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et la magnificence, si elle avait conservé ses bronzes dorés et ses grilles ouvragées et si elle ne nous avait pas coûté le sacrifice de tout ce que l'ancien chœur contenait de plus vénérable et de plus précieux. Robert de Coite donna les dessins; Nicolas Coustou, Guillaume son frère, et Coyzevox sculptèrent en marbre la descente de croix et les effigies agenouillées de Louis XIII et de Louis XIV ; les huit anges de bronze, les uns en adoration aux angles de l'autel, les autres adossés aux piliers de l'abside, furent modelés par Cayot, Vanclève, Poirier, Hurtrelle, Nagnier et Anselme Flamen; Vassé fit. les bas-reliefs de l'autel; Pouletier, Frémin, Le Pautre, Lemoine, Bertrand et Thierry exécutèrent les douze vertus en bas-relief au-dessus des arcades modernisées du rond-point; Du Goulon fut chargé de la sculpture des trônes avec leurs riches couronnements, et des stalles avec leurs dossiers couverts de bas-reliefs qui représentent les uns la vie de la Vierge, les autres des figures allégoriques; les huit grands tableaux furent peints par Hallé, Jouvenet, La Fosse, Louis Boullongue et Antoine Coypel. Le groupe de la descente de Croix, six anges de bronze portant les insignes de la passion, toute la menuiserie des stalles et des chaires archiépiscopales, les grands tableaux, à l'exception des trois, sont encore en place 1 . Les statues des deux rois font partie du mtisée de sculpture moderne au Louvre, en attendant qu'elles puissent rentrer à Notre-Dame. Les figures et les trophées qui décoraient les arcades absidales n'existent plus. Le maître autel fut aussi détruit avec tous ses accessoires, en 1793, et sur les pompeux débris de Y antique imposture f comme le proclamaient les hymnes sacrilèges du culte nouveau, s'éleva une montagne symbolique, du
1 On a suppléé à ceux qui manquaient par deux peintures de Philippe de Champaigne, et par une troisième de Laurent de Lahire.
sommet de laquelle la déesse Raison recevait les hommages d'un peuple en délire. L'autel que nous voyons aujourd'hui n'a été reconstruit qu'en 1803; son Christ au tombeau, en cuivre doré, fondu sur les dessins de Vanclève, provient de la chapelle des Louvois, dans l'ancienne église des Capucines de la place Vendôme. La croix et les six chandeliers appartenaient, avant la révolution, à la cathédrale d'Arras. Le lutrin en bronze, composé avec goût et soigneusement ciselé, date de 1755; le nom de Duplessis, fondeur du roi, y est gravé sur la base.
Les stalles occupent trois travées. A la quatrième, de chaque côté, s'ouvre une porte moderne décorée de grilles, guirlandes et têtes d'anges. La construction de ces portes, si lourdes et si peu agréables à voir, ne s'est accomplie qu'au grand dommage de la curieuse clôture extérieure du chœur. Détruite dans tout le parcours de l'abside, elle s'est heureusement conservée au nord et au sud , en arrière des stalles auxquelles ses parois servent encore de dossier. La partie septentrionale, bien supérieure à l'autre, date du xm e siècle; celle du sud n'a été sculptée que dans le xiv«. Au nord, un soubassement, divisé en dix-neuf ogives trilobées, qui reposent sur des faisceaux de trois colonnettes, porte un bas-relief continu où se succèdent treize sujets du Nouveau Testament. Des touffes de feuillages, des animaux fantastiques et quelques petits personnages remplissent les intervalles des archivoltes. L'arcature, toutes les figures des bas-reliefs et les fonds sont encore enluminés. Nous ne pouvons qu'indiquer les sujets ; le lecteur en saura bien apprécier quelques-uns qui sont traités avec un sentiment et un art admirables. La scène marche de l'est à l'ouest. L'établissement du massif de la porte latérale du chœur ayant causé la suppression de tout ce qui précédait, c'est par la Visitation
que commence l'histoire évangélique. Puis viennent sans interruption; 2° l'annonce de la venue du Sauveur aux bergers; 3» la naissance du Christ; 4° l'adoration des Mages; 5° Hérode conseillé par le démon, et présidant au massacre des enfant arrachés des bras de leurs mère par des gardes armés de glaives; 6° la fuite en Egypte : Marie pressant son fils sur son sein avec une tendresse infinie; les simulacres des Egyptiens renversés de leurs autels à l'arrivée de l'Enfant-Dieu ; 7° la présentation : une femme portant des colombes dans un panier pour l'otfrande légale ; la Vierge soutenant Jésus debout sur un autel ; le vieillard Siméon tendant, pour le recevoir, ses deux mains couvertes d'une nappe; 8° Marie retrouvant dans le temple l'enfant qui discute avec deux docteurs; 9° Jésus debout dans l'eau du Jourdain, qui s'amoncèle autour de lui jusqu'à mi-corps, et recevant le baptême des mains de saint Jean; un ange tenant la tunique; 10° les noces de Cana : le Christ, la Vierge, l'époux et l'épouse à table ; les urnes dans lesquelles s'est opéré le miracle; les serviteurs apportant à goûter l'eau changée en vin; H° l'entrée à Jérusalem : les apôtres, des palmes à la main ; Jésus monté sur l'âne; Zachée sur son arbre; un personnage étendant à terre ses vêtements; spectateurs sur la porte de la cité sainte; 42° la Cène : dans une enceinte crénelée, Jésus à table avec les douze apôtres; saint Jean l'Évangéliste couché sur la poitrine de son maître; 13° deux apôtres; le Christ lavant les pieds à saint Pierre, qui tient un livre; le jardin des oliviers; les apôtres endormis; Jésus en prières; le Père Eternel, qui se montre à mi-corps dans une nuée pour bénir son fils; plusieurs anges. Deux cordons de feuillage encadrent le bas-relief. La sculpture se continuait sur le jubé; c'est ici qu'on voyait les mystères de la passion et de la résurrection. Mais l'ancien
jubé fut démoli du temps du cardinal de Noailles, et remplacé par une lourde décoration, qui elle-même a fait place à deux ambons de marbre. La clôture historiée reprend du côté du midi, et les sujets se suivent en remontant de l'ouest à l'est. Cette seconde partie, moins ancienne que l'autre, n'a été achevée qu'au milieu du xiv e siècle; le badigeon qui la couvre laisse à peine apercevoir quelques traces de peinture dont elle était rehaussée. Arcature très-fine et bien découpée, composée de vingt-sept arcs en ogives trilobées qui se divisent en neuf sections, dont chacune correspond a un sujet sculpté en ronde-bosse; colonnettes en faisceaux, chapiteaux feuillagés, trèfles entre les retombées des archivoltes, dais continu, en pendentif, au-dessus des figures.
