SANTA-MARIA. — ROCHES TULLOCH
excepté le petit hunier, il monta lui-même sur les barres de petit perroquet et pilota son navire heureusement, en loffant et en arrivant suivant qu'il le jugea nécessaire.
Le capitaine Tulloch compta distinctement 21 têtes de roche sur lesquelles il ne paraissait pas y avoir beaucoup d’eau et deux d’entre elles se montraient de temps en temps dans le creux des lames. Il pensa que leur étendue ne dépassait pas 1 mille du N. auS., et elle lui parut moindre encore de l'E, à l’O.; elles gisaient E. N. E. du compas de la plus haute roche Das-Formigas, alors en vue et distante d'environ 10 milles".
Ces roches paraissaient très-noires sous l’eau.
Les brisants des roches Tulloch ont été vus plusieurs fois depuis 1808, entre autres par le Ayrshire, allant de la Clyde à Démérary. M. Fergusson, second de ce navire, a donné leur position à environ 9 milles E. N.E. du compas Das-Formigas.
Le capitaine J. Handerson, du navire Fortescue, venant de Maurice à Londres, vit les roches Tulloch le {7 avril 1829. Les brisants furent observés sur une étendue de ‘} mille de l'E. à l'Ouest. La grande Formiga et ces brisants, l’une par les autres, restaient O. S. O.du compas ; la première, à 12 milles ; les seconds, à 2 milles de distance. Plusieurs têtes paraissaient près de la surface de la mer ; un vent d’O. et une très-grosse mer de fond empêchèrent de sonder.
Tels sont les principaux faits recueillis par Purdy relativement à ce danger ; puis, il ajoute : Cependant, malgré tout ce qui est avancé relativement à l'existence de ce danger, il n’a pas été trouvé par le capitaine Wilkes, en 1838, comme l'indique l'extrait suivant de son ouvrage.c Dans la nuit du {3 septembre, aussiLôt après avoir passé l'extrémité Nord de l'ile San-Miguel, nous gouvernàmes dans le motif d'examiner de jour la position des roches Tulloch; nous passâmes environ à 1 mille { de la position indiquée, mais ne vimes rien, bien que la mer fût suffisamment grosse pour briser avec force sur cet écueil dans le cas où il eût existé 2?
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1 La déclinaison de l'aiguille était, en 1806, de 25° N. O. à San-Miguel. 2 Le commandant Marryat, de la marine royale d'Angleterre, commandant l'Ariadne, les a, en 1829, cherchées aussi vainement à la position indiquée.
Vigies et dangers signalés dans les environs des AÇores.
Banc Kutusof.
DLatiN. 31951 01 Long.0.31° 0°32”,
Aussitôt que Las-Formigas et le banc sur lequel elleS sont assises fut levé, Le capitaine Vidal dirigea ses investigations sur les roches Tulloch, Nous n’indiquerons pas ici la recherche consciencieuse de cet hydrographe distingué, recherche faite avec tout le soin possible, du 20 au 29 août, sans succès, et qu'il termine par l’observation suivante :
« Nous exprimerons, dit-il, notre opinion sur ce danger, comme précédemment sur la roche Aïtkin qui paraissait signalée par des documents tout aussi authentiques. II nous semble n'être très-probablement qu'une baleine. Mais en considérant la difficulté de découvrir de petites roches sous la surface de l'Océan, nous n’osons affirmer que les roches Tulloch n'existent pas; seulement, nous avons une opinion bien établie, c’est qu’on ne les trouvera pas à la position qu’on leur a assignée.
« Avant de quitter ce sujet, ajoute-il, nous prions les officiers de la marine, à quelque nation qu’ils appartiennent, de considérer l'importance du service qu'ils rendront à la société en général, à leur propre profession en particulier, lorsqu'illeur arrivera de rencontrer des dangers semblables à ceux dont nous avons donné la description, s’ils se donnent plus de peine pour en faire la vérification et déterminer leur nature ainsi que leur position.
« La non-vérification de pareils dangers, quand on peut la faire, nous semble un oubli du devoir, une faute grave envers l'humanité. »
Nous sommes, à cet égard, tout à fait de l’opinion du capitaine Vidal. |
Un grand nombre de dangers ont été signalés dans les environs des Açores. Notre opinion personnelle est que beaucoup d’entre eux sont pour le moins douteux, et même n'existent pas. Sans les discuter par suite autrement, nous nous bornerons à les signaler ici aux navigateurs, en rappelant la phrase précédente du capitaine Vidal.
Ce banc fut découvert par les officiers de la marine royale russe, Kafenmeister et Gonandin, qui commandaient les frégates de la compagnie russe-américaine la Kutusoff et la Swaroff. Ils se rendaient d'Europe à la côte N. O. d'Amérique.
Étant au S. des Acores, en novembre 1816, ils remarquérent
un changement prononcé dans la couleur de la mer et quelques remous.
