‹ Description des ammonitides du Barrémien du Djebel-OuachChapitre 12 sur 36 · Macroscaphites cfr. binodosus Uni · texte numérisé non relu

Macroscaphites cfr. binodosus Uni

1853. Macroscaphites binodosus Uhlig, Wernsdorf, p. 83, pl. IX, fig. 7.

J'ai sous les yeux un enroulement, médiocrement conservé par malheur, qui me parait appartenir à cette intéressante espèce. La forme générale, la présence de tubercules assez forts vers la moitie externe du dernier tour, le nombre et l'allure des stries intercalées, se rapportent bien au type de Wernsdorf ; la seule divergence sérieuse est l'extrême attenuation de la rangée interne de tubercules; tandis -que les tubercules externes sont bien développés, ceux de la rangée interne au contraire sont très réduits, les premiers surtout, à tel point qu'ils ne forment plus qu’un léger renflement de la strice et qu’il m’a fallu une certaine attention pour en consta-

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ter l’existence, mème vers le tiers externe du dernier tour où ils sont le mieux marqués.

Les tubercules paraissent manquer sur les tours internes, la région siphonale est élargie et un peu carrée, les côtes la traversent sans s’atténuer ni s’infléchir; l’ombilic est relativement profond, plus en tout eas que dans les autres espèces du genre. Ce que je puis voir des lobes, trop mal conservés pour être décrits, me parait pleinement justifier l’attribution de cette forme aux Lytocératidés.

Le Macroscaphites binodosus a été décrit du Barrémien de Wernsdorf; des formes du même groupe existent dans le Barrémien du Tyrol et de Barrème. |

Djebel-Ouach; très rare.

Macroscaphites striatisulcatus D'ORBIBNY, SD. PI. I, fig. 8-9, 1840. Ammonites striatisulcatus d'Orbigny, Pal. franc. terr. cret. [. p.

pl. XLIX, fig. 4-7.

1588. Macroscaphites striatisulcatus Kilian, Lure, p. 267.

Une partie de mes échantillons se rapporte très bien aux descriptions et figures de d'Orbigny; la costulation fine et serrée, la forme des tours, celle de l’ombilie, ne peuvent laisser aucun doute sur leur détermination, ils montrent cependant une légère différence avec les individus de Gargas ; chez ces derniers, la moitié au moins des côtes est bifurquée, tandis que dans mes échantillons, comme du reste dans le type de la Paléontologie française, les côtes bifurquées sont rares.

A côté de cette forme parfaitement typique, il y en a une autre qui, à diamètre égal, est beaucoup plus épaisse, la costulation est plus grossière et les côtes plus éeartées, surtout sur le dernier tour; les côtes bifurquées sont encore plus

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rares que dans la forme précédente. Cependant le facies général restant le même, je n’ose séparer complètement ces individus du Macrosc. striatisulcatus et me borne à les considérer comme une variété (var. a/ra), du type de d’Orbigny. Si de nouveaux matériaux venaient ultérieurement à en démontrer la nécessité, il serait du reste facile d'élever celte variété au rang d'espèce.

Djebel-Ouach. Forme Lype assez rare; var. afra plus commune.

Macroscaphites NOV. sPEC,, indéterminée.

PL. I, fig. 10.

Je figure un enroulement trop petit pour que j'ose lui imposer un nom, mais qui me semble distinct des autres formes de ce groupe. L’ombilic est profond et assez étroit, les tours très épais, l'accroissement rapide ; les côtes fines, serrées et peu saillantes, sont dirigées en avant; quelques-unes sont bifurquées ; la région siphonale est large et un peu aplatie ; l'ouverture un peu déprimée en haut est presque deux fois plus large que haute.

Ces différents caractères et surtout un ombilie relativement étroit rendent cette forme facile à reconnaitre.

GENRE IV. — PULCHELLIA Unuzic

Le genre Pulchellia a été établi et très bien délimité en 1883 par M. Uhlig (Wernsdorf, p. 122), mais sa place systématique n'est pas encore absolument fixée; M. Uhlig l’a rangé, avec doute il est vrai, dans le voisinage des Hoplites,

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et cette opinion parait avoir prévalu jusqu’à présent; mais dernièérement,dansune remarquable communication sur les Cératites de la craie (Compte rendu sommaire, séance du 17 mars 1890), M. Douvillé a fait ressortir les affinités des Pulchellia avec les formes erétacées rangées autrefois dans le genre Buchiceras, et pour lesquelles il propose le genre Tissotia.

Ce n’est pas, je l'avoue, sans une vive satisfaction, que j'ai vu émettre par un savant aussi compétent dans l'étude des Ammonitides que M. Douvillé, des idées analogues à celles où m’avaient amené l'étude des Pulchellia algériens et que j'avais déjà eu le plaisir de voir partagées par M. Kilian.