Nous venons de dire quelle brèche la destruction des bas-reliefs du jubé avait causée dans la suite des sujets. Il n'y a plus d'intermédiaire entre l'agonie au jardin des Oliviers et l'apparition du Christ ressuscité à la Madeleine. Voici l'ordre des groupes : 1° le Christ, sous la forme d'un jardinier, se montre à Madeleine; 2° il apparaît aux trois Maries, qui s'inclinent pour lui embrasser les pieds et pour l'adorer; 3° plusieurs apôtres réunis dans un édifice; saint Jean sort pour courir au sépulcre; saint Pierre voit le Sauveur et s'agenouille devant lui; 4 M Jésus marche entre les deux disciples d'Emmaùs; ensuite il est à table avec eux dans l'intérieur d'une maison ; 5° Jésus, qui ne s'était montré jusque-là qu'aux saintes femmes, à Pierre et aux deux disciples, apparaît aux apôtres assemblés; 6° sixième apparition du Christ; il fait toucher à Thomas, pour le convaincre, ses mains et son côté; 7° il parle à Pierre sur le bord de la mer de Tibériade; d'autres disciples, montés dans une barque, tirent un grand filet rempli de poisson : c'est la pêche miraculeuse; 8° les
«apôtres voient encore une fois le Christ , et quelques-uns d'entre eux s'agenouillent pour Fadorer; 9° les apôtres viennent de se lever de table; le Christ est au milieu d'eux, un livre à la main; il ouvre leur esprit à l'intelligence des Écritures et leur recommande d'aller par tout le mondé prêchant l'Évangile à toutes les créatures. L'examen de tous ces sujets , leur description détaillée et la discussion de toutes les questions d'iconographie qui en découlent, nous entraîneraient bien au delà des limites qui nous sont fixées. Les visiteurs de Notre-Dame suppléeront en ce point à notre silence; nous les engageons aussi à bien étudier les deux parties de cette clôture, dont les dates sont certaines, et à se rendre compte ainsi, au moyen d'un exemple facile, des modifications de l'art dans sa marche du xui« au xrv e siècle. Quant à nous, la partie la plus ancienne nous paraît bien préférable à l'autre, tant pour le style que pour l'exécution.
La clôture du chœur s'est toujours composée d'une muraille pleine, en arrière des stalles. Mais après avoir laissé un passage pour les deux entrées latérales, elle se prolongeait en claire-voie dans tout le pourtour du sanctuaire, et de cette dernière partie il ne reste malheureusement plus rien ; des pilastres . des grilles, une grande niche pour la descente de croix de Nicolas Coustou, en tiennent lieu depuis un siècle et demi. «Le chœur de l'église Nostre- Dame, dit le père Du Breul, est clos d'un mur percé à jour autour du grand autel, au haut duquel sont représentés, en grands personnages de pierre dorez et bien peints, l'histoire du Nouveau Testament, et plus bas l'histoire du Vieil Testament, avec desescrits au-dessoubsqui expliquent lesdites histoires. » Guillaume de Melun, archevêque de Sens «, avait fait faire une travée de la clôture, en l'hon-
« Deux prélats de ce nom ont occupé le siège de Sens, au
neur de Dieu, de la vierge Marie et de monseigneur saint Etienne. Pierre de Fayel, chanoine de Paris, dépensa deux cents livres pour aider à sculpter les histoires qui étaient du côté de l'orient et pour les nouvelles verrières de la tribune au fond de l'abside ; l'effigie de ce généreux personnage se trouve aujourd'hui déposée dans les magasins du Louvre, accompagnée d'une inscription qui constate le fait de la donation. La clôture commençant, nous l'avons dit, à l'entrée latérale du chœur au nord, presque vis-àvis de la porte Rouge, traversait l'église avec le jubé, se poursuivait dans le bas côté méridional, enveloppait l'abside, et s'en venait ensuite finir à peu près au point d'où elle était partie. — En cet endroit, maître Jean Ravy, maçon de Notre-Dame de Paris pendant l'espace de vingtsix ans, qui avait commencé cette longue suite de sculptures, était représenté à genoux, les mains jointes. L'inscription qui apprenait le nom et le titre modeste de cet habile homme, ajoutait que l'œuvre avait été parfaite en 4351, par Jean le Bouteiller.
