‹ Description de Rome (volume 2)Chapitre 40 sur 129 · HOSPICE DE S. MICHEL · texte numérisé non relu

HOSPICE DE S. MICHEL

Cet hospice apostolique , dont îa façade est de toute la longueur du port de F' ipa Grande, porte communément le nomd’Hospice de S.Michel 5 d’une petite chapelle que Thomas Oc’escalv:hi , Aumônier , et Parent d’innocent XI , y fit ériger , en 1686, sur le desfin de Mathias De Rossi . C’est dans cet Hospi e que sont admis les enfans pauvres de la Ville de Rome ; ils y reçoivent de l’éducation, et sont instruits dans les arts et métiers . Il y a aussi une école , un meître de dessin , un autie pour la gravure en cuivre , simi qu’une bt lie imprimerie et une Calcographie dirigée par de bons Professeurs „ Innocent XII l’agrandît considérablement 5 aiai que Clément XI qui se servit, du Chev. Charles Fontana pour y ai uter l’ hospice où sont reçus les vieillards des deux sexes , et une maison de correction pour les jeu .*es libertins . Il y fit aussi éâger une Eglise en place de la chapelle don' nous avons parlé plus haut ; Clément Xli y fit ajouter , sur le des-

sm de Ferdinand Fiïga , une autre maison de correction pour ks femmes de mauvaise vie t elle donne sur h porte Pvrtèse^, Enfin . Pie Vf érigea ia dernière partie de P habitation pour ks filles qui ont ëté transférées du Palais dc‘ S» Jean de Latran .

EGLISE DE Ste,. CÉCILE .

Dans remplacement meme où fut la maison de Ste. Cécile 5 Vierge et Martyre ^ on lui érigea une Eglise qui fut consacrée par S.LTrbain L le Grand S. Grégoire la restaura ^ et S. Pascal r la reconstruisit en entier P' an 821 ; Clément Viil la donna aux- Religieuses Bénédictines, et le Cardinal Sfrondato y.: neveu de Grégoire XIV, Porna somptueusement. En î'72ÿ^ k Cardinal François Aquaviva , et ensuite le Cardinal Trojano son neveu , Titulaires , ont augmenté de; beaucoup la beauté de son intérieur .

On observe*, dans h cour qui précède PEgîiî^e , un beau vase antique de marbre ,, remarquable par sa grandeur et sa forme ,. Leportique est orné de coîonnes de granit .

L’intérieur est divisé’ en trois nefs par dés~ •colonnes et le rnaitre auteL est décoré' de quatre autres belles colonnes an tiquer, de marbre blanc et noirrelks soutiennent un baldaquin* de marbre grec . On remarque sous Pautei k sépulcre où Pbn conserve le corps- de Ste, Cécile « Cet autel est composé d’àlbâtre- j de lafislazzuli , de jaspe y de verd antique , d’ a- {ate et de bionze doré Qu y obsetve la Sain-

te martyre étendue ^ et vêtue cômme on la trouva dans son tombeau: le travail en marbre est sec et minutieux , mais le sentiment est assez bon y le caractère étant de la plus grande vérité , ta Sainte n’a qu’une tunique légère , liée en ceinture : elle est appuyée sur le bras gauche avec la tête tourne'e vers la terre, position singulière , et un peu gênée : cela n’empêche pas cependant qu’oa n’estime cette statue 5 tant le travail est parfait, et dans l’imitation exacte de la nature : c’est une excellente production d’Btienne Maderno . H y a aussi une Vierge d’Annibal Carache,

Quand on entre , on voit dans la chapelle à droi’-e , un bain dans lequel Ste. Cécile reçut le coup mortel . On y observe aussi un paysage de Paul Brill .

EGLISE DE S. CRYSOGOGNE .

On a cru sans fondement que cette Eglise datait du terrrs du Pape S. Siivestre : mais il est certain que Grégoire Itl la fit restaurer après l’an 7^0 5 et qu^iî y ajouta le couvent pour les Moines^ réfugiés de l’Orient , du tems de Léon l’isaurim y persécuteur des saintes Images ; ii est maintenant habité par les Carmes de la Congrégation de Mantoue , qui l’obtinrent en 1480- . L’Eglise fut renouvel lée et ornée. Tan 1623 3 par Te Card. Scipion Borghèse , sur lés •dessins de Jean Baptiste Soria^ qui y fit aussi le portique décodé de quatre colonnes Doriques de granit rouge : il fut fermé d’ une grille pâïï cndre. de Clément XI > en 1 705 .