La Kutlusoff sonda par 119 mètres, fond de roche et sable jaune, et successivement elle obtint 119, 110, 127 mètres, puis, sur l’accore, 127 mètres. La Swaroff, qui était à 2 milles dans le S. E. obtint 119 mètres de fond. L'opinion des officiers est que ce banc se prolonge sur une étendue de plus de 10 milles de l'E. à l'O., et bien qu'ils n'aient aperçu aucune tête de roche ou brisant, ils pensent qu'il y existe quelques roches à fleur d’eau dans la partie orientale. Ils fixèrent son extrémité de l'O. ainsi qu'il est indiqué.
Le capitaine Livingston, en 1819, venant de la Havane à Barcelone, passa sur un banc qui lui fut signalé par un changement prononcé de la couleur de la mer, et bien qu’il ne pût décider le capitaine du navire où il se trouvait en ce moment à sonder, il fut convaincu que ce banc avait beaucoup de fond et une grande étendue, puisque le navire mit quelques heures à le traverser. Sa situation déduite des observations méridiennes de deux jours, et d'observations lunaires antérieures et postérieures, était de 35° 53' de latitude N. et de 29° 34° 15" 0. On pourrait penser que ce banc n’est qu'un prolongement de celui de Kutusoff, dont l'existence paraît certaine, d'après ce qui précède.
Vigie douteuse, vue le 26 août 1804, par Vicente de Voz, à 9 heures !/, du matin. Cette vigie lui parut comme un canot à a distance de 4 milles. La mer brisait tout autour sur une largeur de 2 milles ‘2, et, dans cet espace, l’eau paraissait décolorée. Sa position fut déterminée par l'observation de la Jautude et par des relèvements sur l'ile Graciosa, en vue de laquelle on se trouva, peu après l'avoir passée. Le vent et la mer ne permirent pas de sonder.
Vigie douteuse, vue par le capitaine de ce nom; élevée, dit-il, au-dessus de l’eau, de 0* 86. Le capitaine Moreno ne trouva pas de fond par 221 mètres, en sondant dans le S. de cette vigie. Elle est de 1774.
Vigie douteuse, qu'on croit être un banc de glace, vue par le capitaine Caudler, qui lui donne une teinte blanche et une élévation de 30 mètres. Elle est de 1798.
Vigie Cazador.
Lat. N. 39°24° 07% Long.0.29° 34 0”.
Vigie Moreno. Lat. N. 392430”.
Long.0.,35°,35'0".
Vigie Canudler, Lat.N. 39° 47’ 0”.
Long.0.36° 490”.
Vigie Robscu,.
Lat. N 38°21°0”.
{ong.0. 329 2910”.
Roche de Jean-I[amon.
Lat: N° 379 14.07;
Long.0.22° 270",
roche la Baleine.
Lat.N. 38° 36° 0”.
Long.0.27° 30° 0”.
Banc du Malabar, appelé aussi banc des Caravelles ou de la Baleine 1.
Lat.N. 38° 57 0”.
Long.0. 28°12'0”.
Vigle des Açores, Lat. N. 38° 140”.
Long.0.36° 15'0”.
Vigie douteuse, vue en 1833 par Robson, qui la place par la latitude N. 38° 21’, et la longitude O. de 24° 34, Revue en 1840 par le capitaine Mariano Fereira, capitaine du brig brésilien Constante, qui la signale à la position adoptée ici, et dit que ce sont des roches à fleur d’eau, sur lesquelles brise la mer. Nous adoptons la position parce qu'il a déterminé, dit-il, sa longitude par les chronomètres.
La roche de Jean-Hamon fut vue en 1733 par le capitaine de ce nom, commandant le navire les Trois-Amis, de Bordeaux. I dit s’en être approché à 2 milles environ et l'avoir observée avec soin; il n’en fait pas la description. Elle est douteuse.
Jose Seguras, capitaine du navire espagnol Carmen, allant à Terceira, vit, en 1816, une vigie pour la position de laquelle il donne, latitude N. 37° 18’. IL n'indique pas de longitude; mais on à cru devoir rattacher cette vigie à l’autre, par suite du rapport entre les latitudes. Nous les croyons fort douteuses l’une ét l’autre.
La roche la Baleine est une vigie douteuse, située dans l'E. de l'ile de San-Miguel. On la dit à fleur d’eau; la mer y brise fortement. Beaucoup de navigateurs prétendent l'avoir vue; cependant, le capitaine Bartholomew, de la marine royale d'Angleterre, n’a pu la retrouver à la position qu’on lui assignait. La position de cette vigie est donnée par M. de Fleurieu : latitude N., 38° 46’, et longitude O., 27° 20".
Le banc du Malabar est fort douteux. Le capitaine Sartorius, du navire de ce nom, crut toucher sur un banc qu'il place par ses observations à la position indiquée.
Il n'éprouva pas de choc répété et l’eau n'était nullement décolorée; le navire filait 8 nœuds : 1l sonda sans avoir de fond par 306 mètres. Le capitaine Sartorius, sans rien affirmer, pense que c’est un haut-fond ou que la secousse ressentie par son navire a été le résultat d’un tremblement de terre.
La vigie des Açores est fort douteuse; elle a été signalée dans le S. O. des îles Flores et Corvo, et plusieurs positions lui ont été assignées. Les Espagnols la placent par 37° 56! de