La cinquième chapelle de la nef au nord, du titre de Saint-Julien le Pauvre et de Sainte-Marie Egyptienne, est revêtue d'une partie de la boiserie qui décorait l'ancienne salle capitulaire, et dont le style accuse la fin du xv e siècle. Des draperies sculptées en couvrent la partie basse ; audessus, de petites niches en coquille, accostées de pilastres dans le goût de la première renaissance, contiennent les figures en relief de quinze apôtres ou disciples, de saint Mathurin, sainte Geneviève, saint Germain, sainte Catherine, saint Christophe et saint Grégoire, pape. Tous ces personnages sont désignés par leur nom et caractérisés par des attributs dignes d'être examinés. Dans une cha-
xiv« siècle, Guillaume IV, de 1317 à 1329. et Guillaume V I, de 1344 à 1376.
pelle voisine, on a recueilli quejques fragments de la même suite, un saint Jean-Baptiste, un saint Jérôme, un saint Etienne, un saint Nicolas et un saint docteur que nous n'avons pas reconnu.
Citons encore le buffet d'orgues sculpté au xvn # siècle ; une collection nombreuse de grands tableaux de l'ancienne école française, dont la plupart ont été donnés à l'église par la Communauté des orfèvres, qui jadis en offrait un chaque année, le i tr mai l ; un font baptismal moderne en marbre blanc, autrefois placé dans l'église de Saint-Denis du Pas; un lutrin en bois, orné de figures, qui fut exécuté par un sculpteur provençal appelé Julience, pour Téglise des Chartreux (xvm e siècle); trois statues de marbre, savoir : une Vierge debout, par Vassé ; une autre Vierge assise, par Antoine Raggi, provenant des Carmes déchaussés; un saint Denis, aujourd'hui mutilé, œuvre de Nicolas Coustou; enfin, un saint Marcel, modelé en plâtre, dans le siècle dernier, par Mouchy.
Nous devons aussi faire mention de quelques monuments très-curieux qui dépendaient de l'ancienne décoration de Notre-Dame. A l'entrée de la nef, un saint Christophe en pierre d'une proportion colossale, que messire Antoine des Essarts fit sculpter en 1413, pour remercier le saint de l'avoir sauvé delà vengeance des Bourguignons. Au bas du jubé, vers le midi, une Vierge qui opérait des miracles ; et plus loin, vers le maître autel, l'image de Notre-Dame de Consolation. A côté du même autel, au nord, la statue de Philippe-Auguste, élevée sur une colonne
i Cette offrande remplaçait le may de charpente historiée et enluminée que les maîtres orfèvres de Paris étaient dans l'usage de présenter annuellement, depuis 1449, devant le grand portail de Notre-Dame, le premier jour du mois de mai, à l'heure de minuit.
de pierre. A l'entrée de la chapellede Saint-Denis, et à celle de la chapelle de Saint-Nicaise, les statues, également posées sur des piliers, de deux évêques de Paris, Denis du Moulin, patriarche d'Antioche, et Simon Matiffas de Bucy, morts, le premier en 4447, le second en 4304. Près du gros pilier du transsept, devant l'image de la Vierge, trois colonnes de pierre, sur lesquelles étaient placées trois grandes figures en cire, le pape Grégoire XI, son neveu et sa nièce, qui tombèrent de vétusté en 4599. Dans la chapelle de Saint-Martial, près la porte, vers l'évêché, trois statues d'évêques et celle d'un roi qui passait pour Louis VI. Au dernier pilier de la nef, du côté du midi, sur une plate-forme portée par deux colonnes, s'élevait une grande statue de pierre représentant un roi armé de toutes pièces et monté sur son cheval de bataille. Le roi avait la visière de son casque baissée ; une tunique blasonnée de France recouvrait son armure. Le cheval était vêtu d'une longue housse armoriée. Les savants du dernier siècle ont été fort divisés d'opinion sur le vrai nom du prince qui s'était fait sculpter en cet appareil guerrier. Quelques-uns pensaient que Philippe le Bel avait voulu ériger ce monument de sa reconnaissance envers la Vierge pour la victoire gagnée à Mons en Puèle; ils citaient, comme de graves présomptions en leur faveur, les fondations par Philippe le Bel d'une commémoration solennelle de cette bataille à Notre-Dame de Paris, d'uns office de la victoire à Notre- Dame de Chartres, et d'une messe dite aussi de la victoire, à Saint-Denis. Le chapitre de Paris s'était prononcé pour Philippe le Bel ; il avait même rendu publique sa croyance, en faisant placer une inscription dans ce sens au-dessous de la statue. D'autres, et le P. Montfaucon en tête, affirmaient que la statue ne pouvait être celle d'un autre prince que Philippe de Valois. Us avaient lu, en effet, dans
le Continuateur de la chronique de Guillaume de Nangis, et dans des manuscrits de la Bibliothèque royale, que Philippe de Valois, après la victoire de Cassel, était entré dans l'église de Notre-Dame de Paris, revêtu des mêmes armes et monté sur le même cheval dont il s'était servi pendant le combat, pour les offrir à la Vierge, comme il en avait fait le vœu au moment où les troupes flamandes, après avoir traversé son camp, vinrent le surprendre jusque dans sa tente. Le souvenir d'une consécration aussi extraordinaire était bien digne qu'un monument le transmît à la postérité «.
