BASILIQUE DE SAINTE MARIE MAJEURE
Cette Basilique est une des quatre patriarcales et des plus belles de Rome: elle fut construite * l’an 352 ? par Jean Patrizio * et par le Pape S. Libère auxquels le plan en fut miraculeusement indiqué par une neige tombée , le 5 Août , sur le mont Esquilîn * d’où on appella
l’Eglise S. "Maria ad "Nives et Basilic a Liheriana . On la nomme aussi S. Maria ad Prœ - ? à cause de la croche du Sauveur y qu’on y conserve t Basilica Sixtina > de Sixte III qui la refit à partir des fondations > en 432 5 et lui donna sa forme actuelle 5 et enfin Ste. Marie Majeure y de ce qu’elle tient le premier rang parmi les Églises dédiées dans Rouie à la Mère de Dieu .
Toute I’ ancienne façade consistait en une mosaïque laite par Philippe Rosetti et Gaddo Gaddi , par ordre des Cardinaux Jacques et Pierre Colonna 5 et en un portique soutenu par 8 colonnes qu’Eugène III fit ériger 3, et que Grégoire XIII fit ensuite restaurer. Cette façade a été construite de nouveau par Benoit XIV 5 en 1743 5 sur les dessins du Chev. Fuga qui l’a décorée de deux ordres ; l’inférieur est ïonicue avec des architraves qui forment trois saillies , ayant chacune un frontispice * L’ordre supérieur est corinthien 5 et a trois arcades plus grandes que les vides inférieurs y spécialement celui du milieu L’ architecture de cette façade est généralement bien exécutée 3 mais un peu minutieuse et mesquine • L’intérieur du portique Inférieur est orné de 8 belles colonnes de granit y de différents basreliefs et d’une statue de Philippe IV > Roi d’Espagne 3 moulée par le Chev. Lucentî • On a conservé, dans le portique supérieur* le mur et la mosaïque de l’ancienne façade •
L’intérieur de cette Basilique est à trois nefs 3 divis 'es par 36 colonnes ioniques * de marbre blanc > et par quatre autres qui soutien^
nent les deux graraks-'S^ches de la nef. On observe parmi lés mosaique\dont elle est ornée , celles qui ont été exécutée^ sous Sixte III , dans le V siècle 3 au dessus de 1’ arc qui divise le presbitère de la nef ; on y voit le nom de ce Pontife ; elles représentent quelques faits de l’ancien Testament ; et celles qui sont autour 3 également exécutées par ordre du même Pontife 5 sont mélées à des faits historiques de la vie de la Ste. Vierge .
Le maître autel de la Basilique est isolé , formé d’une grande urne antique de porphyre , ayant un couvercle en marbre noir et blanc : l’urne est soutenue par quatre enfans de bronze doré , et sert de table à l’autel . On croit qu’elle a servi de tombe à Jean Patrizio et à sa. femme . Le baldaquin , un peu grand pour le sîte 3 est supporté , par quatre colonnes de porphyre, ornées de métal doré, au dessus desquelles quatre Anges de marbre soutiennent une couronne .
Dans la nef à droite , on admire la superbe chapelle de Sixte V , faite sur les dessins du Chev. Fontana , toute recouverte de marbres, et ornée de pilastres corinthiens , de bas-reliefs et de peintures . On voit à droite le tombeau de ce grand Pontife , décoré de sa statue, de bas-reliefs et de quatre colonnes de verd antique . Vis-à-vis, est celui de S. Pie V, formé d’une belle urne de verd antique , ornée d’ un bas-relief de bronze doré , et dans laquelle on conserve le Corps du Saint Pontife . Les peintures de cette chapelle sont de Jean Baptiste •Pozzi 3 d’ André d’ Ancône ; de Jacques de
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Brescia et de Sauveur Fontana # L’Autel du Saint Sacrement,placé dans le milieu de la chapelle 3 est sous un tabernacle de bronze doré , soutenu par quatre anges en même métal . On y conserve aussi une portion de la crèche de Notre Seigneur . 11 y a plusieurs tableaux sur les petits autels de cette nef ; les plus estimés sont l’Annonciation de Pompée Battoni , et la Ste. Famille , d’Augustin Masuccî .
