PALAIS SPADA
Lé Cardinal Jérôme Capo dî perro fit construire ce Palais , du tems de Paul IH , sur le dessin de Jules Mazzoni ^ élève de Daniel de Voîterre »
Un bel et large escalier conduit au premier étage et à V antichambre des domestiques ^ puis à une seconde où sont 8 tableaux à fresque, peints par les écoliers de Jules Romain .
Suit une première pièce ornée de tableaux , parmi lesquels on remarque une Charité Romaine 3 d’Annîbal Carache Caïn qui tue Abel^ figures plus grandes que nature et peintes par Lanfranc ; un Sacrifice, de Pierre Testa ^ David avec la tête de Goliath , du Guerchin 5 une Vierge et l’Enfant-Jésus , de Sassoferrato; deux tableaux où sont des soldats , par Mr. Léandre ; Marc - Antoine et Cléopâtre , de Chiarî , et deux perspectives de Viviani ,
La Visitation de la Ste. Vierge et de Ste.Elizabeth,dans la seconde chambre, est d’André del Sartoda Révolution de Naplcs,du tems de Masaniello chef des hazzaroni , est de Michel- Ange des bambochades; puis on voit deux portraits par le Caravage : Judith avec la tête d’Holopherne , du Guide 5 une Lucrèce , du même auteur ; Notre Seigneur disputant au milieu des Docteurs , de Léonard de Vinci ; Rachel et plusieurs figures , de l’école du Poussin ; un tableau avec quelques petits amours 3 dePAlbane, et un beau portrait, par le Titien , Le premier tableau à droite , dans la galerie, représente Ste. Aime et la Vierge occupées à dit-
férens ouvrages: au dcssous^ôn voit une Vierge de Rubens ^ plus loinjle Jugement de Pàris^de Paul Véronèse ; jésus-Christ arrêté dans le jar* diii des oliviers , de Gh^rardo delle notti ; une Magdeleine de Guide Cagnaccî^un petit S Jean, de Jules Romain:Marc-Aiitoine et Cléopâtre assis à table au nnment ch elle fait fondre la fameuse perle dans la tasse qu’il tient en main^tableau exécuté par le Trévisan ; une belle Magdeleine , de Luc Cambiasi ; Didon sur le bûcher 5 qui s’est enfoncé dans le sein l’épée quelle a reçue d’Enée : la Reine de Carthage semble en expirant ^ faire ses adieux à sa sœur : c’est dans ce moment que l’artiste a pris le sujet du tableau dont l’expression est forte et touchante r à coté 5 est le beau groupe d’une femme désolée ; on voit dans le lointain le port de CartbagCjet les vaisseaux d’Enée qui s’éloignent à pleines voiles , tandis que Cupidon , avec ses aimes , s’envole de T appartement de Didon. Cette magnifique composition du Guerchin J est extrêmement animée par un coloris vigoureux , et par la plus giande expression : mais elle a été mal restaurée. Suit une Charité Komaine peinte d’ une manière neuve^par Louis Carache • Au dessus , est une Vierge de Simon de Pésaro ^ à côté deux paysages , de Salvator Rosa ; un petit tableau représentant la Vierge et divers Saints , du Barocci ; plusieurs Portraits peints parle Titien , Vandyck et k Tintorct ; un Christ mort et deux beaux Anges , du Guerchin ; un S. Jérôme , de l’Espagnolet ; un Christ debout tenant la croix , avec plusieurs Saints, du Mantegna; un S. Jérôme,
d’Albert Durer 5 et l’Enlèvement d’Hélène par Pàrisj au moment de son embarquement, peint par le Guide .
Dans la chambre suivante, on voit le Réder^tcur, en racourci, ouvrage fort estimé, du Caravage ; deux têtes de petits amours riant y du Corrège ; le Sacrifice d’Iphigénie , de Pierre Testa ; le portrait du Gard. Bernardin Spada , du Guide ; un beau portrait de Paul UI 3 du Titien ; une Magdeleine du Guerchin ^ quatre tableaux de Joseph Chiari représentant des Métamorphoses d’Ovide .
On observe dans le rez de chaussée la célèbre statue colossale de Pompée , aux pieds de laquelle on croit que César expira le 15 Mars , 43 ans avant Jésus-Christ . Cette figure porte le globe dans la main gauche , et soutient , du même bras , la Chlamyde qui pend de ses épaules ; l’autre main , qui est une restauration moderne , est étendue comme si la figure parlait au Peuple ; mais elle pouvait bien être appuyée anciennement sur une lance . Pompée est armé d’un glaive antique, attaché à un léger ceinturon , et qui ne descend qu’ un peu au dessous de la poitrine, du côté gauche , Le globe , qu’il tient en main , est le symbole de l’empire du monde ; ce qui a fait penser à quelques uns que cette statue représentait moins un Pompée qu’un Auguste : en eflèt , il paraîtrait étrange' qu’un Républicain eût osé se faire représenter avec 1’ emblème du pou^' voir absolu ; mais ce globe pourrait aussi figurer l’univers , ou si l’on veut encore, l’empire romain dont Pompée avait étendu les confins f
et affermi la puissance ; ainsi l’on ne peut conclure,de ce globe, rien qui soit contre le sujet de la statue , On assure qu’elle a été trouvée dans l’endroit même où étaitla Curia de Pompée 3 sous les fondations d’un mur qui séparait deux caves; de sorte que la tête était dans l’une, et le reste du corps dans l’autre . Cette situation de la statue occasionna un procès entre les propriétaires , chacun voulant avoir cette statue . Le Juge, se croyant un nouveau Salomon ? prononça que la statue serait divisée , et que chacune des parties aurait la portion qui se trouvait sur son terrein . Le Gard. Capo di Ferro , grand amateur des beaux arts 3 informé de ce jugement bizarre , en suspendit l’exécution : il en fit le rapport au Pape Paul III qui acheta la statue entière , et en fit présent au Cardinal .
' Il y a aussi d’autres statues et 8 beaux basreliefs : parmi les premières , il en est une d’un Philosophe assis , qui ressemble à un Antisthène , et qu’on dit communément être m Sénèque .
D’ici on entre dans un petit Jardin où l’on voit une perspective représentant une colonnade qui va toujours en diminuant : la voûte , les corniches et les autres ornemens sont de stuc, d’après l’antique : on rapporte que ce petit travail du Borromino a fourni au Bernin l’idée pour l’escalier royal du Vatican .
On trouve sur le chemin un autre palais plus petit , attenant au Jardin , et dont l’agréable architecture est du style dit , delcinque cem^
to y du quinzième siècle • Puis on par* vient k