‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 20 sur 122 · Joannes Kameniates, de Excidio Thessalonicæ, ch, Lxvu · texte numérisé non relu

Joannes Kameniates, de Excidio Thessalonicæ, ch, Lxvu

qu’elle n'avait point d'habitants : autrement, ils y auraient nécessairement trouvé des puits et des citernes.

Donc, 184 ans au moins avant l’arrivée de saint Christodule, l’ile de Patmos était déjà déserte. Sa population antique, d’après mes suppositions, était de 45 à 16 mille habitants. Comment et à quelle époque disparut-elle entièrement du sol, c’est ce que l'histoire ne nous apprend point.

Lorsque saint Christodule y aborda avec ses moines, il avait, en outre, amené avec lui, comme nous l’avons vu, une cinquantaine d'ouvriers. Ceux-ci, relégués par lui plus tard avec leurs femmes et leurs enfants dans la partie septentrionale de l’île, y fondèrent un petit village. Ce village fut ensuite abandonné, et les habitants qui le composaient, pour échapper aux ravages des pirates, obtinrent le privilège de s’établir à abri des remparts du monastère. Ils bâtirent donc à l’entour une soixantaine de petites maisons basses et étroites, dont une partie existe encore et qu’ils environnèrent d’un retranchement. Ce mur a été démoli ; mais les cinq portes qu'on y avait pratiquées sont toujours debout. Quand les habitants étaient menacés par l'ennemi, ils se retiraient aussitôt dans cette première, enceinte, et, lorsqu'ils craignaient d'y être forcés, ils se réfugiaient, comme dernier et plus sûr asile, dans l’intérieur du monastère.

Nous avons vu également que deux colonies, rte byzantine et l’autre crétoise, composées de malheureux proscrits qui fuyaient leur patrie, devenue la proie des Turcs, sollicitérent depuis la faveur, la première en

1843, et la seconde en 1669, de se fixer à Patmos non loin du monastère. TE fut l’origine de la ville. actuelle.

Sa tenté est celle d’une ellipse dont le centre est occupé par le couvent. Elle était divisée en trois quartiers qui sont maintenant confondus.

4°-Le quartier primitif, pauvre el misérable, avec de chétives maisons qui n'ont qu’un rez-de-chaussée. Ce quartier, habité par les premiers colons, tous ouvriers et mercenaires, formait une sorte de ceinture autour du monastère. |

2° Le quartier des Byzantins qui fut construit par eux à l'E. du couvent. Des maisons en sont solide= ment bâties avec un rez-de-chaussée et un premier étage.

3 Le quartier des Crétois situé à l'O. du couvent.

Ces trois quartiers, d’abord distincts, sont aujourd’hui réunis, par suite des constructions nouvelles qui ont été faites. Les rues sont très-étroites et mal pavées; quelques-unes sont en pente très-rapide et d’autres en escalier. Des eaux fétides et stagnantes y croupissent souvent, et jJ'attribue en partie à cette malpropreté les fièvres. qui, pendant mon séjour d’un mois dans l’île, ont sévi sur beaucoup d’habitants. On ne voit aucune fontaine, chaque maison à une citerne où se déversent, au moyen d'un conduit, les eaux plu= viales tombant sur les terrasses.

Les églises n’offrent rien de remarquable, à l'ex XCeption de quelques débris de marbres antiques qu’on y

réncontre. J'ai découvert, dans l’une d’elles, un élégant s | e

K2 HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE chapiteau corinthien, et, dans une autre, un chapiteau composite, d'une assez belle exécution.

Un couvent de femmes, fondé en 1602, par un certain Parthenios Pancostas, renferme 40 religiéuses. Les murs en sont découpés en créneaux. | |

L'école mutuelle est fréquentée par cent”"trente enfants. Comme la salle est vaste, elle sert aux élections municipales, lesquelles ont lieu tous les ans. | Auparavant, le quartier des Byzantins, qui était le plus riche, exerçait une sorte de suprématie sur les deux autres, et il s’arrogeait le droit, qui quelquefois lui était disputé, d'imposer à la ville un démarque et des conseillers choisis dans son sein. Actuëllement que les trois quartiers se sont fondus en un seul, par des mariages, tous les citoyens sont convoqués pour élire le conseil municipal. Il se compose d’un démarque ou maire (déuapyos), et de quatre sénateurs (Bovhsurai ), tous nommés pour un an, mais pouvant être réélus indéfiniment. Ce conseil administre tous les intérêts de la ville; il juge en même temps les causes civiles et celles de police correctionnelle. Quant aux causes criminelles proprement dites, elles sont portées devant le pacha de Rhodes.

