‹ Description de la maison et du musée situés au nord de la place de Lincoln's Inn Fields, à Londres. Demeure du Chevalier SoaneChapitre 27 sur 45 · L’ENFONCEMENT DE SHAKESPEARE · texte numérisé non relu

L’ENFONCEMENT DE SHAKESPEARE

Un peu plus haut se trouve l’Enfoncement de Shakespeare (28), où l’on voit deux Tableaux par Henri Howard, Membre de l’Académie Royale des Beaux- Arts. Le grand est appelé la Vision de Shakespeare, et représente le poète se reposant, un bras appuyé sur les genoux de l’Imagination, et contemplant les “ visions de gloire” qu’elle fait apparaître, pendant que la Poésie Lyrique, prenant son essor, l’invite à la suivre dans l’empyrée de l’invention. La Tragédie et la Comédie évoquent devant lui les ombres de ses principaux personnages dramatiques : à ses côtés, Obéron veille auprès de Titania endormie dans un bosquet, et des fées folâtrent autour de lui ; d’un côté, les étoiles descendent de leurs sphères “ pour entendre la musique de la syrène de l’autre est la Tempête, l’île enchantée, et ses habitants ; au-dessus on voit Hécate dans un nuage ; et des Génies, enfants de lTmagination, voltigent auprès de son fils favori. Le petit tableau a pour sujet Léar et Cordélia :

“ Howl, howl, howl, howl ! O ! you are men of stones ;

Had I your tongues and eyes, I’d use them so,

That heaven’s vault should crack ; — O ! she is gone for ever ! ”

Au fond de l’enfoncement est un Plâtre du buste de Shakespeare placé sur son monument dans l’église de Stratford-sur-Avon. Au-dessous du buste il y a un Dessin, fait par Mlle. M. Denman, de l’un des Bas-reliefs qui ornent la façade du Théâtre de Covent-Garden, représentant le Drame Moderne. Shakespeare assis, et ayant auprès de lui un masque tragique, un masque comique, et une lyre, de la main droite fait signe d’approcher à Caliban, chargé de bois, à Ferdinand qui remet son épée dans le fourreau, et à Miranda qui intercède auprès de Prospéro en faveur de son amant : ceux-ci sont conduits par Ariel jouant de la lyre, et suivis d'Hécate (la triple déesse) dans un char traîné par des bœufs : Lady Macbeth, des poignards à la main, accompagnée de son mari, qui se détourne avec horreur du cadavre de Duncan, complète le groupe. La fenêtre est composée de dix compartiments de Vitraux anciens, parmi lesquels on voit l’Annonciation, l'Enfant Prodigue, la Ressuscitation de Lazare, la Cène, St. Pierre, St. Paul, St. André, et St. Matthias.

Revenant à l’escalier, et passant devant le Mercure de bronze (29), présent de mon ancien ami Alexandre Day, le peintre, comme ouvrage original de Jean de Bologne, et devant un petit Modèle par E. H. Baily, Membre de l’Académie Royale des Beaux-Arts, représentant Adam “ étendu sur la froide terre,” comme l’a décrit Milton dans le 10e chant du Paradis Perdu, on vient à un Buste de marbre du feu Chevalier Chambers, sur le piédestal duquel est l’inscription suivante, extraite d’une lettre que m’écrivit, le 12 Décembre 1832, M. Hiort, de la Direction Générale des Travaux Publics :

“Je vous transmets avec cette lettre le buste du feu Chevalier Chambers, en si haute estime parmi les administrateurs de cette partie du service public. Dans ces sentiments ils se sont adressés au talent distingué de M. Westmacott ; et cet habile sculpteur, partageant leur vénération pour le défunt, ne s’y est point épargné, ainsi que ce buste le prouve amplement.”

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