DESCRIPTION. — DORTOIR
reusement les nouveaux habitants du Mont Saint-Michel mutilèrent le Dortoir. En 1620 on divisa en deux, dans la hauteur, celte magnifique Salle, en établissant de nouvelles cellules et, sous prétexte de les mieux éclairer, on élargit les ébrasements intérieurs des fenêtres, en sapant les colonnettes qui les encadraient et les arcatures qui les couronnent.
La transformation de l'Abbaye en prison, profanant l'Église et les Lieux Réguliers, augmenta les mutilations ruineuses. Comme les autres salles du monastère indignement habitées, le Dortoir fut divisé en deux étages de chambres pour les prisonniers, et surmonté d'un grenier; sur la face nord, on construisit des latrines immondes qui, heureusement, tombent en ruines. La toiture actuelle est moderne ; on voit au-dessus du formeret dont nous parlons plus haut, sur la face interne du pignon ouest, les filets saillants destinés à empêcher l'infiltration des eaux pluviales entre le mur et la couverture; ils déterminent sûrement la forme primitive du pignon et du comble anciens.
Les Salles de la Merveille, sauf le Cellier et les galeries intérieures du Cloître, devaient être pavées en carreaux de terre cuite, coloriée et émaillée, dont nous avons recueilli des débris dans les fouilles qui ont été faites sur divers points de l'Abbaye.
Le comble du Dortoir était couvert en tuiles vernissées, jaunes et noires ; nous avons également trouvé quelques morceaux de ces tuiles dans les ruines du degré descendant à la fontaine Saint-Aubert.