Les anciennes stalles dataient du xiv e siècle. Le maître autel était placé entre plusieurs colonnes de cuivre réunies par des barres de fer, auxquelles on appendait des courtines de couleurs diverses suivant les fêtes. Il n'y avait pas de tabernacle; une pixide supendue au-dessus de la table renfermait les saintes hosties. En arrière du maître autel, on en trouvait un second nommé Y autel des ardents , ou de la sainte Trinité, élevé de telle sorte qu'il se voyait des stalles du chœur par-dessus le premier. On y montait par deux rampes à balustre de cuivre. Entre les deux rampes, au-dessous de l'autel, une porte à claire-voie fermait ce qu'on appelait le conditoire, où étaient déposés tous les objets nécessaires à la célébration des grandes messes. Une figure de la Vierge en albâtre, parfaitement travaillée, surmontait Yautel des ardents. Au-dessus, un graud corps de menuiserie enfoncé dans la baie la plus extrême de
1 Philippe de Valois était aussi représenté à cheval sur la façade principale de la cathédrale de Sens. Par une singulière coïncidence, on avait encore dans cette église, comme à Notre- Dame, imposé le nom de Pierre de Cugnières, avocat du même prince, à un mascaron grotesque, afin de se venger des attaques de ce légiste contre les immunités ecclésiastiques. Le roi donna raison au clergé contre ce téméraire personnage.
l'abside, et richement sculpté, contenait, rangées en trois étages, la châsse de saint Gendulphe, celle de saint Severin, solitaire, celle de plusieurs martyrs, celle de saint Germain, évêque de Pari», celle de saint Justin, martyrisé à Louvres en Parisis, celle des compagnes de sainte Ursule, et celle de saint Lucain. La châsse de saint Marcel était posée derrière le maître autel. Ce reliquaire en vermeil, enrichi de pierres précieuses et de perles fines, remarquable par la délicatesse du travail, fut porté à la Monnaie de Paris pour être fondu, le 8 octobre 4792; il pesait quatre cent trente-six marcs, non-compris les écrous, ferrures et plateau. La tradition populaire en attribuait la fabrication à saint Éloi; nous n'avons pas besoin d'ajouter que le saint évéque de Noyon n'en était pas plus l'auteur que de tant d'autres joyaux auxquels on attachait son nom.
Vitraux.
La suppression des vitraux a complètement dénaturé l'aspect de l'église. En 174-1 ils existaient encore, et c'est à celui-là même qui en a exécuté la ruine que nous devons quelques renseignements précieux sur leur importance f . Pierre Levieii, fabricant de vitraux modernes, et destructeur patenté de vitraux anciens, raconte froidement qu'il eut mission de démonter toutes les verrières de la nef et du chœur de Notre-Dame pour les remplacer par du verre blanc, avec chiffres et bordures fleurdelisées. Voici ce qu'il y trouva : dans le chœur et l'abside , les deux baies ogivales des fenêtres contenaient deux figures colossales, qui portaient au moins dix-huit pieds de haut, représentant des évêques coiffés de la mitre, tenant à la main des
» Levieii, Traité pratique et historique de la peinture sur verre.
bâtons pastoraux terminés par un simple bouton, au lieu de la crosse ordinaire; le tout au premier Irait, largement dessiné. Les draperies de verre coloré en blanc n'étaient relevées que par une espèce de galon ou de frange de couleur d'or. A l'œil-de-bœuf du tympan, le verre était fort épais, recouvert d'une grisaille avec lacis rehaussés de jaune. Une large frise, peinte de diverses couleurs et composée de verres découpés en losange, encadrait les grisailles ainsi que les personnages, et remplissait les interstices des compartiments. Levieil pensait que la plus grande partie de ces vitres dataient au plus tard de 1 182; il ajoute même que beaucoup de débris de vitres bien antérieures, provenant sans doute des anciennes basiliques qui avaient précédé Notre-Dame, se rencontraient çà et là confondus dans la grisaille du xu e siècle. Quelques portions de bordures en rinceaux, d'une merveilleuse disposition et d'un éclat très-vif, avaient été refaites au xiv siècle. Les fenêtres de la nef étaient aussi garnies de grisailles et de personnages de l'Ancien Testament. Les vitres du fond du sanctuaire, où l'on voyait le Christ entre la Vierge et saint Jean -Baptiste, ont subsisté jusqu'en 1753.
Dans la tribune du chœur, les six fenêtres du rondpoint ont été refaites, nous l'avons dit, au commencement du xiv e siècle. Leur vitrage en verre blanc, sans peinture, composé de compartiments en losanges, à surfaces ondées et raboteuses, fut démonté en 1761 ; il avait été donné par Michel de Darency, chanoine et chapelain de Saint- Ferréol, qui se lit représenter sur une des fenêtres, à genoux, vêtu d'une dalmatique, et tenant dans ses mains un des vitraux tout ajusté. La date de ce don n'est pas connue; mais on sait que Michel de Darency testa en 13o8. Levieil assure que le vitrail, donné par Suger à la cathé-
drale de Paris, s'était en partie conservé dans une des fenêtres de la tribune du chœur, et qu'on le reconnaissait facilement à sa ressemblance avec certaines verrières des chapelles absidales de Saint-Denis. Le fond était formé de ce beau verre bleu, que le xn« siècle savait si bien préparer; les personnages représentaient une espèce de triomphe de la Vierge.
