AUTRES ÉDIFICES PARTICULIERS
Afin de terminer cette quatrième partie suivant l'ordre que nous avons adopté, nous allons jeter un coup d'oeil rapide sur quelques habitations particulières bâties à différentes époques et dignes d'être remarquées. Il ne nous sera pas difficile de nous restreindre en faisant cette espèce de revue, car, malgré Tapparente variété de ses édifices, Paris est peut-être la ville qui offre le plus d'uniformité dans les demeures des citoyens. Chacun dédaigne des appartements dont la distribution paraît surannée, et veut être logé suivant le goût le plus moderne. La légèreté des constructions favorise cet amour excessif du changement, et il est si facile de le satisfaire, quUl reste aujourd'hui bien peu de ces vieux manoirs, monuments curieux des mœurs et des usages de nos anc(^trft.
Vtfôlel de la Reine Blanche^ rue du Foin-S.- Jacques, n® i8, est un des plus anciens que nous ayons à citer; c'est un édifice dont la construction paraît être du treizième siècle : il ne présente actuellement que des restes cbétifs du luxe des temps où il a été bâti. Le nom qu'il porte ne prouve point que la mère de saint Louis Tait habité. Pendant long-
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temps le nom de Reine-Blanche a été donné aux veuves de nos rois. On croit, avec plus dé pi^obabilitéy que cet hôtel a été la demeure d'Adam Fumée, garde des sceaux de France : comme ce magistrat mourut en 1494» ^^ ^^ P^^^ supposer que ce soit lui qui ait fait faire à l'entrée du vestibule une porte fort joliment ajustée. Cette porte et quelques autres détails appartiennent sans contredit à la renaissance : des arts, et peut-être datent-ils du temps de Guillaume Budée, que Ton dit avoir aussi habité cet hôtel.
On voit, dans la rue des Bourdonnais, n^ ii , un curieux monument de l'architecture du quatorzième siècle : c'est la maison des Carneaux, qui fut acquise , en 1 363, par le duc d'Orléans, frère du roi Jean. Il faut, sans doute, attribuer à ce prince la construction de ces tourelles élancées, de ces galeries à jour, où toute l'élégance arabesque se déploie dans des ornements du travail le plus facile et du goût le plus fantasque. Guy de laTrémoille, le chancelier du Bourg, et le président de Bellièvre, ont ensuite habité cette maison, qui porte aujourd'hui l'enseigne de la Cou-ronne d'Or,
Sur une partie des ruines du palais des Thermes, Jacques d'Amboise, abbé de Cluny, fit bâtir, en i5o5, l'hôtel qui a conservé le nom de cette abbaye. Le goût de l'architecture n'avait pas encore pénétré en France à cette époque, et Y hôtel de Cluny présente toute l'irrégularité qu'on retrouve dans la disposition des plus beaux manoirs gothiques. Quelques détails de cet édifice annoncent pourtant les efforts des construc*.
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teurs pour sortir de la routine , et 1 on voit sur-tout avec plaisir uue chapelle,' doot la voûte, richemeqt décorée, repose sur une seule colonne. Différentes statues ornaient les parois de cette : chapelle ; elles ont été détruites, mais il en reste^encore les niches^ qui sont délicatement travaillées.
JJ hôtel de Sens, rue du Figuier, n** i , est aussi du ^ commencement du seizième siècle. Tristan de Salazar, archevêque de Sens, le fit construire en remplacement d'un autre hôtel qui avait été cédé, par un de ses prédécesseurs, pour augmenter le palais des Tournelles. Une* porte cochère accompagnée,- suivant Tusage, d'une petite porte pour les gens de pied, des tourelles y des mâchécoulis, des créneaux, sont encore les nobles marques de la primitive destination: de cet édifice, qui sert maintenant aux usages les plus vulgaires.
Nous ne citerons pas, comme bien remarquable, Yhôtelde.Jassaud, rue des Prêtres-Saiiit-Paul. Il n'a rien a l'extérieur qui attire l'attention ; mais, au fond d'une cour, on voit une petite façade, décorée. avec tout le goût des artistes de la renaissance. Les trumeaux des croisées présentent, au lieu de pilastres ou de colonnes, des caryatides sculptées à l'effet, quoique sans prétention.
