‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 110 sur 116 · Hérodote, 1. III, ch. lx · texte numérisé non relu

Hérodote, 1. III, ch. lx

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« Une montagne, liante de 150 orgyes, a été percée de part en part. Le souterrain commence au pied de la montagne et est à double ouverture. Sa longueur est de 7 stades; sa hauteur ainsi que sa largeur, de 8 pieds. Dans toute son étendue on a creusé un canal large de 3 pieds, et profond de 20 coudées, et par lequel, au moyen de tuyaux, les eaux d'une source abondante sont amenées à la ville de Samos. Celui qui a pratiqué ce souterrain est Eupalinus de Mégare, fils de Naustrophus. »

A peine arrivé dans l'île, je m'informai, auprès des habitants de Chora et de Tigani , de l'endroit où étaient les vestiges de cet ancien aqueduc. Ils m'indiquèrent d'abord plusieurs grandes cavernes dans lesquelles je pénétrai; mais je reconnus aussitôt qu'elles n'étaient pas à double ouverture, qu'elles ne répondaient nullement à la description d'Hérodote, et qu'elles n'avaient jamais pu servir à un canal. Je visitai ainsi les trois ou quatre que renferme le mont Kastro, j'examinai ensuite celLes du mont Katarouga; mais je me convainquis également qu'il ne fallait point y chercher l'aqueduc d'Eupalinus, et que Tournefort s'était trompé en s'imaginant que quelqu'une de ces cavernes, ou plutôt de ces carrières, pouvait bien être la galerie souterraine de cet aqueduc. S'il y était entré, il aurait sur-le-champ reconnu son erreur, et il n'aurait pas supposé que la source qui alimentait

le canal était celle de Mytilini. Je ferai observer aussi l'étrange méprise dans laquelle est tombé ce savant, lorsqu'il prétendait qu'au sortir de l'une de ces ouvertures, l'eau passait sur le pont-aqueduc qui traverse le ravin de Saint-Jean, et dont les ruines attestent une construction romaine et, par conséquent, postérieure de plusieurs siècles au canal décrit par Hérodote.

Trente-sept ans plus tard, Pococko ne fut pas plus heureux que Tournefort pour trouver cet aqueduc.

«La troisième merveille1, dit-il d'après Hérodote, était un canal pratiqué li travers les montagnes. Je n'ai pu savoir où il était; on m'a dit seulement qu'il y avait des grottes qui aboutissaient sous l'ancienne ville; mais je n'en ai trouvé aucune qui m'ait paru destinée à un pareil usage. »

Ghoiseul-Gouffier et Dallaway ne firent aucune recherche à ce sujet.

M. Ross, clans sa lettre écrite de Samos, 26 août 1841, s'exprime ainsi2:

a Je désirais trouver le canal d'Eupalinus qui, d'après mon attente, devait s'ouvrir dans la ville cà la pente de la montagne; mais aucune des ruines que je rencontrai ne me parut être celle d'un tel ouvrage, et les indications de mon guide et des autres habitants de Potokaki, sur ce point, étaient confuses. La plupart voulaient qu'au N. de la montagne, dans la direction de Mytilini , et près d'une chapelle consacrée à Saint- Jean, il y eût l'entrée de ce canal, mais les lois de la

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