PALAIS DE LA FARNESINA
Ce Casîn fut élevé sur l’emplacement des Jardins de l’Empereur Géta , d’ après les dessins de Balthazar Péruzzî ; il appartient maintenant au Roi de Naples . La galerie ^ qui sert de vestibule au reste des appartemens a été j- einte à fresque par le grand Raphaël aidé de ses rricilleurs élèves ^ tels que Jules Romain 5 Jean François Penni, Jean de Udine 3 et Raffael* ]lno del Colle .
Cette galerie est divisée en 29:Compartîmens dont 14 5 de forme triangulaire 3 sont dans les lunettes des arcs; lo^qui ont à peu près la même forme , sont au dessus des pilastres , et les deux derniers , en carrés-longs, sont dans le milieu de la. voûte ..
L’ un de ces derniers représente l’assemblée des Dieux dans laquelle Vénus vient se plaindre à Jupiter de Cupidoujparce qu’il' osait avoir, malgré elle 3 une passion si vive pour Psyché , qu’il vou-Iait l’épouser . Cupidon 3 sans bandeau 3 sans arc et sans flèches, se défend d’un air de suppliant » Jupiter surtout , qui, appuyé sur son coudcjécoute attentivement Cupidon, a un visage de bonté et de majesté vraiment divin. Mercure d’un côté -exécutant un ordre de Jupiter, présente k Psyché la coupe d’ambroisie pour la rendre immortelle . On y observe plusieurs Divinités qui servent à enrichir admirablement le sujet .
L’autre carré long représente le festin des Dieux pour célébrer les nôces du Cupidon et Psyché ; Les Grâces répandent sur eux des
parfums et les heures jettent des fleurs sur table , Ganimède offre la coupe d’Ambroisîe à Jupiter et Bacchus verse le vin à quelques petits amours^pour qu’ils le portent aux convives . Vénus 5 pour égayer la fête , conduit une d'anse CiOmposée des Muses qui entourent re- Dieu Pan : celui-ci J oue de la fiutCjet Apollon l’accompagne de sa lyre .
On remarque dans les lo tableaux qui sont au dessus des pilastres 5 i.® Vénus indiquant Psyché à Cüpidon , pour qu’il la blesse d’ une de ses flèches 5 afin de la rendre amoureuse d’un sujet vil et commun : 2.®Cupidon , qui5, contre la volonté de sa mèrejcst devenu l’amant de Psyché 3 la présente aux trois Grâces dont le caractère de tête et les contours sont de la plus belle élégance: j.® Vénus, dans sa ja-^ lousie 3 se plaint a Junon et à; Céirès de ce qu’on lui cache Psyché : 4.® la même Déesse 3 traînée dans son, char par quatre; colombes attachées avec un simple fii, se rend' auprès de Jupiter auquel elle demande la punition de Psyché : 5-.®Vénus 3 en présence de Jupiter, le supplié de châtier son ennemie: 6,® Mercure dont la figure est belle , bien animée, et d^une forme admirable , part pour exécuter les ordres de Jupiter ; y,® Psyché portf^'epar trois Génies 3 tient en main le vase du fard de Proserpine : 8.® Psyché présente ce vase a Vénus qui élève le bras,de surpiise3en la voyant revenue des Enfers : 9.® Jupiter permet âCupidon de' s’unir à Psyché: tableau d’une composî- $ion délicieuse . Enfin , on voit dans le dixième
tabîe?tt Mercure quî 5 par ordre de Jupiter ^ conduitPsyché dans le Ciel •
Les 14 tableaux , de forme triangulaire, qtte Pon voit dans les lunettes des arcs 5 représentent les Génies de Cupidon triomphateur de^ Dieux , jouant avec leurs attributs y. avec des animaux et des oiseaux consacrés à ces Divinités . Toutes ces peintures à fresque de î'ini- Hiortel Raphaël , peuvent fournir d’ excellents modèles de dessin , et des figures du plus beau caractère convenant à chacune d’ elles . La composition en est très belle : elle rapj)elle le goût ae l’antiquité , mais le dessin surtout est délicieux : elles avaient beaucoup souffert pendant que la galerie était ouverte-. Charles Maratte les restaura ; et en y appliquant un champ trop fort . il en est résulté que h. s figures ressortent beaucoup mais la couleur en est devenue t rop dure .
