VILLA LUDOVISI
La délicieuse Villa Ludovîsî , formée par Louis Ludovisi,neveu de Grégoire XV y occupe cet espace qui est près des murailles d' Aurélien sur le Mont Pincîus ^ ( autrefois le mont des petits jardins , Hortuli) et qui s'étend depuis la porte Salara jusqu'à la Porte Tinclana. Cette Villa n'est point ouverte au public , et pour jouir du plaisir de la voir , on doit en solliciter la permission de Mr. le prince de Piombino , qui en est le propriétaire . Le chemin qui conduit à la porte Pinciana^ sépare cette Villa de celle de Médicis ; cette même Villa est séparëe du site des jardins de Salluste par l'autre chemin qui^du Pinuu s :,conàuit à la Porte Salara . Elle a plus d'un mille de tour; ses allées et ses bosquets sont très-agréables , et ornés d'un grand nombre de statues : on y compte trois casins : le principal 5 qui est à droite 5 contient une collection de morceaux antiques et précieux .
On voit dans la première salle une statue d'Esculape , un Apollon ^ une Vénus ^ deux bustes 5 l'un de Claude , l'autre de Jules César ; deux statues d' Antonio le Pieux , et d'Apollon 5 un buste d' Antinous et autres bustes également antiques . Il y a deux bas-reliefs l'un représentant le Tems qui découvre la Vérité 5 l'autre , Paris et Hélène sur le point de s'embarquer .
On observe dans la seconde salle une statue antique de Mars en repos dans une excellente attitude , et d'un dessin noble ; elle a été restaurée par le Bernin : un groupe d'Apollon et Diane j d' un style assez remarquable : un autre groupe de Pan et Syrinx ; une statue de Cléopàtre , un Gladiateur assis ; une Vénus sortant du bain , et qui s'essuye , d'école florentine ; un Hercule , un Bacchus , un Mercure 5 une figure bien drapée , que l'on prend pour Agrippine , et un grand buste en porphyre 3 de Marc-Aurèle \ une grande tête de Bacchus en bas-relief de marbre rouc^e antique, qui mérite d'être examinée pour la forme de ses yeux et de sabouche^parce qu'on peut, en la considérant,prendre une idéQ du mécanisme des oracles .
On voit aussi un très beau groupe antique de marbre blanc ; on a cru qu'il représentait le jeune Papyrius , et sa mère qui tâche de savoir de lui le secret du Sénat ; mais Winckelmann y a découvert une Electre représentée au moment où elle reconnaît Orestc son frère; les cheveux coupés de la femme en sont une preuve ^ car cette forme de chevelure ne pou-
vait convenir à une matrone romaine , et la nudité de jeune homme ne convenait pas mieux à Papirius . Cette sculpture port?e le nom grec de Ménélaiis , fils de Stephanos .
Il existe un autre groupe antique , d'un style excellent , connu sous le nom d'Arria et Pétus^ personnages Romains du tems de Claude ; mais les plus savans antiquaires ont Jugé que ces personnag:s ne sauraient être reconnus dans ces figures antiques : toutefois ces mêmes antiquaires n^y avaient encore découvert aucun sujet déterminé; cependant un d'eux (i), mp.intenant croit y trouver le Théb:in Hémon qui se tue de désespoir, en soutenant Antigone qu'il aimait à l'excès ^ et que Créon, père d'Hémon , avait fait mourir » Ce sujet fut si célèbre chez les anciens 5 que Sophocle et Eurypide en formèrent trois Tragédies dont une est restée en entier . Properce en a fait aussi me.ition dans ses vers .
Quid ? Non Autigones tumulo Bœotius Hœ* mon .
Conruit ipse sua saucius ense latus ;
lit sua cum miserœ permiscuit ossa puelltc
Qua sine Thebanam noluit ire âomum ?
Propert: Lib. II. V. 335.
La figure de la femme ayant la chevelure coupée 5 indi]|ue qu'Antigone^ revenant de donner la sépulture à son frère Polynice 3 ^t ayant fait la cérémonie de consacrer ses cheveux sur la tombe ^ ces circonstances furent la
(1) Mr. Piale^ observateur recommandable par ses lumières , ses profondes connaissances et sa modestie •
cause de sa mort. On doit considérer les moustaches du jeune homme comme un distinctif des Thébains 5 parmi lesquels il faut placer le so^-di^ant Gladiateur mourant du Capitole .