Il est du reste certain qu'avec leurs lobes denticulés, leurs selles larges et peu découpées, leurs lobes et selles auxiliaires disposés presque comme dans les Cératites et leurs fiancs lisses au moins dans le jeune, certaines espèces d’Aloérie, Pulchellia Sauvageaui, par exemple, se rapprochent des vrais Oxynoticeras. Pulchellia Sauvageaui s’écarte, il est vrai, beaucoup des autres espèces du genre par son ornementalion toujours peu visible à l'œil nu, même à peu près nulle le plus souvent, et qui n’est pas sans rappeler celle des Oxynoliceras; son contour siphonal simplement arrondi et comprimé dans les très jeunes échantillons, au lieu d’être tronqué comme dans les individus plus développés, rapproche : encore cette espèce des Amalthei (s.1.). De plus,contrairement à ce qui a lieu dans la plupart des Pulchellia, les lobes sont très rapprochés et les selles présentent dans cette espèce une courbure dont la concavité regarde l’ombilic, caractère qui se retrouve chez certains Oxynoliceras (Am. Oxynotus, par exemple). Mais Pulchellia Suuvageaui est intimement relié aux autres espèces du genre par Puwlchellia Changarnieri, qui avec un jeune lisse comme Pulchellia Sauvageaui, présente vers la fin du dernier (our de grosses côtes caractéristiques du genre. Dans Pulchellia Changarnieri, les lobes fort éloi-

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gnés les uns des autres se rapprochent de ceux des Pulchellia typiques et notamment de Pulchellia aff. Karsteni Uhlig (Wernsdorf, pl. XX, fig. 3). Ces selles ne montrent aucune courbure, mais les lobes et selles auxiliaires ont gardé le caractère de Cératites (1).

Ces deux espèces et Pulchellia Ouachensis qui s’y rattache étroitement forment un petit groupe dont font probablement partie les espèces voisines de Pulchellia pulchella, et qui est nettement caractérisé par une ligne suturale aux lobes larges et denticulés ; les lobes et selles auxiliaires ressemblant à ceux des Cératites, un accroissement très rapide ne laissant qu’un très petit ombilic et l'absence d’ornementation sur la région ombilicale du jeune. À en juger d’après Pulchellia Sauvageari et Pulchelliw Ouachensis, la région siphonale des tours embryonnaires est arrondie et comprimée à peu près comme dans Desmoceras stretltostoma Uhlig. Ce sont donc des espèces qui ont gardé des caractères amalthéiformes irès prononcés, au moins dans le jeune.

Par contre, les espèces qui se rattachent aux Pulchellia subcaicedi et provincialis sont nettement caractérisées par une ornementalion vigoureuse, visible dès les tours embryonnaires, un accroissement en général moins rapide, des sutures le plus souvent très éloignées les unes des autres et remarquables par le grand développement en largeur des selles et l’'amoindrissement des lobes très étroits et peu découpés. Ce

(4) Chez quelques Pulchellia, le premier lobe latéral n’est pas symétrique et présente la particularité d’être d’une facon plus ou moins nette, terminé par des parties paires sur un flane et impaires sur l’autre. Le lobe siphonal des Pulchellia étant médian ou à peu près, celte asymétrie dans la structure et le développement mais non dans la position du premier \obe latéral ne peut, il me semble, pas être comparée à l’asymétrie causée dans les lobes de Am. heteropleurus Neumayr et Uhlig le changement de position du siphon. J'ai observé cette asymétrie dans quatre espèces : P. Changarnieri et P. Ouachensis dans le premier uroupe, P. Coronatoïides et P. Danremonti dans le second; elle arrive à son maximum dans P. Changarnieri et P. Coronatoïides et montre que, dans l'étude des Pulchellia, ii ne faut pas attacher beaucoup d'importance à la terminaison paire ou impaire des lobes, ce caractère pouvant varier d’un flanc à l’autre de l'individu examiné.

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sroupe est fortement spécifié et il serait difficile sans son intime liaison avec le précédent de reconnaitre ses véritables affinités, d'autant plus que quelques formes, Pulchellia hoplitiformis, par exemple, montrent des caractères hoplitiformes assez prononcés.

En résumé, je serais disposé à considérer les Pulchellia * comme un rameau voisin des Oxynoliceras, rameau dont les formes les plus aberrantes ont des caractères extérieurs de Hoplites, mais se laissent facilement ramener au type par l'examen de leur ligne suturale.

Il est intéressant de voir le brusque épanouissement du genre Pulchellia, apparaissant fortement caractérisé dans le Barrémien sans que pour le moment on puisse le rattacher à aucune des formes du Néocomien inférieur. C’est probablement hors d'Europe comme l’a déjà dit M. Uhlig quil faudra chercher les ancêtres immédiats des Pulchellia. En Europe le genre est confiné dans le Barrémien, il n’a pas encore élé trouvé plus haut; d'après les recherches de M. Kilian et les miennes, il serait caractéristique de la partie inférieure de l'étage (niveau de Combe-Petite).

Le genre Pulchellia est représenté au Djebel-Ouach par onze espèces, proportion très forte, qui ne se retrouve que dans le Barrémien de Colombie. Par compensation, il est vrai, chacune de ces espèces, Pulchellia Sauvageaui et Pulchellhia Ouachensis exceptés, n’est représentée que par un très petit nombre d'échantillons. Cette variété de formes du genre Pulchellia est un des caractères les plus saillants de la faune barrémienne d'Algérie.

Considérées au point de vue de leurs affinités spécifiques, ces onze espèces peuvent se grouper de la facon suivante :

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