‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 7 sur 95 · SUR LES FINANCES DE L'ÉGYPTE · texte numérisé non relu

SUR LES FINANCES DE L'ÉGYPTE

§. I. Du mal el-hourr.

La totalité des impôts qui furent établis sur les terres , est comprise sous la dénomination de mal elhourr (droit pur). Son produit , perçu par le moultezim , est affecté,

i°. Au paiement du myry ,

2°. A celui du kouchoufyeh,

5°. A celui du fâyz.

Le moultezim paj'e le myry au sultan , le kouchou^ fyeh au bey ou kâchef gouverneur de la province j le fâyz est son revenu net.

Nous donnerons l'état des sommes imposées sur les provinces de l'Égypte sous ces trois différens titres , à l'époque de l'arrivée de l'armée française. On verra dans le compte de M. Estève les moyens qu'il a dû employer pour l'obtenir.

Voici celui du myry:

Le myry est le tribut que s'est réserve le sultan : celui qu'il perçoit sur les terres ne s'élevait originairement qu a 70898598 médins;mais, les sultans Ahmed, Mohammed et Moustafà l'ayant successivement augmenté de 7412893, il est arrivé au total que nous avons énoncé. Sa répartition actuelle est la même que celle <jui fut faite par Selym ou Solymân. Soit vice dans le travail, soit détérioration ou amélioration des terres, elle est très-vicieuse : dans la plupart des provinces , on voit des territoires étendus et fertiles moins imposés que d autres qui n'ont pas les mêmes avantages.

La somme de 652891 médins, mentionnée sous le titre de kourekgy , n'entrait pas autrefois dans le trésor public : elle faisait néanmoins partie du mal el-hourr; un effendy la recevait directement des moukezim, et l'employait au transport et aux travaux nécessaires pour que les décombres du Kaire fussent conduits aux embouchures du Nil et jelés dans la mer. Le rouznâmgy surveillait la gestion et recevait les comptes de cet effendy. Les gens eu place ayant détourné l'emploi de ce fonds depuis environ un siècle, la Porte ordonna qu'il serait versé dans son trésor : la cessation de la dépense à laquelle il devait pourvoir, a produit, dans les environs du Kaire, des collines factices d'où s'élèvent continuellement des exhalaisons et une poussière désagréables et malsaines.

Le tezâker tchâouchyeh fut établi par le sultan pour fournir un supplément de paye aux membres de logâq tchâouchyeh, chargé d'assurer la levée du myry. Il était perçu directement par les officiers de ce corps 3

mais, dans les derniers temps, les moultezim en ayant refusé le paiement, le pâchâ vint au secours de cet ogâq, devenu trop faible pour l'exiger, en ordonnant par un firraan que ce droit serait perçu comme faisant partie du myry, et qu'il aurait la destination prescrite par le règlement.

Nous distinguerons le kouchoufyeh établi par Solymân, et faisant conséquemment partie du mâl el-hourr, d'avec le nouveau kouchoufyeh survenu depuis ce prince.

L'état ci-après fera connaître le produit de l'un et de l'autre.

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