Il y a à gauche une grande chambre où Raphaël a peint un très beau tableau à fi e que , connu sous le nom de Galatée ; on a pr^'tendu; très récemment qu’il représentait une Vénus Anadîomène , supposée telle avec Guelques raisons plausibles , dans les réflexions d’^un Ultramontain , imprimées en 1817 à Palerme mais ces réflexions ne se soutiennent pas en présence d^autres fortes démonstrations , surtout quand 011 voit à côté la figure de Polyphème que P on attribue au pinceau de Sébastien det et qui a été refaite par PAlbane. Cette Déesse est debout sur une coquille y traînée par- des dauphins , précédée d’ une Néréide, et suivie d^une autre que porte un Triton, qui ççt
admirablement dessiné et avec une sublimité d’expression 5 et une pureté de style dignes de ce.: grand Maître .
On voit dans la voûte de la même pièce deux tableaux représentant l’un;, Diane dans un char tiré par deux bœufs ; l’autre , Phistoire de Méduse 3 de Balthazar Péruzzi qui peignit aussi des stucs si bien imités . que le Titien même les prit 5 à. la première vue , pour de vrais ornemens en relief'.
Sébastien del Fiombo peignit le Poliphème 3. et Michel-Ange fit en clair-obscur ^ d’un dessin au trait 5 la tête colossale d’ Alexandre le Grand ; on prétend qu’il l’a exécutée comme pour reprocher à Raphaël qu’il travaillait d’une manière mmutieu.se ; ce qui engagea ce dernier à en adopter une ^\\xs grandiose dans ses ou-' V rages ..
Toutes les belles statues antiques , que l’on voyait autrefois dans ce palais 5 furent emportées à Naples dans le dernier siècle •
On monte à l’appartement , et dans la première pièce on observe 5. sur une cheminée 5 la forge de Vulcain et une frise peinte , dit-on par J nies Romain , et qui doit appartenir à l’école de Raphaël : Toutefois , on croit que les perspectives et les colonnes sont de Balthazar Péruzzi .
La' chambre suivante est ornee de peintures à fresque 5 de Jean. Antoine de Vercelli, appelle le Sodomaj quoiqu’on ait écrit qu’ elle a été peinte par Jules Romain ; mais si on lit dans la Vasari et le Borghihi p la vie du Sodoma ^ oa
ttxîuvera la description du procédé nouveau qu’il employa pour peindre cette chambre .
Dans le tableau qui représente Alexandre et Roxane ^ on voit celle-ci assise sur un lit 5 brillante de beauté , quoiqu’elle baisse les yeux par pudeur naturelle >, se voyant en présence d’Alexandre qui est debout devant elle . Plusieurs petits amours s’ agitent , et lui sourient; les uns lui ôtent son voile par derrière comme pour la montrer au Prince ; les autres, la déshabillent Quelques-uns tirent Alexandre par son manteau:5Comme s’il était un jeune époux rempli de modestie , et le présentent à son épouse , aux pieds de laquelle le Prince dépose sa couronne . Il est accompagné d’Ephestion qui tient un flambeau à la main,e t quis’appuye sur un beau J eune homme représentant l’Hyménée . On voit àxôté d’Alexandre d’autres Amours quijouent avec ses armes, quelques uns portent la lance ; tous sont courbés, comme des hommes de peine, sous un fardeau trop pesant: les autres soutiennent le bouclier sur lequel un d’eux est assis^porté'ccmme en triomphe , tandis qu’un autre est comme en embuscade dans la cuirasse, du Prince , et attend ses compagnons au passage pour, leur faire peur . Cette pensée n’est pas tout-à-fait inutile ; car elle sert à faire voir 1’ amour martial d’Alexandre , qui , au milieu des plaisirs , n’oublie pas les soins de la guerre •, La composition de ce tableau est très gracieuse rnais le dessiii ne correspond pas k l’invention , et il est clair que le Sodoma en prit l’idée dii; petit tâbfeail de Raphaël , qui est à la ViU&.
Nellî, hors de la porte Flamîmenne , et dont nous avons parlé dans le Tome II de cet ouvrage 5 à la page 209
Les deux autres tableaux représent ent^ I’ un lafamUle de Darius aux pieds d’ Alexandre^ îl y a des superbes têtes; Pautre , un petit Darius sur un cheval colossal. En mon tant à gauche J on trouve la