La nef à gauche possède en face de la Chapelle de Sixte V,la magnifique chapelle Rorghèse?fondéevers l’an 1611 par Paul V, ( qui était de cette maison ),sur les plans deFlamine Ponzio , Milanais ; elle est recouverte de marbres les plus rares, et décorée de belles peintures et de bonnes sculptures. Les deux tombeaux sont ornés de statues , de bas-reliefs et de colonnes . Silla , Milanais , est l’auteur de la statue de Paul V : le bas-relief à droite est d’Etienne Mademo , et celui de la gauche , de Buonvicino : le couronnement est d’Hypolite Buzio : le bas-relief à droite , de jean Antoine Valsoldo 3 et celui de la gauche, de François Stati . Pompée Ferrucci fit deux des Termes qu’ on y voit , et le Buzio composa les deux autres . La statue de Clément VIII qui est vis-à-vis , a été exécutée par Silla : le bas-relief à droite est d’Ambroise Buonvicino, et celui de la gauche , de Camille Mariani • Le Couronnement du Pape est dû à Pierre Bernino : Les quatre Termes sont du même Bernino .
Rien de plus riche que l’autel de cette chamelle . L’ Image de la Vierge , qu’ on dit être peinte par S. Luc , est placée sur un fond de
lapîslazzuli , couronnée de pierres précieuses* soutenue par quatre anges de bronze doré , ainsi que les ornemens et les bases des quatre colonnes cannelées de jaspe oriental * qui supportent un entablement dont la frise est d’un Jaspe précieux : le tout est surmonté d’un beau bas-relief de bronze dore , représentant le miracle de la neige . L’ensemble de tout ce travail est fait d’après les dessins de Jérôme Raina ldi „
Les peintures de cette chapelle ont été exécutées par Balthazar Groce , par le Chev. jean Baglioni , et par Cordieri le Lorrain ; mais les plus estimées sont celles du Guide, qui y a représenté les Saints du rit Grec * les Saintes Impératrices dans les côtés 5 les sordini et l’ovale du milieu : il a aussi peint les parties latérales sur le grand arc du tombeau de Paul V. Les peintures au dessus de l’entablement damai tre autel * les latéraux , 1’ ovale du milieu et les quatre angles sous la coupole sont du Chev. d’Arpia . Louis Civoli peignit la coupole et la lanterne .
Après avoir examiné les deux tombeaux * placés au bas de la grande nef , celui de Clément IXT , d’ architecture du Rainaldi , celui de Nicolas IV dessinépar le Chev., Dominique Fonta?na y: et le, grand lambris ciselé et doré sous Ca liste III et Alexandre VI avec le premier or venn des Indes , on sort par la porte latérale de la tribune pour examiner la seconde façade commencée par Clément X sur le dessin du Chev. Rainaldi: elle est toute en travertin et oraée de pilastres 3 de statues et de deux cou-
pôles octangulairçs qui produisent un effet assez pittoresque * On voit au devant de cette place
V OBELISQUE DE Ste. MARIE MAJEURE *
On croit que l’Empereur Claude le fit venir d’Egypte pour orner le Mausolée d’Auguste oii il fut trouvé . Sixte V le fit élever sur cette place, par le ChevJ?ontana,, en 1587 . Il est de granit d’Egypte , sans hiéroglyphes , haut de 42 pieds , situé sur un piédestal de onze pieds d’élévation : on suppléa , par un ornement de métal à la pointe qui manquait . L’ensemble de ce monument bien proportionné , est assez agréable à l’œil*
