Ms. 18947. Bibl. Nat
tère Le roy de France Philippe second, qui lors conquit cette province sur Jean sans Terre, roy des Auglois, fut fort marry de cet incendie et, pour réparer la faute de Guy de Touars, il envoya une grande somme de deniers à cet Abbé Jourdain qui, sous la faveur du dit roy, fit recouvrir L'Église et les bastimeus du Monastère lesquels il ne put faire parachever, la mort se venant saisir de luy l'an mil deux cens douze le sixiesme jour d'aoust ».
Le texte latin cité (en note) par le même auteur (1) est plus explicite et constate les travaux considérables commencés par Jourdain : « Le 6 août 1212 mourut Jourdain, Abbé du Mont; son corps fut enterré à Tombelaine (ou Tombelene). De son temps, l'Église fut brûlée par les Bretons ; c'est lui qui en refit la toiture et consacra à la construction de la Tour et du Réfectoire, du Dortoir et du Cellier, les deniers qu'il devait à la libéralité de Philippe, roi de France, qui, à cette époque, chassa les Anglais de la Normandie. »
Selon Dom Mabillon, le Monastère fut reconstruit après l'incendie allumé parles Bretons (2).
\. Dom Jean Huynes (Histoire générale, etc.).
« 1212. Die sexta augusti obiit Jorclanus abbas Montis et sepultus fait apud Tumbam Helenes. Tempore ipsius combuslafuit ecclesia a Britannis et ab ipso reœdi/icata in tectura, turri et refectorio, dormitorio et celario liberalitate Philippi régis Francorum qui tune Anglos expulit. »
(2) « Monasterium, post incendium Britannicum, restruxerat. (D. Mabillon. Tome IV. Ami. Bened.)
142 DESCRIt>TION. — MERVEILLE
L'incendie allumé- par' Guy de Touars en 1203 détruisit les toitures de l'Église* ne laissant debout que les murs et les parties voûtées; Les bâtiments, ainsi que les galeries voûtées de l'Aquilon et du Promenoir ou Cloître, élevés par Roger II nu- commencement du siècle précédent, furent seuls préservés ; le reste des bâtiments abbatiaux, qui s'étendaient alors au nord de l'Église (1), fut détruit, sauf les murs. .Jourdain, riche des libéralités de Philippe-Auguste, les reconstruisit en suivant les traditions bénédictines,' mais sur un plan beaucoup plus grand, et, si l'on en croit la légende, pour la satisfaction de ses goûts fastueux, ce qui. ne saurait lui être reproché, en admettant l'exactitude du fait, puisqu'ils ont produit un magnifique ouvrage qui fait' encore l'admiration des temps modernes.
La figure 53 reproduit la vue d'ensemble de la face nord du Mont Saint-Michel ; elle, montre : la façade septentrionale de la Merveille et ses chemins de ronde au pied (2); à droite du dessin s'étendent les constructions de Roger II et de Robert de Torigni ; au-dessus, l'Église avec sa Nef romane réduite à quatre travées, son lourd clocher moderne et son Chœur du xve siècle ; à gauche, sur les escarpements du rocher, les remparts, au-dessus desquels se voient l'entrée de l'Abbaye et quelques maisons de la ville; au bas du rocher, la chapelle Saint- Aubert ; vers le milieu, les ruines de la Tour fortifiée qui