Pline, loco citato
SUR L'ILE DE SAMOS. . A7$ c'était la fontaine de Mytilini, car il s’imaginait que laqueduc commençait à ce village; mais, comme je le montrerai plus tard, il s’est trompé, et les fouilles que j'ai entreprises près de la fontaine de Saint-Jean m'ont prouvé que c'était cette dernière qui alimentait ce canal célèbre. Appelons-la donc soit Gigartho, soit Leucothea; car il n’y a aucune raison pour choisir l’un plutôt que l’autre de ces deux noms.
La seconde de ces fontaines me paraît devoir être .‘ placée-à Chora qui en a deux fort abondantes. = — Je passe maintenant à l'indication des villes qui existaient autrefois dans l'île de Samos et dont les noms nous ont été conservés. Je ne dis rien, pour le moment, de la capitale, qui va nous occuper dans le chapitre suivant.
— Il est question dans Étienne de Byzance” d’une petite ville nommée Ipnus.
« Îrvoùc, xSprov éy Ziuw, Ev bi epoy Hoac Îrvoivrid oc” Aéyetor dE nai Îrvoucia. »
« Ipnus, bourg de Samos, dans lequel était un temple de Junon Ipnuntide; on l'appelle aussi Ipnusia. »
C’est le seul passage un peu ancien où il soit parlé de ce bourg, et, comme Étienne de Byzance n’en marque pas la place, il est assez difficile de la retrouver maintenant. Toutefois, en me fondant sur l'étymologie probable de ce mot, j'ose hasarder ici une conjecture. Îrvoùs me semble venir de Invoc qui signifie four, fourneau. Actuellement encore, entre Platanos et Néon-
- 4. Étienne de Byzance, au mot Irvoÿc.
Carlovassi est un village nommé Fourni, à cause de ses fourneaux à poterie. Ne pourrait-on pas supposer que, dans l'antiquité, les Samiens, qui excellaient, comme on le sait, dans l’art de travailler la terre cuite, avaient, pour la même raison, surnommé [pnus un de leurs bourgs où cet art se pratiquait. Cette étymologie et les ruines assez importantes", que j'ai rencontrées près Néon-Carlovassi et dans le voisinage de Fourni, me portent à croire que ces débris appartiennent à la petite ville d'Ipnus. |
Je me demande ce qui a engagé l’anglais Dallaway * à affirmer que Vathy était l’ancienne [pnusia. C'est une assertion qui me semble purement gratuite et que ce voyageur aurait dû au moins prouver, car elle est fort contestable. Les habitants de Vathy, que j'ai consultés, m'ont tous répété qu'ils n'avaient jamais trouvé de dés bris antiques sur l'emplacement qu’ils occupent, et, si autrefois un bourg a été établi près du port de Vathy, ce n’est point dans la position où l’on voit maintenant ni Vathy supérieur ni Vathy inférieur, mais beaucoup plus au N. O., dans l'endroit appelé Malagari.
Le même Étienne de Byzance * nous apprend, d’après lhistorien Samien Duris, qu'il y avait dans cette ile une autre pette ville nommée Gorgyia, avec un temple de Bacchus Gorgyieus. -
Topyvix Tonos y duo, oe Loropei Aoûpic, év ® Atdyucoc lopyvieus Tiuätar.
4. Voyez la description de ces ruines dans le chapitre qui traite du district de Carlovassi.
2. Dallaway, Constantinople ancienne et moderne, t. XI, p. 46. 3. Etienne de Byzance, au mot l'opyute.
Et dans l'Etymologicum Magnum, au mot Tépyvpoe, on lit :
« Tépyvpos 6 AtoYugoc aTo lopyvpas TOTOU The Xouou. »
Que ce lieu s’appelât Gorgyia ou Gorgyra (FopyÜpa, souterrain) où était-il situé ?
Où était situé également le bourg du Dictirion, qui est cité dans le même £tymologicum, sans indication plus précise ?
« AetaTApLOY TÔmos TÂs Zauou ÔTL êv ŒUTG AOnv& duéyoae Thv xepadny Ty Topydvos deuxvydouca rû [eposi, ête auroy aréoteey êmi Thy yopyorouiay" Tapà Thy Jeiiuy oùv AELXTNDLOV. D».
Réduit à ces simples données pour retrouver l’emplacement de ces deux bourgs, je vais indiquer ici les endroits où J'ai rencontré des ruines antiques, qui peuvent être les débris de ces villages, mais qui pourraient aussi, Je l'avoue, appartenir à d’autres petites . villes dont les noms ne nous ont point été transmis par les anciens.
Sans parler dés ruines que j'ai remarquées près de Carlovassi et où J'ai cru voir les restes d'Ipnus ou Ipnusia, j'en ai observé d’autres :
1° Autour du port de Mollah-Ibrahim.
% Près de Palæo-Castro.
3° À Malagari, au N. O. de Vathy.
4° Dans la vallée que domine Vourliotes.
5° À 4 kilomètres au S. O. de Marathro-Cambo, sur le bord de la mer.
6° Au lieu appelé Panagia tou Potamou (Notre-
178 ÉTUDE Dame du fleuve), dans un ravin situé à 3 kilomètres N. O. de Lecca.
7° Près du promontoire Psili-Hammo.
Je dirai plus tard quelques mots de ces différentes ruines, quand j'entreprendrai avec mon lecteur le tour de l'ile. Pour le moment, je me borne à reconnaître qu'il m'est impossible de choisir avec certitude deux de ces divers emplacements comme élant ceux de Gorgyra et de Dictirion, et j'aime mieux laisser la chose indé-— cise, dans la crainte de me tromper.
Telles sont les seules villes anciennes dont les noms nous soient connus, la capitale ou Samos, Ipnus ou Ipnusia, Gorgyia ou Gorgyra et Dictirion. |
Cependant, si nous ouvrons la Géographie de Mélétius à l’article déjà cité, nous y hisons :
To méhar dE oay év adrh Th VAT TOM EVA, ÂTOL To- Alouata Tara” Yrvos, l'iyaproy, Auvihuacos, Topyix, Àocuwpos, Aeuxoéa, Acruralaia rai #Ax. »
Il est difficile d’accumuler plus d'erreurs en trois lignes ; car, parmi ces noms prétendus de villes, nous reconnaissons ceux des deux fontaines signalées par Pline, Gigartho et Leucothea, celui d’un fleuve cité par. Étienne de Byzance, l'Amphilysus, et enfin celui d’une montagne indiquée par le même écrivain, l'Assoron. Observons aussi qu'irvos et MP ou ho.
deviennent Yrvoc el Fopyia. | |
Quant à Astypalæa, ce n’était point une ville distncie, mais un quartier de Samos, ou FAADIE de l’ancienne capitale.