En descendant * on trouve à gauche la petite rue Patrizia , et à quelques pas de son entrée y k droite
L’ EGLISE DE Ste. PUDENTIANE *
Au pied du Vîminaî ,. dans la maison de Pudens y Sénateur Romain , où logea l’Apôtre S. Pierre qui convertit ce Sénateur à la foi y le Pontife S. Pie , accédant aux instances des Saintes Praxède et Pudentiane ,. filles d’ un autre Pudens y neveu du Sénateur , érigea cette Eglise à laquelle il donna le titre de Pudens , et même de S. Pasteur qui en fut le premier Prêtre . On la dédia ensuite à Ste. Pudentiane qui y avait habité, et qui y mourut . Adrien 1 la fit renouveller , et les Card. Benoit
■Pierre 5 Saxon 3 et Rodolphe de Monteruco la restaurèrent : Puis , en 1598 , le Cardinal Henry Gaétani , sur les dessins de François de Volterra , fit renfermer dans des pilastres les douze colonnes antiques, outre les deux spirales qu’on voit en dehors pour l’ornement de la porte. En 1 î 30, Innocent II l’accorda aux Chanoines réguliers de Bologne . S» Pie V la donna aux Dominicains Pénitenciers de Ste. Marie Majeure : Sixte V la transmit aux moines de S. Bernard qui y construisirent un beau couvent 5 et enfin, dans ces dernières années, les religieuses Chanoinesses de l’Ordre de S. Augustin , y ont été transférées du Monastère dallo Spirito Santo qui a été démoli, quand on a voulu découvrir le Forum de Trajan et la Basilique Ulpia .
Le tableau du maître autel , sous lequel repose le corps de Ste. Pudentiane, est de Nocchj , et les peintures de la coupole sont du Pomarancio . La chapelle Gaétani , qui est ornéç de 4 colonnes de jaune antique et de deux autres d’un très-beau marbre picoté (pidocchioso ) , a un bas-relief exécuté par Paul Olivier! ^ et Maria ni , Vicentin .
Le puits très ancien , qu’ on voit dans cette Eglise , contient les reliques de 3,000 Martyrs .
THERMES DE DIOCLETIEN.
Ces Thermes de Dioclétien furent les plus grands , les plus magnifiques et les plus célèbres de tous ceux de Rome . Ils occupaient
toute la grande placé , P Eglise et le Couvent de la Chartreuse , celui de S. Bernard , les greniers et les maisons voisines , et ils formaient un circuit de 1,200 pas , c’est-à-dire d’un mille et un cinquième . On assure que Dioclétien occupa, pendant 7 ans, 40,000 chrétiens à la construction de ce superbe édifice s il avait de magnifiques portiques , une célèbre bibliothèque , une galerie très-belle, des jeux, des écoles , des promenades et des bains, dans lesquels trois mille et deux cent personnes pouvaient se baigner à la fois . Le nombre des statues qu’on a trouvées , les incrustations de marbre , les grandes colonnes dont se sont servis les Chartreux pour orner l’Eglise, et enfin les ruines qu’on y voit encore , ne nous permettent pas de douter de la richesse et de la magnificence de ces Thermes dont une grande partie a été érigée en un Temple sacré qu’on appelle
EGLISE DE Ste. MARIE DES ANGES.
