‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 94 sur 195 · Voir la coupe, fig · texte numérisé non relu

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tant des arcatures courantes, surmontées d'une corniche saillante, sur laquelle venaient s'appuyer les fermes apparentes et le berceau lambrissé. A l'est, deux grandes fenêtres, d'où la vue est magnifique, éclairaient et ornaient l'extrémité orientale du Dortoir. Dans l'angle sud-est, une porte étroite donne accès à l'escalier en vis (contenu dans la Tour des Gorbins) qui, partant du porche précédant rAumônerie, arrive au Dortoir après avoir desservi le Châtelet, ainsi qu'à la galerie supérieure du comble, au sud, et se termine par une élégante pyramide octogonale couronnant ladite Tour des Corbins.

A l'ouest, la porte principale du Dortoir s'ouvre sur la galerie est du Cloître ; une autre porte latérale s'ouvre du même côté et conduit à l'Église, par la galerie sud du Cloître longeant le transsept nord. Vers l'angle sud-ouest, une porte fait communiquer le Dortoir avec la bibliothèque, adjacente au sud, et avec le Cloître, par la petite porte de l'ouest. Dans l'angle opposé, au nord-ouest, débouche l'escalier en vis (ménagé dans l'épaisseur du contre-fort, au point de jonction des deux bâtiments de la Merveille) lequel, ayant son point de départ dans rAumônerie, monte à la Salle des Chevaliers, au Dortoir, et aboutit, au-dessus, au crénelage du nord, dont on voit les amorces sur un des côtés de la Tourelle couronnant l'escalier.

Dans la face sud, à peu près au milieu, se trouve une grande niche, comprenant deux arcatures, prévue et bâtie

dès l'origine, ainsi que le prouvent tous les détails de la construction. C'était là que se plaçaient les lampes, formées par des trous creusés dans une pierre et disposées de façon à recevoir une mèche, ou bien une boule de cire (pourvue également d'une mèche) dont le déchet permettait d'apprécier, à l'estime, l'heure qu'il était; ou, enfin, tout autre luminaire qui, selon la règle de Saint- Benoît, devait brûler toute la nuit dans le Dortoir : « Canada j agiter in eaclem cella ardeat usque mane (1). » Suivant cette même règle, les moines devaient coucher seuls et tout vêtus — vestiti dormiant (2) sur des lits séparés, et autant que possible, dans une même salle : Monachi singali per singula lecta dormiant, si potest fieri, omnes in uno loco dormiant (3). » Aussi les dispositions prises par les premiers constructeurs déterminentelles très-nettement que le Dortoir fut, au xme siècle, établi selon les usages réguliers des Bénédictins. A cette époque, « en général, les Dortoirs n'étaient pas plafonnés (ou voûtés) et la Charpente était apparente (4). »

Au xve siècle, contrairement à l'ancienne règle, le Dortoir fut divisé en cellules, suivant les ordres que Pierre Le Roy, avant son départ pour ses longs voyages, donna au Prieur claustral de l'Abbaye, Dom Nicolas de Vandastin.

1. « Le mot candelcv signifie ici tout luminaire, et non chandelle. » Architecture monastique, 3mo partie, par M. Albert Lenoir.

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