‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 99 sur 195 · Cloître. — Plan de l'angle nord-est · texte numérisé non relu

Cloître. — Plan de l'angle nord-est

Des archivoltes en tiers-point portent sur les colonnettes de A en B, de B en C, à l'extérieur, de D en E, de E en F, à l'intérieur, etc. ; les triangles entre les archivoltes et les arcs diagonaux sont remplis comme des triangles de voûtes ordinaires. Il est évident que ce système de colonnettes posées en herse est plus capable de résister à la poussée

et au mouvement d'une charpente que le mode de colonnes jumelles, caries arcs-diagonaux AD, AE, EB, etc., opposent une double résistance à ces poussées, êtresillonnent la construction et rendent les deux, rangs de colonnettes solidaires. D'ailleurs, il n'est pas besoin de dire qu'un poids .reposant sur trois pieds est plus stable que s'il repose sur deux ou sur quatre. Or, la galerie du cloître de l'Abbaye du Mont Saint-Michel n'est qu'une suite de

Jrépieds Les profils .de l'ornementation rappellent la

véritable architecture normande du xme siècle. Les chapiteaux, suivant la méthode anglo-normande, sont simplement tournés,- sans feuillage ni crochets autour de la corbeille ;• seuls, les chapiteaux de l'arcature adossée à la muraille, sont ornés de crochets bâtards. Les écoinçons entre les archivoltes de l'intérieur des galeries présentent de belles rosaces sculptées en creux, des figures, l'agneau surmonté d'un dais ; puis, au-dessus des arcs, une frise d'enroulenieits ou de petites rosaces' d'un beau travail. Entre les naissances des arcs diagonaux des petites voûtes sont sculptés des crochets. Ce Cloître était complètement peint, du moins à l'intérieur et dans les deux rangs de colonneltes Les galeries ont. été couvertes primitivement par une charpente lambrissée » (Voir la fig. 69).

MERVEII^E. — CROITRE

69. — Coupe transversale des galeries sur O-P, pg. 68. — Restauration.

Dans la galerie sud, sur le côté, longeant le Transsept

nord (fig. 70), dont la façade a été reconstruite par Raoul de Villedieu en même temps que le Cloître, se trouve le Lavatorium.

« C'est à cette fontaine, nommée Lavatoriu m, qu'ils (les moines) devaient se laver les pieds à l'époque de certaines cérémonies : Omnes debent îavare pedes inclaustro. » Elle servait en outré à laver les corps des frères qui avaient cessé de vivre; pendant cette opération, tous les religieux se rangeaient autour (ou au devant) du lavatorium, dans le même ordre qu'au chœur, pour y réciter ;des prières. Règle de Saint-Benoît » (1).

Le Lavatorium se trouvait ordinairement 'dans le voisinage du Réfectoire, celui-ci joignant le cloître ; mais au Mont Saint-Michel, où la déclivité» de la montagne ne permettait pas d'étendre les bâtiments .en les faisant communiquer à niveau l'un de l'autre, il a fallu, superposer les Salles et changer les dispositions habituelles deslieux Réguliers Bénédictins.

Au lieu d'être placé, selon la coutume, soit dans l'un des angles du préau, soit dans l'une des façades du Goitre, le Lavatorium fut. au Mont Saint-Michel, établi autant que possible à proximité du Réfectoire, dans la galerie sud du cloître, sur la face extérieure du Transsept nord de l'Église ; la base de cette façade forme deux travées, reliées aux contreforts saillants par des arcatures en pendentifs arrondis.

1. Architecture monastique. — 3e partie, par M. Albert Lenoir.

Le Laiïtttorimn se compose dans chaque travée (G et C) d'un double banc, dont le plus élevé servait de siège. Chaque double banc peut contenir six places,1 soit pour les deux, douze sièges , disposés intentionnellement, sans nul doute, en souvenir des douze Apôtres (fig. 70). ■

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