Le Pape Pie IV fit construire cette Eglise sur les restes des Thermes de Dioclétien • elle est une des plus belles de la Ville , et sa forme est dessinée avec noblesse . Le célèbre Michel-Ange se servit du salon , exedra amplis rima, et de quelqu’autre salle des Thermes, en y faisant peu de changement, pour former dans cet espace une croix grecque qui a 336 pieds de longueur sur 308 de large : la grande nef en a 84 de haut , et 74 de large . Cet édifice si beau avait été abandonné jusqu’au tems de
ce Pontife . On se contentait d’en ôter les colonnes de marbre ,. et tous les ornemens , sans attacher aucune idee à la majesté des proportions, et à l’usage qu’on pouvait en faire. Enfin en 1749, elle fut mise dans son état actuel sous la direction de Vanvitelli qui ferma , avec le maître autel , l’entrée que Michel-Ange y avait faite , et alors la porte latérale devint la principale . De cette porte on entre dans une rotonde , où parmi quatre grands tombeaux, on observe celui de Salvator Rosa r célèbre peintre et poète , et celui de Charles Maratte . La rotonde communique à la nef transversale, qui formait le grand salon des Thermes , et qui se présente avec une majesté imposante au premier aspect; elle est décorée de 16 colonnes énormes dont huit sont d’un seul morceau de granit d’Egypte, les mêmes qui ornaient autrefois l'ancien Salon ; les huit autres colonnes ont été construites en briques dans les mêmes proportions pour accompagner les huit premières . Mais comme pour en ôter l’humidité , Bonarroti éleva le pavé , les anciennes bases et une petite partie des colonnes se trouvèrent enterrées, et il fallut substituer de nouvelles bases en marbre sur le pavé actuel ; ce qui réduisit les colonnes à la hauteur de 43 pieds , y compris la base et le chapiteau ; quoiqu’elles ayent 1 6 pieds de circonférence > malgré cela , elles ne paraissent pas hors de proportion .
Pour orner cette grande Eglise, Benoit XIV y fit placer les tableaux originaux de la Basilique de S. Pierre qu’on remplaçait à mesure par ceux qui étaient exécutés en mosaïque . Le
premier tableau à droite , est le crucifiement de S. Pierre , du Ricciolini ; la gloire n’ est pas estimée , mais la partie inférieure est bien composée . A côté est la cliûte de Simon le magicien, copiée par Mr.Tremolière del original du Vanni qui est à S. Pierre , peint sur ardoise . Le tableau du B. Nicolas Abergati, sur l’autel de la grande chapelle , est du Graziani , et les tableaux iatéraux sont du Trevisani . Le troisième tableau qui suit, représentant S.Pierre qui ressuscite Tabite , est une copie de celui qu’exécuta Baglioni pour la Basilique Vaticane , et le S. Jérôme avec d’autres Saints, est du Muziani : on trouve dans les têtes un bon caractère , mais le coloris n’ est pas fait pour plaire. Dans la nef du maître autel , on voit la Présentation de la Vierge au temple , peinture sur toile de Romanelli : elle a beaucoup souffert . Le martyre de S.Sébastien est une belle fresque du Dominiquin . Ce tableau fut transporté ici , avec le mur sur lequel il est peint , par les soins de Zabaglia . On y voit des parties assez belles , mais la composition n’est pas heureuse , à cause de la confusion qui y règne, et qui distrait du sujet qui d’ailleurs a été retouché . Le baptême vis-à-vis , d'un coloris un peu faible, est de Charles Maratte . S. Pierre punissant Ananie et Safira , tableau beaucoup passé au noir,parce qu’il a été peint sur ardoise, est du Chev. Roncalli . De l’autre côte de la grande nef , le tableau représentant la Conception de la Vierge , est de Pierre Bianchi : celui qui est à côté oh l'on voit S. Pierre ressuscitant Tabite , est dû au pinceau de Placi-
de Constance . Celui qu’on voit au dessus de 1 autel est du Chev.Odazzi , et les latéraux , de Irevisani . Vis-à-vis, on observe la chûte de Simon le magicien , ouvrage de Pompée Battom : il est d’un coloris trop vague et maniéré # Ennu le S. Basile 3 qui céièb.e la messe solennelle suivant le rit grec , est un beau tableau deSubleyras .
Monsig. Bianchini a fait faire , sur le pavé de cette Eglise , la célèbre méridienne que Pon y observe, et qui est marquée par une ligne en laiton , avec les signes du Zodiaque en marbre , ouvrage assez correct 3 savant et le plus sûr par la stabilité de son plan . Il ne faut pas oublier dans cette Eglise de voir la statue de S. Bruno, ouvrage très-est imé de Mr. Houdon « Français .
Le Cloître des Chatreux* fait sur les dessins de Michel-Ange , dans un des anciens péri s til es , est décoré de ioo colonnes qui soutiennent une galerie tout autour «
D’ici on va à