‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 1 sur 122 · Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos · texte numérisé non relu

Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos

J'ai eu l'honneur de présenter, il y a deux ans, à l’Institut un double Mémoire, qui contenait le résultat de mes recherches et de mes explorations personnelles dans les îles de Patmos et de Samos. Encouragé par lindulgent accueil que ce travail a rencontré alors parmi les membres de la commission chargée de l’examiner et par le rapport bienveillant de M. Guigniaut,

président de cette commission, je profite aujourd’hui

de quelques loisirs qui me sont faits pour le publier.

Des deux îles sur lesquelles je vais atürer l’attention du lecteur, l’une, celle de Patmos, n’est guère, je l'avoue, qu’un rocher presque stérile, dont l’histoire parle à peine, et qui est comme perdu au milieu de la Méditerranée. Cependant, un grand souvenir s’y est jadis attaché, et l’île de l’Apocalypse, immortalisée par l'exil de saint Jean, a pour toujours associé à son nom celui de cet évangéliste. Elle a en outre, au moyen âge, vu naître et grandir l’un des monastères les plus vénérés

encore de l’Archipel. À ces deux titres, cette petite île, peu visitée et peu connue, m'a semblé digne de l'être davantage et d’être décrite avec quelques détails. Quant à celle de Samos, elle a, dès les temps les plus reculés, fixé sur elle les regards de l’histoire et acquis, dans l'antiquité, une renommée éclatante et un rang éminent entre toutes les îles de la Grèce. La beauté de sa capitale, la magnificence et la grandeur des monuments dont elle était ornée, et surtout la puissance de sa marine, l'avaient élevée un moment si haut qu’elle

était presque devenue la rivale d'Athènes ; et Périclès,

jaloux de sa prospérité, n'eut pas trop de tout son génie militaire et des forces considérables dont 1l disposait pour lui arracher, après une longue lutte, la suprématie maritime à laquelle elle aspirait.

De nos jours, elle a joué également, dans la guerre de l'indépendance, un rôle important et glorieux, et elle a su, pendant plusieurs années, opposer une énergique résistance aux flottes et aux armées de. la Turquie. Le courage de ses belliqueux habitants lui a valu alors, sinon l'émancipation, du moins de nombreux priviléges qu'aucune autre ile soumise aux Turcs ne possède au même degré.

n’en faudrait pas tant pour lui mériter l'honneur d'être étudiée et explorée avec soin. Toutefois, on peut dire que, jusqu’aujourd’hui, elle a été rarement et très-incomplétement parcourue par les voyageurs. Comme j'ai moi-même séjourné deux mois environ dans celte île et un autre dans celle de Patmos, j'ai pu les visiter avec attention toutes les deux et en don-

PRÉFACE. ui ner une description plus complète et plus exacte que celles qui avaient paru jusqu'à présent.

Si les circonslances me le permettent, j'ai l’intention de publier une étude semblable sur d’autres points de ce même Archipel, si souvent sillonné maintenant

par les navires de l'Occident, et cependant si impar-

faitement connu encore, du moins en ce qui concerne l’intérieur de la plupart des nombreuses îles dont il est semé.

Paris, ce 43 décembre 1855.

DE

Page 1