Quelques chapelles au nord et à l'orient, dans l'enceinte du chœur, possédaient des vitraux en grisaille , avec fleurons de couleur du xm e ou du xiv« siècle. Dans celle de saint Jean-Baptiste, placée entre les chapelles deGondi et de Vintimille,. le repas d'Hérode et la décollation de saint Jean étaient peints sur de petits panneaux; un roi, Philippe le Bel, et Jeanne de Navarre, sa femme, priaient agenouillés; ils avaient auprès d'eux les écussons de leurs armes. On faisait assez de cas, dit Levieil, des vitres peintes qui remplissaient le haut de la fenêtre de la chapelle d'Harcourt, ou de Saint-Étienne, ainsi que de quelques panneaux inférieurs de la même fenêtre, sur lesquels s'étaient conservés les portraits des donateurs. Ces vitraux appartenaient à la fin du xvi« siècle; on y admirait un jugement dernier, et tous les ordres de la hiérarchie céleste rangés autour du Christ.
Ce qui reste aujourd'hui dans les chapelles du chevet mérite à peine une mention. Quelques armoiries, bordures fleurdelisées et guirlandes, xvn e et xvm e siècles; aux sixième et septième fenêtres, à partir du croisillon nord, les écussons du maréchal et du cardinal de Noailles, peints par Pierre Levieil ; aux huitième , neuvième et dixième fenêtres, quelques restes de grisailles et de borbures semées d'aiglettes et de feuillages, xrv e siècle ; à la huitième, deux petits anges tenant la croix, la couronne d'épines, les clous, et deux autres avec des trompettes; à
la dixième, un pélican qui nourrit ses petits, toutes ces dernières figures du xiv e siècle; à la seizième, le Christ assis dans le tympan, drapé d'un manteau rouge, montrant ses plaies, autour de sa tête un nimbe bleu croisé d'or, même époque; à la dix-neuvième, des morceaux d'anciennes bordures d'un rouge très-vif, et une petite figure de la Vierge, les pieds sur un croissant, son fils entre les bras, xvi e ou xvn* siècle.
Après tout, Notre-Dame a, par un rare bonheur, sauvé du désastre la partie la plus splendide de ses anciennes verrières. Ce sont les grandes et magnifiques roses des trois portails, demeurées intactes jusqu'à ce jour, et dont rien ne surpasse l'éclat. Par une admirable disposition, chacune de ces trois roses complète, avec les ressources de ses combinaisons matérielles et le prestige de ses couleurs, le sens de chacun des trois portails de l'église. A la rose de l'ouest, la patronne du temple, la Vierge, occupe le compartiment central, couronne en tête, sceptre à la main ; son bras gauche soutient le Christ, qui bénit. Autour se rangent en cercle douze prophètes, qui annoncent la gloire de la Vierge mère et de son fils. Dans les deux cercles qui s'interposent entre celui des prophètes et la circonférence, les signes du zodiaque et les travaux des mois mesurent le cours de l'année, qui passe comme une ombre de l'éternité de Dieu ; puis les vertus, coiffées de couronnes, tenant d'une main les attributs de leur dignité, et de l'autre une longue lance, combattent avec énergie les vices, auxquels chaque chrétien doit faire une guerre sans trêve. Au-dessus de la porte du Cloître, consacrée à la vie et aux miracles de Marie, la Vierge paraît encore avec son fils, mais entourée cette fois du nombreux cortège des patriarches, des juges, des prêtres, des prophètes et des rois, tous ancêtres du Christ, les uns selon la chair, les autres
selon l'esprit. La rose du midi, qui correspond à la porte des Martyrs, présente, en quatre cercles, le chœur des douze apôtres; une armée d'évêques et de saints personnages de divers ordres, qui tous ont en mains soit les palmes du triomphe, soit les instruments de leur glorieux supplice; des anges leur apportent des couronnes d'or. A la hauteur où ces vitraux se trouvent placés , il est difficile de distinguer bien nettement les attributs de chaque figure. Il y aurait d'ailleurs de la témérité à vouloir nommer tous ces personnages. Mieux vaut attendre le jour où les travaux de restauration du transsept rendront nécessaire rétablissement de grands échafaudages, qui permettront d'approcher des roses et de lire les noms inscrits sur des banderoles dans la plupart des médaillons. On peut distinguer dès à présent, dans la rose du nord, ceux d'Aàron, de Sadoch, d'Achin, de Joas et de plusieurs rois de Judas. Au-dessous de cette rose, dans les compartiments des angles, dont les plus petits contiennent des anges qui encensent, on trouve, en montant sur la dernière galerie, deux scènes des plus curieuses : d'un côté l'Antéchrist , couronne en tête , décapite Énoch et le prophète Élie ; dans l'autre médaillon , c'est Dieu lui-môme qui sort d'une nuée pour tuer l'Antéchrit, et celui-ci tombe à la renverse. Des légendes viennent ici au secours de l'interprète, en indiquant avec précision les titres de ces sujets rarement représentés, et dès lors très-difficiles à reconnaître. Dans un des médaillons de la rose méridionale, saint Denis porte sa tête à la main. Quelques faits de ce qu'on appelle le Combat des Apôtres se sont aussi introduits dans cette dernière rose, parmi les personnages qui la remplissent, entre autres l'arrivée de saint Matthieu en présence du roi Égyptus et le baptême de ce prince converti par le saint apôtre. Le Christ était
