‹ Description de Rome (volume 3)Chapitre 38 sur 106 · L’EGLISE DE S. LAURENT HORS DES MURS · texte numérisé non relu

L’EGLISE DE S. LAURENT HORS DES MURS

Ste. Cyriaque , Dame Romaine , ouvrit près de la voie Tiburtine , un cimetière dans Je champ Vsranus , sa propriété , 011 S. Laurent fut enterré avec plusieurs autres SS. Martyrs . On croit que Constantin le Grand , à la demande de S. Gallican, fonda, en 330, cette Basilique , et que l’Empereur Valentinien permit à Sixte III de l’orner : elle fut agrandie par Gallet Placidia fille de Théodose I, du tems de S. Léon • Bientôt après, comme elle était sur le point de tomber, elle fut refaite avant 590, depuis les fondations,par le Pape Pelage II, qui y fit aussi exécuter la mosaïque du grand arc . Restaurée de nouveau en 7 1 6 par Grégoire II , elle fut agrandie en 772 , par Adrien! , qui y ajouta une seconde Basilique plus grande , dans la partie postérieure de l’ancienne tribune, et fit fermer la porte qui était alors vers 1’ Orient , pour ouvrir à l’Occident celle qui existe actuellement . Honorius III la restaura après l’an ï 216 , refit le portique actuel dans lequel il plaça son portrait en mosaïque , qu’ on y voit encore . Le Card. Olivier Carafa y fit faire le beau lambris doré , et ensuite les Chanoines Réguliers la mirent , en 1647, dans son état actuel. Cette Eglise est une des cinq patriarcales , et une des sept Eglises qu’on visite pour gagner les indulgences .

BASÜLICA M g. 10 /iutiHs /es 'Mur'eis

Le portique actuel est soutenu par 6 colonnes 3 dont deux grises et quatre de marbre de Paros , avec des cannelures spirales . Honorais III l’orna de peintures représentant le Baptême donné à S.Romain parS.Laurent, et d’autres actes, de ce S. Martyr, auxquels il ajouta ^couronnement , qu’il avait fait dans cette même Basilique , de Pierre de Courtenay , Comte d’Auxerre , qui fut le troisième Empereur Latin de Constantinople .

L’intérieur de l’Eglise est évidemment divisé en deux parties ; la première! , qui indique que la nouvelle Basilique est la plus grande , a ete faite par le Pape Adrien I qui restaura aussi l’ancienne , comme on le voit dans ce passage d’Anastase : Hic Almificus Pater ( Ha drianus J. ) eamdem Basiliccim S. Laurentii Mai tyrisyubi suum Corpus requiescit ^adnexa/n Basilic œ niujori , quant dudwn ipse PrœsuL cotistruxerat , ultro citroque a novo restaura vit . Elle est divisée en trois nefs séparées par 22 colonnes ioniques inégales , la plupart de granit , qui soutiennent, sur l’entablement , les grands murs percés par les croisées .

La seconde partie , qui est la plus intérieure, est la partie Constantinienne qui commence à la Confession : elle est aussi divisée en trois nefs par i 2 très belles colonnes de marbre violet , cannelées , enterrées en partie : dix ont des chapiteaux corinthiens et les autres d’ordre composite , tous élégamment ornés de trophées et de Victoires . On observe au dessus de 1’ entablement , formé de beaux fragmens , douze autres colonnes plus petites : les deux

du fond sont de serpentin , et les plus grandes que l’on connaisse de ce marbre très rare . Les dix autres sont aussi de marbre violet , et cannelées . Ces douze colonnes forment le deuxième ordre ; et lui donnant ainsi de la ressemblance avec les anciennes Basiliques payennes , elles prouvent que celle ci a été érigée avant celle d’Adrien I qui ôta la tribnne de l’ancienne, laissa le grand arc isolé avec une portion de la mosaïque de Pélage II , réduisit la nef du milieu en Presbytère ,et éleva de plusieurs marches, le pavé tout marqueté de pierres dures . Au fond est le siège patriarcal orné de différents marbres ; et dans le milieu, le Maître Autel est isolé sous une petite coupole soutenue par quatre colonnes de porphyre ..

On voit , sous le grand arc , une petite chapelle appellée l’ancienne Confession de S. Laurent , dans laquelle son corps repose avec celui de S. Etienne : dans le bas , et plus en avant , on observe encore les Ambons , on pupitres , dans lesquels on lisait anciennement au peuple les épîtres et les évangiles .

11 y a dans cette Eglise deux urnes de marbre : sur la première près de la porte , sont représentées un ancien mariage, et plusienrs cérémonies qui y sont relatives , du tems des Empereurs, sous lesquels il restait encore parmi les Romains un peu de goût pour les arts ; car on y trouve un bon style et beaucoup de travail . Sur la seconde urne , qui est derrière le presbytère , on a sculpté des vendanges , mais d’une époque vraiment barbare pour la sculp-

ture ; on y a confondu des génies , des animaux , des vignes , des raisins , sans ordre et sans forme .

Du côté gauche de l’Eglise,on voit une chapelle souterraine , célèbre par les indulgences que les souverains Pontifes ont accordées à l’autel privilégié pour les âmes du Purgatoire 9 et l’on voit 3 aux côtés de la porte, deux tombeaux d’après les dessins de Pierre de Cortone, avec un portrait sculpté par François Quesnoy, dit le Flamand .

Les tableaux du premier et du troisième autel sont d’Emile Sottino, Bolonais , et celui du second est une Ste. Cyriaque exécutée par Emile Savonanzio . Les peintures sur les murs sont de Dominique Rainaldi . Le tableau â gauche , près de la porte , est du Sérodine , l’autre du Sottino , ainsi qne le S. Laurent sur le troisième autel . Les histoires à fresque de ce côté sont de jean Antoine et de JeanFrançois , élèves du Vanni .

Enfin on doit faire observer que Winkelmann a cru qu’il avoit trouvé, sur un des chapiteaux ioniens des colonnes de cette Eglise ,1a grenouille et le lézard sculptés , par Saurus et Batra eus , Architectes Spartiates ; mais^ ces sculptures sont trop mesquines , pour être reportées au bon tems dont parle Pline .

Quand on revient sur ses pas , en passant devant l’Eglise de Ste. Bibiane , les arcs , que voit l’observateur , appartiennent à l’aqueduc de l’eau Claudia . Un peu plus loin, on trouve les ruines du Château ou réservoir de 1’ eau

Mar cia dont V aqueduc commençait à J 3

milles de Rome .

On appelle ces ruines les trophées de Marhis , parce qu’ au dessous des deux arcs en briques qu’on y voit , étaient les deux trophées des victoires de Marius sur les Cymbres ; mais l’on croit avec plus de probabilité , qu’ ils ont appartenu à Auguste , ou mieux encore à Trajan .

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