' Dans la rue des Rats, n^ i4, Colbert occupait une modeste demeure, où l'on ne se douterait pas de trouver de la sculpture du plus grand style : cependant les façades intérieures de cette maison sont décorées de plusieurs bas-reliefs admirés des artistes, et générale- 2. 3o
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ment ailtribuési pdr 6ux à Jeun Goujob. Le tbérite de ce nf fittrë rious dispenie de tcmi éloge pour desi pf oduc-» fiodd de son ci^edu $ irniijd, éommé oh les ôoâDàlt peti, 1kOû§ eh indiquérdnd lei principaux éujet». Sur la face n^idiënàle de là cotir sottt deak bàs-reliéfs : dàd» Fun, Gérés et la Paix delkytits auprès dé T Abondance f slssise^ dsluft l'aotré^ uû Philosophe s'éntredem avec tm de ses disciples» Au. fotid de la cour, on Vùit trois bas-réliefs i le principal #ëpi*ésetit^ Yulcain aisis et fergeàilt tin cbàr^ à ses genoux est TAilloui*; j^os loitiy Sdtil deux femmes^ doât Tune poi'të Uù Ùytè et Pautre Un sceptre* Lé second bas^feNèf Se compose de trois figures de fèmines, àteo deë attributs divers; TÉttk énfànl en A leurs pieds 3 le trôisièkné o^f e la Muse de Tbistoire, assise^ et écrivabt soiis la dictée d*utie femnie,- debout, eiyaUt des ailéS à la tétè. La façade en retour est orUée de trois morceaux qui appàrtien-* nènt éU ii^nïë sujet t daus celui du milieu, Apollon est réprésenté assis et entouré de six Muses i les tfbis autres Muses sent sculptées dans le bas-relief qui est à gaudfae; et, dans celui qui est à droite^^'artisté a figuré Homère et Virgile.
Vhétel âe Sully, rue Saint- Antoine^ ù? i43, près de la placé Royale, est un ouvrage de Duc^rceau: les noms du ministre et de rartisté suffisent pour piquer la curiosité. Cet édifice était fort important, et conserve quelques restes de sa première splendeur, malgré les i^êstaurations Uiodernes qui Toht défiguré. • Dans la même rue S8lint*Antoine, aU n** 62^ on voit ou plutôt on cherche Vhâtel de Beau^ais : il
4VdU Tapparence à^'un p^l^is^ il r^^einble à <c^t^ kmve à UQ^ maison bourgeoi^^» C^pe^d»»! U €our^ ^t qpaelq«^ parties d^ Tintén^ury ^ r^sçommapd^nt ^nwre par une i99g»ifiç6np^, digp^$ d^ tef»ps d# Jjoais X{V; c'^81 liç Pa.utre qçii 9^ éié l'ordpnp^j^w de cet hôtel) et il s'est tiré fort adroitemept def dilfi- ^^ultés qi|e lui prés^pt^it rirr^égularité du t^rraip*
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lîpup iodiquPQS, dajne la rwp du Givo^-CUeppt, «« ^^ UM(Hison Zfi Brun, ppo^wilp pi^r Rpyiîiwid^ il y p 4^pp tf eptetpe dVpoiées. La foucade pu «»t ^jDplp , inipis la cour P9t décorée ayee quelque richesse.. SEe est rpode, iel Ip mpr de terrasse q^iî est en fiice dii vestibule d£&e ides niches, dafis lesqu^le^ pp9i placées des statups antiques : de gi^ands «f'bres qui s elèveut .pu-dessus itermipent îcette déeorptipo liopt H pst mpossible dp np pas remarqupr le phanpap^ ^f£ec. Ui^ galerie, vairangée pp»r PKppPPT dps |;ai)}paiiix pi\éoieu%y ne§i point ipdigpe dp mm dpstipa^tionj elle est omH fort iGOoypaableniefit^ pt m<èn»p «ypc une sorte de lu«e^ ^
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bftation. Il n^était pas aisé, de concilier réconomfe requise pour des maisons particulières avec l'apparat qu'exigeait le voisinage* des Tuileries.- MM. Percier et Fontaine ont résolu ce problème , et Ton retrouve dans ces Façades le talent accoutumé de ces deux architectes.