certainement assis sur en trône, au centre de la mémo rose, au milieu de ses apôtres et de ses martyrs. Mais après les restaurations exécutées dans cette partie de l'église par les soins du cardinal de Noailles, lorsque Guillaume Brice remit en plomb neuf, suivant l'ordre primitif, tous les vitraux de la rose, le peintre verrier, Michu, fut chargé de peindre, en 1726, les armoiries du prélat, qui ont occupé la place centrale et qui s'y sont maintenues jusqu'à présent. La rose occidentale a subi quelques pertes et quelques raccommodages fâcheux; les vitraux, retirés pendant les travaux de réparation du grand portail, viennent d'être remontés après avoir été soigneusement réparés. Les deux roses du transsept sont intactes. A peine sera-t-il nécessaire d'y rapporter quelques rares' morceaux pour combler les lacunes causées par le temps Nous avons seulement parlé des figures si nombreuses et si intéressantes qu'elles contiennent. Mais les fonds vigoureux et les rinceaux qui s'enlacent autour des médaillons, ne sont pas moins dignes d'étude et d'admiration. Les trois roses sont contemporaines des façades qu'elles décorent ; tout concourt à le prouver : unité de style, similitude d'exécution, relation intime dans le choix et la composition des sujets.
Sépultures $ tombeaux.
Les nefs, le chœur et les chapelles de Notre-Dame étaient autrefois pavés de pierres tombales; on y lisait les inscriptions, on y contemplait les effigies gravées des personnages les plus illustres de l'Église et de l'État. Dans quelques lieux privilégiés, des monumentss'élevaient au-dessus du sol, et portaient des statues de marbre, de pierre ou de bronze. C'était un émouvant et solennel
spectacle que celui de tous ces morts déposés là jusqu'au dernier jugement. Comme le chantait Dante, au XII e livre de son Purgatoire : « Les lombes construites au pavé des églises montrent le portrait des ensevelis, tels quilsétaient jadis afin que leur mémoire demeure, si bien qu'on se prend maintes fois à pleurer, tout poigné par ce souvenir, qui ne fait sentir son aiguillon que dans les cœurs pieux. » Les architectes du roi Louis XIV furent les premiers à porter la main sur les sépultures du chœur pour substituer aux tombes des évêques et des grands de la terre un carrelage de marbre, dont la riche contexture n'est faite que pour la distraction des yeux. La simple nomenclature des personnages dont les cendres furent troublées et les monuments à jamais détruits , en dira plus que toutes nos paroles. On fit alors avec une certaine apparence de respect et de convenance, ce que firent plus tard les révolutionnaires dans l'accès de la fureur. Chacun des personnages dont les noms suivent, avait dans le chœur son effigie ou son épitaphe. Princes et princesses : Philippe , archidiacre de Paris, fils du roi Louis VI, 1161 ; Geoffroy, duc de Bretagne, fils du roi d'Angleterre, M 86; Isabelle de Hainaut, première femme de Philippe-Auguste, 1189; Louis de France, dauphin, fils de Charles VI, 1415 ; Louise de Savoie, mère de François 1 er , 1531 (son cœur) ; le roi Louis XIII, 1643 (ses entrailles).— Evêques de Paris : Eudes de Sully, 1208 ; Etienne II, dit Tempier, 1279; le cardinal Aymeric de Magnac, 1384; Pierre d'Orgemont, 1409; Denis Dumoulin, patriarche d'Antioehe, 1447. — Archevêques de Paris : Pierre de Marca, 1662; Hardouin de Péréfixe 1671; François de Harlay, 1695; enfin un
i Quelques tombes de cuivre avaient été déjà fondues plusieurs années auparavant, et le métal avait servi à la confection du lutrin.
Il,
archevêque de Sens, qui était en même temps grand aumônier de France, Renaud de Beaune, mort en 1016. Des procès-verbaux, dressés au moment même de la démolition des tombeaux, révèlent une foule de faits curieux sur l'état des sépultures et sur les objets précieux qu'on y recueillit. De 1771 à 1775, tout le sol de la nef, de ses bas côtés , du transsept et des collatéraux du chevet fut réparé en grands carreaux de marbre blanc et bleu. Cette opération , qui occasionna une dépense de plus de trois cent mille livres, entraîna la destruction des innombrables pierres tombales qui composaient l'ancien dallage et qui portaient presque toutes des effigies gravées en creux 1 . On débita ces pierres pour en tirer parti; il s'en rencontre des fragments jusque sur les terrasses des chapelles et sur les galeries des tours. Quelques débris en ont été aussi retrouvés dans des tas de décombres. Les seules inscriptions à peu près complètes qu'on ait pu rassembler , sont celles de Jean Deslandes , chanoine de Notre-Dame, conseiller maître en la chambre des comptes de Paris, mort en 1437, et du chapelain, Pierre Bonny, qui fonda en 1562, des prières pour le repos de son âme et pourlesalutde son oncle, André Bérard. Pierre Bonny est représenté assisté de saint Pierre, son patron, et priant une Vierge de pitié.
