JEAN DE MA 1JU S F
cenom,l;i commission a, sans doute, déterré quelques anciennes archives, quelque extrait de baptême, ou un document quelconque qui l’y autorisait. Assurément cette découverte serait précieuse pour l’histoire de l’art; mais, comme nous n’avons aucun éclaircissement à ce sujet, je m’en tiendrai à la signature du maître.
Jean de Mabuse occupe un rang distingué parmi les peintres flamands ; et il est bon de remarquer qu’à l’époque où il vivait, on n’acquérait point une réputation par des ouvrages faits à la légère. L’ensemble des productions de ce maître, le soin qu’il a mis à finir ses tableaux, prouvent en lui un génie laborieux, dévoué à son art, et des éludes consciencieusement poursuivies. Son voyage d’Italie améliora sa méthode, il s’y inspira sur les chefs-d’œuvre des grands maîtres qui y brillaient alors: mais pourtant, il n’adopta exclusivement la manière d’aucun d’eux. Le style de l’ancienne école flamande a généralement prédominé dans ses ouvrages; ce qui pourrait faire supposer que son séjour en Italie n’a pas été de longue durée.
La plupart des tableaux que j’ai possédés ou vus de Jean de Mabuse représentaient des sujets tirés de la Bible ; ces sujets étaient rendus avec tout le talent d’un homme qui a parfaitement compris le caractère sévère qui convient au genre religieux. Quant aux compositions obscènes que l’on a prétendu lui appartenir, je ne pense pas qu’on puisse en citer un seul exemple authentique. Nous ne devons pas confondre ses ouvrages réels avec les œuvres médiocres que l’ignorance lui attribue; ces erreurs de quelques soi-disant connaisseurs ont souvent discrédité nos plus grands peintres.
OH
JEAN DE M ABUSE
S’il est vrai, comme on le rapporte, que la vie privée de Mabuse n’ait pas été des plus exemplaires, ses beaux ouvrages n’en laissent certainement pas de traces; ainsi, nous écarterons tout ce qui n’est pas en rapport avec ses œuvres constatées, seuls documents d’après lesquels on peut prononcer avec certitude.