ont conservé les dispositions anciennes, sauf pourtant la charpente apparente supérieure, remplacée par une voûte enduite sans caractère, et la façade du transsept nord, laquelle a été modifiée au xme siècle par la construction du Cloître (Merveille). La grande verrière septentrionale, divisée par de larges meneaux, a remplacé les fenêtres romanes, qui existent encore dans les faces sud et ouest du transsept sud.
Les chapelles semi-circulaires, pratiquées dans le côté est des transsepts, ont été bouchées; il serait facile de leur rendre, intérieurement, l'aspect roman qu'elles ont en grande partie, et principalement au sud, conservé extérieurement.
Le Chœur roman a complètement disparu après l'écroulement de 1421. Il devait se terminer par une abside circulaire voûtée en cul-de-four ; ses bas-côtés et son vaisseau central étaient sans nul doute voûtés et couverts par une charpente apparente comme celle de la nef. Sauf la tradition, il ne nous est resté aucun vestige de sa forme originelle ; toutefois son analogie avec l'Église abbatiale de Cerisy-la-Forêt , construite en même temps et sous les
mêmes auspices, ainsi que les dispositions identiques de ces deux édifices, bien que leurs proportions soient différentes, fournissent des- indications à l'aide desquelles on peut, dans un but purement spéculatif d'ailleurs, essayer de reconstituer ce Chœur (voir fg. 20).
• CHŒUR
XV* ET XVIe SIÈCLES
Le Chœur actuel s'éleva de 1450 à 1521 (1) sur l'emplacement agrandi du Chœur roman ruiné, en 1421. Bien qu'il soit bâti tout en' granit fort dur, ainsi que les autres bâtiments du Mont, il est très-délicatemènt ouvragé et il présente un très-bel exemple des édifices construits pendant les derniers temps de l'architecture ogivale. Par son plan, ses proportions et son style, ce Chœur diffère absolument de la Nef et des Transsepts romans.' Ainsi que le dit Dom Jean Huynes(2), on voulait, au xve siècle, re-' bâtir entièrement l'Église selon la même ordonnée que le Chœur nouveau; ce projet a reçu un commencement d'exécutioû, et les intentions des constructeurs clu Chœur sont nettement accusées. Cette préméditation est très-marquée dans l'ensemble de ces constructions, et notamment