LE CHRIST DONNANT LES CLEFS A SAINT PIERRE
Ce tableau représente le Christ qui reparaît parmi scs disciples, il est vêtu dune draperie blanche dont une partie tombe de l’épaule, et laisse à découvert la poitrine jusqu’à la plaie. Sa physionomie, d une belle expression, respire la grâce et la miséricorde; il désigne les deux brebis qui sont à sa gauche, et adresse la parole à saint Pierre, qui baise la main de son maître celui-ci lui remet les clefs du Ciel et de 1 Enfer, tandis que saint Paul, saint Jean et saint Jacques, qui sont présents, écoutent ses paroles avec surprise et atten-
tion.
PIERRE PAUL RUBENS
Ces cinq figures, vues jusqu aux genoux, sont reunies en un seul groupe et forment un ensemble admirable. Les vêtements sont largement drapés, chaque physionomie présente le caractère que comporte le personnage.
La noblesse de la pensée, la correction du dessin, 1 harmonie des couleurs, tout s'élève ici au plus haut point de perfection; aussi Rubens semble avoir exécuté cet ouvrage avec un soin tout particulier et à l époque la plus brillante de sa carrière : il le fit pour les héritiers du vicomte d Amant, chancelier du conseil souverain de Brabant. Ce tableau fut placé sur un petit autel à la droite de l’entrée de la chapelle du Saint- Sacrement de miracle, dans l'église collégiale de Sainte- Cudule à Bruxelles; l’autel et le tableau devaient servir au monument sépulcral du chancelier, de sa femme et de leur postérité.
La plupart des révolutions sont fatales aux beauxarts ; les chefs-d œuvre que possédaient les églises ne furent pas épargnés par la révolution française; nonseulement les biens du clergé furent confisqués au profit de la république, mais les Français s’emparèrent de tous les plus beaux objets d'art.. dont ils dépouillèrent les monuments publics pour les transférer au Louvre. Les marguillers de Sainte-Gudulc. pour que le tableau