THERMES DE TITE
C’est dans le lieu même où Néron avait fait planter des vignes , des bois, et établir des pâturages pour toutes sortes de bestiaux , après qu’il y eut fait incendier les habitations des particuliers ,, que l’Fmpereui Tite fit construire , à la hâte r ces The mes , pour le service du pu die . Ou y établit toutes ces parties que k$. Grecs étaient dans l’usage d’avoir dai#
lêurs Gymnases; et comme les poêles ou étuves et les bains chauds furent des objets nouveaux pour les Romains , les édifices de ce genre prirent le nom de Thermes , c'est à dire , lieux de chaleur ♦ Marc-Agrippa et Néron en avaient fait ériger avant Tite : ceux de N^ron étaient les plus estimés ; mais comme aujourd’huy ils sont presqu’entlèrement détruits , on ne saurait en parler bien positivement .
Ceux de Tite 3 quoique moins vastes que les Antoniens et les Dioclétiens qui nous restent 3 sont reconnus pour avoir été les meilleurs : ils consistaient en deux étages dont le supérieur n’existe plus . Il ne reste rien du grand Salon , des étuves ? des tépidaires 3 des peristiles, des cxedrœ , des sistes et. des stades, ainsi que de toutes les autres parties qui appartenaient aux différents exercices gymnastiques 3 aux arnusemens et aux promenades .
L’étage inférieur qui était destiné à l’usage des bains 3 consiste en divers corridors par lesquels on entrait dans les chambres qui sont en grand nombre ? toutes peintes en arabesques , avec des petits tableaux dans lesquels on voit des figures très agréables , mais fort détériorées par l’injure des tems . Les chambres 3 ainsi que les corridors 3 sont construites sur le penchant du mont Esquilin 3 et lui servent comme de fondations pour mettre au niveau le sol de l’édifice supérieur . Toutefois3 la disposition des mu s intérieurs du monument inférieur n’a rien de commun avec les murs du monument supérieur . Ainsi l’on doit inférer que seulement la construction inférieure appar-
tenait aux Thermes de Tite , et que la fabrique supérieure presqu’ entièrement détruite , comme il a déjà été dît , formait h s Thermes de Trajan . On sait d’ailleurs que le Pape Symmaque éleva 1’ Eglise de St, Martin sur ces Thermes , près de laquelle on trouva une ancienne inscription cui y était relative . Tous les marbres , qui leur servaient de décoration , en ont été enlevés ; mais on reconnaît très bien que tout l’intérieur était orné d’ une manière noble et élégante .
Ces chambres , qui étaient remplies et couvertes de terre 5 restèrent inconnues jusqu’au XVI siècle , au commencement duquel on y trouva quelques statues antiques parmi lesquelles le Laocdon . On prétend que Raphaël avait vu ces peintures $ et on l’accuse de les avoir fait recouvrir aussitôt après 3 pour ou’ on ne découvrit pas qu’il en avait pris l’idée pour ses loges ; mais ce génie divin , n’avait pas. besoin de commettre cette bassesse .
Enfin vers la fin ou dernier siècle, on rendît ces chambres praticable s en partie , et dans ces dernières années - on les a entièrement dévouvertes et déblayées , de manière qu’ on peut les voir toutes aujourd’huy fort commodément . C’est en cette circonstance qu’on a trouvé dans une ancienne chambre contigüe aux Thermes , dans la direction de 1’ édifice inférieur , un Oratoire chrétien , avec un autel et une niche dans laquelle Ste. Félicité a été peinte avec ses sept fils , martyrs ; leurs noms sont écrits en rouge et en noir . Les murs de l’Oratoire étaient recouverts de peintures sa-
crées , parmi lesquelles il y avait un Calendrier qui avait des trous ronds dans lesquels on plaçait un. objet indiquant grossièrement le jour , la semaine et le mois de l’année , et qui n’existe plus aujourd’huy La niche que l’on voit dans un mur de très mauvaise construction , fait pour fermer les souterrains des Thermes , quand ils ne furent plus en usage * ainsi que les peintures exécutées sur un récrépf tout égratigné par des inscriptions de toutes sortes , démontrent que le site avait été abandonné avant qu’ on l’eût adapté à un usage sacré, et nous attestent que l’Oratoire est postérieur au moins au VI sîècl :,époque bien malheureuse pour les arts à Rome . Cet Oratoire a été décrit par différents hommes de lettres 9 et notamment et avec beaucoup de soin et de talent , par le Chev. G. A. Guattani dans ses mémoires encyclopédiques du mois de.No vembre iSi 6.