^ L’intérieur de l’Eglise est à trois nefs divisées par 22 colonnes de granit oriental, provenant de divers édifices antiques : il y a deux autres colonnes de porphyre qui soutiennent le grand arc . Les quatre colonnes d’albàtre couleur de coin , qui forment le maître autel , y ont remplacé cell s d’agate qu’on transporta k la chapelle de Paul V, à Ste. Marie Majeure.

Le beau lambris doréjfait par ordre du même Gard. Borghèse , contient une copie au lieu de l’original du Guerchin,quî y a existe, et qui représentait S. Crysogogne porté au ciel par des Anges 5 travail d’un coloris vigoureux ^ bien entendu dans le racourci , et d’un clair obscur juste et soigné .

Outre qu ' cette Eglise est paroissiale ^ elle jouit encore du titre de Cardinal PrêtrCjqui lui fut accordé par le Pape S. ^ymmaque ,

Plus loin , et près du pont rompu , est l’ancienne Eglise du S. Sauveur M/a Corte , instituée paroissiale par Jules I . Qément VIII réunit à cette Eglise celle de S, Bonose , que Benoit XIII accorda, en 1729. aux Religieux Minimes de S. F ançoîs de Paule . L’année suivante, elle fut rétablie sur le dessin de Valvasori» On y vénère une image de Ste. Marie Mla Lace , et dans le maître autel, le corps de S.Pygménie,Maître de Julien l’Apostat: des scènes de sa vie et de sa mort sont représentées dans les an ienn s peintures de la tribune r

En revenant par la rue , on rencont. e l’Eglise de Ste. Agathe de la Doctrine Chrétienne, érigée dans la maison maternelle de cette Sainte

à qui elle fut dëdiée , par Grégoire II i qui y ajouta un monastère .

Puis vient l’Eglise de Ste. Marie et S. Gallican 7 à laquelle est joint un hospice érigé par Benoit XIV qui consacra l’Eglise le 6 Octobre

L’autre Eglise dédiée à Sainte Marguerite y et à laquelle était anciennement Joint un monastère , fut fondée en 1564 5 et refaite, l’an 1680, sur le dessin du Chev. Charles Fontana .

Vis-à-vis autrefois étaient l’Eglise et le Monastère de Ste.Apollonie.C’était l’habitation de Paluzza Pierléoni qui , avant l’année 1300 5 y avait réuni quelques femmes pieuses,qui devinrent,dans la suite,Religieuses du Tiers ordre de S. François . Mais l’un et l’autre de ces édifices ont été convertis dernièrement en habitations séculières .

Mr. le Chevalier Wîcar , Peintre Français > célèbre dessinateur de la galerie de Florence , a placé, dans cet endroit , son atelier f il y a exposé un tableau de la plus grande dimension connue , rt présentant la résurrection du fils de la Veuve de Naïni. On remarque une foule de beautés du premier ordre dans cette composition . A côté de l’atelier on voit le Cabinet de cet artiste rempli de plâtres de statues antiques , ou vont étudier une multitude d’élèves de ce Maître distingué .

Maintenant , revenant au pont Sixte , on recontre , en deçà du Tibre , à droite de la rue Giulia ^ l’Eglise paroissiale de S. Sauveur m Vtulàr construite en 1 260 5 et donnée ensuite par Eugène IV aux Religieux Conventuels pour

la résidence de leur Procureur Général . Elle fut rétablie en 1684 3 et les douze colonnes qu^ on y voyait 3 furent renfermées dans des piliers .

Won loin de là , on trouve l’Eglise de S.Jean Evangéliste et S. Pétrone des Bolonais auxquels Grégoire XllI l’accorda 3 en 1575 . Elle avait été déniée auparavant à l’Apôtre Thomas dit délia Catena ( de la chaîne ) . Le tableau du maître autel de cette Eglise , représentant la Vierge , S. Jean et S Pétrone , était un bel ouvrage du Domîniquin , qui a été transporté à Milan . Les autres tableaux sont de Lécole du Guide . Vis-à-visj s’élève le colossal et magnifique

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