De toutes les statues d'évêques autrefois si nombreuses à Notre-Dame, il ne re3te plus que. l'effigie en marbre de Simon Matiffas de Bucy, mort en 1304. Arrachée du tombeau qui la supportait, au commencement de la révolution, elle fut reléguée dans une cave de la sacristie, d'où elle n'est sortie que depuis peu de temps. Elle sera bientôt réintégrée dans la chapelle que Matiffas fonda au rondpoint de l'abside. Une grande tombe de pierre sculptée en relief, autrefois placée dans une des chapelles du chœur,
sur la sépulture d'Etienne Yver , licencié en droit canon , chanoine de Paris et de Rouen, archidiacre du pays de Caux, conseiller au parlement, mort le 24 février 1467, s'est aussi conservée presque sans mutilation, et se voit aujourd'hui sous la tour du nord, à rentrée du collatéral de la nef. Le travail n'est pas des meilleurs; mais la composition offre quelque intérêt. Au bas de la dalle, le chanoine est étendu sur un sépulcre, livré en pâture aux vers. Un peu plus haut, il sort à moitié du tombeau, les mains jointes, assisté de son patron, saint Étienne, et de saint Jean l'Evangéliste. Plus haut encore, dans une gloire flamboyante, entourée d'anges, apparaît le Christ assis, à moitié nu, le front couronné d'épines, les épaules couvertes d'un manteau, les pieds posés sur le globe du monde ; sa main droite bénit; sa gauche tient un livre ouvert; son nimbe est croisé; deux épées lui sortent de la bouche. Des inscriptions latines se lisent sur les deux tombeaux, sur une banderole qui part de la bouche du chanoine ressuscité , sur le livre du Christ, et dans la partie supérieure delà pierre. Ce sont, avec l'épitaphe du défunt, des textes pieux extraits des livres saints.
Tous les autres monuments funéraires de Notre-Dame ont été détruits ou du moins enlevés de l'église, à l'exception du mausolée du comte d'Hafcourt, et de Pépitaphe sur marbre blanc du célèbre archevêque Christophe de Beaumont, mort en 1781. Henri-Claude d'Harcourt, lieutenant général des armées du roi, mourut en 1769. Sa veuve lui fit sculpter un monument de marbre par Pigalle. C'est un groupe de très-mauvais goût ; le défunt, à la voix de sa femme, soulève la pierre de son tombeau et s'efforce de se débarrasser de son linceuil ; mais la mort, représentée par un affreux squelette, refusede rendre sa proie.
Le musée des Petits-Augustins avait recueilli les statues
agenouillées en pierre peinte de Jean Juvénal des Ursins, chevalier, baron de Trainel, conseiller du roi, mort en 4431, et de sa femme, Michelle de Vitry, qui lui survécut vingt-cinq ans; un grand et précieux tableau du même temps, représentant une fois encore ces deux personnages, et tous leurs enfants; les mausolées avec effigies en marbre d'Albert de Gondi, duc de Retz, maréchal de France, ét de son frère, Pierre, cardinal de Gondi, évêque de Paris, morts, le premier en 4602, le second en 1616 ; une longue inscription moderne à la mémoire des derniers descendants de Juvénal des Ursins; un squelette en albâtre, originairement placé au cimetière des Innocents. C'est au musée historique de Versailles qu'il faut aller aller chercher maintenant les statues des deux Gondi et celles de la famille des Ursins. Le squelette est resté à l'École des beaux-arts établie sur l'emplacement de l'ancienne maison des. Petits- Augustins; le marbre de l'inscription que nous venons de citer a été employé comme revêtement dans les bâtiments neufs. Enfin, le tableau qui représente, agenouillés dans une galerie gothique, Juvénal des Ursins, Michelle de Vitry, leurs quatre filles et leurs sept fils, parmi lesquels un évêque de Laon, un chancelier de France et un archevêque de Reims, a été jugé digne des honneurs du Louvre; il a pris rang parmi les plus anciens modèles de la peinture française.
Deux monuments ont été consacrés dans les chapelles absidales aux archevêques Antoine- Éléonor-Léon Leclerc de Juigné, mort en 4811, et Jean-Raptiste, cardinal de Relloy, mort en 1808. Dans le croisillon septentrional, au pied de l'autel de Saint-Marcel, une inscription indique le lieu où repose le cœur de l'archevêque, Alexandre-Angélique, cardinal de Talleyrand-Périgord, qui mourut en 1821. En ce moment même, M. Auguste de Ray sculpte,
dans une des chapelles du chevet, située entre les deux entrées de la sacristie neuve, le mausolée que l'Assemblée nationale vota, en 1848, avec acclamation, pour honorer à jamais le dévouement de Mgr. Denis-Auguste Affre, tombé si glorieusement au milieu des barricades du faubourg Saint-Antoine, martyr de son zèle apostolique.
