‹ Description de la collection des tableaux qui ornent le palais de S.A.R. Mgr. le Prince d'Orange, a Bruxelles (volume 2)Chapitre 39 sur 125 · it t£t)tïst tonnant les clefs à saint pierre · texte numérisé non relu

it t£t)tïst tonnant les clefs à saint pierre

BOIS; nAUTEUR 51 POUCES, LARGEUR 41 £.

Ce tableau représente le Christ qui reparaît parmi ses disciples; il est vêtu d'une draperie blanche dont une partie tombe de l'épaule , et laisse à découvert la poitrine jusqua la plaie. La belle expression de sa physionomie respire la grâce et la miséricorde ; il désigne les deux brebis qui sont à sa gauche, et adresse la parole à S* Pierre, qui baise la main de son maître; celuici lui remet les clefs du Ciel et de l'Enfer, tandis que S* Paul, S* Jean, et S* Jacques, qui sont présents, écoutent ses paroles avec surprise et attention.

Ces cinq figures, vues jusqu'aux genoux, sont réunies en un seul groupe et forment un ensemble admirable. Les vêtements sont largement drapés, chaque physionomie présente le caractère de grandeur que comporte le personnage.

64 PIERRE PAUL RUHEKS.

La noblesse de la pensée , la correction du dessin, l'harmonie des couleurs , tout s y élève au plus haut point de perfection; aussi llubens semble avoir exécuté cet ouvrage avec un soin tout particulier et à l'époque la plus brillante de sa carrière : il le fit pour les héritiers du vicomte d'Amant, chancelier du conseil souverain de Brabant. 11 fut placé sur un petit autel à la droite de l'entrée de la chapelle du St Sacrement de miracle, dans l'église de Ste-Gudule^ l'autel et le tableau devaient servir au monument sépulcral du chancelier, de sa femme et de leur postérité.

La plupart des révolutions sont fatales aux beauxarts 5 les chefs-d'œuvre que possédaient les églises ne furent pas épargnés par la révolution française } nonseuleinent les biens du clergé furent confisqués au profit de la république, mais les Français s'emparèrent de tous les plus beaux objets d'art, dont ils dépouillèrent les monuments publics pour les transférer au Louvre. Les marguillers de Ste-Gudule , pour que le tableau de Rubens ne leur fût pas ravi , l'enlevèrent eux-mêmes de leur église et le vendirent sous main à feu M. La fontaine, pour une somme considérable, employée dans la suite à subvenir à l'entretien de la cathédrale de Bruxelles, qui perdit ainsi son plus [bel ornement.

11 passa ensuite à Londres , d'où MM. Nieuwenhuys le rapportèrent en 1821 à Bruxelles, et le vendirent à S. A. il. le prince d'Orange.

Page 1