Les charges de la ville, c’est-à-dire de l’île entière, se montent à 22,000 piastres par an, 46,000 pour le tribut dû à la Turquie, et 6,000 autres pour subvenir aux diflérents frais de la démarchie : mais, en réalité, comme le monastère s’est engagé à payer la moilié du tribut, ces charges se réduisent à 14,000 piastres, ce

DE L'ILE DE PATMOS. sa qui fait, en moyenne, 45 piastres par maison, ou environ 8 francs 60 centimes. | L.

Les revenus de l’île peuvent tré évalués à 600,000 piastres et consistent dans la cultüre du sol, dans [a pêche, et surtout dans l'exportation des bas dé coton et d'ün peù de poterie.

« Les coutumes des habitants ressemblent à celles des autres insulaires de l’Archipel. L’habillement extérieur des hommes est une veste brodée où unie et un large pantalon ture descendant jusqu’au genou. Leur tête est couverte soit du fès, soit du haut bonnet grec, quelques-uns seulement ont adopié les véleménts européens. Le costume.des femmes, les jours dé fète, est fort gracieux. À Noël surtout il est d'usage qué tous les parents et amis se rendent visite réciproquement, et c’est alors que les jeunes filles se révélent de ce qu’elles ont de plus riche et de plus éclatant. Celles des primats de File se parent d’étoffes brochées en argént, de: bracelets aux mains, et de superbes colliers autour du cou. eur tête à pour ornement naturel les boucles entrelacées de leurs cheveux, qu’elles arrangent ou en pyramide où en couronne ; elles les enroulent aussi quelquefois avec un foulard, d'une façon fort élégante.

L'ancienne coiffure, consislant en une sorie de Cylindre entouré de crêpe, avec quelques broteriées en fils d'argent, et que les femmes portaient en linchinant un peu en arrière, est maintenant abandonnée par elles, et les plus âgées seules en conservent encore fidèlement l’usage. Sans vouloir m'arrêter longtemps sur ces détails, Je ne puis, cependant, passer sous silence,

ni fraicheur de leur teint, ni l'expression douce: et agréable de leur physionomie. Ce n’est pas que leur visage ait la finesse, ni les délicats contours qu'on admire chez les jeunes femmes de Smyrne, mais il respire un air de réserve et une pudeur “naïve qui charment singulièrement. Je crois que les mœurs doivent être pures et le Hen conjugal trèsrespecté. |

Les mariages se célèbrent, soit dans les églises, soit dans l’intérieur même des maisons.

Dans les funérailles, les morts sont descendus tout habillés dans des caveaux creusés sous le vestibule - ou au milieu de la nef de certaines églises. Au bout d’un an ou de quinze mois, au plus, pour faire place à d’autres cadavres, on les transporte déjà putréfiés dans un caveau commun où ils sont pêle-mêle entassés et : confondus. Le défunt jouit ainsi peu de temps de son sépulcre particulier, et bientôt les enfants même ne peuvent plus reconnaître la place où reposent leurs parents. Parmi les Turcs, il'en est autrement : chez eux, en effet, les morts gardent éternellement la tombe où ils ont été ensevelis, et ce serait un sacrilége que Le déranger une pierre funéraire. | | |

Je me borne à celte courte description de jà ville actuelle de Patmos; il est assez probable .que, dans. l'antiquité, l'emplacement qu'elle occupe n’était point inbabité, car, à l'endroit même où est l’église du monastère s'élevait un temple consacré à -Diane, et je pense qu’autour de ce temple était un village auquel il faut, selon moi, rapporter beaucoup de pierres an-

DE L'ILE DE PATMOS. 85 «tiques, qu'on remarque dans les soubassements du monastère et de quelques maisons.

La seule inscription importante qu'on y ait as | verte est celle qu’on a platée ‘dans la bibliothèque du : monastère, et que j'ai transcrite, après M. Ross. |

On men a montré une autre, mutilée et incomplète Sur une petite. pierre ÈLS neastes dans un mur. Éa voici: | ALTO PR MHTPOANPOY KAIAAYETH TA OPEVANTES 6 reste manque.

biphumèpe Mpadépos A ot à Aéyr Gpépavees.…

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