On pourrait s'étonner si nous gardions le silence sur YHoiel des affaires étrangères. Celui que le ministre de ce département occupe actuellement y dans la rue du Bacq, n'est point une propriété de l'État : il appartient aux héritiers du marquis de Galifet; qui le fit construire sur les dessins de Liegrand, architecte des Économats. Les événements de 1 788 empêchèrent de terminer cet hôtel, commencé trois ans auparavant; mais M. de Talleyrand, sous son premier ministère , y fit plusieurs améliorations, sur-^tout dans l'intérieur. Après avoir circulé dans le grand appartement, on remarque avec autant de plaisir que de surprise une belle galerie précédée d'un vaste salon , dont elle n'est séparée que par des colonnes corinthiennes. Cette addition importante a été faite d'après les dessins et sous la direction de Renard, architecte d'un rare mérite, trop tôt enlevé aux arts, qu'il cultiva toute sa vie avec la plus grande distinction.
Quoique cet hôtel soit assez vaste, et s'annonce au -dehors par un luxe d'architecture peut-être exagéré, il ne suffit pas au département des affaires étrangères, et le ministre y est logé d'une, manière fort incommode. Ces considérations, jointes à Tinconvenance de tenir un hôtel à loyer, ont fait ordon«
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ner l'exécution d'un palais magnifique, qui s'élève aujourd'hui sur le quai d'Orçay, entre les rues" de Bourbon^ de Belle-Chasse,' et de Poitiers.
L'entrée du nouvel Hôtel des affaires étrangères sera formée, sur la rue de Bourbon, par un portique en arcades qui embrassera toute la largeur de la coui* principale, et se liera avec d'autres portiques dont cette cour sera entourée. A droite et à gauche, des cours de service donneront un dégagement commode sur les rues de Belle-Chasse et de Poitiers. La disposition et la distribution du plan sont combinées de manière que les voitures puissent arriver, d'une manière grande et facile, jusqu'au pied des escaliers qui conduiront chez le ministre et aux différentes divisions du ministère.
La façade d'entrée, sur la rue de Bourbon, est longue de 1 15 mètres 5 elle se compose de deux avantcorps saillant sur la partie idu milieu occupée par le portique ouvert dont il vient d'être parlé.
Du côté du quai, la façade présente un avant-corps de 90 mètres, et deux arrière-corps reculés de 20 mètres. Dans cet avant-corps seront, au rez-de.-chaussée, les cabinets de travail et un vaste appartement de réception; au premier étage, le logement du ministre et de sa famille.
Les deux parties en arrière-corps semblent avoir été conçues pour tenir éloignées, et en quelque sorte isolées, toutes les pièces destinées à la représentation, aux cabinets et bureaux particuliers du ministre, ainsi qu'à son logement. \
dSS DMGRIPTION
Quant au caractère que doit a¥pir cet édifice, Tar* cbitecce semble s'être priocipalewieat appliqpjé à rappeler celui des grands et «Qioptueux palais de Borne moderne 9 tam dd03 la marche du jj^o, que dans la décoration des élévations extérieures et imé^ rieures.
Ses façades auront la même hauteur dans tout son pourtour et seront couronnées du même entaUe^ ment : elles seront décorées de deux ordres d^acchi'* lecture disposées à^peu^près comme les deux pre** miers de la cour du palais Faroè^ à Bome^ de sorte qu'il y aura dans leur caractère harmonie et unité.
Le souvenir des dessins qui ont été exposés a\i Louvre, et l'inspection de ce qui est pnésentement exécuté, nous ont permis d'entrer dans quelques dé^ tails sui" cette belle j^oductioo de M* Boudard : lea talents de cet habile architecte étaient déjà cpnour; mais c'est la première fois qu'ils se développent dana un édifice aussi important, et le pubUc se plaît à les applaudir. Nul doute que, par la masse imposante dé se» âévations, ce palais ne décore d'une manière remarquable un des plus beaux quartiers de Paris, et qu'il ne concoure puissamment a donner auK étrangers une hauti) idée de Tétat des arts e^a France au commencement du dix-neuvième sièclet
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