Une crypte fort petite fut creusée en 1744, vers le milieu du chœur, pour servir de sépulture commune aux archevêques. Les mausolées, érigés aux derniers prélats dans les chapelles, n'étaient que des cénotaphes. Nous avons dit ailleurs comment on découvrit, en préparant le caveau sépulcral, les antiques autels des Nantes parisiens. Les quatre archevêques dont nous avons cité les monuments dans le paragraphe qui précède, reposent ensemble dans cette crypte. Hyacinthe-Louis de (Juélen , de vénérable mémoire, mort en 1839, y fut également inhumé : mais rien jusqu'à présent ne rappelle son souvenir dans cette église où il a siégé si longtemps au milieu de circonstances si difficiles. Le caveau des archevêques est d'une trèspetite étendue et d'une disposition incommode; il sera prochainement agrandi. Nous sommes persuadés qu'on retrouvera sous le pavé du chœur une foule de débris précieux, quand on l'aura enlevé pour fouiller le sol.
Au seuil de la plupart des chapelles, on remarque des entrées de caveaux fermés par des dalles. Quelques-uns de ces souterrains contiennent encore des ossements, entre autres ceux des chapelles d'Harcourt et des Ursins. En 4766, une vaste crypte fut disposée pour les chanoines, sous le sol de la nef, depuis le pied des tours jusqu'au transsept. Trois trappes de bois, autrefois recouvertes de cuivre, en marquent les ouvertures sous les arcs latéraux \
i Voir, pour tous les anciens monuments funéraires de Notre- Dame, en textes et dessins : à la Bibliothèque impériale, le
On y précipita, en 4793, une quantité de décombres, parmi lesquels il pourra se trouver des choses intéressantes.
Trésor.
Le trésor de Notre-Dame était autrefois célèbre par sa magnificence. Les évêques, les rois, les personnages les plus illustres de l'État l'avaient enrichi successivement d'une foule d'objets du plus grand prix. On y comptait, en 1763, quatre bustes et deux images en vermeil, or et pierreries; un livre d'épîtres relié en vermeil ; six reliquaires de même matière et trois autres en argent ; deux grands reliquaires en or ; cinq châsses de vermeil ; quatre crosses; une armoire pleine de chandeliers de vermeil ; six croix de vermeil ; une croix d'or attribuée à saint Éloi, et une d'argent ; trois vases de vermeil et trois d'argent; sept calices en vermeil, un en or; deux grands calices en argent; trois burettes en vermeil; un grand ciboire en argent ; deux paix en vermeil ; un soleil de vermeil et un d'argent; deux encensoirs d'argent ; une baguette de vermeil ; un bâton cantoral en vermeil ; un réchaud d'argent à placer sur l'autel pendant l'hiver ; un tombeau d'argent pour le jeudi saint; un bras en vermeil, et bien d'autres vases ou reliquaires dont rénumération nous mènerait trop loin. Le plus grand nombre de ces objets n'était pas antérieur au xvi* siècle ; mais il y en avait aussi de beaucoup plus anciens *. On peut imaginer ce que devint le trésor à l'époque de la dévastation des
Recueil des épitaphes de la ville de Paris ; un Travail descriptif par Charpentier. Aux Archives de l'empire, une collection de planches très-complète et bien exécutée.
i Annales archéologiques, t. 111.
églises. Quand le culte fut rétabli, le gouvernement fit restituer à l'archevêque quelques objets qui avaient été conservés comme des raretés dans les dépôts publics. En 1831, de nouveaux orages vinrent menacer le peu qui avait échappé à la première tourmente. L'archevêque et le chapitre prirent alors le parti de déposer en mains sûres, dans diverses communautés religieuses, ou même chez des particuliers, les reliques et les vases sacrés. Aujourd'hui, tous ces monuments respectables de la foi de nos pères - ont repris la place qui leur convient, dans une salie préparée pour les recevoir à l'étage supérieur de la sacristie neuve. Nous signalerons dès aujourd'hui à la vénération et à la curiosité de nos lecteurs la sainte couronne d'épines de Notre-Seigneur, en l'honneur de laquelle saint Louis construisit la Sainte-Chapelle; le saint clou qui appartenait à l'abbaye de Saint-Denis ; la croix d'or de l'empereur Manuel Comnène, xu e siècle, que la princesse Anne de Gonzague légua, en 1683, aux moines de Saint- Germain des Prés ; deux calices en vermeil, du xiu e siècle ; la relique de la vraie croix envoyée en 1109, à Galon, évêque de Paris, par Anseau, chantre de l'église du Saint- Sépulcre à Jérusalem; la crosse en bois et cuivre de l'évêque Eudes de Sully; le crucifix que tenait saint Vincent de Paul, lorsqu'il assista le roi Louis XIII, au moment de la mort ; la discipline de saint Louis ; plusieurs fragments d'étoffes qui passent pour avoir fait partie d'un vêtement de ce prince; un sac de soie tissu d'or, une ceinture de lin rehaussée d'ornements de couleur, et d'autres linges qui lui auraient aussi appartenu. Les objets anciens réintégrés dans le trésor et les dons faits à l'église depuis le concordat formaient déjà une collection d'une valeur considérable, lorsqu'ils furent dispersés. Nous souhaitons que leur rentrée à Notre-Dame soit pour l'insigne cathédrale
le commencement d'une ère nouvelle de gloire et de prospérité. Puisse-t-elle voir renaître les anciens jours de foi et de grandeur, en même temps que, par les soins du gouvernement, les artistes de notre époque lui rendent son antique parure, effaçant de toutes parts les outrages du temps et des hommes.