Suit un excellent groupe de Pluton qui enlève Prose vpiae , et qui a été exécuté par le Chev. Bernin ; mais k figure de Pluton est un peu forcée . A côté est une tête colossale de junon .
Dans le petit casin , vers le milieu du Jardin 3 la première salle qui est au rez de chaussée 5 est décorée d'uîie voûte peinte à fresque par le Guerchin , qui a représenté , dans le tableau du milieu , l'Aurore tirée dans son char par deux chevaux pleins d'action et de feu : le vieux Titon se montre dans un angle 3 soulevant un rideau : oa apperçoit dans sa figure , la surprise où il est de voir partir ainsi l'Aurore qui répand des fleurs : celle-ci est précédée par les heures , et semble dissiper la nuit qui est représentée, dans une lunette, sous la figure d'une femme dormant.et appuyée sur la main, tenant un livre devant elle . L'au-« teur a peint tout à l'entour plusieurs emblèmes qui font allusion à la nuit . Vis-à-vis est une autre lunette dans laquelle on voit nn Génie aîlé qui élève uix fl?.mbeau représentant Lucifer . Sur les deux côtés on observe de petits enfans d'une composicion très élégante . Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette composition 5 c'est le clair obs:ur • et l'on peut dire que cette partie est le chef-d'œuvre des peintures à fresque de ce grand Maître . Il y a aussi dans cette Salle des bustes de sculpture
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médiocre . On remarque dans la suivante quatre paysages peints à fi'esque par le Dominiquin 3 et d'autres par le Guevchin .
Dans l'appartement du premier étage , on voit une autre voûte peinte à fresque par ce dernier Artiste, qui y a représenté une Renommée sonnant la trompette ^ et portant un rameau d'olivier à la main : cette-peinture semble surpasser la première par son coloris .
Les Jardina sont remplis de statues et de sculptures parmi lesquelles on remarque une tête colossale d'Alexandre , un grand sarcophage représentant une bataille entre les Rch mains et les Daces ; une statue de Jupiter Am* mon 5 un Satyre de bout , de grandeurjiaturelle , exécuté par Michel-Ange , et aussi beau que l'antique ; une urne cinéraire sur laquelle est un bas-relief représentant une bataille entre les Grecs et les Romains , et au dessus , un Silène antique dormant , ayant la tête appuyée sur une outre . De cette Filla on va a
L'EGLISE DE S. KÎCOLAS DE TOLEISTIISO,
En 16145 la maison PamfilJ fit construire cette Eglise sur les dessins de Jean Baptiste Baratti , élève de l'Algardî . Ce dernier fit le dessin du maître autel et les modèles des statue S5qui furent exécutées par deux de ses écoliers.HerculePerrata est auteurde celle du Père éternel, et du S.Nicolas . Dominique Guidi est auteur de la Vierge. Sur le premier Autel à droi. te^le S.Nicolâs est de Philippe Laurenzi ; le ta-
blcau de la seconde Giapelle a été peint par Lazare Baldi. Pierre Paul Raldini a peint la troisième . Le Bacicclo peignit le S. Jean Baptiste de la croisée, et Htrcule Ferrata exécuta les stucs . Jean Coli et Ghérardi . Lucquois , peignirent la coupole ; mais les Anges sont de Baldini qui a peint h petite coupole de l'autel suivant sur lequel est une Ste. Agnès, copie du Guerchin : les stucs sont du Ferrata . Après la chapelle de S. Nicolas vient et lie de la maison Gavotti y dédiée à la Vierge de Savone , Architecture de Pierre de Cortone qui ,ne put achever les peintures de la voûte 5 et de la coupole : elles furent terminées parCiro Ferri. Le tabhau Ir^téral à droite est du P. Joseph Capucin, et celui qui est en face , est de Cadès . Le bas^relief de l'Autel a été exécuté par Cosme Fancilli : R?gg.i est l'auteur eu SJean Baptiste , et Hercule Ferrata 5 du S. Joseph. Le S, Philippe dans la dernijre chapelle est de Christophe Creo . Continuant à descendre on arrive à la place et à