V ACADÉMIE DES SCIENCES OU DES LINCBI
L'Académie d ite de^Lîncei^ illustre dans les fastes de la Littérature italienne , fut fondée , à Rome, au commeiicement du XVII siècle, par le Prince Frédéric Cési , Duc d'Acquasparta , Cet Etablissement célèbre par le but qu' il s'était proposé 5 par les grands hommes qui le composèrent , et qui a été le premier parmi les Académies des sciences d'Europe, cessa d'exister avec son immortel fondateur • Don Balthazar Odeî^calchi , Duc de Céri , a publié les mémoires historico-critiques de cette Académie et ceux du Prince Frédéric Césî ,
Après un grand laps de tems , M. l'Abbé Félicien Scarpellini , Professeur de Physique au ColHge romain, a rétabli, en 17 95,1' Académie" des JUncti dans le Collège de 1' Ombrîe dont il est Recteur • C'est dans ce dernier établissement ^ et ea séance publique ^ que ks
Académiciens lisent leurs productions scientifiques en présence des Savans nationaux et étrangers .
On va voir dans ce Collège un Cabinet c'istribui dans pUiî^iours pièces : il est riche eniistrumens et en machines de la plus grande perfection . Il y a aussi un laboratoire de Chimie et un observatoire pourvu de^ instrumens nécessaires , Cette belle rollectiou appartient, au digne Re^taurateur de V Académie , M. le Professeur Scarpellini , qui a été assez heureux pour pouvoir , en qua anre ans environ, former cette même colle ;tion .
Outre h*s réunions académiques , M l'Abbé Scarpellini donne , chaque année , dans ce cabiiiet , un cours de démonstrations expérimentales pour l'avancement de ses élèves , et de la jeunesse studieuse de Rome .
Cet Etablissement a acquis à Rome de l'éclat et de l'honneur par laprote.:tion que lui accorde 1 2 Souverain Pontif j Régnant . Pie Vil , qui a daigné l'hon-^rer de son auguste présence : il a également acquis de la réputation auprès des étrangers piir les visites qu' y ont faites les Souverains venus à Rome , par l' aggrégation des Savans les plus renommés , des personnages distingués, et particulièrement par les production? non moins util?s que savantes, des quarante Membres qui composent le corps académique 5 et qui soutiennent si glorieusement le nom et la noble entreprise des anciens Lin'cei .
D'ici on peut aller à la magnifique
EGLISE DE S. ANDRE DELLJ FJLLE .
Otn HgH e a nris sa dénomination ou de ce quVJe fut construire dans un bas-fonds , ou du Pc>bis y aile qui en est voisin : elh est dédiée a S. André 5 Apôtre : Le Chev. Alphonse Gésualdo la commença en 1 59 1 sur le dessin de Pienc P?.ul Oliviéri ; les Cardinaux Alexandre Montairo et Françcif? Péretti la continuèrent > et elle fut achevée^ d'après le plan de Charles Maderno . La façade , qui est une des plus^ belles qu'il y aitàRomej aétéélevée par Charles Rainaldi : son ensemble est d'une bonne forme . Elle est décorée de deux ordres corinthi -n> et composite, l'un au dessus de Tautre t ils sont d'une belle proportion , d'un bon profil et bien, exécutés : la port^ 5- les niches et les piédestaux du premier ordre sont d'une proportion assez en rapport avec les colonnes .
L' intérieur de l'Eglise est orné de pilastres corinthiens d'une beîle forme: la nef est bien. Cfl proportion avec le chœur et la coupole .
La première chapelle à droite en entrant ,. construite par Charles Fontana , et décorée de beaux marbres 5 a un beau bas-relief d'Antoine Raggi. La seconde^égaleraent riche en marbres,, est composée de parties toutes imitées des ouvrages de Bonarroti , tels que la Piité jettée en bronze d'après son groupe qui est au Vatican : les autres ont été prises de celles qui soiit au tombeau de Juks H à S^ Pierre aux liens > et Ton en a f?it autant à l'égard de I' architecture des tooibeaux et autres objets .
La grande coupole est orn'^'e de superbes peintures de Laafranc , qui y a représenté la gloire du Paradis; c'est un des meilleure ouvrages de ce maître . tes ouatre Evangéli^tey, qui sont dans les angles au desscus ce la coupole , ont été peints par le Domininuin ; ce sont dts figures bien composfes , d' un c'essin pur , correct , et d'un coloris a5sez fort : les deux enfans , qui s'embrassent , sont pleins de l'expression la plus gracieuse . Les figures d" la voûte de la tribune , et les tableaux représen* tant l'histoire de S. An<iré , sont aucsi du Domini quin qui se surpassa lui même dans ce travail , comme il av^it surpassé ses ccntemporainsj aans toutes ses autres productions .
Le Chevalier Calabrèse représenta, dans les trois grands tableaux à fresque , le Martyre de S. André .
La première chapelle appartenant à la maison Barbérini , est digne d' être observée peur ses beaux marbres , ses sculptures et les peintures du Passig lani : on y voit une inscription qui indique rue là fut le cloaque dans lequel on }etta le corps de S. Sébastien : mais cela est encore douteux ,
En sortant de cette Eglise par la porte latérale 5 on voit en face la petite Eglise de Ste» Elizabeth de la Confiéiiv des Boulnng rs A.llemanJs . Hors de l'autre porte latéule ontrouye le
PALAIS STOPPANI.
Ce palais , qui appartenait autrefois à la Maison Caffarelli , fut construit sur les dessins de Raphaël : c'est un des plus beaux palais de cette Vaille . On est informé par une inscription, qui est placée sur le mur, au bas de l' escalier , que cet é Jifi ^e fût habité par Charles V^lorsqu* il vint à Rome . On restaura ce Palais vers le milieu du siècle dernier^par les soins du Cardinal Stoppani qui en fit l'acquisition 3 et qui lui donna son nom .